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A LA DISTRIBUTION DES RÉCOMPENSES AUX UURÊATS DU CONCOURS AGRICOLE

Cuhorg, 29 mai, 5 heures.

(Dépêches de la République française.)

La distribution des récompenses aux lauréats du concours agricole a eu lieu aujourd'hui avec une grande solennité. M. Bargeton, préfet du Lot, a pris le premier la parole. Il a éloquerament rappelé que le développement de Tagriculture et de la fortune publique a suivi l'affermissement des inslitutioQS républicaines. Actuellement les populations des campagnes, éclairées, s'intéressent aux problèmes les plus divers et sont l'appui le plus précieux de la concorde et de l'unité nationale. Eu terminant, M. Bargeton a fait un magnifique éloge du premier magistrat de la République, M. Jules Grévy.

M. Couvert, professeur à TÉcole d'agriculture de Montpellier, a lu un très remarquable rapport au nom de la commission chargée de la visite des expositions rurales.

M. Foucher de Careil, sénateur, président de la Société d'encouragement à l'agriculture, a prononcé un bref discours qui a soulevé de chaleureux applaudissements.

Enfin, M. Gambelta, prenant la parole, s'est exprimé ainsi :

Mesdames, messieurs et chers compatriotes.

Nous allons nous séparer. Ces fêtes, nées de la collaboration de l'administration et de la libre initiative de mes compatriotes, vont, dans quelques heures, se

terminer. Je ne puis pas, je ne dois pas, malgré Tétat de fatigue où je me trouve, résister plus longtemps aux désirs de mon cœur, qui me porte à vous exprimer toute ma reconnaissance. Il faut que je vous dise aussi que rien n'est plus vrai que les paroles que faisait entendre tout à Theure le président de ce concours, Tadministrateur actif et éclairé de ce département, et que reprenait à son tour le président de la Société nationale d'agriculture de France. Oui, le souci principal de tous ceux qui dans ce pays veulent assurer, veulent fonder sur des assises inébranlables le gouvernement de la démocratie moderne, c'est d'avoir constamment les regards dirigés sur les intérêts des populations agricoles. A toutes les époques, dans tous les pays, tous les hommes d'État, tous ceux qu'on a honorés de ce nom, ont trouvé dans le travail des champs la source première de la fortune publique et en ont fait la préoccupation dominante de leurs méditations. {Bravos et applaudissements,) Et ce n'est pas dans un pays comme la France, qui compte vingtquatre millions d'agriculteurs et de paysans, la réserve de la nation, le lest même du vaisseau qui porte la fortune nationale, que l'on pourrait comprendre un citoyen, un démocrate, un homme public ne considérant pas comme l'essence même de la politique appliquée à la République, à la démocratie, le souci, le culte, l'amour inébranlable de tous ceux qui peinent, qui geignent, qui suent, qui épargnent, qui payent, et qui font en somme la patrie. [Applaudissements p7*o longés,)

Aussi, c'est bien parce qu'il s'agissait dans ce département d'une fête agricole que je suis venu, et non pas attiré par des intérêts personnels; j'y suis venu parce que, bien qu'éloigné de vous depuis de trop longues années, je sais ce qu'il y a dans l'âme du paysan quercinois, de valeur, d'énergie, de modestie, do force pour l'économie, et aussi de passion pour

cette terre qu*il soigne comme une maîtresse chérie, qu'il couve, qu'il caresse, qu'il pare môme les jours fériés, c'est là son plaisir et son repos; et c'est ce qui le rend dur à la peine, infatigable dans sa rude besogne. [Salves d'applaudissements,) En ces Icmps-ci, ce paysan a éprouvé un chagrin mortel : la désolation est entré dans sa maison , car sa vigne a été frappée par le fléau qui désole tout le midi de la France et qui prolonge déjà ses atteintes vers nos coteaux si riants et si prospères de la Bourgogne. Le phylloxcra a paru, et tous les moyens qu'on a employés pour le combattre sont restés, quoi qu'on en ait dit, bien impuissants devant les désastres sans nom qu'il a causés. Vous avez cherché et vous cherchez encore, espérant que la science et la patience triompheront, et peutêtre aussi ce jeu secret de la nature qui fait qu'à chaque fléau qui apparaît naît subitement un antidote du sein même de la végétation. Qui sait? peut-être même avant que les savants aient trouvé la solution si ardemment désirée, serons-nous débarrassés de ce fléau par une simple métamorphose naturelle ; mais jusque-là il faut lutter, il faut chercher, il faut remplacer. Je le dis avec une entière satisfaction : un concours comme celui d'aujourd'hui est la meilleure preuve que personne ne s'est abandonné dans cette région, et tout à l'heure, c'est avec une fière émotion , permettez-moi de le dire, c'est avec l'émotion toute personnelle d'un ami heureux des succès de son ami, que je joignais mes applaudissements aux vôtres en saluant la victoire du docteur Rey , victoire qui prouve que les hommes de science, quand ils le veulent, peuvent devenir véritablement des hommes des champs. [Applaudissements.) Il a fait un essai heureux qui démontre l'utilité de ces réunions entre agriculteurs ; elles ont précisément pour but de pousser à l'imitation , à l'expansion et à la diffusion de l'enseignement agricole ; les exemples qui sont donnés seront suivis par tous ceux qui

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