‹ Discours et plaidoyers politiques de Me [L] G (volume 3)Chapitre 24 sur 44 · SOUS LÀ PRÉSIDENCE DE M. GAMBETTÂ · texte numérisé non relu

SOUS LÀ PRÉSIDENCE DE M. GAMBETTÂ

Mesdames et Messieurs,

On vient de vous exposer, dans un langage que nul ne pouvait tenir mieux que celui que vous venez d'entendre, les raisons de science, de patriotisme, de solidarité sociale qui sont au fond de ces diverses entreprises qui germent dans les différents arrondissements de Paris et qui, ne s'arrêtant pas à la capitale, s'en vont aussi lever dans la province et nous préparent, dans un avenir qu'il dépend de la constance de vos efforts de rapprocher de plus en plus, le véritable enseignement mutuel des citoyens. Et l'homme qui a parlé devant vous, tout à l'heure, est la démonstration vivante et autorisée de ce que peut devenir dans une puissante démocratie comme la nôtre le capital intellectuel de la nation, si on veut le mettre en œuvre, si on veut le féconder et le livrer à l'énergie de sa croissance et de son développement. {Vive approbation.)

Cette instruction que l'on refusait, avec habileté, dans les temps antérieurs, cette instruction et cette éducation, — car je ne sépare pas le premier mot du second, — que Ton mesurait d'une main si avare à

tous ceux qui ne faisaient pas partie de la caste privilégiée, peuvent enfin être restituées et rendues à tous ceux qui auront, non pas une position particulière dans la société, mais qui auront la bonne volonté de les recevoir. Nous ne sommes animés que du sentiment de la défense sociale et politique quand nous poussons à la diffusion de l'éducation et de l'instruction, et nous avons, pour le faire, précisément des raisons opposées à celles qui animent nos adversaires pour réclamer le resserrement et la parcimonie dans l'instruction populaire. 11 n'est pas extraordinaire qu'il ait fallu accumuler les efforts et les tentatives pour arriver enfin à iine période de liberté encore relative, encore restreinte, qui nous permette, sinon de mettre véritablement en lumière et en rapport tout ce qu'il y a d'énergie intellectuelle dans ce pays, mais, au moins, d'en commencer la culture et de démontrer que, désormais, il serait véritablement impie, sacrilège et contraire à l'avenir et au rôle de la France de laisser quelque part improductive une intelligence qui a droit à la lumière. {Salve d'applaudissements. — Marques d'approbation prolongées.)

Et ce qu'il faut le plus remarquer, c'est que c'est précisément au lendemain de ses désastres immérités, au lendemain de ses défaites amenées par la servitude d'un trop grand nombre et par l'audace criminelle de certains autres,que la France a vu se produire deux grands faits ; l'empiétement et l'usurpation de ceux qui ont été de tous temps les ennemis de l'éducation, c'est-à-dire du progrès et de la raison, de ceux qui ont obtenu toutes facilités pour étendre leur empire, pour entrer en lutte réglée non-seulement avec les principes généraux de la société française, mais encore avec les droits légitimes de l'État. Aussi^ quand on a vu ce succès inespéré, cette audace que rien ne réprimait, le second fait, un grand mouvement s'est produit. De toutes parts les citoyens se sont levés, et ils

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