‹ Discours et plaidoyers politiques de Me [L] G (volume 3)Chapitre 11 sur 44 · VI · texte numérisé non relu

VI

blique, le cabinet n'oubliera jamais les devoirs que lui impose le décret de déchéance du 12 mars 1871, passe à Tordre du jour. » [Acclamations et applaudissements répétés au centre et à gauche, — Vives ?*umeurs sur plusieu7*s bancs du côté droit,)

M. Paul de Gassagnag se présente à la tribune...

A gauche, — La clôture ! la clôture I Assez I

M. LE PRÉSIDENT. — M. Paul de Gassagnac a la parole sur Tordre du jour motivé.

M. Paul de Gassagnac. — Je viens prouver à l'honorable M. Albert Grévy que je n'ai pas l'habitude de me soustraire aux conséquences de mes paroles.

Pour ce qui concerne Tordre du jour, sur lequel la parole vient de m'être donnée par l'honorable président, je dirai simplement qu'aucun de mes collègues qui siègent à droite, dans cette Ghambre, ne s'y opposera, et aucun de nous n'y trouve le moindre inconvénient. Nous l'avions prévu, j'ai eu l'honneur de vous le dire tout à l'heure, et vous devriez me remercier de vous avoir fourni Toccasion d'étayer un peu le ministère. [Ah! ah! à gauche,)

M. DE TiLLANCOURT. — Il u'cst pas ébranlé.

M. Paul de Gassagnac. — Quant à la dernière phrase prononcée par M. Albert Grévy et concernant la déchéance, permettez-moi de vous dire que si cette déchéance, qui fut prononcée à Bordeaux contre l'empire, était bien sérieuse, vous n'y reviendriez pas si souvent. [Applaudissements sur divers bancs à droite. — Bruyantes protestations à gauche et au centre,)

M. Bamberger se présente à la tribune.

M. Gambetta. — Je demande la parole.

(M. Bamberger descend de la tribune et il y est remplacé par M. Gambetta.)

M. GuNÉo d'Ornano. —Ah 1 nous attendions M. Gambetta !

M* Paul de Gassagnac. —M. Gambetta a le droit de parler.

n JUILLET 18^6. Ut

M. Gambetta. — M. Gunéo d'Ornano m'attendait, me voici.

Plusieurs membf*es à droite. — Nous vous écoutons 1

M. LE PRÉSIDENT. — Gessez, Messieurs, de vous interpeller ainsi.

A droite. — Nous n'avons pas interpellé 1

M. LE PUÉsiDENT. — Si VOUS n*aviez rien dit, l'orateur n'aurait pas répondu.

M. Gambetta. — G'est bien clair, mais enfin il y a des vanités qui ne peuvent se satisfaire qu'au détriment de l'attention générale des Assemblées et de la fatigue qu'elles imposent à la Ghambre. {Très bien/ très bien! à gauche.)

Messieurs, puisque vous m'attendiez, permettezmoi de répondre en deux mots à l'orateur qui descend de cette tribune.

Il est certain que le débat auquel vous venez d'assister, qui a été introduit avec la réserve et la ten* dance qu'on vous a d'ailleurs très nettement expliquées, commandait de la part de la Ghambre une réponse. Gette réponse s'est formulée dans un ordre du jour qui visait à la fois les sentiments de la majorité, la confiance qu'elle a dans le ministère que, tout spécialement de ce côté {La droite), on s'obstine à ébranler, en s'adressant, au mépris de la Gonstitu* tion... {Intef^uptions à droite.)

Un memb7'e à droite, se levant. — Nous aimons la France, nous 1

M. Gambetta. — H y a une manière d'aimer la France, c'est de la servir et non pas de l'agiter. {T7'ès bien! très bien! à gauche. — Vives exclamations à droite.) Plusieurs membres à droite, se levant. — G'est ce que nous avons fait! — Nous avons rempli notre devoir devant l'ennemi!

M. le comte d'Aulan. — Quand on aime la France^ on ne fait pas de révolution I M. LE PRÉSIDENT* — Mcssieursj vcuillez uc pasinter-

rompre. Ce n'est pas la peine de se lever pour dire qu'on aime la France. Personne ici n a le droit de s'attribuer un pareil privilège, et de dire qu'à la différence de ses collègues, il aime la France. (Très bien! très bien !) N'interrompez pas davantage.

M. Gambetta. — Messieurs, il ne faut pas se laisser aller à des irritations par suite de ce système d'interruptions collectives et agitées. Nous savons très bien avec quel soin messieurs les bonapartistes cultivent les colonnes du Journal officiel.

Plusiew*s membres à di^oiie, — En quoi ? en quoi? M. Gambetta. — En quoi? En passant vos journées à collaborer avec les sténographes pour faire insérer des interruptions au compte rendu. {Très bien! à gauche, — Réclamations à droite,)

Taisez-vous une bonne fois. Chargez l'un de vous de me répondre, et ne parlez pas trente ensemble. {Mu7*mures à dî'oite.)

M. LE BARON Tristan Lambert. — Combien de fois n'avez-vous pas interrompu dans une de nos dernières séances ?

M. Berlet. — Monsieur le président, rappelez les interrupteurs à l'ordre.

Une voix à droite, — M. Gambetta n'est pas ici comme à Saint-Sébastien, sous les orangers I

M. Gambetta. —''Ah! oui, parlez donc des orangers de Saint -Sébastien ! Gela prouve que vous ignorez deux choses : les motifs qui m'ont fait aller là, et la géographie du lieu, car il n'y a pas d'orangers à Saint- Sébastien. {Applaudissements et 7*ires à gauche.)

M. DE Baudry-d'Asson, avec vivacité, — Si! il y a des

orangers à Saint-Sébastien. Du reste, vous êtes si fort

en géographie ! vous l'avez si bien prouvé pendant la

guerre 1

Plusieurs membres, — N'interrompez pas !

M» DE Baudry-d'Asson, se levant de son banc et s'avan-

çant vef's a tribune, — Et quand on a failli perdre le pays en demandant la guerre à outrance...

M. LE PRÉSIDENT. — MousieuF de Baudry-d'Asson, veuillez reprendre votre place et garder le silence.

M. DE Baudry-d'Asson, continuant avec animation. — On n'est pas aussi fier que vous paraissez l'être.

(Plusieurs membres de la droite s'approchent de M. de Baudry-d'Asson et l'engagent à reprendre sa place.)

M. LE PRÉSIDENT. — Je prie M. de Baudry-d'Asson de ne pas oublier où il est et dans quelle Assemblée il siège. L'attitude qu'il prend ici...

M. DE Baudry-d'Asson. — Je n'ai fait que répondre aux observations de M. Gambetta.

M. Gambetta. — C'est moi qui interromps M. dq Baudry-d'Asson I... {On rit à gauche.)

M. LE PRÉSIDENT. — Mousicur de Baudry-d'Asson, si vous ne vous rendez pas aux observations du président, cédez du moins aux conseils de vos amis.

M. DE Baudry-d'Asson, regagnant sa place. — Je ne disais rien, et je n'ai interrompu que pour répondre à l'interpellation de M. Gambetta.

M. Gambetta. — Je voudrais trouver une formule qui pût arracher âmes interrupteurs obstinés une patience de quelques minutes.

M. Paul de Gassagnac. — Parlez I parlez!

M. Gambetta. — Je disais, caractérisant le débat auquel vous avez assisté, et que M. Paul de Gassagnac a continué, qu'il était nécessaire, non pas pour faire justice d'accusations chimériques, mais pour faire un acte vraiment politique, que la Chambre exprimât sa confiance dans le cabinet.

En effet, Messieurs, vous avez sans doute remarqué, et le pays commence à s'en émouvoir... {Mouvement et bruit à gauche.)

Gomment I c'est de ce côté à présent que je suis interrompu!

A gauche, — Non ! non ! Parlez !

M. Robert Mitchell. — C'est par opposition à notre silence I

M. Gambetta. — Je dis que vous avez sans doute remarqué, et le pays commence à s'en émouvoir comme nous, une tactique nouvelle des adversaires de nos institutions, tactique qui consiste à troubler le pays et l'esprit public par des manœuvres absolument contraires à la Constitution du 25 février 1875... [Bimit à droite,)

Ayez quelque patience, Messieurs...

Un membre à droite, — Nous en avons beaucoup !

M. Gambetta. — Vous n'en aurez jamais assez!

On fait intervenir constamment dans les débats de cette Chambre, dans la presse, dans les discussions politiques de tout ordre, la personne autorisée du chef de l'État. C'est à lui qu'on a la prétention de s'adresser en passant par-dessus la tête des ministres ; c'est lui qu'on vise ; c'est lui que l'on représente comme l'espoir secret des partis hostiles à la Constitution; c'est à lui qu'on dénonce ou qu'on prétend dénoncer les agents fidèles et loyaux des pouvoirs publics dont il a la garde. {Applaudissements sur plusieurs bancs à gauche,)

Cette tactique, Messieurs, s'est fait jour d'une façon qui révèle l'esprit de système de ce côté de la Chambre {La droite), et il se produit à cette tribune d'une manière incessante.

Il faut donc qu'un ordre du jour catégorique, instruisant le pays, instruisant surtout ceux... ou plutôt, pour être clair, instruisant celui à qui vous prétendez adresser vos avertissements, lui apprenne que cette Chambre, tout en respectant la Constitution, sait y rappeler tous ceux qui s'en écartent. {Applaudissements à gauche,)

En bien, pensez-vous qu'il soit bon pour la paix publique que l'on puisse compromettre à ce point le chef

du pouvoir exécutif? Pensez-vous qu'il soit même conforme aux bonnes règles de la loyauté parlementaire, de la justice politique, du respect dû aux institutions, de venir se livrer ici à ces puériles récriminations, consistant à dire : Tel jour, quand M. le président de la République fut porté au pouvoir, tel nom ne se trouvait pas dans l'urne qui lui décernait la suprême magistrature?

Un membre à df^oite. — C'est de l'histoire I

M. Gambetta. — C'est de l'histoire, c'est vrai ; mais ce n'est pas l'histoire en ce moment qui vous préoccupe. {Rires à gauche,)

Ce qui vous préoccupe, c'est de faire naître dans l'esprit du premier magistrat de la République des soupçons, des aversions, des défiances, et de prêter la main à ce système de malentendus et de collisions au moyen duquel on cherche sans cesse à fomenter l'agitation autour du pouvoir suprême dans un pays électif. {Approbation à gauche,)

Voilà le but que vous poursuivez, et nous pouvons le dire nettement, car il y a une épithète que vous lui avez donnée après coup, — elle était venue d'un autre parti avec lequel, malgré vos efforts, vous ne parviendrez jamais à vous confondre, le parti légitimiste, — cette épithète de « loyal » dont vous qualifiez le Maréchal.

Eh bien, je crois qu'il est temps d'en finir avec ces tentatives qui ne tendraient à rien moins qu'à prêter au chef de l'État un rôle qui serait en contradiction manifeste avec l'épithète même dont vous le saluez. {Applaudissements à gauche,)

M. Albebt Joly. — Très bieni Défendez le Maréchal contre les insinuations injurieuses des bonapartistes !

M. Gambetta. — Messieurs, je dis non seulement que cela n'est pas conforme à la dignité et à la justice politiques, mais je dis que c'est attentatoire à l'équilibre et au respect des pouvoirs publics, tels qu'ils sont

sortis de Tœuvre de l'Assemblée nationale. [Assentiment à gauche.)

Je sais bien que vous disiez tout à Tbeure, avec ce langage sérieux dont vous avez le secret... {Rires à gauche.), que le décret de déchéance qui a été rendu par la même Assemblée dont est sortie la République, vous ne l'avez jamais considéré comme important...

Quelques membres à droite. — Ce n'est pas un décret !

— Il n*y a jamais eu de décret de déchéance au Journal officiel!

M. Gambetta. — Je sais bien que vous n'avez jamais considéré cette loi comme sérieuse. Tout mauvais cas est niable, et c'est le vôtre. {Rires et applaudissements à gauche.)

Les mêmes membres à droite. — Il n'y a jamais eu de déchéance promulguée!

M. Tristan Lambert. — La nation, dans tous les cas, ne l'a pas enregistrée !

M. Henri Villain. — Vous vous trompez! Elle l'a enregistrée sur le grand livre de la dette publique !

M. Gambetta. — Je dis, Messieurs, que le décret de déchéance, contre lequel on peut bien protester, mais que non seulemeat la nation, mais le monde entier a ratifié... {Vif assentiment et applaudissements à gauche.)

M. LE baron de Saint-Paul. — Consultez donc la nation, si vous l'osez!

M. Gambetta. — La nation a été consultée au 20 février, et elle vous a irrévocablement condamnés en ratifiant le décret de déchéance... Je dis que ce décret restera, avec la fondation de la République, comme le véritable titre d'honneur, de patriotisme de l'Assemblée nationale. {Protestations sur divers bancs à droite.

— Vifs applaudissements au centime et à gauche.)

Eh bien, dans cette Constitution, qu'a-t-on fait. Messieurs?

On a, avant tout, cherché à assurer Tindépendance des pouvoirs publics, et surtout le respect du régime

parlementaire. On a voulu que cette démocratie repu- * blicaine et libérale, représentée dans une Assemblée élue par un suffrage universel débarrassé des falsifications du césarisme... [Protestations sur divers bancs à droite, — Vive adhésion à gauche), on a voulu que cette majorité eût un organe supérieur et toujours maître de ses volontés, do ses choix, c'est-à-dire un cabinet responsable; et la Constitution, en même temps qu'elle fondait la responsabilité parlementaire, la responsabilité ministérielle, proclamait dans un article spécial, qui est le statut fondamental pour le pays, Tirresponsabilité et Tinviolabilité du chef de TEtat. [Applaudissements au centre et à gauche.)

En bien I alors que vous venez, aussi souvent que vous le pouvez, à propos des plus misérables, des plus mesquines querelles...

A gauche. — Oui ! c'est cela !

M. Gambetta.... — de bourgs et de villages, apporter icirécho de vos passions, de vos rancunes, de vos convoitises... [Vives protestations à droite. — Applaudissements 7'épétés à gauche et au cent7'e),'}e dis que vous violez la Constitution. [Protestations sur plusieurs bancs à droite. — Assentiment à gauche.)

Oh ! je sais que vous connaissez une autre manière de violer les Constitutions. {Applaudissements à gauche et au centre. — Rumeui^s sur plusieurs bancs à droite.)

Quelques membres à droite. — Et le 4 Septembre?

M. Gambetta. — J'entends prononcer ces mots : ce Et le 4 Septembre? » J'en parlerai plus tard, du 4 Septembre ; patientez. Messieurs. Je ne peux pas tout dire à la fois !

A gauche. — Très bien î très bien 1

M. Gambetta. — Je dis que cette violation de la Constitution, si elle peut se produire, ici, impunément, parce que nous savons tous la faiblesse qui se joint à votre jactance, il n'est cependant pas possible de ne pas la dénoncer au pays et de ne pas lui dire que celui

154 CHAMBRE DKS DÉPUTÉS.

qui a la garde de la Constitution n'est pas Télu de tels ou tels parlemenlaires, mais qu'il est le premier magistrat de la République, que le choix qui a été fait de sa personne est lié à sa fidélité et que, dès lors, nous pouvons vivre tranquilles à l'abri de la Constitution. {Applaudissements à gauche, — Intei*ruptions diverses à droite,)

Un membi^e à droite, — Et le Sénat?

M. Gambetta. — J'entends, dans les interruptions de droite : « Et le Sénat ! »

Eh bien, je vais vous dire toute ma pensée sur ce grand corps de l'État.

J'ai contribué à la constitution du Sénat, — je ne le regretterai jamais ; — et ce n'est pas un accident passager de la vie parlementaire, entendez-le bien ; ce ne sont pas quelques voix déplacées et recrutées à l'aide de quelles intrigues, on le sait, ce ne sont pas les votes de trois ou quatre personnages que le suffrage restreint ou le suffrage universel avait destinés à des loisirs moins agités que ceux de la Chambre haute, qui pourront faire changer mon opinion, ni diminuer la confiance que la France doit avoir dans le bon sens des hommes politiques qui siègent, en grand nombre, dans la Chambre haute.

Vous pouvez, vous, Messieurs, qui m'interrompez, compter sur le Sénat comme sur une pierre d'attente de dissensions intestines ; je dis, moi, que l'opinion, à qui reste toujours la dernière victoire, que le pays qui a ici ses représentants autorisés, qui fait le compte des accidents politiques, qui sait que la politique n'est pas un chemin sans difficultés, le pays sait que, à force de sagesse, de prudence, d'esprit politique, nous viendrons à bout de réaliser les engagements que nous avons pris de le débarrasser des hontes de l'empire et de fonder une France prospère. {Protestations et murmures sur plusieurs bancs à droite.)

Et ne dites pas qu'on n'a pas consulté la nation! La

nation a été consultée le 20 février, et la nation a répondu, par toutes les voix que vous connaissez, qu'il y avait un décret de déchéance ; la nation a répondu comme vous allez répondre vous-mêmes... {Vives et bruyantes exclamations sur divei^s bancs à di'oite,)

MM. Louis ROY DK LOULAY ET LE BARON TWSTAN LAM- BERT, descendant dans V hémicycle et s' adressant à rorateur. — Consultez-la, la nation I Nous acceptons son jugement 1 [Bruit général,)

A gauche, — Attendez le silence I

M. Gambetta. — ... la nation a répondu comme vous allez répondre vous-mêmes : qu'on peut bien se rire des décrets de déchéance, mais qu'il y a une chose qu'on n'eifacera pas, une tache indélébile qu'on n'arrivera jamais à supprimer... {Nouvelles et plus bruyantes exclamations sur les mêmes bancs,) Non! jamais! et cette chose, cette tache, c'est un crime ! {C?'is et interruptions à droite,) Un crime 1 un crime ! {Nouveaux cris à dî^oite, — Applaudissements à gauche,) Et ce crime, vous ne l'effacerez pas de la mémoire delà France! Elle dira... {Les exclamations pai^tant d'une partie du côté droit deviennent de plus en plus bruyantes et finissent par couv9Hr la voix de l'orateur.)

Voix à gauche. — Attendez le silence !

M. Gambetta. — Messieurs, vous direz ce qu'a dit la nation, ce qu'a déjà dit l'histoire, c'est qu'il y a une honte et un crime que vous n'efTacerez jamais : un crime, le 2 Décembre! et une honte, la perte de l'Alsace et de la Lorraine! {Bravo! bravo! et applaudissements à gauche et au centime.)

La clôture demandée est mise aux voix.

L'ordre du jour motivé, déposé par M. Albert Grévy, est adopté à l'unanimité de 350 votants.

Prononcé le 27 octobre 1876

La Républiqiie française du 28 octobre publiait le compte rendu suivant :

« M. Métivier ouvre la séance et expose en ces termes Tobjet de la réunion :

(c Hier soir, a eu lieu à la salle Graffard, à Ménilmontant, une réunion privée organisée par les soins du comité électoral républicain qui a soutenu la candidature de M. Gambetta, lors des élections du 20 février.

« Quatre mille électeurs environ assistaient à cette réunion. M. le docteur Métivier, membre du conseil municipal et président de l'ancien comité électoral républicain, a ouvert la séance à huit heures et demie.

« L'entrée de M. Gambetta a été saluée par de chaleureux applaudissements. »

M. Métivier. — Citoyens, en ma qualité de président du comité électoral républicain du XX® arrondissement et de président de la réunion électorale du boulevard de Charonne, le député du XX® arrondissement, le citoyen Gambetta, m'a fait l'honneur de m'adresser la lettre suivante :

« Mon cher Métivier,

« Conformément à nos habitudes, je vous prie de vouloir bien réunir nos amis avant la date fixée pour la rentrée des Chambres. Je serais bien aise de pouvoir, avant la nouvelle session, exposer la situation politique telle qu'elle découle des élections du 20 février dernier, et la marche politique

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