CHARONNE
Cette déclaratioD fut affichée dans les deux circonscriptions du XX® arrondissement, en même temps que le compterendu slénographique de la réunion de Charonne.
De nombreuses protestations furent adressées à M. Gambetta de tous les côtés-de la France par les comités républicains, les associations syndicales, le cercle des Alsaciens-Lorraine, etc. Presque tous les journaux républicains de Paris et de province s'élevèrent avec indignation contre les scènes scandaleuses de Charonne. (Le Temps, le Journal des Débats^ ÏUnion républicaine, le Rappel, le XIX'' Siècle, le Petit XIX^ Siècle, le Soir, le Globe, le National, le Siècle, le Parle' ment, VEstafette, VÊvênement, la Presse, la Liberté, Paris, le Mont'Aventin, le Télégraphe, le Gaulois, VIndépendant, la Ville de Paris, le Mot d'Ordre). Les journaux de la réaction et de rintransigeance s'unirent dans une parfaite satisfac tion le Figaro, la Défense, \q Napoléon, le Pays, le Triboukt, le Citoyen, Vlntransigeant, la Justice, VUnivfirs, le Monde, VOrdre, le Petit Parisien, la Gazette de France, V Union, le Français et la Civilisation). La Lanten^, la France (dirigée par M. Genty) et la Paiçc (journal officieux de TÉlysée) plaidèrent les circonstances atténuantes.
Le 17, le scandale de Charonne eut sa réédition dans le XI" arrondissement où la meute intransigeante envahit la tribune et empêcha MM. Edouard Lockroy et Floquet de prendre la parole. Les deux candidats républicains, après avoir essayé de lutter contre le vacarme et le désordre, durent se retirer. M. Floquet fut frappé violemment à plusieurs reprises.
En même temps, les meneurs intransigeants essayèrent *contre M. Gambettad'une nouvelle manœuvre dont nous reproduisons le récit d'après la Bépublique /française du lî) août :
« 18 août. — Les intransigeants ne devaient reculer devant aucune infamie. Aujourd'hui, le journal de M. Rochefort annonce que M. Gambetta, doutant de sa réélection à Belleville, a posé sa candidature dans Tarrondissement de Vouziers(Ardennes}, et qu*il a manqué ainsi à la parole qu'il avait donnée de ne pas solliciter d'antres suffrages que ceux * du vingtième arrondissement de Paris. L'Intransigeant ajoute ' qu'il tient & la disposition de ses lecteurs un bulletin de vote
16 AOtT I6hl. 435
imprimé à Paris et certainement expédié par les soins du comité de la rue de Surène. Il reproduit même un fac-similé de ce bulletin ainsi conçu :
Élections législatives du 2f août 1881 .
ARRONDISSEMENT DR YOUZIERS.
LÉON GAMBETTA Paris, imprimerie E. Maître, 5, rue Vivienne.
« Eh bien, nous n'hésitons pas à répondre à M. Hochefort que si quelqu'un a menti en cette circonstance comme en beaucoup d'autres, c'est lui, et qu'il a menti sciemment, car il sait par qui ces bulletins, qui existent en effet, ont été commandés, par qui ils ont été expédiés, et dans quelle intention misérable et honteuse. Le seul candidat républicain (nuance Union républicaine] de l'arrondissement de Vouziers est l'honorable M. Péronne, député sortant. Les journaux des Ardennes pendant toute la durée de la période électo* raie, n'ont fait aucune allusion à la candidature de M. Gam* betta, et la République française a porté le nom de M. Péronne sur la liste générale des candidats républicains qu'elle a pu* bliée dans son numéro du i7 août.
« Cela suffirait pour démontrer l'ignominie de la nouvelle machination inventée par le journal officiel de l'intransigeance. Mais ici la lumière est aussi complète que possible : on sait, on a la preuve que les bulletins an nom de M. Gam* betta ont été commandés à M. Maître, imprimeur, rue Viyienne, par un agent de la faction et adressés au .nieneur de l'intransigeance à Vouziers. Cette indigne manœuvre avait pour but de faire échec au député républicain et, par une diversion, de servir la candidature réactionnaire et cléricale du baron Ladoucette.
u M. Gambetla, informé de l'abus que des gens sans scru« pules voulaient faire de son nom, avait immédiatement répondu par une dépêche indignée, dans laquelle il exprimait à nos amis de Vouziers les vœux qu'il forme pour le Succès de la candidature de M. Péronne. > '
« Telle est la vérité. Nous la<livrMis sans autre 'Mmmentaire aux réUexions de nos concitoyens. U« y troiivérc&it la
mesure de Thonnêteté des intransigeants. Cette dernière fourberie achève de les dévoiler.
« M. Gambetta n'a accepté et n'acceptera aucune autre candidature que celle de Belleville. »
L'affiche suivante fut immédiatement apposée dans le XX* arrondissement :