‹ Discours et plaidoyers politiques de M. GambettaChapitre 16 sur 55 · MAI · texte numérisé non relu

MAI

passé glorieux à continuer, il y a place pour tout le monde, surtout pour ceux' qui semblent plus que d'autres représenter le passé, ses traditions d'élégance, d'esprit et de dignité. L'ancienne aristocratie, d'où était sorti d'Alton-Shée, appartient à la France ; elle peut encore la servir. Si elle a, comme d'Alton- Shée, l'intelligence de se ralliera la France nouvelle, à la France du travail et de la science, elle contribuera, par son patriotisme fier et sa noble délicatesse, à lui donner cette fleur d'élégance et de distinction qui fera de la République française dans le monde moderne ce qu'était la République athénienne dans l'antiquité. La République athénienne, c'est cellelà que voulait d'Alton-Shée. Un homme de beaucoup d'esprit, qui a beaucoup connu et fréquenté d'Alton au temps de sa brillante jeunesse, Henri Heine, lavait nommé le dernier Athénien. Sans doute il était plus courageux que prudent, plus ardent que calculateur, mais ses qualités l'emportaient sur ses défauts. Il haïssait l'iniquité, il a voulu servir la justice. Gardons toujours le souvenir d'un tel homme. Nous, Messieurs, nous pouvons, nous devons faire mieux que lui. Notre idéal est plus haut encore que le sien. Il est fait tout entier de justice et d'égalité. Notre démocratie éclairée, forte et puissante, il ne l'aura pas vue dans son triomphe, mais il aura du moins travaillé à son avènement. Il était bien à nous, puisqu'il s'était donné sans retour. Et, après tout, sa vie entière a été faite d'incessants sacrifices à cette cause, la plus noble, la plus haute de toutes : la République.

Un cri unanime de : Vive la République ! a répondu à cette allocution, et l'assistance s'est écoulée dans le silence et le recueillement.

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