LILI,K
loppemciit général, et non pas la mense, la ieuille de bénéfice de quelques-uns. [Uravos.) Ce sont des hommes qui ne sont préoccupés, avant tout, que de la meilleure distribution des forces financières, industrielles, économiques du pays; ce sont des hommes qui, ne sacrifiant rien au hasard, ne vont que du connu à l'inconnu, avec patience, avec méthode, no tentant que ce qui est possible et reconnaissant ({u'il y a toujours quelque chose à faire, môme dans le meilleur des mondes possible.
Le démocrate enfin n'est pas celui qui n'est uniquement préoccupé que de reconnaître des égaux, car tous les jours, dans la société, on reconnaît des égaux, mais là n'est pas la démocratie vraie. Ce qui constitue la vraie démocratie, ce n'est pas de reconnaître des égaux, Messieurs, c'est d'en faire. {L'orateur est interrompu pendant quelques minutes par les applaudissements et les cris répétés de : Vive la République! vive Gamhelta!)
Il faut aussi, — car je passe rapidement sur ces indications,— que la majorité delà nouvelle Chambre des députés soit libérale. J'entends beaucoup de choses par ce mot de libéral. J'entends d'abord des hommes qui fassent la part de l'autorité et qui comprennent que, dans nos sociétés modernes, les gouvernements ne sont pas établis au profit de ceux qui détiennent le pouvoir, mais dans l'intérêt du plus grand nombre; des hommes qui comprennent encore qu'il faut faire à l'État sa part légitime d'action et d'influence, tout en réservant cependant aux citoyens et aux corps électifs qui, placés au-dessous des grandes Assemblées, constituent les rouages nécessaires à la vie intime de la nation, des libertés et des franchises qui fassentque l'opinion publique puisse à chaque instant se faire sentir et imprimer son action au mécanisme général du pays.
Par libéral, j'entends aussi celui qui, sans sacrifier
à l'esprit de secte d'aucun ordre et sans s'inféoder à telle ou telle doctrine, accepte cependant une donnée générale qui consiste, dans la conduite des allaires humaines, à ne s'inspirer que des intérêts humains, que des intérêts terrestres, qui voit avec douleur, avec anxiété les entreprises et les usurpations de l'esprit théocratique et clérical sur la liberté humaine, sur les rapports de l'État avec les administrés, et redoute cet envahissement de tous les jours qui menace démettre la main non seulement sur les ressorts du pouvoir central, mais même sur les institutions les mieux établies que nous ait laissées la Révolution française.
Par libéral, j'entends un homme acquis à la liberté de conscience sous toutes ses formes, respectueux de tous les cultes, professant pour toutes les religions une même estime extérieure, libre, dans son for intérieur, de suivre telle ou telle religion ou de les décliner toutes, respectueux des ministres des divers cultes, aussi bien que des pratiques qui, de près ou de loin, ressortent de l'exercice régulier d'une opinion religieuse, morale ou philosophique. Mais par libéral, — et ici je précise parce que je crois qu'il y a un grand péril à éviter, — j'entends aussi celui qui est disposé à ne pas tolérer qu'un clergé quelconque devienne, dans l'Etat, un parti politique, une faction politique entrant en lutte avec d'autres partis politiques et voulant leur imposer un personnel, des actes, des desseins ou des calculs intérieurs ou extérieurs sur la marche de la politique du pays. J'entends que l'Eglise reste l'Église, qu'elle ne descende jamais sur la place publique, qu'elle n'entre jamais dans le Parlement ni dans les conseils de l'Etat. J'entends que, résignée à poursuivre sa carrière de consolation purement spirituelle, elle se défende dans ce domaine, et que jamais elle ne vienne semer la division et la discorde dans les débats etles controverses politiques; j'entends qu'elle ne vienne pas diviser le père et le fils, la femme et le