RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
Français,
Pour la première fois depuis cinq ans, vous êtes appelés à des élections générales. II y a cinq ans, vous avez voulu l'ordre et la paix. Au prix des plus cruels sacrifices, à travers les plus redoutables épreuves, vous les avez obtenus.
Aujourd'hui vous voulez encore l'ordre et la paix. Les sénateurs et les députés que vous élirez devront , avec le président de la République, travailler à les maintenir.
iNous devrons appliquer ensemble, avec sincérité, les lois constitutionnelles, dont j'ai seul le droit, jusqu'en 1880, de provoquer la révision. Après tant d'agitations, de déchirements et de malheurs, le repos est nécessaire à notre pays, et je pense que nos institutions ne doivent pas être revisées avant d'avoir été loyalement pratiquées.
Mais, pour les pratiquer comme l'exige le salut de la France, la politique conservatrice et vraiment libérale que je me suis constamment proposé de faire prévaloir est indispensable.
Pour la soutenir, je fais appel à l'union des hommes qui placent la défense de l'ordre social, le respect des lois, le ■dévouement à la patrie au-dessus des souvenirs, des aspirations et des engagements de parti. Je les convie à se rallier tous autour de mon gouvernement.
16 JANVIER IH-r,. 3
Il faut quo, iï l'abri d'une autorité forte et respectée, les droits sacrés qui survivent à tous les changements de g-ouvernement et les intérêts légitimes que tout gouvernement doit protéger se trouvent en pleine sécurité.
Il faut non seulement désarmer ceux qui pourraient troubler cette sécurité dans le présent, mais décourager ceux qui la menacent dans l'avenir par la propagation de doctrines antisociales et de programmes révolutionnaires.
La France sait que je n'ai ni recherché ni désiré le pouvoir dont je suis investi; mais elle peut compter que je l'exercerai sans faiblesse, et, pour remplir jusqu'au bout la mission qui m'est confiée, j'espère que Dieu m'aidera et que le concours de la nation ne me fera pas défaut.
Le président de la République,
Maréchal de Mac-Mahon, duc DE Magenta.
Par le présidejit de la République, le vice-président du conseil, ministre de l'intérieur,