‹ DiscoursChapitre 15 sur 36 · A LA RÉPUBLIQUE · texte numérisé non relu

A LA RÉPUBLIQUE

..è'i.- G E N EVE.

/MaGITI^IQUES, 'tRÈS-fiOirOllis, Et SOVtSRiUVS SBICNB17&£,

Coûvahicti' qu'il n'appaitient f{u^aa citoyen vertuetix d^orend^e à sa patrie des honneurs qu^elle puisse avouer 9 il y a trente ans que je travaille à mériter de tous offiir un hommage public ; et cette heureuse occasion ^liippléant en partie à ce que mes eiiBnts n'ont pu ùâte, j'ai.t^ru qu'il me serait pennài'de «onsulteir.ici le zèle qui m'amme, plus que^ k Hàr^ qui devrait m'autorisec. Ayant eu le iMHijieur de naiiré parmi vou^ , . eomment pourrais-, feiméditer sur Fëgaiité >que )a nature a mise «ntre les bommes, et s^r rinégfllité qu'ils, ont institu^^^ isatis penser k'ià} profonde sagesse avec laquelle Fime et rauii«^^5 heareusement combinées «{ans cet état ^'îc<»ftooiiveKM:5^r dé Ui manière la plus approchante riàoilailôiiâaftHrdljlojët la plus favorable à 1» soàfÊÈtàif^iBt tnài A ttan j: ûe J'ordye-, publiie et au bon-^ heur des particuliers ? En recherchant les meil-* leures «ûiaiime» que le bon sens puisse dicter sur la oonstiftution d'un gouvernement. , j'ai été si frappé defkb voir toutes en exécution dans le vôtre 9 que , fÊÊéàm^akVks éite pé dans vos nHir9> }'AVii?aîs cru ne pouvoir mc'd^Mûseï' 4'offrir c^.tableau^e la.sociétéAaamîneà cdoi de tous les peyp^^ qui me pàrâtteilj^p»Mé?<krle&^lUs.gr,^in4s av^ntages^ eten avoir le mieuxpréVenU les abus^ , . * f ;

Si faVidÂs e^ à choisie te lieu de ma naissance >

l5ï DBDICACB.

j'aurais choisi une société d'une grandeur bornée par rétendue des facultés humaines, c'est-à-dire par la possibilité d'êltre bien gouiertiëe, et où , chacun suffisant à son emploi , nul n'eût été contraint de conunettre à d'autres les fonctions dont il . était chargé ; un état où , tous les parttcuiiers se connaissant entre eux^ les manœuvres obsci:!^ du vice 5 ni la moàeslîe de la vertu;, n^eùssenl; pu se dérober aux regards et au jugement du public,, et 15Ù cette douce liabitùde^^e iiôir^ Qt.â^.fQcK^^nnatCre fit de raaoïour db'la patrie ramt)mf>dfôit»4' toyensplàtô'l que celui de ia terre. , : ^:

J'aurais vô«Âu iialtre dans un pajs «ù l^sctove^ rain et le peuple ne pussent arait qu'iun seul ^ tnème intérêt^ aiân Hfue 'tiMss les mouveawite}deJift inà<;lHne ne tendi^nt jamais qu'au b^pMuflf oonK^ ^ mun; ce qÀi ne ipoUvant^ iiâibe à mu^tâs ^iJt^M péupie et le SiduverMu né soient une pkéme,lpèit4' sonne , il s'ensuit cfne j'aupaîs voulu naître SbUsuik g^s^tfvernebientSémoèiNal tique ,^ sarment tempéiri. V H^awàis ^Kmka vimt eiSKOurir Mbré , c'est-à-dice teliaiit^tilMn»» auîc kns^qiifi^ni moi ni persoMié n*eii frût^M)ep«éri?hbneiiaUe jbu^i,doe!Î<iug«s^ ai à(mxyi3[aë tes'iétes tes;)^iièrisîpi^4tpëai'a«i-r tant' plus'dôidfefîfent ^lelfos£soi*ài£aîte^'{ioiM^te porter audSmri^tre* c. i,j .;> .

J'aurais âxmc voulu que personne dans l^éftat n '«âl pu se dire au-dessus de la loi, cl qilè persoitM au dehors n'en pùA khposelr que l'état fût obligé é» rûr tonnâtt^e : car, ipHUe que puiôe èiifô laconstiteK tioû 4"^ go^^^^t^^^nco»^ ^'^ s'y trâuve. un vseitl bomttue qui ne sdt pas soisÉniB^laiQâ^ilaasIeÀâU*» très sont :néeetoaîretn«ot à |a <lbPOtfâkNi^d& oèinslà (i) ; et s'il y a un elief national ,i0t4m autre tibef étranger ^quèl^taepatiagè d^iitoiîtâ qu'il» puissent

N 0ÉDICiCE. XS$

{^l<s^^ Srestie^j^sîbleqae Fan et l'autre soient bien ob^is 9 et que Tétat soit bieo gouverné. >

Je. n'awrais point vo.ila habitier une république de pouv^leinistitution y qu^kficies bonnes lois qu'elle pût aY0i4 de petdr que le gouvernement , autrement constitué peut-être qu'il ne faudrait pour le mo« inent:^ .ne convenant pas auxnouj^eauxtitoyens , ou les cttoj^Bs au nouveaagou^^nemenl^); i'élat no fût sii|âl<à.étre ébramlé.et détruit presque dès sa naîssam^ei) Carr il en test de la^ liberté oemme de ces alimens «otide^ et;nicç«leiifty "ou obe/^s vins génë« reiix,:propres( à nourrir et S^DrtifierJes tempérai mens robueÉes.qu£<en ont llialntude , ornais qui ach câblent ^ ruinent et «nîyrent ies ïfisiibles et délîoals quin'y sQ«t polnt:^^. I^es peuples uaefoiA accou? tunfté^ à d^ Oiart>m4ife ^CM^Iopkis ^e^t état de s'^a pa$$er« &]iH ttçfiteti*^de!f«©«P»drie jW^^iite s'ékw»? gnent d'auiUttit.phiB de laUbeafté^ que^ :pi^nant pour elle :<ine iiceo<re efiràaée iqui loi est ^oppjO&é^V leurs révoiïitions les livrent presqiiieicKi^oijussh à des $édu)ctenrs. qui ne font qu'aggraver leors cbaiîneâ. Le peuple romain lai-i»éme, ce lafiodlëte. de io«s les peuples libres > ne fut point, en ét-ftf de se gdn<« vei*ner en iSortant ide i'oppMsskioidés Tarqci&i6. Avili par i'«sdkivaigi$ et l«s :tràvauK ignominiMit qu'ils lulavaient imposés , ce n'était d'abord qu'ute ^etupide populace ^'ikfaltiit ménager etgoofèraiet aTeor.la plus grande sagesse ^afin ^le, s^acqodtu'*mant peu à peu à reqiirer Tair salutaire deia libettè.4 ces âmes énf^^rées , oa plutôt abnitîes soi^ la jaunie', acquissent par degitfs'ioMè-Béyérité de mteur»€t oetteiâ€Stédec6inrag^cpM|e»îârènteaBa le plos reftpeotiible 'de-tous^ iesi ^àiples. 'l*«iRfais donc cberché pour ma patrie une k^onsé ^ Jran^ quUle république 9 dml: Fài^deiinetiéise pekHt^.en

i54 liiDickct.

quelque sorte dans la nuit des teml^s^q^ n^t éprouvé que des atteintes propres à manifester c^ affermir dans ses habitânsie courage et i^môurde la patrie ^ et où les citoyens 5 accoutu»iés de longue main à une sage indépenjdance 9 fuirent •nod-séu* lement libres 9 mais dignes de l'être. ;^> : . . *

J'aurais voulu me choisir une patrie détouiteée f par une heureuse impuissance, du féroce. umou« des conquêtes, etgaranti6^, par une pèsîtioA encore plus heureuse , de la crainte de devenir elle-méiTie la conquête d'un autre état, une viMe: libres placèd .entre plusieurs peuples dont aucun n'eût; intérêt d^empécher les autres de l'envahir eux-niêmes; \xism république , en un mot , qui ne tentât point l'am-* bition de ses voisins , et qui pût raisonnablement compter sur leur secours au besbtn. Il s^eîlsuit qtiei dans une position si heureuse , elle n'àutàit eu riefi à craindre que d'elle-même, et tfie^^l sfeâ^ eitoyeiw «'étaient exercés aux armes, c*eût été phitôt pour entretenir chek eux cette ardeur guerriète et cette fierté de courage qui sied si bien à la liberté et qui en nourrît le goût; que par la nécessité de pourvoir à leur propre défense^ • '< J'aurais chérie un pays oh le droit de législâ* tiim fût eonàmunàtousies'cificryens : car qui peul mieux sbfvoir qtfeûx sous- quelles conditions il leur ccâivient>de vivre ensemble dans une mênfie société*^ Mdis je n'aurais pas approuvé des plébiscites ^seni^ blables à ceux des Ronialns, où les chefs de4^ëtat<^ et les plus fntéresE»^ à sa cpnser^ition ^..élaient^ exclus desdéKbératioiis dont souvent dépendait soit ^ut, et oùr,^iia]f^une.aJwurdeii<iCDfiséqtienee^ les magistrats étaient pn^és^es droite' diont jouissaient les simples citoyens. - > 'A:» «M^ti^iveifalumis. désiré que^ pour.arrêtqr

séDlCACE. l5$

les profets intérêts et mal conçus, et les innovations dangereuse^ qui perdireïit enfin les Athéniens , chacun n'eût pas le pouvoir de proposer de nouvelles lois à sa fantaisie; que ce dt^oit appartint aux seuls magistrats ; qu'ils en usassent même avec tant de circonspection , que le peuple 5 de son côté , fût si réservé à donner son consentement à ces lois, et que la promulgation ne pût s'en faire qu'avec tant de solennité , qu'avant que la constitution fût ébranlée, on eût le temps de se convaincre que c'est surtout la grande antiquité des lois qui les rend saintes et vénérables ; que le peuple méprise bientôt celles qu'il voit changer tous les jours, et qu'en s'accoutumant à liégliger les anciens usages, sous prétexte de faire mieux, on introduit souvent dç grands maux pour en corriger de moindres.

J'aurais fui surtout, comme nécessairement mal gouvernée, une république où le peuple , croyantpouvoir se passer de ses magistrats, ou ne leur laisser qu'une autorité précaire , aurait imprudeiùniént gardé l'administration des affaires civiles et l'exécution de ses propres lois : telle dut être la grossière cmistitution des premiers gouverhemens sortant immédiatement de l'état de nature; et tel fut^ encore^ ttn des vices qui perdirent la répuMiqne d? Athènes.

* liais l'aurais choisi celle où les particuliers, se oontent&nt de donner la sanction aux lois , et de décider en corps et sur le rapport des chefs les plus împoitantes affaires publiques, établiraient des tribunaux res^ctés, en distinguerâienlavec soiil le^l divers départemeus , éliraient d*ânnée en année les plus capable* et les plus intègres de leurs concitoyens poBr- administrer la }uàticè et gouverner Vétat, et où la vertu des magistrat^ portant ainsi

Digitiz-ed by VjOOQIC

iSjS DEDICACE.

témoignage <le la sagesse du peuple, les uns et les autres s'honoreraient mutuellement. De sorte que si jamais de funestes .m^l ^entendus vendent à troa*; bler la concorde publique y ces temps même d'aveuglement et d'erreurs fussent marqués par des témoignages de modération ^ d'^time réciproque, et ^ d'up commun respect pçur lef lois ; présages et garans d'une réconciliation sincère et perpétuelle* Tels sont , magnifm^es , ipcs-Honoais , et soijve-» aiiNS. sE^esEVM , les avantages que j'aurais techer* cbés dans.lapi^trie que je me serais choisie* Que si la Providence y avait ajouté de plu^ une situatioti cl^armante , un climat tempéré , uti ps^s lerlile ^ et l'aspect le plus délicieux qui soit sous le tiel , je n'aiH'ais désjré , pour combler mon bonhetir f <\ne de jouirde tous ces bieDedan^ ^ sdn de ceUe he^*^ ire^se pa4jrie, vivant p^iUeipei^ daijis \me dcnicc société ayec mes concitoyods , «xerçftfit envers ^eui: , et,à leur, ex^npje, l'humanité^ l'amltÂé et toutes ks\ vertus 9 et laissant après naoi l'honorable mé-* moire d'un honrune de bien et d'un honnête et Vertueux patriote*

,;^j , «aeias. heureui: ou trop tard sage^ je m'éiatê vu'Féduit à finir en d^autnestçUn^als une «ft&rtvvB et ^laj^gaîssaate «^^rrièspe^ rc^ttadt^ inutilement le repos et la paix dont une jeunesse imfpimdente m'auiçait privé, j'aurais du moins nourri dans mon âme ces. mêmes seatimens dont jeu'attrab pu Êiire ysa^e dans mon pays; et pénéM d'une affei)ti64i tendre et désintéressée pouir mes -cotteîtoyepa «éloigoé^, je leur auf^ adressé da fond de mon coeui^ à peu j>rès le disoom^ suivait :

. Mes ehen eonottoyeiis, ou plutôt mes frères, puisqiie les Hess "du saing amsî que les lois tioiM «missent presqœ tons. Il m^estdoux de ne poilvoit

HEDIGAÇK. iSy

penser à vous sans pensar en même temps .à ious les bienl dont voos jouissez , et dont nul de vouB peul-èlre ne sent mieux le prix ^îie moi qui les^ aï perdus. Plus je réfléchts sur votre situation' j^olï-' tique et civile , et moins |e puis imaginer que là nature des choses huihaines puisse en cômportei^ une meilleure. Dans tous les autres gouvernemens , quand â est question d^assurer le plus grand bien de Télat, tout se borne toujours à des projets en idées, et tout au plus à de simples possibilités : pour TOUS 9 votre bonheur est tout fait, il ne faut qu'en jouir; et vous h*avez plus besoin', pour devenir parfaitement heureux ', que de savoir vous contenter de Pètre. Votre souveraineté, acquise ou recouvrée à la pointe de Tépée , et conservée durant deux siècles à force de valeur et de sagesse , est enfin pleinement et universellement reconnue/ Des traités honorables fixent vos limites , assurent vos ^droits , et affermissent votre rçpos. Votre constitution est excellente, dictée par la plus sublime raison , et garantie par des puissances amies et respectables ; vôtre état est tranquille ; vous n'avez ni guerres ni conquérans à craindre ; vous n'avez point d'autres maîtres que de sages lois que vous avez faites, administrées par des magistrats intègres qui «ont de votre choix ; vous n'êtes ni assez riches pour vous énerver par la mollesse et perdre dans de vaines délices le goût du vrai bonheur et des' solides vertus , ni assez pauvres pour avoir besoin de plus de secours étrangers que ne vous en procure votre industrie; et celte liberté précieuse, . qu'on ne maintient chez les grandes nations qu'avec des impôts exorbitans , ne vous coûte presque rien à Conserver.

Puisse durer toujours f pour le bonheur de se*

l5S DÉDICACE.

citoyens et l'exemple des. peuple^» une r^piibHque ^ fiagément et si. heureusement copMîtuée I Voilà ie seul vœu qui vous reste, à faire, et ^0 seul soin qui vous reste à pre/idre. C'est à vous seuls dér scpmais^ non à faire votre bonheur, vos ancêtres vous en ont évité la peine., mais à le rendre durable par la sagesse d'en bien user. C'est de votre union perpétuelle, de votre obéissance auxjois., de votre respect pour leurs ministres , que dépend votre conservation. S'il reste parmi vous le moindre geirme d'aigreur ou dei défiai^ce , hàtezr-vous de le détruire , comme un levain f ùfieste d'où résulteraient tôt ou t^rd vos malheurs et la ruine de l'état. Je vous conjure de rentrer tous au fond de votre coeur, et de consulter la voix secrète de votre Conscience. Quelqu'un parmi vous connaît-il dans Tunivers un corps plus intègre, plus éclairé, plus respectable que celui de votre magistrature? Tous ses membres ne vous donnent-ils pas l'exemple de. la modération , de la simplicité de moeurs, du respect pour les lois, et de la plus sincère réconcilia.tion ? Rendez donc sans réserve à de si sages chefs cette salutaire confiance que la raison doit à la vertu; songez qu'ils sont de votre choix, qu'ils le justifient , et que les bonneurs dus à ceux que vous avez constitués en dignité retombent nécessairement sur vous-mêmes. Nul de vous n'est asse zpeu éclairé pour ignorer qu'où cesse la vigueur des lois et l'autorité de leurs défenseurs , il ne peut y avoir ni sûreté ni liberté pour personne. De quoi s'agitil donc entre vous , que de faire de bon cœur et avec une juste confiance ce que vous seriez toujours obligés de faire par un véritable intérêt, par devoir et par la raison? Qu'une coupable et funeste indifférence pour le maintien de la constitu-

fion ne TOtisfalise jamais négKger au besoin les sa^es avis des plus éclairés et (ies plus zélés d'entre vous; inaik ^ue l'équité^ ht nriodéràtion, la plus respeo* tueuse fermeté, ctcrnlinuent de régler toutes vos démarches , et *de montrer en vous à tout runî* ters rdxemple d'un peuple fier et modeste , ausrf }aibtix de sa gloire que de sa liberté. Gardez-vous surtout*, et ce sera mon dernier conseil 9 d'écouter jamais des interprétations sinistres et des discours envenimés , dont les motifs secrets sont souvent plus dangereux que les actions qui en sont l'oblet. Tonte une maison s'éveille et se tient en alarmes aux premiet^ crt^ d'un bon et fidèle gardien qui ii'aboie jamais qu'à Tapprocfae des voleurs; maïs on hait l'importun ité de ces animaux bruyans qui troublent sans cesse le repos public, et dont les ^avertîssemens continuels et déplacés ne se font pas même écouter au moment qu'ils sont nécessaires.

Et voué 9 MAGNIFIQUES ET TRE^-HONORés SEIGNEURS ,

VOUS, dignes et respectables magistrats d'un peuple libre, permettez-moi de vous offrir en particulier mes hommages et mes devoirs. S'il y a dans le monde un rang propre à illustrer ceux qui l'occupent, c'est sans doute celui que donnent les talens et la vertu , celui dont vous vous êtes rendus dignes, et auquel vos concitoyens vous ont élevés. Leur propre mérite ajoute encore au vôtre un nouvel éclat ; et choisis par des hommes capables d'en gouverner d*autre8 pour les gouverner euxm'^mes , je vous trouve autant au^essus des autres magistrats, qu'un pei|ple libre, et surtout celai que vous avez Fhonneur de conduire, est par ses lumières et par sa raison au-dessus de la populace des autres états.

<Ju'ii me soit permis de citer tin enempîe dont'

l6o I>KPIGA,CE»

U 4^vvatt r^fitei; de m^iUeii^ tracei» 9 et jqul.&ejn^ tquj^» présent à mou fCfu^.Jte ne me r$(ppeUe point sami bi plu» d«uce^4«(i9l4io« la ipémoire dvi vertt^eujK Qit^jfca de qui J'ai r^u le iour> et qui fiovivepl eoili^tiut mou eaiai^ce du respect qui vouii ^tait4!pL* Je le vois eocore» viTs^it'du travail de sef Vdaio»» et nourrisgant son âme des vérités les plus^ si;^iines. Je vois Tacite, Pli«tarque et Grotius^ méJ^s devant lui av^c les iostrumo^s de sogpmétier^ Je voii^ à ses côtés un ûls chéri, recevant avec trop peu dç £ruit les tendres instructions du meilleur des piresr IHais si les égaremens d-une folle jeu* nessQ me firent oublier durant un temps de si sages leçons^ j'ai le bonbeur d'éprouver enfin quey quelque penchant qu'on ait vers le vice» il est difficile qu'une éducation dont le cceur se mêle, reste perdue pour toujours.

Tels sont, macitifiqiigs bt taes-bokoeIs s^gnei»s<| les citoyens et même les simples habitans nés dans l'état que vous gouvernez; tels sont ces hommes instruits et sensés dont, sous le nom d'ouvriers el de peuple , on a chez les autres nations des idées si basses et si fausses. Mon père , je l'avoue avec joie, n'était point distingué parmi ses concitoyens» il n'était que ce qu'ils sont tous; et, tel qu'il était, il n'y a point de pays où sa société n'eût été recherchée , cultivée , et même avec fruit par les plus bon* nétes gens. Il ne m'appartient pas, et gràees au ciel, il n'est pas nécessaire, de vous parler des égtf ds que peuvent attendre de vous des hommes de cette trempe, vos égaux par l'éducation ainsi que par les droits de la nature et de la naissance ; vos inférieurs par leur volonté , par la préférence qu'ils doivent à votre mérite, qu'ils lui ont accordée» et pour laquelle vous leur devez à votre' topr une

JdédicageI idi

iotl6' ée réconiiaissance. J'apprends avec une vive satiifaetioti de coittbiefi'de doucefor et de condescendlmce vo«s teftRpéree avec eax la gravité conve- •nable aiix ministres des lois; confibien vons leu^ Tendez en esUme et en attestions ce qu^îls vous doivenl d'obébsance et de respect; conduite pleine de justice et de sagesse, propre à éloigner de pluâ eit plud la mémoire des événemens malheureux tfu^l faut oublier pour ne les revoir jamais; conduite d'autant plus judicieuse , que ce peuple équitable et généreux se fait un plaisir de son devoir, qu'il aime naturellement à vous honorer, et que les pliis ardens à soutenir leurs droits sont les plus portés à respecter les vôtres.

' Il ne doit pas être étonnant que les chefs d'une société civile en aiment la gloire et le bonheur : mais il l'est terop pour le repos des hommes que ceux qui se Regardent comme les magistrats, ou plutôt comme les maîtres d'une patrie plus sainte et plus sublime, témoignent quelque amour pour ia patrîe terrestre qui les nourrit. Qu'il m'est doux de pouvoir faire en notre faveur une exception «i rare, et placer au rang de nos meilleurs ci* toyens <5es zélés dépositabes des dogmes sacrés autorisé» par les lois, ces vénérables pasteurs des âmes dont la vive «t douce éloquence porte d'autant mieu!x dans les cœurs les maximes de l'Évan^ gile , qu'ils commencent toujours par les pratiquer eux-mêmes! Tout le monde sait avec quel succès le grand art de la chaire est cultivé à Genève. Mais', trop accoutumés à voir dire d^une manière et faire d'une autre, peu de gens savent jusqu'à qnel point l'esprit du christianisme , la sainteté des mœurs , la «évérité pour soi-même et la douceur pour autrai, régnent dans H corps de no» ministres, -^^eut - être

l6a BÉDICAGE.

appartient-Il à la seule vilJe de Genève de moatreif l'exemple édUiaut d'une aussi parfaite union entre une société de théologiens et de cens dç lettres ; c^est en grande partie sur leur sagesse et leur mo--' aération reconnues, c'est sur leur zèle pour la prospérité de rétat, que je fonde Tespoir de son éternelle tranquillité ; et je remarque , avec un plaisir mêlé d'étonnement et de respect, combien iis^ ont d'hçrreur pour les affreuses maximes de ces homme» sacrés et harbares dont l'histoire fournit plus dNin exemple 9 et qui, pour soutenir les prétendus droits de Dieu, c'est-à-dire leurs intérêts, étaient d'autant moins avares du sang humain, qu'ils se flattaient que le leur serait toujours respecté.

Pourrais-je oublier cette précieuse moitié de la république qui fait le bonheur de l'autre, et dont la douceur et la sagesse y maintiennent la paix et les bonnes mœurs? Aimables et vertueuses citoyennes, le sort de votre sexe sera toujours de gouverner le nôtre. Heureux quand votre chaste pouvoir, exercé seulement dans l'union conjugale , ne se fait sentir que pour la gloire de l'état et le bonheur public! C'est ainsi que les femmes commandaient è^ Sparte, et c'est ainsi que vous méritez «de commander à Genève. Quel homme barbare pourrait résister àjgja voix de l'honneur et de la raison dans la bouche d'une tendre, épouse? ^t qui ne mépriserait un vain luxe , en voyant votre simple et modeste parure, qui , par l'éclat qu'elle tient de vous, semble être la plus favorable à la bea<|té ? C'est à vous de maintenir toujours, par votre aimable et innocent empire et par votre esprit insinuant, l'amour de^ lois dans l'état et la concorde parmi les citoyens; de réunir par d'heureux, n^ariages, les iamilles divisées> et surtout de corriger par laperr

si^^l^e.dovicei^r de vos leçons etpar les grâces mo« d^stes de votre eniretjen les travers que nos jeunes gens voi|t .prepdre en d'autçef pays > d'où » au lieu, 4e tant de choses utiles doi^tils pourraieat profiter, ils ne rapportent, avec u^ ton puéril et des airs rid^ cules pris parmi des femmes perdues , que l'admiration de je ne salis quelles prétendues grandeurs y frivoles déjdemmageméns de la servitude , qui ne vaudront jamais Fauguste liberté. Soyes donc toujours ce que vous êtes ,^ les cbastes gardiennes des mœur& t^ les doux lie^nstde la paix j et continuez de faire valoir, en toute occasion, les droits du cœur et de la nature aki profit du' devoir et de la vertu.

Je me flatte de n*étre point démenti par l'événement en fendant 8Ui\.d^ ^^^^ garans Tespoir du bon heur commun des citoyens et de la gloire de la république. J'avoue qpa'avec tous ces avantages elle ne brillera pas de c^ éclat dont la plupart des yeux sont éblouis, et dont le puéril et funeste goût est le plus mortel ennemi du bonheur et de la liberté. Qu'une jeunesse dissolue aille chercher ailleurs des plaisirs faciles et de longs repentirs ; que les prétendus gens de goût admirent en d'autres lieux la grandeur dès palais, la beauté des équipages, les superbes ameublemens, la pompe des spectacles, et tou» les raffinement de la mollesse et 4^1 luxe : à Genève on ne trouvera que des hommes; mais pourtant un tel spectacle a bien son prix, et ceux qui le rechercheront .vaudront J>ien les admira-* teurs du reste.

Daignez, magnifiques, TRfes-HONOjiÉs, et sorvEiiAiHS SEIGNEURS, rcccvoir tous avec la même bonté les respectueuxtémoignages de l'intérêt que je prends à votre prospérité conamune. Si j'étais assez malheureux pour ét|re coupaMe de quelque transport

ig,^ DÉDICACE. * ^

indiscret dans -cette vhre effusion de ii*ftn ûogm^ fé vous supplie de îe pàtAôimer à la tettdre a^ctîoïi' d'un vrai -pattiote, «tàu zMe aMcnt ^ légîthïie d'un homme qui n'envîsage point de plus g^a^id bonheur pour lui- meriiè qtré celm de vous voir touiF Jieureux.

Je sitth «iV«t le flus^(rf»cl i«ipeol^

ET»d«yttlârtS*El€Kïte»> •'— • . ' * .. .

Vdtro trèSf-hrfïnble «t «rè^-obéissani «etfviteur etcoïKîitoyçn J>J. HotrsstAtr,

AChambéri,fe*i*j"ki^'7Î*4; '

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