AU ROI DE POLOGNE. '^J
qu^on ne peut s'assurer de sa verlù qu'après l'avoir mise à l'épreuye. Ces maximes sont au moins douteuses et sujettes à bien des discussions. Il n'esi: pas certain que pour apprendre à bien faire on soit obligé de savoir en cbmbien de manières on peut faire le mal. Nous avons un guide intérieur ,^ bien plus infaillible que toits les livres, et qui ne nous abandonne famais dans le besoin. C'en serait assez pour -nous conduire innocemment, si nous voulions l'écouter toujours. Et comment serait-o» obligé d^éprouver ses force» pour s'assurer de sa vertu, si. c'est un des exercices de la vertu de fuir les occasions du vice ? >
L'homme sage est continuellement sur ses gardes^ et se défie toujours de ses propres forces : il réserve tout son courage pour le besoin , et ne s'expose jamais mal à propos. Le fanfaron e^ celui qui se vante sans cesse de plus qu'il ne peut faire , et qui , après avoir bravé et insulté tout le monde, se laisse battre à la première rencontre. Je demande lequel de ces deux portraits ressemble le mieux à un philosophe aux prises avec ses passions. ■ . \
. On me reproche d'avoir affecté dé prendre chez les anciens mes exemples de vertu. Il y a bien de l'apparence que j'en aurais trouvé encore davantage, si j'avais pu remonter plus haut. J'ai cité aussi un peuple moderne, et ce n'est pas ma faute si je n'en ai trouvé qu'un. On me reproche encore dans une maxime générale des parallèles odieux > où il entre , dit*on , moins de zèle et d'équité que d'envie coptre mescompatriotes et d'humeur contre mes contemporains. Cependant personne , peutêtre, n'aime autant que moi son pays ^t ses compatriotes. Au surplus , je n'ai qu'un mot à répondre. J'ai dit mes raisons , et ce sont elles qu'il faut
yS KëPONSE
peser : quant à mes înteDtiang5 il en faut laisser le jugement à celui-là. seul auquel il appartient.
Je ne dois point passer ici seus silence une objection considérable qui m'a déjà été £»ite par un philosophe (i). N'est-ce peirU, me dit-on ici 9 au ciimat^ au tempérament^ au numgue d'oeeaHon, au défaut d'oijet, à V économie du ffouveme-nhent^ aux cotUumes, <mx lois, à toute autre cause qu^'atKP sciences 9 qu'on doit ottriéuer cette différence qu*on remarque quelquefois da/ns les mâsurs en différtns pays ^ en différens temps ? Cette question renferme de gr^mdes vues et demanderait des éclaircissemens trop étendus pour convenir à cet écril. D'ailleurs il s'aurait d'examiner les relations très-cachées mais très-rédles qui se trouvent entre la nature du gouvernement et le génie, les mœurs et les connaissances de« citoyens ; et ceci me jetterait dans des discussions délicates, qui me pourraient mener trop loin. De plus, il me «erait bien diffici^ de parler de gouvernement, sans donner trop beau jeu à mon adversaire; et, tout bien pesé, ce sont des recherches bonnes à faire à Genève, et dans d'autres circonstances.
ie passe à une accusatiCMQ bien plus grave que l'objection précédente. Je la transcrirai dans ses propres termes : car il est important de la mettre fidèlement sous les yeux du lecteur.
Pius ie chrétien examinée i' authenticité de ses titres 9 pius ii se rassure dans ia possession ^e sa croycmce ; pius ii étudie ia révélation , pUàs Use fortifie daixs ta foi. C'est dans les divinés Écritures quHi en découvre Corigine et /•«»-
(ij Pi-et de VEncycl,
cMence^i c'est é^ma tes dectes éctiU des pères de l'église qu'il en suit de siècie en siècle le déveiappementj c^est daths tes Uvrts de moraée et (es mmaéessmntes fu'ii en v^it tesexcmpieset qu'il s'^n fait l'upT^idaien.
Quais Vign^Témce mUevem à la reU^fàen et à ia vùFtudes a/ppuissi puissamês l et ce seraà eUc qu'tin docteur de Genève ens/eignera hautement qu^0n doit Virréguiairité des tUMMêrs ! On ^étonneraUdav(mta§é d' ensuite undétrange parwdeme, si ^nne^ smvmt que Im singuiarhé d'un s^tèvfkc s quelque dangereux qu'U soit , n'est qu'une raison de plus pour qui n'a pour régie que i'esprit pariieuiier.
J'o«e le demander à l'auteur : Comment a-t-il pu jaunats donner une pareille interprétation aux principe» que |'âi éti^s ? Comment a-t-îl pu m'acçnaer de blâmer l'étude de la religion, moi qui umiiia surtout Tétude de nos vaineu sciences parée qu'elle nous détourne de celle de nos devoirs? Et qu'est-ce que l'étude des devoirs du chrétien , sinon celle de sa religion même ?
Sans dbute {'aurais dû blâmer expi^essément tootev ces puérfies subtilités de la scolastique avec lesquelles , sous prétexte d'éclaircir le$ principes de la religkm ^ on en anéantit l'esprit en substi-* ^x&xA Pdrgueil seienti^que à l'humilité chrétienne. J'aurais^ dû m*élever avec plus Aè force conire ces minisires indiscrets qui, les pretiaiers, ont osé porter les mains à Farche pour étayer avec leur faible savoir un édifice soutenu par ta main de Dieu. J'aurais dû m'indfgner contre ces hommes frivoles qui, par leurs misérables poîntilleries; ont avBi la sublime simplicité de l'Évangile, et réduit en syllogisme la doctrine de Jésns-Ohrist. Mais il
8o BéPONSS
s'agit aujourd'hui de me défendre ^ et non d'af* taquer.
Je vois que c'est par Thistoire et les faits qu'il faudrait terminer cette dispute. Si je savais exposer en peu de mots ce que les scienoes et la religion ont eu de commun dè^le commencement,^ peut-être cela servirait-il à décider la question sur cepoint.
Le peuple que Dieu s'était choisi n'a jamais cultivé les sciences, et ^n ne lui en a jamais conseillé l'étude; cependant, si cette étude était bonne à quelque chose, il en aurait' eu plus besoin qu'un autre. Au contraire, ses chefs firent toujours leurs efforts pour le tenir séparé autant qu'il était possible des nations idolâtres et savantes qui l'envir ronnaient : précaution moins nécessaire pour lui d'un côté que de l'autre; car ce peuple faible et grossier était bien plus aisé à séduire par les fourberies des prêtres de Baal que. par les sophisme» des philosophe^.
Après des dispersions fréquentes parmi les Égyptiens et les Grecs , la science eut encore miUe peines à germer dans les têtes des Hébreux. Josèphe et Philon^ qui partout aiUeuris n'auraient été que deux hommes médiocres, furent des prodiges parmi eux. Les saducéens , reconnaiàsables à leur irréligion, furent les philosophes de Jérusalem ; les pharisiens, grands hypocrites, en furent les docteurs (i). Geiix-ci, quoiqu'ils bornassent à peu près leur science à l'étude de la loi , faisaient cette
(i) On voyait régner entre ces deux partis cette haine et ce me'pris réciproques qui régnèrent de tout temps entre les docteurs et les philosophes; c^est-li-dire entrç ceu^i qui font de leur tête un répertoire dé la science d*autrui, et ceux qui se piquent d'en avoir une h eux. Mettea aux crises le maitre de musique et le maître k danser du Bourgeois
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étude avec tout le faste et toute la suffisance dog^ matiques. Ils observaient aussi avec un très-grand soin toutes les pratiques de la religion ; mais TE vangile nous apprend Tesprit de cette exactitude , et le cas qu'il en fallait faire. Au surplus 9 ils a?aient tous très-peu de science et beaucoup d'orgueil ; et ce n'est pas en cela qu'ils différaient le plus de nos docteurs d'aujourd'hui.
Dans l'établissement de la nouvelle loi, ce no fut point à des savans que Jésus-Chrit voulut confier sa doctrine et son ministère. Il suivit ilans son choix la prédilection qu'il a montrée en toute occasion pour les petits et les simples; et dans les instructions qu'il donnait à ses disciples^ on ne voit pas un mot d'étude ni de science/ si ce n'est pour marquer le mépris qu'il faisait de tout cela.
Après la mort de Jésus- Christ, douze pauvres pécheurs et artisans entreprirent d'instruire et de convertir le monde. Leur méthode était simple ; ils prêchaient sans art, mais avec un cœur pénétré ; et de tous les miracles dont Dieu honorait leur foi, le plus frappant était la sainteté de leur vie : leurs disciples suivirent cet exemple , et le succès firt prodigieux. Les prêtres païens, alarmés, firent entendre aux princes que l'état était perdu , parce que les offrandes diminuaient. Les persécutions s'élevèrent , et les persécuteurs ne firent qu'accélérer les progrès de cette religion qu'ils voulaient étouffer. Tous les chrétiens couraient au martyre , tous les
gentilhomme, vous aurez Pantiquaire et le bel esprit, le chimiste et Thomme de lettres, le jiiriscôiisulte et le méde- . cipy le géomètre et ïe versificfiteiir , le thdologien et le philosopUc. Pour bien juger de tous ces geiis4à, il suffit de s'en rapporter k eux-mêmes, et d'écouter ce cjue chacun TOUS dit , izpn de soi , mais des autres.
peuples cooraiexit au bapténae; rbutoke de ces premiers temps est mi prodige eontîmiel.
CepeBdaQt ks prêtres des idoles , non contens de persécuter Icê ckrétIeBSt se mirei^ à les calomnier. Les philosopbtô, qui ne trouvaient pas leur compte dans une rdigton qui prèdie riHinulilé, se Î0%»îreât à leurs prêtres. Les rânpies se faisaient chrétiens , il est vrai ; mais les savans se moquaient d'eux , et rem sait avec quel mépris saint Paul luimême fut reçu deii AMiénifns. Les railleries et les injures pleuvadent de toutes peatts sur la nouvelle sçcte. Il Mhit fr&aète la plume pour se défendre. S^ Justin mart3rr (i) écrivît te premier l'apologie de sa foi. On attaqua les païens à leur tour; les
(i) Ces premiers e'crÎTftins, qui scellaient de leur satig ïe témoigDagede lemr plume , seraient aujoord'kui desaoteur^ bientcaadaleiiz, car ils soirteniiieiit préci«ément le même sentiment (|ue moi. S' Justin^ dan$ son entretiiep ayçç Triplions passe en revue les diverses sectes de pbiI<»opfiïd dont il ayait autrefois essayé /et les rend si ridicules qu^on croirait lire un dialogue de Lucien : aussi voit-on, dans Papologie de Tcrtullien, combien les premiers chrétiens se tenaient offemésd^étre pris pimr des philosophes.
Ce serait en effrt un détail bien (léhdssant pour hi philosophie, que rexp6«ifioki des mammes pernicieuses et àts dogmes impies de ses diverses sectes. Les épicuriens maieat toute providence , les académiciens doutaient de l'existence de la Divinité, et les stoïciens de Timmortalité de l'âme. Les sectes moins célèbres n'avaient pas de meilleurs senti^ timens; en voici ntt échantillon dans ceux de Théodore, chef d'une des deux branch e s des cyrénaïques, rapporté par Biogdne Laërce. Sustaik amieiliam; quàd ea neque msipientièus neque sapieniibus udait, . . . ProhahiU dieebat pru» dentem virum non seipsum pro pcOriâ perieuKs exponere , neque enim pro insipientium commodts amitténdam esse prudentiam, Furto quoque et adulterio et sacrihgio , chm Umpestwum erit, daturum operttm sàpientem, J}fihil qurppè
AV BOl DB POLOGNt. 85
ftUaquer c'était les vaincre. Les premiers succès encouragèrent d'autres écrivains* Sous prétexte d'exposer la turpitude du paganisme , on se îeta dans la mythologie et dans l'éfudition (i) ; on voulut montrer de la scieiu» et du bel esprit; les
horurn turpe naturâ esse, Sed ai^ertttur de hisce vulgaris opinio , quœ e stultorum imperitorumque pleheculà conflata
est sapientem puhlicè absque ullo pudore ac suspicione
scortis congressuram.
Ces opimons sont parttcoHéres, je le sais : mais y a-t-il une seule de toulest les sectes qui ne soil tomb^ dans quelque erreur dangereuse? Et que diroas«nous de la distinction des deux doctrines , si avidement reçue de tous les philo* sopbcs , et par laquelle ils professaient en secret des sentimens contraires à ceux qu^ls enseignaient publiquement ? Pythagore lut le premier qui fit usage de la doctrine intérieure ; il ne la dëcowrait à ses disciples qu'après de longues épreuves et avec le plus grand mystère. Il leur donnait en secret des leçons d^a théisme, et 'ofirait solennellement des hécatombes à Jupiter. Les philosophes se trouvèrent si |)ien de ççttç iiiçftç^ç, qu'fUç %% X^pSudît Tipiaernent da»« la Grèce , et de Ik dans Rome , comme on le voit par les ouyrages de CioéroUy qui se moquait avec ses amis des dieux immortels , qu'il attestait avec tant d^emphase sur la tribune aux harangues.
La doctrine intérieure n'a point été portée d'Europe Ji la Chine , mais elle y est née aussi avec la philosophie \ et c'est à elle que les Chinois sont redevables de cette foule d'athées ou de philosophes qu'ils ont parmi eux. L'histoire de cette fatale doctrine , faite par un homme instruit et sincère » serait un terrible coup porté à la philosophie ancienne et moderne. Mais la philosophie bravera toujours la raison, la vérité, et le temps même , parce qu'elle. a sa source dans Torgueil humain , plus fort que toutes ces chose'a.
(i) On a fait de justes reproches k Clément d'Alexandrie d'avoir affecté, dans bcè écrits, une érudition profane, peu conyenabie k un chrétien. Cependant il semble qu'on était excusable alors de s'instruire de la doctrine contre laquelle
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livres parurent en foule, et les mœurs commencèrent à se relâcher.
Bientôt on ne se contenta plus dé la simplicité de rÉvangile et de la foi des apôtres, il fallut toujours avoir plus d'esprit que ses prédécesseurs. On subtilisa sur tous les dogmes ; chacun vouhit soutenir son opinion ; personne ne voulut céder. L'ambition d'être chef de ^ctç se fit entendre; les hérésies pullulèrent de toutes parts.
L'emportement et la violence ne tardèrent pas à se joindre à la dispute. Ces chrétiens si doux, qui ne savaient que tendre la gorge aux couteaux , "devinrent entre eux des persécuteurs furieux, pires que les idolâtres : tons trempèrent dans les mêmes excès, et le parti de la vérité ne fut pas soutenu avec plus de modération que celui de Terreur. Un autre mal encore plus dangereux naquit de la ïnétne source; c'est l'introduction de l'ancienne philosophie dans la doctrine chrétienne. A force d'étudier les philosophes grecs , on crut y voir des rapports avec le christianisme. On osa croire que la religion en deviendrait plus respectable, revêtue de l'autorité de la philosophie. Il fut un temps où il fallait être platonicien pour être orthodoxe, et peut s'en fallut que Platon d'abord , et ensuite Arîs; toté, ne fussent placés sur l'autel à côté de J.-C. .
L'église s'éleva plus d'une fois contre ces abus. Ses plus illustres défenseurs les déplorèrent souvent en termes pleins de force et d'énergie ; souvent ils tentèrent d'en bannir toute cette science mondaine qui en souillait la pureté. Un des plus illustres papes
on avait à se défendre. Mais qui pourrait voir sans rire toutes les peines que se donnent aujourd'hui nos sayanspour (îclair* ck les rêveries de la mythologie ?
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en vînt même jusqu'à cet excès de zèle, de soutenir que c^était une chose honteuse d^asservir la parole de Dieu aux règles de la grammaire.
Mais ils eurent beau crier; entraînés par le torrent 9 ils furent contraints de se conformer euxn^élnes à Tusage qu'ils condamnaient; et ce fut d*une manière très-savante que la plupart d'entre eux déclamèrent contre le progrès des sciences.
Après de longues agitations, les choses prirent enfin une assiette plus fixe. Vers le dixième siècle, le flambeau des sciences cessa d'éclairer la terre ; le clergé demeura plongé dans une ignorance que je ne veux x>as justifier, puisqu'elle ne tombait pas moins sur les choses qu'il doit savoir que isur celles qui lui sont inutiles, mais à laquelle l'église gagna du moins un peu plus de repos qu'elle n'en avait éprouvé jusque-là.
Après la renaissance des lettres , lès divisions ne tardèrent pas à recommeïieet plus terribles que jamais. De savans honomes émurent larqueïelle, de savans hommes la soutinrent, et les plus* capables se montrèrent toujom'slesr plus obstinés.' C'est en vain qu'on établit des conférences entre les docteurs desdifférens partis : aucun n'y portait l'amour de la réconciliation ,. ni peut-être celui de la vérité; tous n'y portaient que le désir de briller aicx dépens de leur adversaire ; chacun voulait vaincre, nui ne voulait s'instruire ; le plus fort imposait silence au plus faible; la dispute se terminait toujours par des injures 9 et la persécution en a toujours été le fruit. Dieu seul sait quand tous ces maux finiront.
Les sciences sont florissantes aujourd'hui ; la littérature et les arts brillent parmi nous : quel profit en a tiré la religion? Demandôns-le à cette multitude de philosophes qui se piquent de n'en point
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avoir. Nos bibliothèques regorgent de livres de fhéo* logie f et les casuistes Iburmiilent parmi nous. Au« trefois nous avions des saints , et point de casuistes. La science s^étend y et la £6i s'anéantit ; tout le inonde veut enseigner à bien faire , et personne ne Teut Tai^rendre; nous somnaes tous devenus docteurs 9 et nous avons cessé d'être chrétiens.
Pfon, ce n'est point avec tant d'art et d'appareil que l'Évangile s'est étendu par tout Funivers, et que sa beauté ravnsante a pénétré les cœurs. Ce divin livre, le seul nécessairô à un chrétien , et le plus ulite de tous, n'a besoin que d'être médité pour porta* dans l'âme l'amour de son auteur , et la volonté «Faecon^iilir ses préceptes. Jamais la reria n'a parlé un si douit langage ; jamais la plus profonde sagesse ne s'est exprimée atec tant d'é-» nei^ie et de simplicité. On n'en quitte point la leç^ ture sans se sentir meilleur qu'auparavant, O vous , minislres de la loi qui m'y est annoncée , donnez^ vous moins de peine pour «instruire de tant dé choses inutite. laissee-là tous ces livres savans qui ne savent ni me convaincre ni me teitcher. ProstaPBe»*vo«ftaox pied«4e ce Dieu demiséricorde-qué vous vous <)haM!geE de me faire oonnatlre^et aimer ; deraandefrM pour vous cette humililé profonde que vous dov*ee me prêcher, ffi^taka point à mes j&ùi oette soienoe orgueilleuse ni ce faste indécent qui voQs déshonorent et qui me révoltent; soyez tojttchés v ous m êm es, si tous voulez tjue je le sois; et surtout monfrez-moi dtm» votre conduite la pratique de cette k^ dont vous prétendez m'instruire. Vous n'avdz pas besoin d'en savoir irî de m'en enseigner davantage, et votre ministère est accompli. li n'est point en tout oela question 4e beHes-lettres mdepbiloS(yphie. G'esfl ainsi qu'A conTient de suivre
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et de prêcher TÉvangile , et c'est àînti qfae ses prenûers défenseurs Tont fait triompher de toutes les natmiis, n^n aristsateiico tnêee, disaient tes pères de i'^;iÎBe, scd fiseap&rîo (i).
Je sens que je deviens long, «iftis |*«i cru ne pouvoir me dispenser de m'éiendre un peu sur un point de rimportance de celui-ci. De phis , les lecteurs impatiens doivent Caire ré^xion^que c'est une dwse bien ceuiineode que la critique : c«* où Ton attaqué avec on mot, il feut des pagespom* se défendre.
Je passe à ta denième part» de la réponse , sur krquette fe tdchepai d'être pte» court, quoique je n'y tnnwe foère mo^as d'observations, à Caiire.
Cf 4t^iM fm»4m scitm^eeê , me dit--on, ^e^ du sein des rief^ims ^tiê sont née dz Ums temps 4a nwUesse se 4e Uisoe. Je n'avais pas dit non pins que le lui» M né des sciences, mais iin'âs étaient nés ensenobte , et que l'un n'aSlaft guère sans 1 Mtre. Yoîci comment f 'arrafigerals cède généalogie : La première source éa mal cet l^mégalMté : de l'inéga- Mlé sont YaûaNislesTicli«iBses;«ar ces mots-de pauvre et 'de rfelie mmft rdatifs , et partout ôti les honmies ; égaut il «Y acHU ni ridies m pauvres, des
^i) BIttiie €mi dit MoittotKÉB , «e n^est |»«s notre acquêt, c'est .un fpnr pr^nat de la iibéraiité d^anCriii. Ce n^est pas par discours on par notre entendement que nous avons reçu notre religion , c^est par autorité et par commandement étranger. lia faiblesse de notre jugement nous y aide plus que ta force, et notre sTeuglemeirt plus que notre clairvoj:fince. G?eit par Teirtf omise de noire ignoranee que nous ummes savans. Ce n''esi pas Bterraile si nos moyens naturels et terrestres ne peuvent concevoir cette connaissance supernaturelle et céleste : apportons-y seulement du nôtre Tobéissance et la subjection ; car, comme il est écrit, u.Je M détruirai la sapicnce des sages , et abattrai la prudence « do9 pfodens.'^i
88 ABPOHSh
richesses sottt nés le luxe et Toisiveté; du.luxe sont venus les beaux-arts, et de l'oisiveté les sciences. Dans aucun tentps (es richesses n*ont été Vapana>ge des sava/ns. C'est en cela même que le mal est plus gc^iid • 1^ riches et les savàns ne servent qu'à se corrompre mutuellement. Si les riches étaient plus savans, ou que les sâvans fussent plus riches $ les uns seraient ^e moins lâches flatteurs , les autres aimeraient moins la basse flatterie > et tous en vaudraient mieux. C'est ce qui peut se voir par le petit nombre de ceux qui ont le bonheur d'être savans et riches tout à la fois. Pour un Platon da/ns Voffulence^ pour un Aristipe accrédité à la cour , combien de philosophes réduits au manteau et à la éesa^e , enveloppés dans leur propre vertu el ignorés dans leur solitude I Je ne diseonviens pas qu'il n'y ait un grand nombre de philosophes très-pauvres 9 et sûi*ement très-fàchés de l'être ; je ne doute pas non plus que ce ne soit à Içur jseule pauvreté: que la. plupart d'entre eux doivent leur philosophie; mais quand )e voudrais bien les supposer vertueux, serait-ce sur leurs mœurs, que le peuple, ne voit point, qu'il apprendrait k réformer les siennes? Les savans n'ont ni le goût ni leloisirjd' amasser de grands biens. Je consens à croire qu'ils n'en ont pas le loisir. Ils ' aiment Vétude. Celui qui n'aimerait pas son mé-^ lier serait un homme bien fou ou bien misérable. Ils vivent dam la médiocrité. Il fayt être extrêmement disposé en leur faveur pour leur en faire Vin mérite. Une vie laborieuse et modérée, passée dans le silence de la retraite , occupée de la lecturjô et du travail ^ n'est pa>s a^ssurémeni une vie voluptueuse et criminelle. Non pas du moins aux yeux des hommes : tout dépend de l'intérieur.