‹ Discours et plaidoyers politiques, publChapitre 47 sur 101 · SAINT-MANDÉ · texte numérisé non relu

SAINT-MANDÉ

qui ont les mômes intérêts, les mêmes besoins, les mêmes affinités et qui ne Sciuraient trop, par conséquent, mettre en commun ce qu'elles peuvent avoir d*esprit de solidarité et de sacrifice, afin de s*élever peu à peu à une condition meilleure. J*ai été véritablement touché non seulement de la sympathie avec laquelle vous m*avez accueilli dans cette fête de famille, mais encore du soin tout à fait gracieux avec lequel Tun d'entre vous, M. Pierrat, a bien voulu rappeler les paroles que j'ai prononcées, dans d'autres circonstances et dans une autre enceinte où étaient réunis les représentants les plus autorisés des chambres syndicales de patrons. M. Pierrat s'est attaché à faire ressortir une idée qui est mienne depuis fort longtemps et qui fait son chemin tous les jours davantage dans notre pays : c'est que la France, désormais assurée contre le retour de la mauvaise fortune politique, se repose dans la libre possession et la libre disposition d'elle-même. {Vive adhésion et applaudissemenis.)

Et s'il est quelque chose qui vous touche quand on parcourt la France depuis deux ou trois ans, ce n'est pas, croyez-le bien, le spectacle de Timpuissance des partis rivaux et ennemis de la République, non, c'est précisément cette cordialité qui règne dans toutes les réunions républicaines. On sent qu'il y a là un côté de la France nouvelle, que je confie à Tattention des esprits chagrins. On sent que des mœurs républicaines se fondent. On ne peut pas assister à la moindre fête locale sans sentir que ce peuple est heureux, qu'il est à l'aise, qu'il est libre et qu'il se donne à lui-même, avec beaucoup de simplicité et d'entrain, les plus belles fêtes qu'il ait jamais connues. [Applaudissements unanimes.)

C'est ce développement de la solidarité démocratique qui me touche, parce que, quoi qu'on en ait dit, quelques railleries qu'on ait essayées, je crois, du

fond de mon âme, qu'une République française ne ressemblera jamais à aucune autre République... {Très bien/ très bien/ — Assentiment général et applaudissements) et qu'il y aura toujours chez nous, grâce à une sorte de don du caractère national, une gaieté, une douceur de mœurs, une ouverture de cœur, un bon goût qui font, — croyez-le bien, mon cher Nadaud, — que c'est là ce qu'on nous envie plutôt que ce dont vous parliez tout à l'heure. {Rires d'approbation et bravos.)

C'est pour cela que je suis au milieu de vous, que j'y reviendrai toutes les fois que vous m'appellerez, laissant avec plaisir à la porte les soucis de la politique et de ce que des amis, peut-être trop sensibles, peuvent appeler des embarras de situation parlementaire. {Rires et applaudissements.)

Il faut avouer que ceux qui parlent ainsi nous connaissent médiocrement. Je vous connais, et vous me connaissez. {Oui/ oui/) Nous sommes partis ensemble pour un long et beau voyage, il y a tantôt douze ans. Nous avons traversé des heures difficiles ; nous avons essuyé bravement la tempête ensemble^ et ce n'est pas aujourd'hui, où tout sourit à la fortune de la République, que de misérables querelles pourraient . entrer en balance avec la joie publique. {Applaudissements p7*olongés. — Vive et unanime ad/iésion,)

A chaque jour suffit sa peine, et quand la peine n'a pas été compensée par le succès, eh bien I on s'y remet avec plus d'ardeur. {Oui/ — Cest cela/ — Nouveaux applaudissements.)

Mais je touche là à un sujet que je veux réserver. {Mouvement.) Nous nous retrouverons, vous savez quand et, quoi qu'on en ait dit, quelque multiplicité de candidatures et d'ambitions qu'on m'ait prêté, je ne me connais qu'un arrondissement. {Salve (Tapplaudissements, — Bravos répétés.) Il pourra m'ôtre disputé, sérieusement disputé. Mais je ne veux pas ouvrir une

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