LEURS
avaient été payés à la même date en subventions aux chemins de fer, et pour li construction du chemin de fer du Nord. Avonsuous eu valeur pour cette dép nse ? Le peuple de la province de Québec seraitail satisfait de n'avoir pas de dette, mais pas de chemin de fer ? Poser la question c'est la résoudre, Pour ma part, M. lOrateur, j'étais en faveur de cette politique, étant con. vaincu que daus un pays comme le nôtre, avoc d'immenses régions à coloniser, elle seule peut développer les immenses richesses de notre sol, qui sans chemins de fer demeureraient tmproductives.
Inyajas de doute du reste que les voies ferrées sont le seul grand moyen de colonisation vraiment pratique ; cest par elles que Îles points les plus éloignés da pays deviennent accessibles et peuvent être mis en rapport avec les cours d'eau et cs ports maritimes. Les voies ferrées sont devenues le grand facteur Ge li distribution des produits d'une nation et ont pour effet d'unir le producteur et le consommateur. Depuis quelq es aunées, des lignes de chemin de fer se sont prolongées sur notre continens jusque dans ses parties les plus éloignées, et ont ouvert au commerce et à Ja colonisation de grandes étendues de terres fertiles qui jadis étaient considérées comme inacecessibles, C’est un fait généralement admis que les chemins de fer sont les seules grandes voies de communication, non seulement dans notre hémisphère, mais aussi dans toutes les autres parties du monde civilisé. Depuis l'ère des voies ferrées dans notre pays, nos ne sommes plus obligés, comme autrefois, de compter seulement sur les communications par eau pour attein dre les grands centres de distribution. Les résultats de cette politique sont évidents, à preuve les progrès qu'a faits la colonisation dans les parti s les plus lointaines de notre territoire, et la facilité avec laquelle iles produits destinés à l'exportation atteignent le point d'expédition. En réalité les voies ferrées sont devenues de plus en plus importantes, non seulement comme grandes voies de distribution pour le trafic local, mais aussi comme facteur du transport. Oùer serait le commerce de la province de Québec si les grandes liwnes, telle que l'Entercolonial, ie Grund-Trone, le Pacifique Canadien, et les autres qui les alimentent, ne converguient toutes vers les différents ports de mer canadiens et ainéricains !
Ire faut pas perdre de vue que, dans li Confédération canadienne, toutes les province, luttent les unes contre les autres afin d'arriver le plus rapidement possible au développement complet de leurs ressources. La province de Québec seruit seule en arricre ; si elle demeurait inactive, elle serait distancée par les autres provinces. Il faut lutter non seulement avec Ontario, mais aussi avec l'immense systeme de voies ferrées aux Etats-Unis dont les ramifications s'étendent dans toutes les directions où il existe un trafic quelconque. L'Ouest est donc pour nous un concurrent redoutable, Pour conserver notre propre trafic, il faut de toute nécessite être en état de soutenir vigoureuse ment la concurrence des autres provinces, [lfaut de toute nécessité suivre la voie qui nous est tracée par les provinces-sœurs, sans quoi nous serons réduits à un isolement fatal. Les voies ferrées sont donc pour nous un des plus puissants moyens d'assurer le succès de la colonisation de notre pays. On me dira peut-être que ces entreprises devraient être laissées à l'initiative individuelle. Je n'hésite pas à déclarer que je suis entièrement convaincu que l'initiative privée, laissée à ses propres ressources, eûtété Impuissante à mener à bonne fin des entreprises aussi considérables. A purt les avantages que la province devra retirer de cette politique de chemin de fer, 1} y à une autre considération qui a bien aussi son importance. La construction de ces voies ferrées attire une somme considérable de capitaux étrangers, attendu que la subvention accordée pour chaque mille ne représente qu'une faible
partie du coût total. Ce sont les capitalistes d'outre-mer qui eu fournissent la différence.
Une fois que toutes ces lignes subventionnées seront construites, nous aurons un nouveau réseau qui sera un facteur important, ajouté à notre système de voies ferrées. Chaque mille de ce réseau, lorsqu'il sera complètement parachevé et pourvu de tout le matériel d'exploitation, coûtera au moins 830,000. La construction de ces nouvelles lignes subventionnées nécessitera une dépense énorme à laquelle nous n'aurons contribué que pour la somme de $7,298.567 88. Les #10,000,000 que nous demandions à emprunter étaient donc destinés, pour une large part, à couvrir les subventions accordées pour la construction de ces voies ferrées et la balance devait être employée à d’aucres constructions d’une grande importance.
Les sommes énormes dépensées dans la province ont dû contribuer largement au développement de notre commerce et de nos industries et donner de (L emploià des milliers d'ouvriers. Tous les travaux que nous exécutons ne peuvent qu’ajouter à la valeur de la propriété nationale,car il ne faut pas perdre de vue que toutes ces voies ferrées restent à la Province, quelsqu'en soient les propriétaires,et que les trois quarts du capital requis pour ces grands travaux sont fournis par les capitalistes européens. C’est déjà une grande compensation pour les sacrificesque nous nous sommes imposés pour assurer le succès de ces entre. prises. La Province ne pouvait rester stationnaire quand toutavance autour d’ell , surtout quand le gouvernement fédéral a dépensé des centaines de miilions pour créer des grandes voiesferrées dans l’ouest, pour attirer une émigre tion étrangère, plutôt hostile que favorable à 1:08 institutions.
Il est permis à ceux qui voudraient voir notre province écrasée, réduite à l'insignitiance, de crier contre cette politique. Muis ceux qui ont du cœur, de l'inteLigence et du patriotisme accepteront sans muvinurer les conséquences d’une politique adoptée par les deux partis, et accueillie avec faveur par la province.