De Bordeaux à Versailles, p
nier. Les constitutionnels ne pouvaient cacher leur trouble, leurs inquiétudes. Au moment de toucher au but, tout était remis en question ; on se voyait rejeté dans le provisoire, à la merci du hasard; la conspiration bonapartiste allait avoir le champ libre A gauche, les colères étaient vives. Puisque tant de sacrifices avaient été inutiles, puisque la majorité ne tenait aucun compte des preuves répétées d'esprit de conciliation qui lui avaient été données, il n'y avait plus qu'à revenir à la dissolution. M. Henri Brisson en fit immédiatement la proposition et il demanda l'urgence. » La discussion s'engagea sur-le-champ. MM. Vautrain et Waddington firent observer que le dernier vote émis par l'Assemblée n'avait d'autre signification que le rejet de l'un des nombreux systèmes d'organisation sénatoriale, et déposèrent deux nouveaux projets qui reposaient, l'un sur l'élection k deux degrés, le second sur la nomination par les conseils généraux et autres corps constitués. M. Bethmont soutint, contre M. Victor Le franc, l'urgence de la proposition de dissolution. Le ducDecazes, ministre des affaires étrangères, prit la parole pour déclarer que le cabinet assumait l'entière responsabilité de la communication faite par le vice-président du conseil au nom du maréchal. M. Gambetta répondit à M. Decazes :
M. Gambetta. — Messieurs, en ne votant pas la clôture tout à l'heure et en laissant s'engager ce dé bat, l'Assemblée a gagné d'acquérir sur la situation politique pendante de véritables lumières. {Rumeurs au centre.)
Oui, Messieurs, car on vient de nous apprendre comment, à l'aide de certaines habiletés de procédure parlementaire, on pouvait défaire les majorités vraies et constituer des majorités factices. {Très bien! à gauche, — Interruptions à droite.)
Un membre à droite, — Qu'est-ce que cela veut dire?
M. Gambetta. — Vous allez comprendre, Messieurs, et vous avez déjà compris; mais c'est une habitude invétérée chez vous de ne jamais vouloir con-