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ses exemples les ont conduits, peuvent dignement apprécier ses services, et lui témoigner la reconnaissance qui lui est
due.
C'est donc sous un autre point de vue que je veux vous présenter le clergé canadien ; c'est du prêtre patriote et national que je veux parler; de cet homme qui a si bien rempli, et qui promet de remplir mieux que jamais, la noble tâche, la part si méritoire qu'il a entreprise dans la grande lutte de notre nationalité.
Vous savez, messieurs, dans quel triste état se trouvèrent nos pères à la cession de ce pays à l'Angleterre. Les premières familles, ma ‘‘noblesse canadienne,” comme disait Louis XIV, abandonnèrent à son sort cette population de braves,
dont le sang et le courage avaient fait la
vent t lui 1est
gloire de ces mêmes amilles, depuis plusieurs génératiôns. Oh! les ingrats !
au moment où ils pouvaient rendre au peuple en services civiques, Ce qu'ils en avaient reçu en gloire militaire, ils l’'abandonnent! Que serions-nous devenus, Si notre clergé nous eût abandonnés aussi ?
Que serions-nous devenus, sans œuides éclairés, nous peuple soldat et voyageur;
n'ayant d'autre science que celle des
camps et des courses arentureuses, V is-àvis de cette population nouvelle, qui S'introduisait au milieu de nous, avec tous les moyens d’une industrie à rancée, avec toutes les puissances de la paix, bien autrement formidables pour nous alors, que les puissances de la œuerre ?
C’en était fait : notre heure allait sonner, comme peuple, si le clergé ne nous eut tendu la main.
Naturellement le prêtre, ayant une ] À
mission plus élevée, ne pouvait devenir tout-à-fait citoyen, renoncer à son ministère sacré pour prendre en main les destinées temporelles du peuple. Il fit mieux encore; Il se dit: Faisons des citoyens éclairés. Alors, comme le nouveau gouvernement s'empara des belles dotations faites sous l’ancien pour l’éducation de la jeunesse canadienne ; comme le beau collége des jésuites fut transformé en casernes, destination qu'il « encore, au grand regret de tous ceux qui s’intéressent à l’honneur du nom anglais, nos séminaires se transformèrent en colléges ; les lévites ouvrirent les portes du temple, et appelèrent le peuple dépouillé à partager les offrandes faites pour le soutien de l'autel. Bientot ce secours ne suffisant plus, l’on vit de simples prêtres, an prix de mille privations, et même de rudes travaux manuels, jeter les fondements de magnifiques colléses, qui
venir
ainis- 1 les Il fit s des nouelles ’édumme ormé core, inté- , OS
nple, lé à
feraient honneur à des pays beaucoup
plus avancés que le nôtre.
Ces colléges sont autant de citadelles nationales, où de généreux ecclésiastiques se dévouent à l'ingrat labeur du professorat, sans autre rémunération qu'une nourriture des plus frugales, et un vêtement non moins modeste, tandis que d’autres aident à recruter l’armée natlonale, en employant leurs épargnes av maintenir une jeunesse intelligente, plus favorisée par la nature que par la fortune.
C'est ainsi qu'il est sorti du peuple des hommes qui ont pris la place des déserteurs de “ 59, et qui ont fait qu'il y à encore un peuple Canadien-Français, et que ce peuple pèse encore dans la balance
des destinées canadiennes.
Mais pour revenir à notre sujet, qui à permis au clergé d'opérer tant de bien ?
c'est la nature aristocratique de ce corps, cest l'esprit d'unité et l'esprit de suite, qui ne peuvent exister, comme je l'ai déjà remarqué, que dans un corps aristocratique, dont les membres sont liés entre eux par une certaine communauté de vues, d'affections et d'intérêts, et toujours prêts, au besoin, à se donner mutuellement la main, concentrant sur un seul point, vers un but unique, toute l'énergie et la puissance du corps entier.
Quoique exempt par état de se mêler
activement de politique, notre clergé nous à rendu, sous ce rapport, d’incontestables services dans le cours de nos grandes luttes. On lui a quelquefois reproché d’être trop timide, mais combien de mouvements populaires, irréfléchis n'a‘t-1] pas empêchés ou restreints ?
combien d'œuvres publiques et nationales n'a-t-il pas favorisées ? combien
COTpPS, suite, e l'ai ristoliés nauté s, et nner t sur toute ntier.
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d'utiles conseils et d'encouragements n'at-il pas donnés à nos hommes publics dans les temps difficiles ? Et à qui devonsnous cette admirable unité d'action politique, qui a été jusqu'a présent un des traits caractéristiques de notre population ; qui a fait sa force et son salut, au milieu des constantes et terribles luttes.
que nous avons eu à soutenir depuis près
d'un siècle, pour sauver notre race de l'exploitation et de l'anéantissement ? A l'heure qu'il est, cette unité fait le désespoir de nos adversaires politiques, qui voient que, grâce à elle, nous nous sommes fait une arme de cette même union des C'anadas, machine infernale qui a éclaté entre les mains de ses
fabricateurs.
Oh ! messieurs, faisons en sorte, prions le ciel qu’elle dure toujours cette belle et précieuse union du peuple Canadien
avec son clergé, car ce dernier sera longtemps encore, toujours je l'espère, le ciment et l’arc-boutant de notre sociétt Unis, affectionnés l’un envers l’autre ils sortiront victorieux des épreuves que leur réserve encore l'avenir tout comme ils sont sortis de celles que le passé ne leur a certes pas épargnées. Pendant que le peuyle combattra dans la plaine, le clergé, comme un second Moyse, du haut de la montagne, tiendra les bras élevé:
vers le ciel, et en fera, comme lui.
descendre la victoire sur nos bataillons patriotiques.
Oh! si ce n’est par reconnaissance, par intérêt au moins, cessons ces discussions
malveillantes, dont la tendance, sinon |: 4
but caché, est de diminuer la conf'a we |
mutuelle qui a jusqu’à présen regnt entre notre clergé et notre peuple.
s’il en est qui, pour le succès de leur:
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ceoné uple. Et de leurs
vues et projets, se défient du clergé, redoutent son influence, c'est une forte raison pour nous de nous défier de ces vues et de ceux qui les appuient. Le clergé sort du peuple, vit et meurt au milieu du peuple ; plus que tout autre intéressé au bonheur et à la prospérité du peuple ;
corps d'hommes, il est
avec nos institutions politiques, et notrv
position sociale, il est impossible qu'il
devienne jamais assez puissant pour avoir la tentation de devenir oppresseur ; que signifient donc cessignes de mauvais vouloir, qui se font remarquer à son égard. depuis quelque temps, dans certains quartiers ? J'aime à croire qu'ils sont le fruit de l'inexpérience et de l’'irréflexion chez des hommes qui, encore incapables d’embrasser l’ensemble des cu10$ses humaines, osent néanmoins, les imprudents, en juger d’après quelques impressiens de détails et à première vue.
Tout le monde connait l'histoire de
Phaëton, fils d'Apollon, qui obtint de
son père de conduire le char de la lumière
pendant un jour ;nesachant pas le diriger, il faillit brûler la Terre, qui se plaignit à Jupiter ; celui-ci foudroya Phaëton et le précipita dans l'Eridan. C'est là l’exacte figure des faits et gestes de ces hommes qui, en entrant dans le monde, ont l'extrême présomption de vouloir diriger l'opinion publique. Seulement
Jupiter ne se trouve plus là pour écouter |
les plaintes des pays, que les nouveaux
Phaëtons menacent d'embraser.
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