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A HONFLEUR

Honfleur. (Dépêches de la République française.)

BANOUET DK HONFLEUR.

Le second banquet de Honfleur, qui a eu lieu ce matin, à neuf heures, réunissait environ cinq cents convives, presque tous ouvriers du port, du commerce et de l'industrie.

M. Monod, préfet du Calvados, porte un toast au président de la République, à M. Jules Grévy. <' Nous honorons en lui, dit-il, le premier fonctionnaire de TÉtat, le premier serviteur du pays, choisi par nous-mêmes, puisqu'il l'est par nos mandataires. Nous lui sommes reconnaissants de remplir dignement, pour le bien de la patrie, cette grande fonction, et nous saluons en lui la plus haute émanation de la volonté nationale. » {Vifs applaudissements.)

Le préfet constate que la victoire remportée aux dernières élections du Calvados est due à la modération et à la sagesse du parti républicain. Il termine ainsi : u C'est un grand bonheur pour moi de me réjouir de cette victoire avec vous, avec le grand patriote qui préside à cette fête, et de le faire dans cette ville si anciennement et si profondément républicaine (ApplaucUssements), qui a été au milieu de nos désastres le refuge de nos soldats malheureux, les sauvant ainsi de la captivité, et qui, de tout temps, a donné l'exemple du libéralisme et de la fidélité aux convictions démocratiques. » (Bravos et applaudissements répétés.)

M. Michelon prend la parole en ces termes : « Je porte

un toast qui est sur toutes les lèvres, dans tous les cœurs : au grand citoyen qui n*a jamais désespéré de Tavenir de la patrie; au membre du gouvernement de la Défense nationale, au président de la Chambre des députés, à M. Ganibetta! » {Salve d'applaudissements. — Vive la République l Vice Gambetta !) M. Gambetta prononce le discours suivant :

Messieurs, le toast que notre ami Michelon vient de porter est, permettez-moi de vous le dire, le véritable couronnement, la Un naturelle de cette fête fraternelle que vous m'avez donnée depuis que je suis parmi vous.

G*est au nom de la population ouvrière, travailleuse, de Honfleur que M. Michelon vient de parler; et moi je veux lui répondre au nom précisément de cette démocratie républicaine de la France entière, de cette démocratie amoureuse de Tordre, qu'elle ne veut pas séparer de la justice. {Vifs applaudissements.)

Il n'y aurait pas de fête véritablement républicaine si on n'entrait en communication étroite et fraternelle avec toutes les couches de la démocratie contemporaine. {Bravos et applaudissements.) Soyez bien assurés, mes chers amis, que ce qui est mon souci constant, ce qui est le but toujours poursuivi à travers les difficultés et les chemins couverts de la politique, c'est Taffranchissement et Témancipation du peuple des travailleurs. (Adhésion unanime et applaudissements prolongés.)

Il y en a peut-être, et il y en a trop eu dans le passé, qui ont poursuivi, ou dit qu'ils poursuivaient cette émancipation sociale, but définitif de la Révolution française, mais qui la poursuivaient par une politique trop connue et bien caractérisée, la politique des manifestations stériles. Je pense qu'instruite par l'expérience, par les plus sanglantes expériences, la démocratie nouvelle, — celle que nous servons et celle à laquelle nous appartiendrons, quelles que soient

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