‹ Discours et plaidoyers politiques de Me [L] G (volume 4)Chapitre 25 sur 38 · SOI · texte numérisé non relu

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que d'une chose, d'une cbose inomonde, qui a été présentée à la France comme une garantie d'ordre et de sécurité, et qui n'était qu'un complot perpétuel contre la moralité publique, du plébiscite! {C'est celai Ouil oui! applaudissements!

A ce moment, le bruit causé par une pluie torrentielle couvre la voix de l'orateur.

Le temps ne nous permettant pas de poursuivre, nous allons attendre qu'il devienne un peu plus clément.

Pour vous rassurer, je vous dirai que ce temps est traditionnel, malheureusement (On rit), et qu'à tous les anniversaires du 14 Juillet il a toujours plu. Ainsi, le jour où eut lieu la grande Fédération, la pluie tomba toute la journée, ce qui n'empêcha pas Paris tout entier, hommes, femmes, enfants, de toutes classes et de toutes conditions, de rester impassibles sous les injures du ciel, parce que, en ce jour, il s'agissait de prêter serment à la Révolution. [Bravo! Vive la République! vive Gambetta !)

Après une interruption de quelques minutes, M. Gambetta reprend en ces termes :

Messieurs, puisque le courage et la patience que vous montrez égalent au moins la sympathie dont vous voulez bien me donner une nouvelle preuve, je croix que je n'abuserai pas de vous en terminant les observations que je tiens à vous présenter. [Non! non! Parlez!)

Dans les paroles qui ont été prononcées jusqu'ici, nous n'avons fait qu'indiquer très sommairement, le dessein général des antagonismes que Ton a créés, excités, et finalement exaspérés dans la société française.

Ces indications n'ont pas été difficiles à vous donner, et vous complétiez par vos souvenirs, en m'écoutant,

378 BANQUET DE iJk FERTÉ-SOUS-JOUARRK.

ce que le temps ne me permet pas de dire ; vous saisissiez ce qu*il y avait de nécessairement incomplet dans les allusions que je faisais soit à Tempire, soit aux régimes ou aux dynasties qui l'avaient précédé.

Car il est de mode aujourd'hui, et il faut s'en expliquer, puisque l'occasion est bonne (Sourires) , de considérer qu'il y a deux espèces de monarchies : une monarchie exécrable, contre laquelle le parti républicain pourtant a été le seul à lutter, c'est l'empire, que ceux qui se décorent du nom d'esprits raffinés, d'hommes composant le parti des honnêtes gens, veulent bien regarder aujourd'hui comme une chose brutale, impossible et indigne de leur fréquentation, oubliant d'ailleurs qu'ils avaient figuré en grande partie dans les ministères et dans le Sénat de cet empire. [Bravo! — Rires et applaudissements.)

Mais nous ne pouvons pas laisser s'accréditer cette opinion qu'il y a deux espèces de monarchies : cellelà, dont je viens de parler, et une autre qui serait de bon ton, honnête, modérée, qui aurait une véritable supériorité morale sur tout autre gouvernement et qui serait de nature à faire excellemment les affaires du pays sans le pays, ayant d'ailleurs de bonnes raisons pour se défier de l'esprit d'égalité, de l'esprit d'envie, — car c'est ainsi qu'ils appellent cela, — qui est le fond de la démocratie. [Rires.)

Eh bien, non! il n'y a pas deux espèces de monarchies; il n'y en a qu'une : on a ou on n'a pas un maître. [Applaudissements,)

Qu'on le serve sans phrases, comme sous l'empire, ou qu'on le serve avec des périphrases, comme cela se passe sous les deux autres régimes, constitutionnel et traditionnel, c'est toujours la même chose : c'est la nation asservie au bénéfice d'un seul, lequel veut bien associer à ses agréables représentations un certain nombre de collaborateurs privilégiés. [Rires et applaudissements.)

Nous connaissons les trois formes de monarchie : la première, la deuxième et la troisième; elles se sont succédé à des intervalles malheureusement trop rapprochés dans notre cher pays.

Nous avons vu la première rentrer à la suite de l'étranger, quoi qu'elle dise, et vous savez, — puisque nous sommes ici dans un pays de culture et de travail agricole, — vous savez quels avaient été, dès Tabord, les procédés, les aspirations, les tendances et, finalement, les moyens d'exécution de ce qu'on a appelé la Restauration ; son but était de supprimer la Révolution, et de replacer les choses en l'état où elles étaient le 13 juillet 1789. Et il ne s'agissait plus seulement pour elle de reconstruire la Bastille sur son emplacement, mais son désir, sa volonté était de mettre la France entière dans une Bastille. [Rires et applaudissemen ts.)

On peut bien rompreje courant révolutionnaire, le faire dévier, le perdre dans les sables comme le firent le Consulat et le premier Empire ; mais on ne supprime pas, heureusement, la trace et le germe qu'il a laissés dans la patrie française. {Vives marques d'approbation.)

Le génie de la Révolution parfois s'éclipse, il se voile un moment; mais il reparaît plus éclatant, plus radieux que jamais, et, en somme, aux heures où la patrie souffre, où elle est envahie, où elle agonise, c'est ce génie vers lequel on se tourne pour lui dire : « Génie réparateur. Génie même de la France, Esprit de la Révolution! au secours! au secours! car les monarchies m'ont plongée au fond de l'abîme! »

Et, au milieu de ces cris d'angoisse, en face de ces exclamations d'un peuple en détresse, savez-vous ce qui se passe? C'est alors que le parti républicain, le parti de la Révolution appaniît et se met résolument à l'œuvre pour arracher le pays au gouffre, à l'abîme prêt à engloutir ce qui reste de la grandeur et de la nationalité française! {Sensation.)

Ensuite, quand^cette œuvre a réussi pu a été entravée, on voit surgir de leurs taupinières et des recoins où ils s'étaient cachés pendant la tempête un tas de mauvais citoyens, de mauvais Français qui \ienneat dire : « Ces malheurs, ces désastres, c'est la Révolution qui en est la cause I »

De telle sorte que c'est le médecin, que c'est le sauveur qui est accusé d'avoir donné la gangrène et le mal. {C'est cela! c*est celal^ Applaudissements prolongés,)

Si je dis ces choses, ce n'est pas seulement pour rétablir la vérité à l'honneur de ce parti républicain outragé, calomnié, décimé, transporté sans trêve ni repos depuis soixante-dix ans, mais si vivace, si plein de ressources, ayant des racines si profondes dans le cœur des peuples qu'il n'a pas disparu de la scène du monde, après des persécutions qui auraient tué même une idée plus féconde, s'il en pouvait exister une! {Applaudissements,)

Non! non! ce n'est pas pour lui, ce n'est pas pour revendiquer ce qui fait son plus grand titre de gloire, qui est de se jeter, sans compter, au milieu des périls qui assiègent la France, d'y vouer son existence même, convaincu qu'on peut périr, et que, si l'honneur est sauf, on a au moins devant les hommes et devant l'immuable justice des choses, devant sa conscience et devant la souveraineté de la raison, l'excuse d'avoir succombé et péri en glorifiant ses principes et sa propre conscience ! (Bravos, — Applaudissements répétés.)

Si je parle ainsi, Messieurs, c'est parce qu'en somme là est le sophisme qu'on ressasse et qu'on exploite depuis tantôt trois quarts de siècle ; oui, c'est parce que la vieille monarchie banqueroutière ayant mené la France au déficit... {Rires, — Salve d'applaudissements. — Mouvement dans une partie de l'auditoire.)

Oui, Messieurs, car vous ne devez pas oublier que, bien que ces privilégiés, ces familles eussent mis la main sur la France et qu'il n'y eût qu'un cinquième

de terres libres et réservées aux citoyens les cultivant de leurs propres mains, — vous ne devez pas oublier, dis-je, que c'est par le déficit et la banqueroute que la monarchie fut acculée à la convocation des États- Généraux. {Ouit — TrèS'bienl — Applaudissements,) Donc, je maintiens à la monarchie l'épithète de banqueroutière, {Ouil — Ouil — Nouveaux applaudissements,)

Une interruption se fait entendre aa fond de la salle. Cris : A la porte! à la porte! — Mouvements divers.

Non ! non ! Messieurs, calmez-vous ! nous ne serions pas des hommes libres si nous ne restions pas calmes.

Gomment! il suffirait d'une interruption, qui est dans le droit de tout le monde, entendez-le bien, pour qu'immédiatement la discussion cessât? Mais, Messieurs, s'il y a, — et c'est précisément ce que je re- . cherche dans les entretiens que nous avons ensemble, — s'il y a des contradicteurs, je suis prêt à leur répondre et à essayer de les convaincre. [Très bieni très bien! — Applaudissements, — Nouvelle interruption.)

Je vous en prie, mes amis, soyez patients! 11 faut bien nous habituer à la contradiction, sans elle il n'y aurait aucune utilité à nos réunions ; si nous ne nous rassemblions que pour nous entendre de l'oreille et non pas de l'esprit, pour nous applaudir sans supporter aucun dissentiment, nos réunions n'auraient véritablement aucun caractère utile, ni, permettezmoi d'ajouter, digne de citoyens libres. {Approbation générale,)

Il faut que nos réunions ne sortent jamais du calme et de la modération, qui sont le véritable attribut de notre parti, car, seul, au milieu des provocations, des violences et des outrages dont on l'accable, il reste impassible sous cette bordée d'injures, résolu qu'il est à ne pas abandonner ce sang-froid qui est la caractéristique de sa force.

Eh bien, réunissons-nous toujours sans perdre de vue cette pensée, restons-y fidèles, et s'il y a des contradicteurs, — et il doit y en avoir, il n'est pas possible qu'il ne s'en présente pas, — qu'ils indiquent les points obscurs, discutables de mes paroles, qu'ils m'arrêtent pour me demander des explications, des éclaircissements, et j'estime qu'il est de mon devoir strict d'y répondre. {Très bien! très bien! — Applaudissements.)

Je reprends où j'en étais resté il y a quelques instants.

Je disais, si je ne me trompe, que le procédé dont on avait le plus usé et abusé contre la Révolution et le parti républicain, qui en est l'agent désintéressé et libre dans notre pays, que ce procédé consistait à mettre perpétuellement, passez-moi l'expression, sur » les épaules, sur le dos de la Révolution, les fautes, les crimes et les désastres qui avaient été amenés par le parti adverse.

On tombe ainsi dans le même cercle vicieux que ferait celui qui viendrait soutenir ce raisonnement, à propos d'un homme qui aurait mal fait ses îiffaires, qui aurait été réduit à déposer son bilan, dont on aurait vendu les biens, expulsé la famille de son toit pour la jeter dans la rue, — qui viendrait, dis-je, soutenir ce raisonnement : la responsabilité de cette situation incombe au syndic qui a réglé les affaires, et non pas à l'homme perdu de dettes, au cœur et à l'intelligences dépravés , dont la conduite vicieuse est la source de ses propres infortunes et de cette triste liquidation. [Semation. — Applaudissements prolongés,)

Eh bien 1 la Révolution est apparue, — je poursuis cette image familière, mais qui est parfaitement de nature à vous faire saisir le fond même de ce sophisme; — la Révolution est apparue comme le syndic, comme le curateur forcé, nécessaire, qui arrive lorsqu'on a mené la France au bord de l'abîme, lors-

Il JUILLET 1872. 383

qu*oii l'a jetée dans la guerre étrangère. Quand la patrie est envahie, ses armées confisquées^ ses places livrées ou anéanties, alors la Révolution intervient, elle lutte et on lui dit : « C'est vous qui avez fait la guerre, c'est vous qui avez livré nos armées, et c'est en votre nom qu'on a capitulé. »

Et, s'il y a des milliards à payer, c'est elle encore qui devra en supporter la responsabilité.

De plus, comme on a bien eu soin, depuis soixantedix ans , de ne pas compléter cette institution élémentaire des pays qui veulent non seulement devenir, mais rester libres, l'instruction nationale, il se trouve qu'on a ainsi préparé d'avance un champ admirable pour faire lever et fructifier l'erreur : voilà. Messieurs, l'intérêt politique qu'il y a, dans un pays où le suffrage universel existe, à maintenir l'ignorance universelle. {Explosion d'applaudissements, — Sensation prolongée.)

Ah ! Messieurs , nos adversaires savent bien que , partout où l'on fait un lecteur, on allume une intelligence et l'on éclaire une conscience; ils savent bien que leurs sophismes ne rencontreraient pas deux heures de crédit si on les présentait à des esprits capables déjuger, de concevoir et de réfuter; et c'est parce qu'ils le savent qu'ils font de la calomnie un instrument de domination. {Approbation,)

C'est ainsi que, successivement, depuis vingt ans, on a amené la nation à tout ratifier, à tout accepter, en dépit des protestations du parti républicain. Et j'insiste sur ce dernier point, parce que ce n'est pas seulement une preuve de la clairvoyance de ce parti, un hommage rendu à sa probité, mais aussi la preuve, le gage de son patriotisme inaltérable.

Aussi, je ne cesserai de le répéter, du 2 décembre i851 au i septembre 1870, il n'y a eu qu'un parti dans ce pays qui ait tenu haut et inviolable le drapeau de la revendication des droits du pays contre l'usurpa-

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lion et le crime, et ce parti, c'est le nôtre I [Oui! om! — Double salve d'applaudissemenls.)

S'il en est ainsi et si, malgré les luttes de ce parti et malgré son désintéressement, il est condamné perpétuellement à être battu et refoulé , par suite de l'écart, de la séparation, de la distance qui existent entre ceux qui ont les mômes intérêts, mais qui Jies ignorent, qui ont la même prigipe, mais qui la méconnaissent, qui ont la même, tendance, les mômes aspirations, mais qui ne s'en rendent pas compte, que nous faut-il faire? ,

11 nous faut combler cet intervalle, cette séparation, cet écart. Il faut que partout où il y a un républicain, ce républicain sojrte de cbe:^ lui çt aille si'adr^sser, non pas à uiK autre républicain comme lui^ mais que, soit individuellement, soit collectivement, en s'associanl, il se donne cette tâche d'aller visiter, fréquenter ceux qui, épars, disséminas sur tout le territoire^, sans lien, sans contact, sans iuformatjon^, sont la proie désignée des sycophantes et des ^Qpbis^es. qui préparent ouvertement des restaurations. {Ce&l cela! —^ Applaudissements redoublés.^ ,

• Mais il ne suffît pas qu'une élite d'hon^mes dévoués se donne cette tâche de propager le^ parole^ et les idées républicaines, en^ sç vouant à, un, prosélytisme incessant; no;i^ cçlà ni suturait pas, .car le mal est plus haut, qt, c'est plus haut qu'ilJ^ût al^^r le guérir. , . . ;

Il faut faire disparaître qet aut^^gonisme dpnt je parlais tout à l'heure , il faut revenir à la première, à la pensée fécjond^ de 1789, rétablir le faisceau, quia été détruit |)ar des maius scélérates ; rappf ophei^ le bourgeois de l'ouvrier, l'ouvrier du paysaUf,!! nc^ f^ut pas qu'il y ait, comme aujourd'hui, des épaves d'aristocratie, des restes 4^, sectes jésuitiques; une bau(e bourgeoisie oublieuse de ses origines, s'arrogeant toutes les dominations, et^'inspirant de tous les vieux

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despotismes; une classe moyenne isolée, fermée, timide, peureuse, prête à tout par peur et, par la plus inexplicable des peurs, se bouchant les oreilles, fermant les yeux , redoutant tout contact avec les autres classes, n'ayant pas le souci de descendre vers elles et de voir qu'il y a là des frères dont il faut s'occuper, dont le nombre constitue une force, dont l'ignorance est un péril, et dont l'intelligence éveillée donnerait à la France une carrière de gloire, d'honneur et de prospérité I {Bravos prolongés.)

Oui, il faut faire cette fédération des intérêts, il faut rallier, associer dans un pacte d'égalité parfaite ceux qui ont le sentiment de la justice et des vérités politiques, les plus ignorants et les plus humbles, ceux qui ne pensent pas encore comme ceux dont l'esprit s'est nourri de chimères qui se dissiperaient d'ellesmêmes à la pure lumière de la science.

C'est surtout chez ceux-là qu'il faut porter la persuasion, la conviction ; c'est devant eux qu'il faut séparer l'impossible du possible, c'est à eux qu'il faut montrer ce qui n'est pas encore immédiatement réalisable parla pratique, et c'est eux qu'il faut décidera l'ajourner. Mais cette campagne doit être conduite et menée avec intelligence, et elle doit avoir pour auxiliaires, pour coopérateurs, ces deux fractions du peuple : l'homme qui travaille à la ville et l'homme qui travaille aux champs. {Ouil — Cest cela! — Bravos.)

Pour atteindre ce but, une première condition est indispensable, sans laquelle toutes les autres ne sont rien ; c'est une question de forme, dit-on ; oui, mais ici la forme emporte le fond ; c'est une forme sans laquelle on ne peut résoudre aucun problème, une forme qui permet de respecter les droits de tous et de chacun : cette forme, c'est )a forme républicaine, sincère, loyale, aux mains d'hommes qui aient le souci de ne pas présenter sans cesse une promesse, sans jamais la tenir et la réaliser.

386 BANQUET DE LA FBRTÉ-SOUS-JOUARBE.

La pluie qoi redouble couvre de nouveau la voix de IV rateur.

Je tt^ia qu'il fatit encore que nous comptions avec les éléments; nous allons attendre de nouveau que la pluie desse. {fJuifouif — Reposez-vôus !)

Au bout d'un quart d'heure, l'orateur reprend son discours en ces termes :

Mes chers concitoyens, je vais vous 30umettre aune troisième épreuve ; ce ^erA.la plqs courte, etjvous pouvez vous rassurer : vous n'aurez pas besoin de la pluie pour «échapper à la prolongation de ces quelques paroles. {Parlez! parlez!)

.J'^proUjVfi,cepjep(Jaxit le bespin dje c(X];iclure, et c'était précisément à. c^t^ conclusion que j!étais arrivé lorsque j'ai été forcé de m'interrompra.

Je vous disais que cçtte conciliation nécessaire avait t^s.pin pour réussir d'une première condition : la République ; et j'ajoutais qu'il ne fallait songer en aucune manière à la solvitio];^,jd'auiçun des graves problèmes qui nous occupent, si, tout d'abord, on n'acceptait pas la forme républicaine comme le moyen piféois, cpmmç la formule çcieptifique à l'aide de laquelle on (Jevra |les résoudre, {^ptvbation générale-)

ÏjdL^fié^p^ll(fXïej\'^^i donc pas pour nous seulement une ^question d'origine^ de s^ntinjent, ie tradition, elle est lîne nécessité intellectuelle, elle s'impose à nous parles besoins mêmes de Tesprit. Nous ne pouyons pas comprendre rOjT^re, l'équilibre entre les divef;s intérêts de la nation, If^pw sociale, cette nécessaire et auguste j:^ixiaprî&sla,quelle la France soupire, et que j'appellerai \k pa^? ^Républicaine, pour me servir (^'une expression aussi majestueuse que la paix romaihjB, nous né pouvons pa^ comprendre ces choses et l^avénement déOnitif de, ce^ éléments essentiels de sécurité, de prospérité^^tériçlle, de réparation mo-

raie, de restauration, de grandeur de la patrie sans la République. {Adhésion prolongée.)

Et quand je prononce ces mots de restauration de la patrie, ah! pern^ettes-moi de le dire, je les prononce avec une douleur ^ une angoisse profondes. Cette charge immense qui pèse sur nous, cet emprunt devenu nécessaire, il faut {\ji3^ l'épargne des champs, que la ressource du petit, comme le superflu du riche, comme le luxe des villes, y contribuent au nom même du salut de la France. {Oiti! oui/)

Mais, Messietits^, quahd on aura payé cette rançon, notre situation ^era ; sans doute , allégée , mais on n*aura pas refait la PatHe;.'... (Sensation profonde, — Inten'uplion)j et c'est ici qu'il nous faut prendre la résolution ferrtie de poursmvfe cette restauration dans son intégrité, en commençant d'abord par nous refaire nous-mêmes. {Nouvelle sensation,)

Pour cela, il y a ti*ois moyens qu*fl faut que la République noua donné, cïrf autrement elle ne serait qu'un mensonge. ^ ' '

D'abord, une éducation téHtéblenàent nationale, c*6st-à-dire une éducation imposée à tous. {Émvos unanimes,)]

El qu'on ne vîehné pas parler ici de violation de la liberté du père de fsfmillé; Ce ri/est là qu'un ridicule sôphîsrtéti la portée de ceux' qui but rait vifeu de ne pas avoir de famille. {Vive approbation y— Applaudissements redoublés,)

Donc, réducatîdn laïque, — laïque, je le répète, — c'est-à-dire une éducation faite pour des hommes qui veulent agir et se conduire en hdfflines ^iii vivent, pensent, Commercent, travaillent, luttent, combattent: et s'entendent dans le domaine des réalités, c'està-dire dans le Contact de l'homme en face de l'homme, en excluant tout ce qui n'est j)as îa réalité même des choses, c'est-à-dire la vie sociale'. '

Je ne veux rien dire de Ce que, 'sùrvàbt eux, il faut

iiusser en dehors de ren^eigoemenl, naiiooal ; ce sont Aà(dedi9f^ti&f actions que peuvent rechercher certains lespritsMqui peuvent plaire à certaines prganisation$; jetneapecte iniiniaient tout ceU, mais ce qu'il nous faut* h UQus citoyens libres d'un grand pays libre, c'est une société composée d'hommes devant vivre dans des conditions humaines et ayant i par conséquent, des facultés de développement tirées du respect de rhomme, de sa dignité, de sa suprématie morale, de m conscience humaine. . ^

iC'esit touticela, Messieurs^ qui constitue cette haute notion qu'on appelle la Justice, c'est là le dogme moderne de la Justice. Nous pensons que c'est rhomme qui a fait le droit de l'homme ; aujssi disons-nous que ^^st l'homme, le citoyen , le père de famille qui doit en8i8igne,r le droity P^rce que, c'est lui qui doit l'appli- . I[uer* . { Vive (tppr^Âation^)

Donc, en première ligne de toutes les réformes, une éducation {nationale pour tous; mais, entendonsnous bien, il nous faut uqh pas seulement cette édu- -cation qu'on appelle primaire, que je veux et que je rédame aussi ; maia^ pen$ea&-y, ayez assez le respect de cette intelligence que vous allez pénétrer pour la » première fois, pour Lui donner des vérités et non des eA'reiirs^ip^ur lui donner un, bagage» non pa^ complet, nouipas dé^nitiCfimaistun bagage où il y ait l'çsseatielau point de vue delà patrie surtout, l'essentielau point de I vue de la famille, l'essentiel au point de vue ' deâ droits, et. aussi l'essentiel au point de vue des devoirs, politiques.

« Car, Messieurs, le devoir, clest la face retournée du

droit; je ne sépare pas le droit du devoir» et je ne sais

pas ce que c'est qu'une nation à laquelle on n'appren-

' «drait qucde^ droits. ^ns devoirs. Les droits et les de-

1 voirs Aâ$QGi4^ entireem nt'apparaissent comme une mé-

. dailleiavec sa face et sop revers. Le corrélatif du droit,

c'est le respect du droit d'ai^trui,.c'est-i-dire le devoir.

14 JUILLETT ÏB72. 809

Cette éducation nationale, il sera nécessaire de l'organiser dans Tesprît que je viens d'indiquer, non pas seulement au premier, mais' au deuxième -et au troisième degré, car il faut bieii compt^ndrë qu'it n^y a qu'une maîtresse dans le >moiide; qu'une 'reinref, qu'une souveraine,' digne vétita-blement de nos soumissions, de noi zèles, de notre sooci et de> nos recherches : c'est la science! [Mouvement prolongé, — Appiaudissements.)

Après avoir fait franchir ce premier degré à l'homme, celui de l'éducation, e!î qu^nd voios Taurez ainsi préparé à prendre sa place dans là sociélié, alors, croyoï- Ic bien, il n'aura pas seulement lintelUgefnce de' ses propres droits, mais il connaîtra ceux de ses adversairesi il pourra les discuter fet'les' débattre ç^et, de ces discassions, de ces' débats, Il résutUerai des! habitudes, des mœurs nouvelles. Nou^ acquerrons alors la notion du respect des contrats parmi les hommes, et la loi nous apparaîtra non plus comme un indnsmeat livré aux mains de qttelques-uns pour ftivorister leur domination sur les autres, Aialscomm«< la manifestation écrite, comme la résultante d^b contrats individuels. {Vive approbation. — AppUtudtmmétêês:)'' > • • •

Puis il faudra armer cet homme; ce- citoyen» libre et contractant librement avôc ses cottcitjoyons. 11» faudra faire passer tout le mottde'feous le jdtlg^utaire de la discipline delà natito» ârifaédi car il n'y a pas,' il ne sauraityavoii*'*erérhab*e citoyen, s'il n^èst cap»ble, sauf les cas dlnllrmllé physique, pârfaitenileirtfet légitimement constatés, de donner non<pla6/'éeulement son sang, mais en même «ertipsaôn-intellig^no^ pour la défense de là patrie. {Bi'àvohtMw! -^Appl(È»ti$$e'' ments,) '' ' "' ^' = ' •• ^-^ *- ' - '"•-' ■

A ces deux moyens, il ^erd nécesàaire d'en jotnère un troisième qui Sera, datns l'État; Vapplicatio» rigoureuse de la 8(oavèratneté'natlonaile; de telle sorte qu'il soit bien entendu qu'en eh à flui, 'sdit avec les privi-

lègea, soit avec les ' usurpations d'un jour, soit avec les tentatives de conspiration. {Ont! oui! — Très biénf)

Je ne veux pas m*expliquer davantage, mais il faut que la souveraineté nationale soit seule maîtresse. {Nouvelles marques d'approiation,)

Cette souveraineté a le suffrage universel pourmoyen d'expression. Ce suffrage universel doit vous commander l-intelligenoe, Teotente, Tunion, la discipline. 11 doit aussi vous faire condamner* la violence, parce que, tant que le suffrage universel est intact, nul n'a le droit de faire appel à la violence ni à la sédition, car celui-là voudrait avoir raison contre tous, et il n'y a pas, il ne peut pas y avoir de souveraineté individuelle et pak^ticttHère^ contre la eouveraineté de la nation.

Que cette souveraineté soit réelle, c'est-à-dire qu'elle fasse sentir son action partout, dans la commune, dans le département, dansi'Étai; 'qu'elle ait des délégués 6ortaiit*d'eile,> 4e» fonoHonnairesy des mandataires responsables dont le changement, la mobilité, le caractère transitoire soient la garantie même 4e la fixité et de la permanence de la volonté de la nation. Mais tout cela n'est possible' que par la- eonciliationv que par l'accord des intelligendés que j'appelle de même nature, de môme origine; je vous les ai indiquées, ce sont celles -de U dassd moyenne, de la classe moyenne vraiment éclairée et renonçant à ses préjugés gothiques et surannés, à ses prétentions et à ses erreurs embarrassantes, -«-^^ qui > ne sont pk& fM^midables, rassurez-vous à cet égards ^-^'^ui retardent la marche du ptx^grès, mais qui sont impuissantes à l'arrêter. Que ceux qui appartiennent à cette classe et qui ont véritablement bon cœur, bonne foi et bon jugement, se fassent les éducateurs, les propagateurs des idées de conciliation et d'organisation républicaines que je viens d'exposer. Dans cette noble tâche, ils devront procéder par l'oubli des injures, des divisions

et des rancunes; ils devront inaugurer enfin dans notre malheureux pays, si déchiré, une politique de concorde et de clémence. A cette magnifique, à cette admirable fédération qui a été la première pensée de nos pères et que je vous convie à imiter, donnons un Crontispioe^ un préambule : Famnistie de tous par tous I Tamnistie^ qui est le fond même de la sagesse politique, lorsqu'on a la force et qu'on peut braver la sédition, d'où qu'elle vienne. {Bravos et applaudissements prolangés,)

Vola, mes chers amis, ce que je puis vous dire aujourd'hui, mais n'allez pas croire que ce ne soit là qu'une entrevue sans lendemain. Non, je lo répète, il faut les multiplier ici et ailleurs. Partout où il y a un groupe de républicains, qu'ils fassent la démonstration de leurs principes en plein soleil, en respectant toute» les lois, en donnant à la cause de l'ordre, à la cause de. la discipline, tous les gages, toutes les garanties qu'on est en di*oit d'exiger de bons citoyens ; qu'ils se réunissent d'un bout à l'autre du territoire, qu'ils expliquent leurs doctrines et qu'ils démontrent combien on vilipende, combien on calomnie cette Révolution et ce parti révolutionnaire en disant, par exemple, qu'ils sont les adversaires de la propriété, quand il est si facile de démontrer que cette propriété individuelle, telle qu'elle existe aujourd'hui., accessible à toi£s, est précisément la création éminente de la Révolution française.

G*est, Messieurs, redisons-le avant de nous.s^r parer, c'est la Révolution française qui a fait la propriété individuelle, c'est elle qui l'a débarrassée do toutes ses entraves, de tous les privilèges de la conquête, de tous les vestiges de la féodalité. Depuis le pigeonnier jusqu'au four banale depuis, l'étang, le marais et le bois jusqu'au sillon, c!e$t Ja AévolU'tion qui a tout émancipé ; c'est elle qui a créé non pas seulement des propriétaires, mais la propriété

elle-même, au sens juridique et profood de cette expression.

Et c'est le parti de la Révolution qu'on yeiuipaii accuser de vouloir entamer la propriété!

Ne l'oubliez pas, il y a deux façons de porter atteinte à la propriété : Tune^ qui est corruptrice au plus haut degré, et qui consiste à la laisser soumise à des lois de mainmorte, pour plaire à des maîtres paresseux; l'autre, qui est la violence brutale comme chet les sauvages, et qui consiste à prendre un champ pour en ravager les récoltes. Nous ne voulons ni de Tune ni de l'autre ; ce que nous demandons, c'est que la propriété soit accessible à tous, et surtout à ceux qui peuvent la féconder. {Applaudissements.)

C'est par une plus équitable répartition des salaires et des charges, problème difficile à résoudre, mais qu'il faut aborder^ et dont une partie, on le sent, est déjà mûre, qu'on peut espérer d'arriver à la solution ; c'est en rendant possible l'accumulation de l'épargne, et, par suite, l'acquisition du capital-terrain, qu'on augmente le capital-argent, et qu'on rend la propHété accessible au plus grand nombre. Car la Révolution française, a fait de l'acquisition de la propriété 4iBe i condition morale autant que matérielle de la liberté des sociétés et de la dignité du citoyen. {Brodos et applaudissements,) >

Que nos adversaires ne disent û(a>c pas maintenant > que nous sommes \^ eau^emis de ^la piropriété. Je pourrais leur démontrer imioédiatement l'inanité de tous leurs autres sophismea*et vous en faire aperce voir la méchanceté, mais c'est assez pour un jour et, avant de nous séparer, je vous le répète :

Entendez-vous. Que vos champs, vos veillées, vos réunions, vos marchés, vos foires deviennent pour vous des occasions d'entretien et d'insiructioQ. Quant à moi, je serai largement récompensé quand voiUâme direz, de revenir parmi vous. [Bravos d applaudisses

14 JUir-LÈTT 18T2. 393

ments p9*okingéê. ^— Cris : Vive la Rêpnèliqtte! -^ Vive Gambetta!

M. Gambktta. — Vive 1« République !

{Cris répétés de : Vive la République!)

Au coiû*s da banquet, M. Roussel, maire de la Fertésous^Jouaire, avait donné lecture d'une lettre qui lui était adressée par le président de la conmission d'or^anisution du banquet répuMioain de la Gironde, M. £. Rousselle. Cette lettre se terminait par ces mots, qui furent cbaleureusement applaudis : « Nous sommes avec vous pour arriver, par Taccomplissement de tous nos devoirs, à la conquête de tous nos droits, à ce que notre patriotique ami Gambetta appelle si justement le jubilé de I8Ô9. »

If. Gambetta avait été prié par M. Roussette d'assister k Bordeaux au banquet commémoratif de ta prise de la Bastille. Ayant accepté aniérieurement Tinvitation du maire de la Eerté-60«8-JouBrre, M. Gambetta avait répondu' par cette lettre :

Paris, lé ïajèmét 18^2;

Mes'Cher» concitoyens.

Par suite d'engagements ^ntéârieu'rs av6C nos amis de Seine-et-Marne, je me vois forcé de décliner la fratemeUe itivit^iion de )a démocratie girondine. Mais, réunis à la Ferté-sous-Jouarre et en communion parfaite de sentiments; et doctrines et d'aspiratibns aveiô tous les républicains de France, nous célébrerons en même temps que tous l'aimitersaire de la première grande journée de la Révolution française, celle d'où sont véritablement sorties la souveraineté nationale et rirrémédiable condamnation de la monarchie.

Sans tenir aucune espèce de Compte des déclamations des prétendus partisans de Tordre, qui blêmissent rien qu'à Tidée de voir le peuple reprendre les anniversaires de sa Révolution, sans s'arrêter aux prédictions constamment démenties des nouvellistes

394 BANQUET DE LA FERIÉ-SOUSJOUARRE.

réactionnaires, réunissons-nous dans le calme qui nous est habituel. Échangeons nos idées avec ce sangfroid dont le parti républicain est jusqu'ici le seul en état d'ofFHr Texeraple à ses rivaux. Montrons une fois de plus que les démocraties libres et en possession d'elles-mêmes peuvent se livrer à tous les actes de la vie sociale, sans qu'il y ait l'apparence d'un trouble ou d'une émotion dans la cité.

Ces recommandations, d'ailleurs, sont bien superflues dans cette admirable ville de Bordeaux qui, pendant la guerre, a su montrer dans sa conduite la plus grande ardeur patriotique, jointe à la plus grande sagesse ; qui, au lendemain d'une paix qu'elle n'avait pas sollicitée, inaugura, on peut le dire, l'application de cette méthode politique, suivie par toutes les grandes villes de France, d'affirmer en toutes occasions, électorales ou autres, la fermeté de ses convictions républicaines, et en même temps de déjouer ou de mépriser toutes les provocations, d'attendre patiemment l'heure, qui approche tous les jours, où la monarchie et les monarchistes, comparaissant devant le suffrage universel, notre vrai et unique souverain, rentreront à jamais dans le domaine des fantômes.

Donc, mes amis» honorons, sans préoccupation comme sans tumulte, les grandes dates de la Révolution française, et.préparons dès à présent le triomphe définitif de tous ses principes pour le jnbilé'de 1889.

Salut fraternel,

Léon Gambetta.

Le lendemain du banquet de la Ferté-sous-Joaarre (1 5 juillet), TAssemblée nationale votait, à runanimité des voix moins une, la loi autorisant l'emprunt de 3 milliards, prélude de la libération du territoire :

« Art. I**". Le ministre des finances est autorisé à faire inscrire sur le grand-livre de la dette publique et à aliéner la

somme de rentes 5 pour 100 nécessaires pour produire un capital de 3 milliards de francs.

« L'iUiéoatioQ de ces rentes aura lieu par souscription publique, à Tépoque» au taux et aux conditions qui concilieront le mieux les intérêts du Trésor avec la facilité des négociations.

« Art. 2. Le ministre des finances ajoutera à cette somme de rentes 5 pour 100 celle qui sera nécessaire pour faire face au payement des arrérages à échoir en 1872 et 1873, et pour eouTrir les dépenses matérielles de l'emprunt ainsi que les irais d'escompte, de change, transports et négociations.

«< Art 3. Afin d'assurer aux époques fixées le payement des trois milliards restant dus au gouvernement allemand, et d'accélérer la libération du territoire, le ministre des finances pourra passer avec la Banque de France et autres associations financières des conventions particulières, destinées k rendi'e plus promptement disponibles les produits à réaliser sur l'emprunt et à faciliter les anticipations du versement.

M Art. 4. Le chiffre des émissions des billets de la Banque de France et de ses succursales, fixé au maximum de 2 milliards 800 millions, est élevé provisoirement à 3 milliards 200 milUons. »

Il faut rappeler maintenant que trois semaines auparavant, les droites monarchiques avaient tenté auprès du Président de la République la démarche qui restera à jamais mémorable et ridicule dans Thistoire de T Assemblée nationale, sous le nom spirituel qui lui fut donné par M. John Lemoinne, dans le Journal des Débats, du 23 juin : « la démonstration des Bonnets à poil. » La délégation des droites qui 36 rendit, le 20 juin, auprès de M. Thiers, était composée de MM. Cbangamier, de Broglie, de la Rochefouoauld- Bisaccia, Vitet, de Kerdrel, Saint-Marc-Girardin, d'Audiffret- Pasquier, Batbie, de Cumont et Depeyre. « Il s'agissait, dit M. Ranc (De Bordeaux à Paris, page 100), de prier M. Thiers de vouloir bien désormais gouverner avec la majorité conservatrice, en bon français, de prendre un ministre parmi les coalisés. » M. Tliiers, qui recevait une députation des membres du synode national protestant, fit attendre assez longtemps les délégués de la droite. Quand ils furent enfin reçus et qu'ils purent exposer leui-s griefs. M.; Thiers leur répondit par les déclarations les plus nettes : « Ce n'est pas

396 BANQUET I>E LA PBRTÉ-SOUSJOUâRRE.

assez de ne rien tenter contre la République leur dit le Président, il fanteiA^re lû^er 4 1» cDi|sf lider. Pour moi, je ne suis pas républicain par tempérament, ni par conriction ancienne, mais j*estime qu'actuellement le maintien de la République est la garantie du salut de la France. » Les Bonnets à pml se retirèrent fort dépités et commimiquérent anx Jouriutix un compte reniki qui se Mtminait ainsi : « Regrettant de ne pouvoir s'entendre avec M. le Président de la République sur les véritables conditions de la politique conservatrice, les délégués ont dû se retirer eu maintenant leurs opinions et en se réservant toute liberté poor les défendre. » M. Jobn Lemoinne répondit dans les Débats : u On a voulu forcer M. Tbiers à une déclaration de principes; il en a fait une, et nous ne pouvons que féliciter la députation conservatrice de ce qu'elle a remporté. »

La souscription pour l'emprunt des 3 milliards fut ouverte le 28 juillet. Le 30, le ministre des finances annonçait en ces termes à l'Assemblée nationale le résultat de la souscription : « Nous demandions à la France et à l'Europe 3 milliards et demi environ ; la souscription nous a fourni, en rentes, 2 milliards 464 millions, en capital, plus de 41 milliards, c'est-à-dire douzç fois la somipe qui était demandée. »»

M. Vitet, rapporteur de la commission chargée d'examiner les lois autorisant l'emprunt, avait exposé dans son rapport que la responsabilité de cette immense opération financière ne devait peser que sur le gouvernement, non sui* rA^«/emblée.

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