‹ Discours et plaidoyers politiques de Me [L] G (volume 4)Chapitre 19 sur 38 · M. Glais-Bizoin · texte numérisé non relu

M. Glais-Bizoin

aux mobilisés. Ainsi M. de Gastellanc, qui a fait si noblement son devoir à la tête de ses mobiles. (Très bienf) Je citerai encore M. Target, M. Wilson, M. Grolier et bien d'autres. 11 y avait une ardente pression pourobtenirdes armes; il s'est présenté alors un M. Mottu, que je ne connais pas, mais qui, renseignements pris, n'était pas certainement à porter sur la liste des aventureux que M. Rouher aurait bien dû nommer, des aventuriers que nous avait légués l'Empire.

M. Mottu vint dire au gouvernement de la Défense nationale : Je connais un dépôt d'armes dans lequel il y a 183,000 armes. J'en suis sûr, j'ai qualité pour vous le dire, et on l'a amené alors au délégué à la guerre , à M. de Freycinet...

Un membre à droite. — Ah oui I

M. Gambetta. — Je pense que l'honorable membre quia dit : Ah oui! lorsque j'ai parlé de mon ami M. de Freycinet, ne suspecte pas son honorabilité, sans cela je lui dirais d'apporter à cette tribune les preuves de ses soupçons injurieux.

M. LE GÉNÉRAL DucROT. — Sa compétcuce militaire est contestable.

M. Gambetta. — Il ne s'agit pas de sa compétence militaire ; il n'est question en ce moment que de son intervention dans les marchés. Toutes choses viendront en leur temps. On a dit à M. Mottu : Malgré tout ce que peut avoir de romanesque cette découverte de 183,000 armes, on va vous donner un officier, qui est d'ailleurs chargé de remplir la mission de contrôleur en Angleterre, et qui, de concert avec vous, ira voir où gît le précieux dépôt de 183,000 armes ; et s'il y est, quand on en aura constaté l'existence, on en prendra livraison, et, si elles sont bonnes, on les payera. Il n'y a pas là d'avances, on y a été parce que cela était nécessaire. Car, qu'auriez-vous dit si on était venu prouver plus lard que ces armes existaient, quand même il n'en aurait existé que

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quelques milliers? Songez donc au besoin pressant, dévorant, que nous avions d'avoir des fusils! {Cest vrai/ — Vif assentiment à gauche.)

On a donc été, on a vu qu'on avait affaire à un simple faiseur. Il n'y avait pas d'armes. {Exclamations et rires à droite.)

Eh bien, Messieurs, a-t-on compromis les intérêts du Trésor? A-t-on fait une avance quelconque? Non. Et puis on vient vous dire que, pour compléter l'affaire, cet homme a intenté un procès; mais c'est là un de ces procès qu'on ne gagne pas ; cela ressemble beaucoup au Mexique. Mais, à l'heure qu'il est, il n'est plus de gouvernement qui fasse des affaires véreuses, et qui emploie ainsi les ressources de la France. (Très bien! à gauche.)

Il y a une autre affaire : c'est celle de M. Bellot des Minières; c'est la même, et elle tourne de la même manière. On arrive avec fracas, on offre des cartouches qui manquaient; et, à ce propos-là, permettezmoi de dire que la déposition de M. Thoumas est parfaitement exacte. J'en revendique la responsabilité. Le 14 octobre, quand j'ai appris, par des dépèches télégraphiques qui me passaient sous les yeux, que nous n'a\îons pas de cartouches pour livrer bataille ; ahl je vous déclare que j'ai eu un mouvement terrible de colère...

A rfroiVe. — Ohloh!

A gauche. — Très bien ! très bien !

M. Gambetta.— ... Et que je me suis demandé : Qu'estce qu'on a fait depuis un mois, depuis le 14 septembre? Pourquoi n'y a-t-il pas de cartouches? J'ai voulu le savoir; on m'a expliqué que, grâce à cette centralisation que l'Europe nous envie, comme tant d'autres choses, toutes les cartoucheries étaient restées à'Montreuil, dans Paris, et qu'alors nous n'avions rien à faire... (Interruptions.)

Ah! Messieurs, je vous le déclare, j'aurais voulu

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