GS CIRQUE AMÉRICAIN
y a de plus tendre, de plus délicat dans l'âme française, vous qui donnez à ces fêtes de la charité, à ces concours de la solidarité démocratique, leur grâce, leur attrait, leur véritable puissance, — est-ce qu'il n'est pas temps, exerçant votre légitime empire, que vous disiez, comme patriotes, comme Françaises : Assez de divisions politiques, le pays a parlé ; qui veut être patriote en France doit être aujourd'hui républicain. (Salve d'applaudissements. — Bravos prolongés.)
Oui, je ne crains pas de me servir de cette tribune improvisée pour m'adresser à toutes ces femmes qui m'écoutent et pour leur dire d'inviter, demain, toutes leurs sœurs du dehors à donner à ce langage et a ce discours sa véritable sanction, afin que l'on dise que la France a été, dans le passé, sauvée par une femme et refaite aujourd'hui par les femmes. (Applaudissements et bravos jjrolongés.)
Oui, je tiens à le dire : il faut en finir avec ces querelles historiques. On doit passionnément admirer la figure de la Lorraine qui apparut au xve siècle pour abaisser l'étranger et pour nous redonner la patrie, et en même temps, dans ce Paris tout imprégné du génie de celui qui fut le vrai roi de l'esprit et de la philosophie au dix-huitième siècle, on doit acclamer ce nom de Voltaire... (Explosion d'applaudissements. — Acclamations et bravos) — en dépit d'attaques dont son ombre ne peut pas plus s'émouvoir que ne s'émeut le dur diamant sous l'attaque de la lime ou de l'acier vulgaire — ce Voltaire, il faut le saluer, il fan t le mettre à sa place au milieu de toutes nos gloires nationales et, quant à moi, je me sens l'esprit assez libre pour être le dévot de Jeanne la Lorraine et l'admirateur et le disciple de Voltaire. (Salves d'applaudissements. — Assentiment unanime.)
Messieurs, il y a une grande œuvre à faire, une œuvre à laquelle je vous convie : après cette œuvre particulière qui ne vous a jamais coûté, de donner une
partie de vos épargnes et de votre temps à l'assistance et au secours des malheureux, après cette œuvre grande elle-même, c'est cette autre, œuvre incessante, à laquelle vous devez vous appliquer profondément, femmes et hommes, de toutes les conditions et de tous les rangs, et qui consiste à aimer, à faire aimer la France pour elle-même, la France que nous devons tous servir, d'un cœur commun et sous un même drapeau : le drapeau républicain. [Applaudissements prolongés et acclamations.)
Sur la demande des organisateurs de la réunion, M. Gamlielta, avant de lever la séance, a dû prendre de nouveau la parole pour annoncer qu'une quête allait être faite :
Messieurs, vous me pardonnerez de me montrer exigeant envers vous et de retarder encore votre départ de quelques instants, mais les organisateurs de la réunion ont pensé que vos ressources étaient aussi inépuisables que votre sympathie. Ils ont chargé d'y faire appel des personnes de bonne volonté, — il y en a toujours, — mais cette bonne volonté ne peut pas rester isolée, il faut qu'elle rencontre la vôtre. Ces personnes vont donc passer au milieu de vous et vous demander de compléter encore vos sacrifices. Donnez, donnez toujours; il vous sera rendu au centuple, je ne dis pas dans l'autre monde, mais sur cette terre. (Appla udissements . )
Je ne voudrais empiéter sur le terrain de personne, je ne peux vous promettre que des consolations terrestres [Sourires d'assentiment), et j'ai la conviction que le sacrifice et la récompense sont presque contemporains et simultanés; je vous connais trop pour ne pas savoir que c'est vous faire plaisir que de vous demander de faire la charité. [Marques d'adhésion générale et applaudissements.)
SUR LA PROPOSITION DE LOI
RELATIVE A L'AUGMENTATION DES PENSIONS DE RETRAITE DES OFFICIERS DE L'ARMÉE
Prononcé le 7 juin 1S7S
Le 22 janvier 1878, la proposition de loi suivante avait été déposée sur la tribune de la Chambre par MM. Gambetta et Antonin Proust :
PROPOSITION DE LOI