DERNIÈRE RÉPONSE
A IMU EORDES.
JYb., diuti'tatDâimis, non ver^-auudÙB ted di/pdeuu'œ x:aiisd. taoere videamur.
( Cyp«ian. coatja Démet. )
C'est avec une extrême répugnance que j*àmuse dé mes disputes des lecteurs oisifs qui se soucient ti'ès-peu de la vérité : mais. la manière dont on vient de l'attaquer me force à prendre sa défense encore* une fois , afin que mon silence ne soit pas pris par la multitude, pour un aveu , ni pour un dédain par les philosophes.
n faut me répéter, je. le sens bien; et le'publio ne me lé pardonnera pas. Mais les sages diront : Cet Homme .n'a pas besoin de chercher sans cesse de nouvelles raisons ; c',es,t une preuve de la solidité des siennes (i),
(i) Il y a-des vérièes.trèsHscctaiiics ,.q^i , ^Uv pjpenûef^oottp d'œii, paraissent des absucdités, et qui passeront tott jours pour telfe's auprèé dé là plupart dés gçns. Allez dire à un h^awné'dtf ^pteerpietfim^lè- soleil est plu's piér d'è nous en hènr qitetfiët^^'Ou cpk^ilêAi^coiiaiU^^ratil^ queutons xessîotts de^efvoip, il s<rTn«9qi4cratk vo«v;Il^en.'estiainsi(dft sontimeni- qt^e pe soiUieuSr X»csrh#mm«0^1ait'pllUS^tnl9erficieb^oB« touJ9Urs^ étë les p|as pjompts à prendre. parti- contre moi. Lies vrais pliHôsophes se hàteot moiiis; et si j*ai la gloire d*àvoii fait qdelquefi prosëlytés , ce n'est que parmi ces derniêM.vÂvâQt^quc^deanVxpd^u^V f«i lon]g-témJ)S et pYofon^ d^mef^fDMdiléîmion tsuiefr^^et^ j'ai tàdlië> de lé'cénfiirèérer'pAr toi^tes se^hc^^^ je^ ddate qi^aocnn de metradTeuPsairés èan puisse dire, autant^ au moins. n^aperçQÎs^o pas dân» leurif écrits de ces.yèrite's lumixteu^ses qui ne frappent pas. moinspat-léur évidetoce que par leur nouveauté, et qui sont tou- {ours le fruit et la preuve d'uue suifisante méditation. Pose
MePO:!lSE ▲ M. B0BBK8. ^
Comitve^ cevkX qui m'attaquent ne ihanqnent famaid dé s*écarter de la qoe^îen , et de sUppSrimer les distinotiOki&r essentielles que j'y ai mlsés^,' il faut touHHïrt^ commencer par les^y ramener. Vdicrdonc \ïi^ soimmail^' d^s propositions que j'ai soutenues et qtie je soirtîendrài aussi long-tiemps que yt né constdterâi' d'atltrcl intérêt qtfe celui de la' vérilé.
lies sciences sont lé cbef^d'cètivre dtl^ génje et de la riCisdn. L'esprit d'imitation a prbdnir lësr beauxarts', et rexpérienoe les a perfbctîoniiés. Nous sommes redevables aût arts lUécaniquesd^un grand nombre d'inventions utiles q^i ont ajouté aux chîirlfticfs et aux commodités de la vie; Voilà des véritës dbnt je conviens de trè^bon (idéiiK assuréitieiir. AaDs Considérons maintenant tbiitesciesrcfènnaisstuices par rapport àiixnltétirs-(i).
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dire quHls ne m^ont jaîààis fait une objectioti ralèônfiiable que )C n'eûSàe'pfévùe, etit iaqncflle je n'aie r^potiâtfd'ftvance; ftnili p6uïqiioï jesois- rëduit k redire toujour» 1er mêmes
(i) Les coHnatssaitces rendent les hommes doux, dit ce pÙlosophe iliostré dont rouyrage, toujours profond et queiqaefbis' svblîme , respire partout Tamour de Ttiumanité. Il a écrit' en ce peu' de mots, et, ce qui est rare^ sans declamatimi, ce qu'on a' jamais écrit de plus solide k iWantage dès lettres. Il est vrai , les connaissances rendent les hommes doux; maift itf douceur, qui est la plus aimable des vertus , eèt aussi quelquefois une faiblesse de Pâme. La vertu n'est p«is toujours douce ; elle sait s'armer k propos de sévérité contre" le viée , elle s'enflamme d'indignation contre le crime;
Et le jatte au méchuot ne sait poiat pard6uùlpr.
Ce fût une réponse tr^s-^sage que celle d'un roi de Lacé* dënibtie à ceux qui louaient en sa présence l'extrême boi^té de son collègue Ghàrillus. « Et conïmeût serait^-il bon, leur u dit-il, s'il ne! sait pas être terrible aux méchsiif? » Quàd
lOO ftEPOMSÉ
Si des intelligences célestes cultivaient les sciences , il n'en résulterait que du bien; j'en dis autant des grands hommes qui sont faits poun guider les autres. Socrate , savant et vertueux , fut rhonncui' de rhumanîté : mais les vices des hommes vulgaires empoisonnent les plus sublimes connaissances et les rendent pernicieuses aux nations ; les méchans en tirent beaucoup de choses nuisibles; les bons eu tirent peu d^avantage. Si nul autre que Socrale ne se fût piqué de philosophie à ^thènes,ie sang d^un juste n'eût point crié vengeance contre la patrie des sciences et des arts (i ) .
C'est une question à examiner, s'il serait avantageux aux hommes d'avoir de la science , en supposant que ce qu'ils appjellent de ce nom le méritât en effet : m^is c'est une folie de prétendre que les chimères de la philosophie , les erreurs iet les mensonges des philosophes, puissent jamais être bons à rien. Serons -nous toujours dupes des mots? et ne comprendrons -nous jamais qu'études , connaissances , savoir et philosophie , ne sont que de vains
jTialos boni oderint , bonos oportet esse. Brutus n'était point Tun Homme doux ; qui aurait le front de dire qu'il n'était pas vertueux? Au contraire, il y a des âmes lâches et pusillanimes qui n'ont ni feu ni chaleur , et qui ne sont douces que par indifférence pour le bien et pour le mal. Telle est la douceur qu'inspire aux peuples le goût des lettres.
(i) Il en a coûté la vie k Socrate pour avoir dit précisément les mêmes choses que moi. Dans le procès qui lui fut intenté , l'un de ses accusateurs plaidait pour les artistes , l'autre pour les orateurs , le troisième pour les poëtes , tous pour la prétendue cause des dieux. Les poëtes , les artistes, les fanatiques, les rhéteurs, triomphèrent; et Socrate périt. J'ai bien peur d^avoir fait trop d'honneur à mon siècle en avançant que Socrate n'y «îit point bu la ciguë. On remar^ qùera que je disais cela dès Tan 1752.
A M. BOEDES. tel
simulacres élevés par Torgueil humain , et Irèsindignes des noms pompeux quUl leur donne ?
A mesure que le goût de ces niaiseries s'étend chez une nation , elle perd celui des solides vertus : car il en coûte moins pour se distinguer par du babil que par de bonnes mœurs , dès qu'on est dispensé d'être homme de bien pourvu qu'on soit un homme agréable*
Plus l'inlérieur se corrompt, et plus l'extérieur se compose (i) : c'est ainsi que la culture des lettres engendre insensiblement la poliiesse. Le goût natt encore de la même source. L'approbation publique étant le premier prix des travaux littéraires, il est naturel que ceux qui s'en occupent réfléchissent sur les moyens de plaire : et ce sont ces réflexions qui à la longue forment le style, épurent le goût, et répandent partout les grâces et l'urîilîiité. Toutes ces choses seront, si l'on veut, le supplément de la vertu; mais jamais on ne pourra dire qu'elles soient la vertu, et rarement elles s'associeront avec elle; Il yaura toujours cette différence, q^e telui qui se rei^d utile travaille pour les autres , et que celui qui ne songe qu'à se rendre agréable ne travaille que pour lui. Le flatteur^ par exemple, n'épargne
(i) le n^assisfe jamais k 1» représentation (Time comëdîe de Molière , que je n^admire la délicatesse des spectateurs. Un mot un peu libre , une expression plutôt grossière qu^ob- ■ scène, tout blesse leurs chastes oreilles, et je ne doute uuile>ment que les plus corrompus ne soient toujours les plus scandalises. Cependant, si Ton comparait les mœurs du siècle de Molière avec celles du nôtre, guelquW croira-t-il que le 'résultat f ùt k Pavantage de celui-ci? Quand Pimagination •est une fois salie, tout devient pour elle un sujet de scan- »dale. Quand on n'a plus rien de bon que l'extérieur, on redouble tous les soins pour le conser? er.
ip2 ■ hjIf^ôb^g
aucun «oin ppvir plaise; Qt c^peq^Mt il^ fait que
du m.al*
La vanité ,^t l'oisivjelé, gui ront .eQgeodré ^os
hi^e accQEupf^pe tQuioucs c^luî .dea lettres 9 ^.t= l^ gqût 4e^ JkUres ajQçp^^pagne sctuyeot celui Hj^ Uuçe.(j) : .toutes ces .choses se Jlen^cAt ^sjsez ,fidè;lement compagnie, parce quelles ^^oi^t Ji'ouvr^^e des méme/s vices.
Si Vexipériefiçp pfC s^accord^it pa^^aveç cçs |)roj^onitjpps cl^éfDpp.tréeSy.iliaudrait chercliçr l^s.ç<ui$es 4)articul|ères fle x^tte <?oç|trari^té. Mais la |>r^i9J^.r<e i^ée de cespjçcpQsitîojtis est née eUe-no^ème ^%n^e Jipn^uç ,méj^itation siir TexpériQ^ce : et ^OUT voir à quel ^oint elle les confirme^ il |ie JF^ut gu'jo^yrir les annales ^\^ .inoiide.
Les preawd^VsMinm^Airent ^rèSTigPPA^Qft* <Cpm> ipctnt^ûse^^it^on dive qu'Us étalent pQrro9^M^ dans iles \bfo^ oji 1^8 spm?fiÇi8 djB b^priTttp^iittP ^p^^li^iu ifoà^t e^nçpre.pmser^es?
|i trajvqrs Fol^sçMrité éos Aaoi60S:4eiQps^t4a»iufiH<^i|é 4^ |kPQi«ns tpei:q[>les, .ap jiperçoit ^cdiaz filu;- ^urs id^enire tfàn^ 4e rfont ^andes ivevjtpis., surtofil jo^e séyérUé.de0UBii»^qui^flliUQ(e nàanrque âpfoî^
(i) On m^ rOpposë <}i»<Q]que part le luxe des Asiatiques » par œtte même nntmève de ;raii)0imer-qui fait qii?op rm^oppos^^les vices {les p^iipk» igpfMrans : laais, par «n «ciaibeiir .qu^;pouc«ttit;ine^ iHl.versaires , iU se -tcoinpeiit n^e 4aAS J^«s &i^ qui ne prouveiit arien (ooiitre moi. Je sais bien que .Jl/ss,p^Mples de VQnîeujtne foiKpaSfnoiii^ignQraiift.qiieiitfa»; ^«lîs<;e|a i[i*emp4che pas- qoM)s doe tSoieDt aussi vains.» et ne ifasseat presqpe iiit|ant.de liv^res. Les Turcs, eeux de ton» 4(Hi -culliveut le moins les leUros , «comptaient parmi eux cinq cent quatre ^vingt po4îtes classiques Tcrsleiniiieu dtt siècle dernier.
A M. BOBDES. lo5
liblede leur pureté^ la bonne fol, rhospitalUé, la justice 9 et, ce qui est rtrès^ia^portant,, uœ^grande lioiveMr^^peiirJa débauche (i), m^ féconde de
(t) Se n'ai «nul dtsaehi de 'fatte n» covTtaiixicBunes; je coQiBens.qa^«lU& m^iiQi]K»£iit^e l^épitiièie.de.pédaiiit, si redoutée de tous nos galans pliilosopl»es. Je sois grossier , maussad<f , impoli par principes , et ne veux- point de" preneurs, ainsi je vais direla ve'ritt^ tout K mon aise.
'L'homme et la 'femme sont faits poftrs'^imer et «''unir : «nais , parsse' cette union légitime , toilt ^étftnàe^tffs ^^aaooiir eAtrs eUK^est 4^«ôiiri;e^fi£bsuse>de jéésordres dans la'Sf>méié >€t dans ies ««ins. -Il<pst«eertaiii<|iftei€6 Hemmeft seules •IKnirrai^stsaii^iener rbonneur et la probité paipmi nous : mai^ -elles. de'daignent des mains de la vertu un empire qu^elles ne veulent devoir qn'k leurs charmes ; ainsi elles ne font que du mal , et reçoivent souvent elles-mémes'la putiiiièn de eétte •prëfërence.Qn a peine k concevoir oomttieiitt, *d«iFs'«i»e*.t*eîîigion si pore , la «ilia&tctéa pu devenir une «vertu ibuse et ,'monacpile, capable de ;rendr« ddiculc lout homme^^t je ^irdifi .presque toute femme qui oserait s^en .piquer » tandis .que, chez les paYens , cette même vertu ëtait universelment honorée, regardée comme propre aux grands libmmes, et admiriée dans leurs plus illustres 'hért>s. J'ieii'pifts^É^oinnrôr 4rois qui ne cëdeMmt 4e pts li ^&ul anif r>e^ «t ctui , Sdnsipie J» religion s'en mêlât , ont tous donné des exemples mémorables de continence : Oyrus, Alexandre, et le jeune Sc^ion. l>e toutes les raretés que renferme le cabinet du roi , je ne vendrais voir tpie le bouclier d'argent qui fut donné à ce dernier par les peuples d'Espagne, et sur leqn^ ils avaient fait)graver le trioBaphede sa vertu. C'est aipsi qui! a[>parteileaait^ttx Bomains de .soumettre les .peuples, autant par la '-«éttémticriidne àlenrs mœuxs, que par l'e£[ort de leurs armes^ £'est <ainsi que la ville des Fal^Ques fut subjuguée , et PjrfbM VAinquenr ^shassé de l'Italie.*
Se me souviens d^»voir In quelque pajit mac assez bonne réponse du poiëte iDryden à bb jeune seigneur airgkis qui kii reprochait que , dams nne de ses tragédies,, Ciéoméne s'amusait à causer tête va tête avec «on amaQ.te, au lieu de former quelque entreprise digne de son amour. » QiMod jç^
io4 BBPO^'Sï:
tous les autres vices. La yertu n'est donc pas îm-
conipatîble avec Tignorance. «
Elle n'est pas non plus toujours sa compagne : car plusieurs peuples très-îgnorans étaient très^vicieux. li'ignorance n'est un obstacle ni au bien lii au mal ; elle est seulement l'état naturel de l'homme (i).
On n'en pourra pas dire autant de la.sdenc^.
Tous les peuples savans ont été corrompus , et c'est déjà un terrible préjugé contre elle. Mais comme les comparaisons de peuple à peuple sont difficiles , qu'il y faut faire entrer un fort grand nombre d'obfëts, ètqu'eltes manquent toujours d'exactitude par quelque côté, on est beaucoup plus sûr dé 6e qu'on fait en suivant L'histoire d'un même peuple, et comparant les progrès de ses connaissances avec ■les révolutions de s^s mœurs. Or le résultat de cet examen est que le beau temps , le temps de la vertu de chaque peuple, a été celui de son ignorance; etqu^à mesure qu'il est devenu savant, artiste , et philosophe» il a perdu ses mœurs et sa probité, il est redescendu à cet égai^ au rang des nations ignorantes et vicieuses qui font la honte derhumanité.
« suis auprès d'une belte, lui cHsait le jeune h)rd , je sais a mieux mettre le temps ^ profit. Je le crois , lui répliqua '«' Dryd'en ) mais aussi m'avouerex-vous bien que vous n'êtes « pas un héros. »
(i) Je ne puis m'empécher de rire en Toyant je ne sais combien de fort sàvans liommes , qui m'honorent de leor critique , m'^bpposer toujours les vices d'une multitude dô peuples ignorans , comme si' cela faisait quelque chose à la question. De ce que la science engendre nëcessairemeut le -vice, s'ensuit-il que i^gnoranoe engendre nécessairement la vertu? Ces manières dWgumenter peuvent être bonnes pour des rhéteurs, ou pour les enfens par lesquels on m^a fait réfuter dansmon payâ^ mais les philosophesdoiyent raisonner 1 d'antre softte^
A itf. BOUDES. io;>
5i Ton yeut s'opîniâtrer à y cbercher des différence» , j^en puis reconnaître une, et la voici : c^est que tons les peuples barbares, ceux mêmes qui sont sans vertu , honorent cependant toujours la vertu; au iieu qu'à force de progrès, les peuples savans et philosophes parviennent enfin à la tourner en ridicule et à la mépriser. C'est quand une nation est une ^ois à ce point, qu'on peut dire que la corruption est au comUe , et qu'il ne faut plus espérer de remèdes.
Tel est le sommaire des choses que j'ai avancées^ et dont je crois avoir donné des preuves. Voyons -main tenant celui de la doctrine qu'on m'oppose.
« Les hommes sont ntéchans naturellement; ils « ont été tels avant la formation des sociétés; et y « partout où les sciences n'ont pas porté leur flam- « beau , les peuples, abandonnés aux seules facut" « tés de i' instinct , réduits avec les lions et les « ours aune vie purement animale, sont demeuré» « plongés dans la barbarie et dans la misère.
c La Grèce seule, dans les anciens temps , pensa « et s^éteva par l'esprit à tout ce qui peut rendre « un peuple recommandable. Des phflosophes for- « mèrent ses moeurs et lui donnèrent des lois.
• Sparte , il est vrai , fut pauvre et ignorante par
c institution et par choix; mais ses lois avaient de
^ " « grands défauts , ses citoyens un grand penchant
« à se laisser corrompre; sa gloire fut peu solide,
c et elle perdit bientôt ses institutions, ses lois et
• ses mœurs.
« Athènes et Rome dégénérèrent aussi. L'une
* céda à la fortune de la Macédoine; l'autre suc- « comba sous sa propre grandeur , parce que les c lois d'une petite ville n'étaient pas faites pour p gouverner le monde. S'il est arrivé quelcjuefois
lo6 KéPONSE
c que la gloire de6 grands empires n-alt pas duré « loqg-temps avec celle des lellces» c'est qu'elle
• était à son comble lorsque Jies leJbtres y ont «été « cultivées 9 j&t gue <^!est le jort ides choses humainies
# deuej^asdureriong-'teinps.daiisJe jnôoie jétat. c XxÈ accordant donc que raltécatianides Jois^des A jtDOQurs ^t influé sur ces tgranâ» évén^oidQft, « onne SQraj)kOij»t forcé de .con,vaalr^ueiQ9^sieieB6ea c et les arts y ^ent contribué ; .et d'an .pout^iobserc ver, au contraire , que le progrès et la décadence « des lettres .^est toujours len proportion avec.la forut tune et rabaissement des ^empires.
c Cette ivérité «e con6mie par i'ej^pérjeace dea c derniers temps 9 où Ton voit, dans un^ monar- « chie vaste et puissante, la prospérUé^de rétat^la « culture des sciences et des arts, et la vertu guer* c rière, concourir à la fois à la ^oire et à la «griia^ « deur de Tei^pire.
< Nos mœurs sonit les m^lUeur^ qii'o» ip^isse « avoir; plusieurs vices O0t tété proAcvîts pacml M nous; joeuz qui nous restent .sypi^rtîeanent à rhu» « inanité 5 et les ^leacos n'y ont «uUe part.
f LeJux^ «'a^riiui p^plusdaicommua Mfec cAes; c ainsi Jles désordres ^qu'JU p^ut causer >qe 4Qiyient « point leur étKc attribués, jb .ailleurs ;lelp3ce esstjié- « cessaiDe daots les gran4s Aals; il y fait fhi^ de « hien que dejD[ul;ily est ^Atilepour ioccuptarles. « citoyens oisifs et donner àai pa«a ai» pauvres.
c La politesse doit être fàuM. (eompléaauaPMin»bne « des vertus qu'au nombre des vices: elle casapéche tt les hommes 4e ae mmortrer tels qu'ils :SMBt.; pré- .« cauticm très-i»éoes6aii^ pour les vesdffe so^poiv f stables les uns aux autres.
« Les 8ci<enoes ont raremeAl.altekÎBt le luitiqu'ellos M se proposent ; mais au moins «lies y vivent. On
A M. BOADES. . 107
.c avance à paàrlents dans la connais^poedela yé- « lité :ce.€|«iip'JBP^^<^e;j>o^'^Vi'<wa n'^fftssaq^elfue
je &aAn ,. quand il serait vrai que ies «oienees ^et .c ks arts amoUissentilecoiniag^^des Mens w&$ùb ^ qu'ils noiis^proeorent^ne seraientr-ils pasesoore « préférables à cette vertu barbare et fatiouche qui .« fait fv^nir l'humanité? le passe l'inutile et pompeuse opevue de ces biens; et, pour commencer ^ur jae dennier point par un aveu propre à prèveniri>ien du verbiage, je d^c^re , une loispour tputes^^que si quelque chose peut compenser la ruine des mœurs^ 4è suis prêt à convenir que les sciences font plus de bien que de m^. Tenons maintenant au ireste.
Je pourrais, sans ^beaucoup de risque , supposer tout c^ prouvé, puisque de tant d'asserlîons si «hardiment avancées il y en a très-peu qui touçheirt le fond de 4a question, moins encore dont on puisse tira* contre mon sentiment quelque conclusion valable, et que même la plupart d'ientre ellesfourniraîent de ^louveaux argumens en« ma faveur , ^i ma cause en avait l^esoin.
En effet, i"» Si les hommes sont méchans par leur nature, il peut arriver, si Ton veut, que les sciences produiront quelque bien entre leurs mains; mais ^ est très-certain qu'elles y feront beaucoup plus de^mal : il ne faut point donner d'armes à des furieux.
2* Si les sciences atteignent rarejuent leur but, il y aura toujours beaucoup plus de temps .perdu que de temps bien employé. Et quand il serait vrai que nous aurions trouvé Ips meilleures méthodes, la plupart de nos travaux seraient encore aussi ridicules que ceux d'un homme qui, bien si^r d,^
suivre exactement la ligne d'aplomb, voudrait mérner un puits jusqu'au centre de la terre.
3° Il ne faut point nous faire tant de peur de hi vie purement animale , ni la considérer comme le pire état où nous puissions tomber ; car il vaudrait encore mieux ressemblera une brebis qu'à un mauvais ange.
4* I-a Grèce fut redevable de ses mœurs et de ses lois à des philosophes et à des législateurs. Je le veux. J'ai déjà dit cent fois qu'il est bon qu'il y ait des philosophes, pourvu que le peuple ne se mêle pas de Têtre-
5" N'osant avancer que Sparte n'avait pas de bonnes lois , on blâme les lois de Sparte d'avoir eu de. grands défauts : de sorte que , pour rétorquer les reproches que je fais aux peuples savans d'avoir toujours été corrompus, on reproche aux peuples ignorans de n'avoir pas atteint la perfection.
6' Le progrès des^ lettres est toujours en proportion avec la grandeur des empires. Soit. Je vois qu'on me parle toujours de fortune et de grandeur. Je parlais , moi , de mœurs et de vertu.
7* Nos mœurs sont les meilleures que de méchans homnies comme nous puissent avoir; cela peut être. Kous avons proscrit plusieurs vices; je n'en disconviens pas. Je n'accuse point les hommes de ce siècle d'avoir tous les vices; Us n'ont que ceux des âmes lâches , ils sont seulement fourbes et fripons. Quant aux vices qui supposent du courage et de la fermeté, je les en crois incapables.
8" Lé luxe peut être nécessaire pour donner du pain aux pauvres ; mais , s'il n'y avait point de luxe, il n'y aurait point de pauvres (i). II occupe
(i) Le luxe iicMirrit cent pauvres dan» nos villes, et ca
les citoyens oisifs. El pourquoi y a-t-il des citoyens oisifs? Quand Tagriculture était en honneur, il n'y avait ni misère ni oisiveté ^ et il y avait beaucoup moins de vices.
6* Je vois qu'on a fort à cœur cette cause du luxe , qu'on feint pourtant de vouloir séparer de celle des sciences et des arts. Je conviendrai donc , puisqu'on le veut si absolument , que le luxe sert au soutien des états , comme les cariatides servent à soutenir les palais qu'elles décorent; ou plutôt, comme ces poutres dont on étaie des bàtimens pouris , et qui souvent achèvent de les renverser. Honuues sages et prudens , sortez de toute maison qu'on étaie.
Ceci peut montrer combien il me serait aisé de retourner en ma faveur la plupart des choses qu'on prétend m'opposer ; mais ^ à parler franchement , je ne les trouve pas assez bien prouvées pour avoir le courage de m'en prévaloir.
^ On avance que les premières hommes furent méchans ; d'où il suit que l'homime est méchant
fait përir cent mille dans nos campagnes. L^argent qui circule entre les mains des riches et des artistes , pour fournir à leurs superfluite's, est perdu pour la subsistance da laboureur; et celui-ci n^a point d^habit, précisément parce quHl faut du galon aux autres.. Le gsispillage des matières qui servent à la nourriture des hommes, suffit seul pour rendre le luxe odieux ^ Phumanité. Mes adversaires sont bien heureux que la coupable délicatesse de notre langue m'empêche d'entrer là-dessus dans des détails qui les feraient rougir de la cause quHls osent défendre. Il faut des jus dans nos cuisines, voilà pourquoi tant de malades manquent de bouillon. Il faut des liqueurs sur nos tables, voilà pourquoi le paysan ne boit que de l'eau. Il faut de la poudre à nos perruques, yoilà pourquoi taiit de pauvres n'ont point de pain.
no BEroNSx
natardiement (i). Ceci n'est pas Uiié^ assertiéo d«I légèi^ importance; il mr semUe qu'elle eût bien^ valu la pdoe d'être prtnivée* Le^annalesde tous les peuples qu'on ose citer en preuve sont be^ucoupr plus favorables à lasuppositiovcontratrie; et il faudrait bien des^ témoigtiagespour m'ol^ger de croiraune âbsùi^'té. Avant qoe ce» mbtr affreux de tien* et de 9fiîen fu^isent iuventésVa^vafit qu'il y eût d»f cette eîspèoe d'hommes crueld et brutaux qu'on ap* pelle itiatt^es, et de cette autres espèce d^liommes' fripon^ et menteurs* qu'o»^ a^p^e esclaves ; avant . qu'il y eût des hommes d^see^ abomlifables pour cfser avoir du superflu pendatit que d'autres homme» meurent de faim ; avant qu'une dépendance mutuelle lès eût tous foncésà devenir fMii4>e9, jaloUx et traîtres; je vOùdr&ls bietf^ qu'on m'expliquât en^ quoi pouvaient ccHiSiètèr ces Vices, <5e]ft crimes qu'on leur reproche avecr tant d^nf^hatfe. Onm'stôsure qu'on est depuis long-ttftnps'^désâbusé de ta chimère^' de l'âge d'cir. Que" n^ajtoatëil^on encore qu'il y a ibng-temps qu'o» esft^ââbUsé de^ la dtimère de la*
vertu?
(i) Cette note est poar les philosoplies; je conaeHle aux atitres dei la passer.
Si rhomme esr mt^iiant par sa nature , il est ciafr qûe'^ lèssciences ire feront que le rendre pire; ains» voila leur cause pevdUe pftr cette scole «iip|MrtitioB. Mûsôl faut bien^ fkfreafttetttîott^qoè'^ quéiqtte^ riicAimfr sbit natii^Uemcnt! boii, comme' jéJécvois^^ et c^mme j'ai le bonheùt de^ lesientir , il nb s'ensuit <pa8 pour cehi'que'lés sciences^lui sdîeiii salutaires ; car toute posîtion-qui met un peuple dans* le Icaà dérleS caltiver, annoncé niéce^irement unxommenceineBt de corruption qu^elld» a«c^léréift' bicftt -vitèi AklrSle'Tice de^ la constitution fait tout le mat qu^anrait pu* faire cdcâde ié nature , et les mauvais préjug;<és^ tienncnl liea des^ muaTais- .penchahs.
À M. BX)nDES. 111
3*ai dît' q«c le» premfîers Grecs ftirent vertueux avant que là science les eût^ cOrfompu!) ; et je ue veuic paar me rétraciet^ sur ce point , quôiqu'en y regardant de plus ptès je ne sols pas sans défiance sur là solidité deis vertus d'un peuple si babillard^ ni sur la justice deï éloge^ qv^^il aimait tant à se prodiguer 9 et (jne jfe nie vois confirmés par aucun autre téuvdignage: QVie m'bpp'ose-t-on à cela? Que les premièlps Grecs* dcrnrj'art lotie là vertu étaient éclairés et savans, puisque^ des pliilosophes formèrent leurs mœurs et leur donnèrent des lois. Mais^, avec cette manière de raisonner, qui m'empêchera d*èn dire autknt' dé toutes lès auti^es nations? Les Perses? n'ont-ilà pas eu leurs mages, les Âssyriens^ leurs chaldéens, les Indes leurs gymnosophfîstes, les Celtes leurs druides? Ochus nVt-il pas brillé chez' les Phléniciens , Atlas chez les Èibyens , Zoroastt^ (Met les Perses, Zamolxis chez les'Thraces? Ét'ptusletlirs^ méïne n'ont-ils pas pré* tendu que^ la* philoS'ophlé étSiit née chez les Barbares? G^étàieift dbnc dëB saVàns, à ce compte, que tous'cespetiples'-là? ^ Wf^ dés WiUiade et des Thérmstùctèy on trouvait 9 ittè dit-pn^ ies Aris^ tidc et'itS' SctctàU. A^ctit^^, si'l*on veut; car que m'iinpotCe?^ Cependant' Mtltîàde, Aristide, Thémistôcle, qtii étaient dès héros; vîvaieitt dans uif temps, Sùcratè etPtatèn, qdi étaient dès ph'ilo- 80phes> vivâdent^dànsiln autre : et quand on commença^à <mvi'îr'dè6 écolèspubliques dé philosophie , Ià<]^rèce, avilie et dégénérée, avait' déjà renoncé à' sa vertu et Vendu sa liberté.
La sttperte Asie vit i/risér ses forces innorn^ éfaéies cùnt¥tuiie poignée d*Homme$ que la phi^ tôvcipHie^ conduisait à la gtoirè. Il* est vrai : la pltUdsOj^hiédè^râtiir conduit à là vépîtàblè gloire.
mais celle-là ne s^apprend point dans les livres. TeiestVinfaiîiibie effet des connaissances de l'esprit. Je prie le lecteur d'être attentif à cette conclusion. Ze^ ^nester^ et les lois sont ia seule source du véritaéle héroïsme. Les sciences n'y ont donc que faire. En un niot , la Grèce dut tout aux sciences ^ et le reste du monde dut tout à ia Grèce. La Grèce ni le monde ne durent donc rien aux lois ni aux mœurs. J'en demande pardon à mes adversaires; mais il n'y a pas moyen de leur passer ces sophismes.
Examinons encore un moment cette préférence qu'on prétend donner à la Grèce sur tous les autres peuples , et dont il semble qu'on se soit fait un point capital. JUidmirerai, si Von veut, 'des peuples qui pa^s&nt leur vie àia guerre ou dans iesifois,9 gui couchent sur la terre et vivent de légumes. Cette admiration est en effet très-digne d'un vrai philosophe : il n'appartient qu'au peuple aveugle et stupide d'admirer des gens qui passent leur vie non à défendre leur liberté , mais à se voler et se trahir mutuellement pour satisfaire leur molesse ou leur ambition , et qui osent nourrir leur oisiveté de la sueur , du .sang et des travaux d'un million de malheureux. Mais est-ce parmi ces gens grossiers qu'on ira chercher le bonheur ? On l'y chercherait beaucoup plus raisonnablement, que ïa vertu parmi les autres. Qusl spectacle nov^ prc" senteràit le genre humain composé uniquement de iaéoureurs 9 de soldats , de chasseurs et de hergers ? Un spectacle infiniment plus beau que celui du genre humain composé de cuisiniers ,, de poètes , d'imprimeurs , d'orfèvres ^ de peintres et de musiciens. Il n'y a que le mot soldat qu'il faut tjaycr du premier tableau, ta guerre est quelque-
À M. BOUDES. ]l5
ÏQÏ& un devoir 5 et n'est point faite pour, être un iQétter. Tout homme doit être «oldat pour; la. dér feusç de sa liberté ; nul ne doit l'être: pour envahir jci^le d'au^rui.: et mourir. en servant la. patrie est UA emploi trop beau pour le. conBer à des mercenaires. Fam^-U donc s pour être digne du. nom d'homme , vivre cçmmfi.ics lions et les ours? Si )'âi le bonheur de trouver un jseul lecteur impartial et ami delà vérité^ je le prie de [eter un coup d'iœil sur la SQciété actuelle ^ et d'y remarquer qui sont ceux qui vivent entre eux comme les lions et les ours , cpmme les tigres et les crocodiles. Érigera-t-on. en vertus ies facultés dei'iixstinct pour se nourrir y se perpétuer et se défendre? Ce sont des vertus» n'en doutons pas , quand elles sont guidées par la raison, et sagement ménagées; et ce sont surtout des vertus quand elles sont employées à l'assistance de nos semblables. Je n^ vois ià que des vertus ap>imaies peu conformes à la dignité de notre être. Le corps est exercé ; mais l'âme esclave ne fait que ramper et languir. Je dirais volontiers , en parcourant les fastueuses recherches de toutes nos acadéniies : « Je ne vois là que d'ingénieuses a subtilitéSf peu conformes à la dignité de notre être. « L'esprit est exercé 9, mais l'ame esclave, ne fait c que ramper et languir. » Otez les arts du monde , nous dit-on ailleurs > que reste-^P-ii'^ les exercices du corps et les passions. Voyez, je vous prie, com^ ment la raison et, la vertu sont toujours oubliées! L^ arts ont donné l'être, aux plaisirs de Vâmcy les seuls quÀ^ soient dignes de nous. C'est-à-dire qu'ils en ont substitué d'autres à celui de bien faire, beaucoup plus digne de nous encore. Qu'on, suive l'çs^rit de tout ceci, on y verra,, comme dans lesi r^iso^qemenç de la plupart de mes adversaires >un^ 8.. ■ ' ^ 5*
enthousiasme si matiqaé sur les merveilles de Vei^ tetidemeut , que celte autre faculté , ÎDiiniinent plus sublime et pilu6 capable d'élever et-d'ennoblirrâme^ s'y est jamais comptée pou« rien. ¥oiià '^e^et 4our îouvs assuré de la culture des lettres. ^ suis sûr 4{u'îl 4i-y 'a pas actueMe^eot uasavant quiin^esUme^ beaucouppAus F^^^uence ^<}icéroii<|tte son sèie y. «t qui n'akudt iitrvniiiient HïieuK avc4r ocmaposé ie& Catiliipakes que d'avoir sauvé son pays.
ii'embarrAs de mes adversaires est visîbte toutes^ les fi)ift -qu^il faut parler 4e Sparte. Que ne domieraient-ils point pour q^ue cette fatale Sparte «'eût jamais existé ! et tetixqui<préteadenti|ue les grandes, actions ne sont bonnes <{a*àiêtre ^^élébrées y à ^tel prix ine vou4rafieht<-ils point que ^s siennes iie l'eussent jamais ^é ÎC^st une terrible chose qu'ait milieu de «ette ^meuse "Grèce <jui ne .devait, diton , sa vertu qii*à la philosophie , l'état où la vertu a été la pkis pure-el a duré le plus, long-iten^ , ait é%é précJîsénaent celui où a n'y avait point de philosophes I Les meeurs-de Sparte omttouîours été pror posées en exemple à toute la Grèce; toute la Grèce -était 'Corrompue^ et il y avaît encore de la vertu à Sparte ; toute la Grèce était esclave , Sparte ^eule était encore Hbre : cela est désolant. Mars «»fîn la ^ère Sparte perdit ses mceursetsalibeuté, comme 4es avait perdues la savante Athèues; Sparte a fini ^e puift-je répondre à cela ?
Encore deux observations sur Sparte 9 et fe passe è autre ehose» ¥olci la première : Après avoir été flusiet^ê fois swr ie pmfU de ymnere^ JifiJ^nes fat ^ametie , 4i €St vrai ; et ii est surprenant fU*eiienei*eiHp€tsétéptusiàt, puisque i'Anique était ^n poffs iùut ouvert, et qui ne pouvait se éffenérequepariasupériûriiédesuecis. Atliènes
eûl dû vaincre, par toutes sorties de raisons^. £)le^ ^^it |4^ grande ett^eox^^uiiap plus peuplée.que JLur çM^ia^m^ 9 elle avart de gr^^t^s i>evfi,i?jus-, et plu- SÎ^^iir^ |»euples étaient sesIrlbutaUes; 3parte ii'avait ri^n de f^^i cela. Athèveç, surtout par sa position , 6^,aît UB avaat^g^ don^: Spart^e éi^'4 priv^e^ (^i la mU e|i état d^ désc^er plusieurs Sqis le P^ponoèse , etii|ui devait Sjeid lui assurer Tempire de la jÇ^èc^.. Ç*é^lt un ^9ii vaste et commode ; c'était iu»ç lap^atr^ for^dajtrfe , doiïj elle était redevaUe ^ l^'^^^oyano^e de ce r;U«tre de Tiiéuûslodie^pi M savait pas feuer de la ûjt^e. On |K)urrjtitdQ^^re surpris q^u'A thèmes , avec .tajat d'â.vantagies 9 ait pourtaipt enila suc^ç^nbé. Mais quoi(|ue la guerp^ d^ jP^lQponnèse ^ qui a ruiné |a Grèce » n^ait fa^ j^^jj^^i^ur ni à l'une ifil à l'autre républic^ue 9 H ^cUe ait surtout i^té de l^apart des Lacédéffii9«)ieps Uf^înfr9ctipi[i4esniSM^îines deJeur sage législateur , il ne faut pas s'étpni^r qu'à la longue le wateowra^ Tait e^mpeilé ^urie^jcç^^SQurçes, ni môme queia répuAaaIion de Spacte J«ii en ait donné plufiieinrs qui ïlui C^QÎlitèrecit la victoire. £n vérité ,. f ai biefi dé h ho»J^ de savoir ces plioses-ltà y ejk d'être forcé de les dire.
L^autne «beervation ne sera pas ^^m^^ remarquolde. i^n *oioi le ^te » qyie fe jqrw^ deviur remettre isous ^ ffidm. du lecteur.
quù nûuê rmermêM iUfCMU omf^é^ si célèbre ? A
auradt dMaig^U ée fonmtt d^ émto^^m^ }f(Oti,f^ 4raMS9nsttr» âét gt^vne à la .pœ^df^té ; ifi Sffiqt^de de s^ f»rouehs$ ,verWs eût é^^erd^ fWfur^ no<fi^; 4lMûuejiêM(dtmdifféretUipar cmiséqmn^, ^^^l^t
Il6 KEP0N8E
eussent existé ou nofi. Les nomifeux systèmes de philosophie qui ont épuisé toutes tes coméinaisons possîhies de nos idées, et qui, s'il» n'ont pas étendu beaucoup ies iimites de notre esprit, nous ont appris du moins où elies étaient fixées; ces chefs -d'^ oeuvre d'éioquence^ et de poésie qui nous^ ont enseigné toutes tes routes du cœur ; les arts utHes ouagrêahîes qui conservent ou em^éeiiisseiH iavie; enfin Vinestim^ahietradition des pensées et des actions des grands hommes qui ont fait ta gloire ou le bonheur de leurs pareils '^ toutes ce& précieuses richesses de l'esprit eussent été perdues pour jamais. Les siècles se seraient accttmûléè^y ies géftérations des hommes se seraient succédées comme celles des animaux, sans aucun fruit pour la postérité, et n'auraient laissé après- eUes. qu'un souvenir co^xfus de leur existence;^ iemonàe aurait vieUti^ et les homines seraient demeurés dans mie enfance étemelle*
Supposons, à notre tour, qu'un Eacééémonien, pénétré de la force de ces raisons, eût voulu les exposer à ses compatriotes; et tâchons d'imaginer le discours qu'il eût pu faire dans la place publique de Sparte.
€ Citoyens, ouvrez Ife» yeux, et sortez de votre- • aveuglément. Je vois avec douleur que vbiis ne « travaillez qu'à acquérir de la vertu , qu'à exercer « votre courage et maintenir votre liberté ; et ce- « pendant vous oubliez le devmr phis important « d'amuser les oisifs des races futures. Dites-moi; « A quoi peut être bonne la vertu, si ce n'est à faire « du bruit dans lé- monde? Que vous aura servi < d'être geiis del>ien^ quand personne ne parlera t'dé vous? Qu'importera aux siècles à venir qtie « ' voua vous soyez dévoués à la mort aux Xhermor
c pyles pour ie saliif des Athéniens , si vous ne lais- € sez comme eux ni systèmes de philosophie , ni « vers, ni comédies, ni statues (t)? Hâtez -vous » donc d*abandonner dès lois qui ne sont bonnes^ " c qu'à vous rendre heureux ; ne songez qu'à faire t beaucoup parler de vous quand vous ne serez « phis; et n'oubliez jamais que si Ton ne célébrait € les grands hommes , il serait inutile de ï'étre. »
Voilà, fe pense, à peu près ce qu'aurait pu dire «et homme, si les éphores l'eussent laissé achever-
Ce n'est pas dans cet endroit seulement qu'on nous avertit que la vertu n'est bonne qu'à faire par- ' 1er de soi. Ailleurs on nous vante encore les pensées du philosophe, parce qu'elles sont immortellës^ et consacrées à l'admiration de tous les siècles; tandis que (es autres voient disparaître ieurs idées
(t) Pëiiclès avait de grands talens, beaucoup d'éloquence,, de iDagaificence et de goût ; il embellit Athènes d'ex<;ellèns ouvrages de sculpture, d'édifices somptueux, et de rhcfsd'œuvce dans tous les arts : aussi Dieu sait comment il a été prône par la foule des e'crivains ! Cependant il reste encore à ' savoir si Périclès a été un bon magistrat : car, dans la conduite des états, il' ne s'agît pas d'élever des statues, mais de bien gouverner des hommes. Je ne m'amuserai point k développer les motifs secrets dé la guerre du Péloponnèse , qui fut la ruine- de la république; je ne rechercherai point si le conseil d*Alcibiade était bien ou mal fondé , si Périclès fût jastement ou injustement accusé de malversations : je demanderai seulement si' les Athéniens devinrent meilleurs ou pires sous son gouvernement ; je prierai qu'on me nomme quelqu'un parmi les citoyens, parmi les esclaves, même parmi ses propres enfans , d^nt ses soins aient fait un homme de bien. Yoilà pourtant, ce me semble, la première fonction du magiftirat et du souverain : car le plus court et le plus sûr moyen de rendre les hommes heureux n'est pas d'otner leurs villeas ni même de les enrichir , mais de les iiiondce bons..
ijS BÉP.ONSB
avec te jour, la circoiispaiftcef U maifnfint nfui les /ivuesnaUre. Chtz> f£» prms /jitffrts d^ j^omnif^ 9 le iendemieim ^fface^ Ul veiiU , sa0^ ^u'il €01 rfiste ia !moin4r4^ trace. Ah ! il t^^ i^este au nwias qi^elqu'uKie dams le témoigiia^ d'imq Mnne con- .science, dans les malheureux i|u'on ,a sçiiUa^^s,. dans les honnes actions qu'on a isâXRS 9 et daius Ja mémoîffe de ce Dieu ixieni'aisaut ^u'on aura «seryi en silence. Morjle aumwx^f disait iç^Kim ^oç^te, l'homme ée bien n'^t ju^nms ouHié fk^ Pie$ix. On me jt^ondi^ ^pejut^^tr^e qi^ çfi g^i'est^pas de ces sortes 4e |ieiasées ^uU^i^^a vpulu {ia4^^ 4î.t ja^oj je dis que loutes ies »ulr^ ne ¥9lpn<: pas JU pe^te qu'^n en parle.
II «st ais^ 4e $'ii»a^iAer ii^9 fâj^i^ ^ $içu 4^ ea» de Sparle 9 on ne jaioutre^v^#;e |»]^us d'es^n^e po^r les anciens Romains* Ojih cmiscutà croire que c*é^ taient de gra/n4s 1iQ;i;nmeSy ^fuoiqu'UiS im ^Is^nt que d<e peiitùs choses^ ^ri€e|»ed->là pawoitie qu'il y a io«^*ten»ps qu^on «'«n >£aH p4«ts que de grandes. On reproche à leur tempérance et à leur çoiùrage den'avoir pas Mé de vraies vertus , mais des qualités forçées.(j). Cependant, quelqwQspagCîS après,, on
(i) Je 3r0i& la pli^paj^t cUe le^piïlt!^ de «ftou tQiof)^ iaire jits. ini^mciu» à ctbsoiiBciir la gloire des .helies .et^ënepA^oses t^ctions ii90ie«<ies, leur donuaoït <|a€^qiie inteupi^afiioii vile , et 1 eur ccmt^ttvaDi des .CkccAaioQS ert de9<»ft«$es liftes . Grande suhtiiitiél <}u'i>n me doD«e TafcM^^ -la :pliis josoi^enlje et .pure^-je-m^ea usais j iourmr xirawambUJjtl^iiieBt oinquA^le
divefTé^M #mkgds nerspul&e notre inU^ne 'Wout^.Us ii€ ibnt pa«tl^»(;x»aliaiettAeiu^]i que tkiurdeineat<et grossièrement Us ingtaMeux. Mfec ileur médiaaAce. La jQÔine peiiie qu^cm ^prend « dëtracter ces grands noms , et 1a laàme licence, je la prendrais volontiers à leur daim«ir im^tmr d'épaule pour les hausser. Ces rares figures,, etttnidestpoin
avoué que Fabricius méprisait l*or de Pyrrhi», et r4)n ne peut igiioper qu^ Thistoive romaine est pleine d'^exemplQs 4le la lacilKé qu'eussent eue à s'enrichir ees magistrats , ces guerriers vénérables qui faipicint 4ant de cas de leur pauvreté ( i ). Quant au courage , ne satt-on pas que la lâcheté ne sau* rait entendre raison , et qu'un poltron ne laisse pas de fuir , quoique «ùr d'être tué en fuyant ? €*est , du* on, vùuAaàKt wnlraimLre un àamme fort et raiusté.àiiégay^^r dttns tmée^ceau, que 4e vouloir rapp^ier les grands états amx peêiècs vertus des petites vépuùiiquts. Yoilà une phrase qui ne djoit pas être nouveÛe dans les cours. Elle eàt été très-digne de Tibère ou de Catherine de Médicis^ et je ne doute pas ^le l'un et l'autre n^en aient souvei^ employé de semblaèles.
Il serait difficile d'imaginer qu'il fallût mesurer la morale avec im instrument d'arpenteur. Cepen-dant on ne saurait dire que l'étendue des états soit tout*à-&it indifférente aux noceurs des dtoyens. II
rezeTi>f^e«dtt.iiioadepar le consentement 'des sages ^ je ne me feindrais pas de les ««charger d'hoBneur^ eatant iifue' 910B inveotion ponrxait,, «nintecpcéUticm et ItkTorahles cir- COQStftiiceS' Et il ficut ctoir? que ,lc^ effarts de notre invention sont bien au-dessous de leur mérite. C^st.l'oifiec des gens de bien de peindre la yertu la plus belle (|ii*il se puisMf^ Kt ne messie'rait pas , quand la pession nous transporterai b à la faveur de si sain tes fermes. Ce li^est fa», Rousseau qui . 4i t toA^ cela , c?est Mo^ taigs^.
(1) CuriuSy refusant les prësens des Samnites, disait quil aimait mieux commander à ceux qui avaient ^e l'or que d^en avoir lui-même. Curius avait raison. Ceux qui aiment les richesses sput faits pour servir^ et ceux qui les méprisent poujr commander. Ce n'est pas la force de l'or qui asservit les pauvres aux riches , mais c'es| iiu'ils veulent s'enrichir à leur toitr; sans coin ils seraient m'cessairement les fuaStres.
y a sûrement que Ique proportion entre ces choses: )e ne sais si cette proportion ne serait point inverse (i). Voilà une important question à DAèdiler; . et je crois qu'on peut bien la regarder encore comme indécise, malgré le ton plus méprisant que philosophique avec, lequel elle est ici tranchée en deux .motSr .
C'était, continue-.l-on , ia folie de Caton; avec f humeur et tes préjugés héréditaires dans^sa for miiie , i( déciamu toute sa vie , combattit et mourut sans avoir rien fait d'utile pour sa patrie. Je ne sais s'il n'a rien fait pour sa patrie; mais je sais qu'il a beaucoup fait pour le genre humain en lui donnant le spectacle et le modèle de la vertu la plus pure qui ait jamais existé. 11 a appris à ceux qui aiment sincèrement le véritable honneur , à savoir résister aux vic^s de leur siècle^ et à détester cette horrible maxime des gens à la mode, qu'il faut faire comme tes autres ; maxime avec laquelle ils iraient loin sans doute s'ils avaient le malheur de tomber dans quelque bande de cartouchiens. Nos desoendans apprendront un jour que*, dans ce siècle de sages et de philosophes, le plus vertueux des hommes a été tourné en ridicufe et traité de fou, pour n'avoir pas voulu souiller sa grande âme des crimes de ses contemporains, pour n'avoir pas voulu être un scélérat avec César et les autres brigands de son temps.
On vient de voir comment nos philosophes par*»
(i) La hauteur de mes adversaires me donnerait à la fin de rindiscrétipn si je continuais à disputer contre eux. Il» croient m'en imposer avecleur me'pris pour les petits e'tat-^,. We craignent-ils pas que je ne leur demande une fois s!U tst bon <][u'ily ^n ait de grands?
A M. BOBBES. 1!11
lent de Caton. On va voir comment en parlaient les anciens philosophes. Ecce spectaculum dignutn ad quod respicicU intentus aperi suo Déus* Ecce par Dec dignum , vir fortis cwm maiâ fartunâ compositus» Non video , inquam , quid habeat in terris Jupiter pulchrius , si convertere ani-mum veiity quant ut spectet Cadonem, jam par-^ tihus non semel fractis, nihitomin'às inter rui^ nas pubiicas erectum.
Voici ce qu'on nous dit ailleurs des premiers Romflins : J'admire les Brutus , (es Décius , les Lucrèce^ (es Virgini\is,iesScéveia...Cesi<\\xfA€pie, chose dans le siècle où nous sommes. Maisj'ad^ mirerais encore pius un état puissant et bien
gouverné Un état puissant et bien gouverné!
£t moi aussi , vraiment. Oà tes citoyens ne seront point condamnés à des vertus si crueiies. J'entends; il est plus commode de vivre dans une constitution de choses où chacun soit dispensé d'être honmie de bien. Mais si les citoyens de cet état qu'on admire se trouvaient réduits par quelque malheur ou à renoncer à la vertu , ou à pratiquer ces vertus cruelles , et qu'ils eussent la force de faire leur devoir , serait-ce donc une raison de les admirer moins ?
Prenons l'exemple qui révolte le plus notre siècle, et examinons la conduite de Brutus souverain magistrat, faisant mourir ses enfans, qui avaient conspiré contre l'état, dans un moment critique où il ne fallait presque rien pour le renverser. Il est certain que s'il leur eût fait grâce , son collègue eût infailliblement sauvé tous les autres complices^, et que la république était perdue. Qu'importe? me dira-t-on. Puisque cela est si indifférent, supposons donc qu'elle eût subsisté, et que Brutus ayant con- 8. 6
Ï2ÎS RÉPOIfSE
damné à mort quelque malfaiteur, le coupable lui eût parlé ai usî : « Consul , pourquoi me fais-tu mouce rir? Aï- je fait pis que de trahir ma patrie? et ne « suis-fe pas aussi ton enfant? » Je voudrais bien qu'on prît la peine de me dire ce que Brutus am*ait pu répondre.
Brutus 9 me dira-t-on encore, devait abdiquer le consulat plutèt que de faire périr ses enfans. Et moi je dis que tout magistrat qui, dans une circonstance aussi périlleuse, abandonne le soin dej^ patrie .et abdique la magistrature , est un taraître qui mérite la mort.
Il n'y a point de milieu ; il fallait que Brutus fût un infâme , ou que les lêtes de Titus et de Tibérinus tombassent par son ordre sous la hache des licteurs. Je ne dis pas pour cela que beaucoup de gens eussent choisi eomme lui.
Quoiqu'on ne se décide pas ouvertement pour les derniers temps de Rome, on laisse pourtant aissez enten<lre qu'on les préfère aux premiers ; et l'on a autant de peine à apercevoir de grands hommes à travers la simplicité de ceux-ci , que j'en ai moimême à apereevow d'honnêtes gens â travers la pompe des autres. On oppose Titus à Fabricius; mais on a omis cette différence, qu'au temps de Pyrrhus tous les Romains étaient des Fabricius, au lieu que soqs le règne de Tite it n'y lavait que lui 3eul d'homme de bien (i). J'oublierai, si Ton veut ,
(i) Si Titus D^eùt été empereur , nous n'aurions jamais entendu parler de lui , cat il eut continué de vivre comme les autres ; et il ne devint homme de bien que quand , cessant de recevoir l'exemple de son siècje , il lui fut permjs <J'eQ donner un meitleur. Prwatus, aique etiam sub pâtre principe y ne odio quidem, nediim vituperutione publicây carùit, At illi eajama pro bono tiessil, cout»ersaque- est in- maximas laudes.
Ses actions héroïques des premiers Romains et les crimes des derniers : mais ce que je ne saurais ou- Wier , c'est que la vertu était honorée des uns et méprisée des autres^ et que quand il y avait des couronnes pour les vainqueurs des jeux du cirque, il n'y en avait plus pour celui qui sauvait la vie à un citoyen. Qu'on ne croie pas au reste que ceci soit particulier à Rome. 11 fut un temps où la république d'Athènes était assez riche pour dépenser des sommes immenses à ses spectacles, et pour payer très-chèrement les auteurs, lés cOinédlens, et même les spec^tatëui^ : ce isuême temps fut cehii eu Une se trouva point d'argent pcoir défendre l'état contre les entreprises de Philippe.
On vient enfin aux peuples modernes ; et je n'ai garde de suivre les raîsonnemens qu'on juge à propos de faire à ce sujet. Je remarquerai seulement que c'est un avantage peu honorable que celui qu'on se procure , non en réfutant les raisons de son adversaire , mais en l'empêchant de les dire*
Je ne cuivrai pas non plus toutes les réflexions qu'on prend la peine de faire sur le luxe, sur la politesse , sur l'admirable éducation de nos enfans (i) , sur les meilleures méthodes pour étendre
(i) II. ne faut pas demander si les péres et les maîtres seront attentifs à e'carter mes dangereux écrits des yeux de leurs enfans et de leurs élèves. En effet, quel afil'eux de'sordre, quelle indécence ne serait- ce point si ces enfans, hi bien élevés , venaient à dédaigner tant de jolies choses , et à préférer tout de bon la vertu au savoir ! Ceci me rajl- . pelle la réponse d^un précepteur lacédémonien , à qui l'on demandait par moquerie ce qu'il enseignerait à son eléve. Je lui enseignerai, dit-il, à aimer les cïioses honnêtes. Si je rencontrais un tel homme parmi nous, je lui dirais à l'oreille : Gardez - yous bien de parler ainsi , car jamais yoi^s