XX» ARRONDISSEMENT
véritablement judicieuse, l'appui avec le contrôle, l'appui avec la discussion, non pas cet appui servile que nous avons connu dans des majorités précisément issues de la candidature officielle.
Du reste, nos amis qui sont au pouvoir sont, comme on le disait tout à l'heure, les collaborateurs de la majorité. Ils y sont venus au nom des principes du gouvernement parlementaire, et ils ne demandent à y rester qu'en vertu de la pratique de ces mômes principes. Ils ont cru et ils ont eu raison de croire, et ils ont exprime le vœu public à cet égard, que la République ne devait pas être un mot, une étiquette, une théorie, mais une réalité efficace, vivante et agissante, qu'elle devait assurer le développement des forces nationales dans toutes les directions, dans tous les ordres, et formulant avec précision ce principe, ils ont dit : Pour l'enfant, l'école; pour l'homme mûr, le travail; pour la France, la paix, et pour le citoyen, la liberté. (Salve d'applaudissements et bravos prolongés.)
Et cela nous suffit; d'autres viendront plus tard qui feront leur œuvre. C'est ce programme que la France a salué dans les dernières élections ; c'est ce programme dont elle poursuit actuellement la réalisation sous la conduite d'hommes absolument sincères, confiants dans leur droit, dans la justice de leur cause, et qui pourront bien peut-être rencontrer dans l'Assemblée dont on parlait tout à l'heure des contradictions et des obstacles, — oui, je le crois, — mais ils sauront les surmonter, parce que j'ai peine à penser que le Sénat lui-même, — mais j'ai tort de dire le Sénat, mon ami Hérold ne veut pas que l'on parle ainsi, — j'ai peine à penser, dis-je. qu'une portion du Sénat puisse réagir contre la pression de l'opinion publique. Elle marquera sa mauvaise volonté; mais, si elle pousse trop loin sa résistance, elle ne fera qu'accuser son impuissance.
En effet, Messieurs, après les élections du 14 octo-
bre, après cette manifestation d'autant plus significative qu'elle avait été plus entravée, après les élections des conseils généraux, après les élections des conseils d'arrondissement, après celte impulsion presque unanime qui a entraîné toute la France aux élections des conseils municipaux, je vous le demande, qui donc oserait résister à la France? (Vifs applaudissements.)
Est-ce que vous pensez que le résidu des trois ou quatre partis qui conspirent contre la volonté nationale soit, a l'heure qu'il est, véritablement redoutable? J'entends bien qu'on en parle beaucoup ; permettezmoi de vous dire qu'ils ressemblent aux peureux qui sifflent dans l'obscurité pour se donner du courage. (Approbation et ri)-es.)
Je ne crois pas à la résistance ; je ne crois pas à l'efficacité de leur coalition, parce qu'il y a la France tout entière d'un côté, et que, franchement, le combat serait inégal.
Savez-vous à quoi je crois, Messieurs? Je crois que si nous continuons, si nous persévérons à obéir aux volontés du pays, à pratiquer une politique d'ordre, de réflexion, de sagesse, de concorde et de progrès, ce n'est pas la résistance du Sénat qui se prépare, c'est au contraire la capitulation du Sénat. (Très bien! très bien!)
Oh! je sais bien qu'on me reprochera peut-être d'avoir employé un mot blessant, parce qu'il y a des gens qui veulent capituler sans le dire. (Hilarité.) Mais je ne sais qu'une chose : c'est que quand on cède à la France, quand on se rend entre les mains du pays, tout le profit est pour la France et tout l'honneur est pour celui qui sait céder. (Vifs applaudissements.)
Le Sénat fera ce que d'autres ont fait. Il comprendra qu'il faut obéir à la France, à la Francedirigée par des hommes véritablement imbus de l'esprit de gou-