‹ Discours et plaidoyers politiques, publChapitre 45 sur 101 · IX. ît · texte numérisé non relu

IX. ît

sont ici et qui m*écoutent, par ceax mêmes qui n^ont pas pu pénétrer dans cette enceinte, car il parait qu*il est resté beaucoup de monde au dehors. Lorsqu'ils seront de retour chez eux, ils réfléchiront sur les méthodes, sur les résultats qu'ils ont eus sous les yeux, et tous sortiront meilleurs, un peu plus forts, un peu plus vigoureux, de cette rencontre. ( Vifs applaudissements.)

Non, il n'y a pas de politique, si absorbante et si ardente que vous la supposiez, qui puisse, comme on l'insinuait; nous distraire jamais de cet intérêt capital de l'agriculture française.

A ce propos, avant de terminer, je crois qu'il est bon de dire qu'il n'y a pas eu de régime avant le nôtre qui ait donné, au point de vue du développement de l'agriculture, non pas plus de promesses, mais plus de réalisations de promesses. (Applaudissements,) En effet, tout en allégeant autant que possible le fardeau de la dette publique, ce régime républicain, le nôtre, a jeté sur le pays un immense réseau de voies de communications, aussi bien des voies de fer que toutes ces mille veines qui, traversant les campagnes et des exploitations, sont destinées à faire converger vers un point central, pour les y écouler, les mille produits de l'activité nationale. Ce régime a multiplié les chemins vicinaux, chemins de grande communication, routes ; il a augmenté le crédit des grandes voies nationales, et vous savez à n'en pas douter quelle impulsion il donne, grâce aux auxiliaires que je ne saurais trop louer que lui fournit lo corps des ponts et chaussées des départements , au réseau des voies ferrées. [Vive adhésion et applaudissements prolongés.) Et l'on ne s'arrêtera pas là; tous cherchent, dans le monde politique sans acception de partis, avec un égal souci des intérêts de l'agriculture, — car l'agriculture est notre grande industrie vraiment nationale, — à rendre l'agriculture productive. 11 faut la mettre à la hauteur

grandissante de tous les besoins; il faut qu'elle devienne une industrie avec de sérieux bénéfices. Pour atteindre ce but, il lui faut, avec les transports économiques, le crédit et, mieux que cela, le dégrèvement. ( Vifs applaudissements,) Ce dégrèvement, on Ta cherché dans des voies diverses qui ne sont peut-être pas toutes excellentes ; quant à moi , si j'ai hasardé un mot sur cette question, c'est pour déclarer que lorsque Ton s'occupera de la réduction de l'impôt foncier, — et je n'j' suis pas hostile, — mon désir est que le dégrèvement qui sera opéré profite véritablement à celui qui en a besoin, et qu'il ne soit pas seulement une prime d'une valeur tout à fait inappréciable pour ceux qui n'en ont que faire. {Très bien! très bien/ — Applaudmem ents.)

Je demanderais que, dans cette immense population de travailleurs qui compte vingt-quatre millions d'âmes on discerne, on analyse la cote de chaque contribuable travaillant directement, afin qu'il bénéficie personnellement de la décharge ; et si , à l'aide de cette distinction, on veut dégrever, mon concours est acquis. {Mouvement, — Applaudissements.)

Peutrêtre ferait-on bien aussi de compléter ces mesures en se servant de deux instruments qui existent déjà dans notre budget d'État, que vous connaissez bien parce que tout ce qui touche dans le budget aux communes, au département, vous intéresse assez pour que vous en soyez instruits ; je parle, en effet, au milieu de membres de conseils municipaux, de conseils d'arrondissement, de conseils généraux, d'administrateurs à tous les degrés, qui savent à merveille ce que c'est que le fonds de dotation des chemins vicinaux et le fonds de répartition pour venir en aide aux communes et aux départements obérés. Je pense qu'en portant la dotation de ces deux services à une échelle suffisante pour que véritablement, au point de vue des chemins vicinaux, on touchât dans l'année.

dans l'exercice, le produit de la subvention de TEtat, et qu'en second lieu, au point de vue de la répartition du fonds de secours pour venir en aide aux communes et aux départements obérés , on augmentât, on doublât, on triplât, s'il le fallait, cette dernière dotation {Très bienl), je pense que ce jour-là on n'aurait pas grevé les finances générales du pays; mais, à coup sûr, on aurait assuré quelque chose qu'il faut donner au paysan, au travailleur premier du sol ; on lui aurait donné un bordereau sur lequel il verrait décroître, au lieu de la voir augmenter, la somme totale à payer par lui; car il ne faut pas oublier que le paysan ne distingue pas entre les sommes dues à TÉtat et celles dues à la commune ; il ne distingue pas ce qui est le résultat des centimes additionnels qu'il s'est imposés à lui-même : il ne voit que le total à payer. £h bien, il faut attaquer ce total et le faire décroître dans la partie qui appartient à TÉtat. ( Vifs applaudissements.) Vous sentez bien, mes chers concitoyens, que je me suis laissé entraîner; mais j'ai voulu montrer que vos préoccupations sont les nôtres et que vous pouvez compter qu'après notre séparation je n'oublierai rien de ce que j'ai vu et entendu ; vous pouvez compter aussi que je ne tarderai pas, si je le puis et dans la mesure qui est à ma portée, à vous en donner des preuves.

En vous disant au revoir, — car nous nous retrouverons probablement dans des fêtes pacifiques comme celle-ci, — je souhaite que les exemples des vainqueurs d'aujourd'hui servent à susciter de nouveaux rivaux qui viendront cueillir de nouvelles palmes, et je m'en vais le cœur confiant dans l'avenir et dans le relèvement agricole de ce beau département et de ceux qui l'entourent. Je pars en vous disant un seul mot, ce qui est le fond de mon âme : Merci ! {Applaudissements plusieurs fois répétés. — Cm de : Vive la République! Vive Gambettal)

Prononcé le i 9 juin 48Si AU BANQUET CORPORATIF DES TABLETIERS EN PEIGNE

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