Numéros du 28 juillet et du 4 août, passitn
de donner à leur pensée la forme qu'il lui plairait, avait substitué, de son autorité propre, à la phrase demandée un blâme infligé aux élèves des lycées de Paris. En conséquence, le général de Clianal et ses amis protestaient hautement et réclamaient avec énergie contre l'étrange et brusque conclusion du rapport.
M. Joseph Bertrand se défendit faiblement, et l'opinion publique demeura convaincue que la Commission' d'enquête n'avait pas su ou voulu découvrir toute la vérité.
SUR
LE PROJET DE LOI SUR L'ORGANISATION MUNICIPALE Prononcés les I I et 1 2 juillet 187 6
Nous avons raconté dans le volume précédent (lonic IV, page 130), à la suite de quelles élranges manœuvres parlementaires le duc de Broglie avait obtenu de l'Assemblée nationale le vote de la loi du '20 janvier 187i sur la nomination des maires, et comment la majorité royaliste avait donné dans cette occasion le plus mémorable exemple de son cynisme politique. En eifet, les députés de droite qui avaient repoussé, le 1 4 janvier 1874, les modestes amendements de M. Ducarre etde M. Feray', c'étaient les mêmes hommes qui liois années auparavant, encore tout fraîchement imbus des doctrines décentialisatrices du congrès de Nancy, avaient été les premiers à proposer à l'Assemblée nationale l'élection de tous les maires de France par les conseils municipaux "-. C'étaient les mêmes qui, au moment le plus criti(jue de l'insurrection communaliste de Paris, avaient pi'otesté avec colère lorsque M. Thiers avait imposé à l'Assemblée l'article additionnel qui exceptait, à titre provisoire, de la loi nouvelle les villes de plus de vingt mille âmes. Mais,
1. L'amendement de M. Ducarre imposait au gouvernement roblifration de choisir les maires parmi les conseils municipaux ; M. Feray demandait que, dans les communes au-dessous de 3,000 âmes, le maire ne ])ùt èire pris en dehors du conseil.
2. MM. Antonin et Amédée Lefèvre-Pontalis, d'Audiffret-Pasquier, Beulé, Bocher, Lucien Brun, Caillaux, Ernoul, Decazes, de Guiraud, Lambert de Sainte-Croix, de Ravine), de Ségur.
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dès (]ue lii (lûceiitialisation. même mitigée, de la loi du 14 avril 1871, avait paru contraire aux intérêts de la coalition , toute la droite avait fait volte-face, et, comme elle n'avait jamais vu dans la loi des maires qu'un moyen de domination, elle s'était empi'essée d'accorder à M. de Broglie tout ce qu'elle avait pris à M. Thiers. On vit bien à l'application que cette loi n'était qu'une machine électorale. Comme ils faisaient pour les préfectures et les souspréfectures, MM. de Broglie, de Fourtou,de Chabaud-Latour et Butiet laissèrent toutes les municipalités de France aux pires des cléricaux et des bonapartistes, et les maires ne furent plus, comme les préfets et les sous-préfets, que de simples courtiers d'élections ^
Ils le furent à un tel degré, grâce au scrutin d'arrondissement, et ils mirent en œuvre avec une telle audace toutes les pratiques les plus détestables de la candidature officielle, que l'abrogation de la loi du 20 janvier 1874 figura sur tous les programmes républicains du 20 février. Le mouvement d'opinion en faveur de cette abrogation sembla d'abord tout-puissant. Elle fut réclamée dans les réunions préparatoires des gauches du Sénat et de la Chambre. M. Dufaure l'inscrivit dans sa déclaration du 20 février 1876. (V. page 212.) Elle fut proposée dès les premières séances de