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A LÀ PREMIÈRE RÉUNION DE LA COMMISSION DU BUDGET

La Chambre des Députés et le Sénat, qui s'étaient séparés le 30 décembre 1876, rentrèrent en session le 9 janvier 1 877. Les deux Assemblées renommèrent leurs anciens bureaux (10 janvier).

M. Gambetta fut réélu président de la commission du budget * (28 janvier). Il prononça, en prenant possession du fauteuil, l'allocution suivante :

Messieurs,

En prenant possession du fauteuil auquel vous avez bien voulu m'appeler, mon premier devoir est de vous adresser mes remerciements, pour la presqueunanimité de vos suffrages.

Vous avez voulu affirmer Tétroite communauté de vues qui nous réunit pour atteindre le but que nous poursuivons depuis près de six années.

Il s'agit pour nous de montrer à tous qu'un pouvoir d'origine populaire, issu du suffrage universel,

i. Membres de la Commission chargée d'examiner le projet de loi portant fixation du budget de Texercice 1878 : M. Gambetta, président, MM. Cocherv et Guichard, vice-présidents y MM. Lamy, Constans, Devés et Millaud, secrétaires, MM. Allain-Targé, Bardoux, Marcel Barthe, Bethmont, Henri Brisson, Sadi-Carnot, Crozet-Foumeyron, Dréo,DutiIleiU, Floquet, Girerd, Guyot, Jacques, Langlois, Le Cesne, De Mahy, Martin-Feuillée, Mathieu* Bodet, Nadaud, Parent, RÂux, Spuller, Talion, Tirara, Varambon et Wilson.

peut avoir à la fois toutes ^les légitimes ambitions de la démocratie et le sentiment le plus complet de ses devoirs ; qu'à toutes les exigences d'un contrôle efficace, il peut joindre un esprit d'ordre, d'économie, de justice et de sages réformes.

L'union règne au milieu de nous ; quels que soient les rêves chimériques qu'on ait bâtis au dehors sur nos dissentiments personnels, ces légères dissidences ne sortent pas de cette enceinte ; au lendemain des décisions prises, il ne reste plus rien qui mérite le nom de divisions de parti.

Il ny a pas de partis dans la commission du budget.

Les membres qui composaient celle que nous remplaçons aujourd'hui savent très bien que dans nos discussions les plus approfondies, dans celles mêmes qui furent les plus ardentes, la politique ne s'est pas glissée; nous sommes toujours restés sur le terrain financier, considérant les questions politiques comme de l'attribution exclusive et légitime du Parlement.

Aujourd'hui nous allons reprendre notre tâche dans des conditions à la fois plus faciles et plus satisfaisantes.

Plus faciles, car la Chambre, le pouvoir, le pays, sont entrés dans une communion d'idées plus intime ; plus satisfaisantes, car, si naguère on pouvait dire que nous étions collaborateurs du pouvoir, on peut dire aujourd'hui que cette collaboration est empreinte de sympathie, de sincère confiance.

Nous répondrons aux vœux de nos commettants en nous inspirant de ces deux ordres d'idées :

D'abord faire pénétrer dans toutes les finances de l'État un esprit de sage économie et un sérieux effort de dégrèvement; nous voulons sans exagération, sans témérité, mais avec persévérance et fermeté, rétablir dans une proportion plus juste, dans un équilibre plus parfait, les charges qui pèsent sur les contribuables.

En second lieu nous voulons essayer de hâter un peu plus l'expédition de nos affaires. Il s'agit du budget del878, mais nous ne pouvons méconnaître que, dans le cours de la présente année, le gouvernement devra pourvoir à des intérêts de premier ordre ; il ne faut pas que le moindre retard de notre part puisse être une cause d'embarras, un prétexte à de légitimes critiques.

Vous venez d'adopter une nouvelle méthode qui doit favoriser la marche rapide de nos travaux. La présence parmi vous de quinze membres ayant appartenu à l'ancienne commission, et celle delà plupart des rapporteurs, sont une garantie que les affaires peuvent être étudiées à la fois avec promptitude et maturité.

Mettons-nous donc à l'œuvre avec les sentiments de concorde et d'union qui doivent animer les représentants d'une République sage et progressive. Démontrons au pouvoir, dont nous sommes les fidèles soutiens, que nous savons allier la fermeté du contrôle à la sympathie et à la confiance. Nous ne sommes pas des hommes de conflit. Nous voulons notre droit, mais nous ne voulons que notre droit.

Prononcé le ^ janvier 4877

A LA SALLK TIVOLI

(CONFBRKNCB DB M. TOLAIN, SÉNATEUR DB LA SEINE, AU PROFIT DE LA BIBLIOTHBQUB POPULAIRE DU XI« ARRONDISSEMENT DB PARIs)

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