‹ Discours et plaidoyers politiques de M. Gambetta; (volume 5)Chapitre 38 sur 68 · A VALENCE ET A ROMANS · texte numérisé non relu

A VALENCE ET A ROMANS

Nous empruntons à la République française le compte rendu télégraphique du voyage de M. Gambetta à Romans.

17 septembre.

M. Gambetta a passé à Lyon ce matin à sept heures; une foule considérable qui s'était portée à la gare et couvrait les quais, l'a acclamé et a fait entendre des cris unanimes de : « Vive la République! »

A la gare de Vienne, le conseil municipal au complet est présenté à M. Gambetta par le maire, M. Ronjat, qui lui souhaite cordialement la bienvenue.

M. Gambetta répond en félicitant les Viennois de leur attachement traditionnel à la République. (Acclamations répétées.)

Le train arrive à neuf heures à Saint-Rambert. La fanfare joue In. Marseillaise. MM. Malens, sénateur, Ghristophle et Boissy d'Anglas, députés, reçoivent M. Gambetta. M. Malens lui adresse quelques mots pour le remercier de sa visite.

M. Gambetta prononce une courte allocution coupée fréquemment par les cris : « Vive Gambetta ! Vive la République ! »

Des délégués de Grenoble viennent l'inviter à se rendre dans leur ville à son retour de Romans.

Toutes les maisons sont pavoisées. Une foule immense garnit les rues où se dressent des arcs de triomphe aux inscriptions patriotiques, où flottent des milliers de drapeaux dont les faisceaux alternent avec des guirlandes de

feuillage . La musique accompagne les voitures, qui ont peine à avancer. Sur toute la route, même affluence. Les démonstrations sympathiques succèdent aux acclamations réitérées.

On arrive à dix heures à Andancette. M. Fernand Baboin, maire d'Albon, prononce un discours auquel répond M. Gamhetta. Au premier rang des assistants, on distingue MM. Madierde Montjau, Loubet, Richard, députés; Lamorte, sénateur; MM. Charles Thomson, préfet de la Drôme ; le maire de Romans ; le secrétaire général et les sous-préfets du déparlement avec les conseillers généraux républicains.

La foule augmente encore. Les acclamations enthousiastes redoublent. Comme à Saint-Rambert, partout des arcs de triomphe où l'on lit : « Vive Gambetta ! vive la République ! » Les fanfares exécutent la Marseillaise.

Une table de cent couverts a été installée chez M. Christopble, sur une terrasse dominant le Rhône. A dix heures et demie, des coups de canon, tirés du haut de la montagne, signalent l'approche du bateau à vapeur le Gladiateur, qui est couvert d'une infinité de drapeaux et de banderoles flottant au vent, et qui portent cette inscription : « Paix, Travail, République. »

Depuis la propriété de M. Christophle jusqu'au pont d'Andance, les maisons disparaissent sous le feuillage et les fleurs. Le pont est orné de la même façon.

Plus de 1.200 personnes attendent sur le quai. M. Gambetta, qui marche en tète du cortège au bras de M. Madier de Montjau, est salué des plus vives acclamations. 11 adresse à la population des paroles d'adieu.

Saint-Vallier, 3 heures, soir.

A Saint-Vallier, où nous faisons escale, le port est emcombré de monde. Tout le village est là, maire en tête.

Le maire adresse un discours à M. Gambetta, qui le remercie et prononce une allocution couverte de bravos.

\\ prie le député de Paris de se rendre à la mairie, où est préparé le vin d'honneur.

Enthousiasme universel. Partout des guirlandes et des inscriptions républicaines; partout de chaudes acclamations.

Partout on veut entendre M. Gambetta, le féliciter, lui répéter que les populations de la Drôme sont dévouées à la République.

218 VALKNCE.

Ce voyage, favorise par un temps magnifique, n'est qu'une longue et touchante ovation.

Tain, 5 heures soir.

La promenade triomphale continue. Sur les deux rives du Rhône, les populations se massent pour saluer le bateau qui porte M. Gambetta.

A Serves, au pied d'un vieux château féodal, on tire des salves d'artillerie.

Nous approchons de Tain. Un train passe : le mécanicien salue, en sifflant, notre bateau qui lui répond; les voyageurs, penchés aux portières, agitent leurs chapeaux, leurs mouchoirs, en criant : « Vive Gambetta ! Vive la République ! »

A Tain, où attendent les conseillers municipaux de Tain et de Tournon, nouvelles et retentissantes acclamations.

Valence, 6 heures.

A Valence, la foule est plus compacte que jamais. Le conseil municipal entier est au débarcadère.

Le maire de Valence, M. Bernard, souhaite la bienvenue à M. Gambetta, qui lui répond en ces termes :

« Je suis heureux de mettre le pied sur ce sol patriotique à côté d'un des plus grands défenseurs de la République militante1. C'est le témoignage de l'union féconde de tous les républicains, union qui permettra de réaliser les progrès et d'obtenir les réformes que la France est en droit d'attendre de la République.

« Je salue ces populations méridionales, si vaillantes, si généreuses. Je les remercie de l'accueil enthousiaste qu'elles font, non pas à un homme, mais à l'idée républicaine dont il est le représentant. »

Le cri de « Vive la République! » sort de toutes les poitrines et l'ovation continue.

Valence, 10 heures.

La salle du banquet est comble. M. Madier de Montjau prononce le discours suivant :

Mes chers concitoyens, Pendant le court mais émouvant voyage qui a rempli

Page 1