‹ Discours et plaidoyers politiques de Me [L] G (volume 3)Chapitre 29 sur 44 · FEVRIER · texte numérisé non relu

FEVRIER

amis, parents, tous se rendent, à la fois, avec empressement, à nos réunions. {Vive approbation, — Applaudissements,)

On peut dire que la République est le seul gouvernement qui puisse protéger et développer de pareilles tendances; c'est pour cela qu'elle est sacrée, car si, depuis nos malheurs, elle signifie nationalité, depuis les tentatives de réaction elle signifie liberté de conscience, liberté de penser. C'est par le bon choix de vos représentants que vous continuerez à rester forts et libres. Vous avez déjà prouvé que vous connaissiez la valeur de ces choix, et il vous a été donné de recevoir de la bouche de celui que vous avez nommé l'assurance que vous avez été bien inspirés. Quant à moi, je n'ai qu'un vœu à faire, c'est que vous soyez toujours aussi bien inspirés que le jour où vous l'avez choisi. {Marques unanimes d'assentiment, — Applaudissemen ts prolongés . )

Les allocutions prononcées par M. Gambetta aux conférences de M. Germain Casse sur VÈducation de la femme (bibliothèque populaire du XIV® arrondissement de Paris), de M. Martin Nadaud sur V Enseignement professionnel (bibliothèque populaire du XX® arrondissement), de M. de Mahy sur le Suffrage universel (bibliothèque populaire du Xll® arrondissement), de M. Delamarche sur le général Hoche (bibliothèque populaire du XV® arrond.), et de M. Floquet sur le Livre (bibliothèque populaire du XIII® arrondissement), n*ont pas été recueilUes.

SUR

LES MENÉES ULTRAHONTAINES Prononcé le 4 mai i877

Nous avons raconté (p. 202) dans quelles conditions M. Jules Simon avait formé le Cabinet du 43 décembre et quelles étranges illusions cet homme d'État avait apportées au pouvoir. S'il était en effet légitime et peut-être adroit de se déclarer à la fois « profondément républicain et profondément conservateur », il était tout au moins naïf de chercher à plaire également à la majorité républicaine de la Chambre et à la majorité cléricale du Sénat. Croire que, pour s'attacher tout le monde, il suffisait de contenter à demi, tantôt Tun et tantôt Tautre, c'était faire preuve, pour un métaph} sicien, d'une médiocre connaissance des hommes. Dans la vérité, en face du cléricalisme ouvertement révolté et de la coterie de l'Elysée secrètement complice du cléricalisme, une seule politique était honnête et habile : celle des élections du 20 février. M. Jules Simon ne voulut pas'le comprendre. Malgré les conseils de M. Thiers, malgré les avis répétés de ses propres collègues et des présidents des groupes de gauche, M. Simon s'imagina que le suprême de l'habileté consistait à ménager les partis réactionnaires, à sourire au cléricalisme et à payer la démocratie de promesses. Et, ce faisant, il ne fit qu'accélérer sa chute. Nous ne prétendons point qu'en se mettant fièrement à la tête du parti républicain, M. Jules Simon eût rendu impossible le coup d'État parlementaire du 46 mai. —

Nous avons eiposé plus haut (p. 20i) comment M. de Broglie et M. de Fourtou, M. Dupanîoup et M. d'Harcourt avaient formé depuis six mois un plan dissolutionniste qu'ils étaient décidés, coûte que coûte, à mettre en exécution avant la fin de Tannée, et comment l'aventure du 16 mai avait été résolue dès le 43 décembre. — Mais si M. Simon n'avait point abandonné le programme du 20 février dans le vain espoir de s'attacher le maréchal, s'il n'avait pas employé toute sa souplesse à chercher son point d'appui dans le camp même de ceux qui conspiraient avec le plus d'audace contre la République, il serait tombé dignement, sa chute eût été celle d'un homme d'État, et nul n'eût été en droit de lui reprocher de n'avoir fait pendant cinq mois que le plus triste métier de dupe.

Aussi bien, ce qui rend la conduite politique de M. Simon si coupable, c'est la confiance que le parti républicain ne cessa de lui prodiguer en dépit de toutes ses faiblesses. Le président du conseil du i 3 décembre eut beau faire au Sénat le sacrifice des privilèges budgétaires de la Chambre et au maréchal le sacrifice de la réforme radicale, si solennellement promise, du personnel administratif : la majorité de la Chambre resta sympathique et bienveillante. Ce n'étaient pas seulement les présidents du centre gauche et de la gauche républicaine qui vantaient les vertus du ministère et prônaient l'adresse et le dévouement de M. Jules Simon. C'était M. Laussedat, président de l'union républicaine, qui engageait ses collègues à apporter tout leur concours au ministère du 13 décembre. C'était M. Gambetta qui prononçait, dans la première séance de la commission du budget, le discours que nous avons reproduit plus haut (p. 267). On célébrait sur tous les modes les moindres actes de fermeté. Ou avait des trésors d'indulgence pour les plus insignes compromissions, l'interdiction des conférences religieuses du Père Hyacinthe, le maintien de M. Decazes au ministère des affaires étrangères. On faisait honneur à M. Simon des qualités de ses collègues du ministère, du courage déployé par M. Martel dans l'afi'aire des commissions mixtes, de l'activité intelligente de MM. Waddington et Teisserenc de Bort, de la sagesse financière de M. Léon Say. Le concours du parti républicain fut sans réserves, et il le fut jusqu'à la dernière heure, nous voulons dire jusqu'au jour où, devant

laudace croissante des menées altramontaines, il fallut bien pousser un cri d'alarme auquel on ne pût s'empêcher de répondre. Mais, ce jour-là, il était trop tard : les conspirateurs de rÉlysée étaient prêts, le coup était tout monté; M. le vicomte Emmanuel d'Harcourt, secrétaire de la Présidence de la République, venait de dire à un député de la drcHtey en parlant de M. Simon et en ne se trompant que de six semaines : «Prenez patience jusqu'au mois de juillet; nous en serons alors débarrassés ^ »

Nous reproduisons dans ses parties essentielles le compterendu de la discussion de Tinte rpeilattoa déposée par M. Leblond dans la séance du i" mai ^. On trouvera dans les discours qui furent prononcés pendant les deux séances du 3 et du 4 mai l'historique le plus complet de la campagne cléricale qui fut la véritable préface du 16 mai.

Séance du 3 mai 1877.

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