‹ Discours et plaidoyers politiques de Me [L] G (volume 3)Chapitre 26 sur 44 · VI · texte numérisé non relu

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tion de l'enseignement professionnel des matières qui, d'après la nature des quartiers, s'adapteront mieux aux professions et aux métiers qui y sont pratiqués.

Je dis que le progrès particulier à viser, c'est l'augmentation de la valeur intellectuelle, de la valeur productive de ces travailleurs pour lesquels ont été instituées les bibliothèques populaires, car, dans une société comme la nôtre, il ne suffirait pas de produire indéfiniment si cette production ne devait pas avoir une sorte d'effet réflexe qui est de préparer, par l'amélioration matérielle de chacun d'entre vous, son amélioration morale et son émancipation intellectuelle, do telle sorte que l'amélioration du sort d'un individu se fasse sentir par l'augmentation de la prospérité et de la moralité générale.

Voilà le but que doit se proposer une démocratie, le but qu'elle ne doit jamais perdre de vue. Quand on s'adresse aux hommes qui ont mandat ou qui se le sont donné par dévouement, par esprit de solidarité sociale, pour pousser à l'amélioration du sort des travailleurs, on ne doit jamais oublier qu'il y a une harmonie absolue entre le développement de la prospérité générale et le développement du bonheur et du sort de l'individu. Là où l'un n'est pas atteint, l'autre est vainement recherché.

J'ai tenu à m'exprimer ainsi parce que je sais que vous ne recherchez pas la lecture pour la lecture, c'est-à-dire pour vous repaître l'esprit d'histoires inventées ou de fantaisies. Non, ce qui vous pousse à la fondation de ces institutions populaires, c'est le désir d'apprendre, de connaître, d'appliquer tout ce qui se rapporte à vos professions. De telle sorte que, chez vous, dans vos^coles, dans vos rayons de bibliothèques, on trouvera ISes traités qui mettent la science, c'està-dire la collection des connaissances entre vos mains, soit que ces connaissances soient empruntées à l'observation naturelle, aux laboratoires ou à la mécani-

que pour en faire le point de départ d'une pratique personnelle, d'une expérimentation, d'une application constantes, dans ces luttes de l'homme contre la ma tière, dont les fruits doivent vous permettre d'augmenter d'un môme efforl. vos forces matérielles et morales. Résumons la triple pensée qui anime les fondateurs et les propagateurs de cette bibliothèque à laquelle vous voulez bien apporter votre concours moral et pécuniaire, votre concours d'activité intellectuelle en allant en lire les livres, en les propageant, en vous communiquant les uns aux autres les résultats de vos lectures; — la triple pensée qui les anime, c'est d'abord l'amour de la patrie, c'est ensuite le désir d'aider au développement moral et intellectuel de vos concitoyens, et, en troisième lieu, c'est la volonté de faire la véritable réponse qui doive être faite aux entreprises de cette secte qui porte un nom que je n'ai pas besoin de prononcer ici; mais, grâce à votre sagesse, grâce à la sagesse du pays, on peut dire que ses jours sont comptés, car une République qui ne saurait pas se faire respecter d'ennemis qui prennent leur mot d'ordre en dehors de la nation serait une République instable et chancelaote, et je dois dire que ceux qui nous gouvernent savent quels moyens il faut employer pour pro^ téger l'État, sauver la République et faire respecter par la simple application des lois existantes la société moderne contre les attaques injurieuses de Tultramontanisme. [Double salve (f applaudissements,)

Prononcé le 4 février i877

A LA SALLE VALRNTINO

(CONFËRBNCB DE M. TIRARD, DÉPUTÉ DE LA SEINE, AU PROFIT d'UNK ÉCOLE LAÏQUE DU 1" ARRONDISSEMENT DE PARIS,

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