‹ Discours [microforme]Chapitre 5 sur 27 · TT · texte numérisé non relu

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le monde est livré à la lorce brutale, et il faut aller chercher nos règles de conduite chez les cannibales ou les tigres.

Elle est donc bien terrible la responsabilité de l’homme public, soit au forum, soit dans la presse, soit à la tribune.

lorsqu'il se laisse dominer par les mauvaises passions ; car la peine de sa faute retombera non-seulement sur lui, mais aussi sur des millions et des générations entières d'hommes après iui, Y pensentils bien à cette effrayante responsabilité, cette multitude d'hommes qui, dans toux les pays, sans études suffisantes, sans expérience des hommes ni des choses, se lancent, en aveugles ou en énergumènes, dans l'arène politique, où se traite et #2 règle ee qu'il y a de plus difficile au monde, le gouvernement des hommes en

société ?

C'est, d'un côté, la folle du logis escor-

LE

tée de l'ignorance; de l'autre, l’égoisme À avec ses vues et ses instincts rétrécis, |

qui sont la cause des luttes interminables qui agitent le monde à propos de l’organisation sociale. Si l’ou s'en rapportait davantage au bon sens, et au droit sens, on ne tarderait pas à se mettre d’accord.

Le bon sens ferait écarter les utopies insensées et prestigieuses ; le droit sens nous ferait admettre sans résistance les orandes lois de la nature, que l’imaginition n’apercoit qu'à travers un prisme trompeur, et que l’égoiïsme repousse, pour n'avoir pas à les subir.

Les considérations morales qui précèdent ne Se rattachent qu'indirectement au sujet qui nous occupe : inais elles serviront à préparer les esprits aux sacrifices que je vais demander à tout le monde : sacrifices d'intérêts personnels et domestiques, sacrifices d'opinions.

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sacrifices de préjugés, sacrifices d’amourpropre, en retour desquels, cependant,

j'offrirai des biens d’un prix infini :

l'ordre, la paix, la liberté, la grandeur.

Vous voulez gouverner la société humaine : eh! bien, qu'est-ce que la société humaine-? une collection d'hommes, un:

homme collectif, qui présente toutes les passions, tous les appétits, tous les instincts bons ou mauvais, qu'on rencontre dans les individus qui la composent. Or, que fait l’homme individuel qui veut se bien conduire, se bien gouverner ? accorde-t-il l'empire aux organes urossiers et imbéciles, où bien au cerveau, organe de l'intelligence ? Cest donc aux intelligences supérieures dans les sociétés humaines qu'il faut donner et laisser incontesté le gouvernement des peuples. Contre ce principe, contre cette loi de la nature pèchent également

et ceux qui veulent un pouvoir social par voie d'hérédité ou d’engendrement, et ceux qui proclament la souveraineté absolue des masses. Ni dans l’ordre moral et intellectuel, ni dans l’ordre politique, les masses, ou, comme l'on dit, le peuple, n'ont été faits pour prescrire ni commander : la nature les a destinées au contraire à écouter, croire et obéir.

On aura beau dire et beau faire, le peuple, dans l’acception restreinte du mot, est et sera toujours, dans la grande famille politique, ce que les enfants inineurs sont dans la famille domestique.

un enfant qu'il faut aimer, protéger, mails gouverner, et cela dans son intérêt autant que dans celui de la société. Nous connaissons tous le sort des familles où les enfants gouvernent : il en sera de même des sociétés politiques où les masses gouverneront. La souveraineté

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fes masses, c'est la souveraineté des Anstincts aveugles, instincts bons et s'énéeux quelquefois, mais toujuurs irraifonnés, et n'ayant d'autre loi que celle

e la force brutale, et cette souveraineté e peut régner ailleurs que dans le

fhaos, comme elle régnait sur l’abime, ivant que l'esprit de Dieu v eût pénétré, ft en eut fait sortir notre monde.

C’est un fort mauvais service à rendre u peuple que de lui crier sans cesse qu'il est le maitre, qu'en dehors de lui ulle autorité n'existe. 11 était un bien Meilleur ami du peuple, que ceux qui avaient ameuté, ce sage romain qui

bacifia les plébéiens de Rome, en leur fécitant la fable des membres du corps

bumain révolté contre la tête, En eflet.

pour alier chercher l'autorité dans les

hasses, il faut supposer qu’elles sont

apables de se former des opinions saines

et éclairées sur tous les erands points de

la science politique. Le fussent-elles,|

elles n’en auraient pas le loisir. Doux et

agréable délassement, en effet, que vous

réservez-là au peuple après son dur travail de la journée. Ah! laissez-Ini

attention pour bien conduire ses petitesl

affaires, pour perfectionner les : :cédés

de son art ou de son métier : ce sera beau-k

coup mieux pour lui et pour la société.

Mais la science du gouvernement esi

au-dessus des intelligences vulgaires :| | Has ” vallon et ne voyez-vous pas qu'en les revêtants pepe - AUOUS de l'autorité sociale. vous ne pouve’k

, . . : À Œ)re attendre que l'anarchie et la confusion N° PPTE 2 , \ 1 , 17 QE 4 remoi que vous préparez à la société politiqueh ï | nm. as ue. EDTEtL:i le même sort que les apôtres du librek

examen ont fait à la société religieuse

au sein du protestantisme ? Vous leve

les épaules de pitié à la vue d'une doctrine qui consiste à mettre entre les

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. . Fi NE donc toute son intellisgence et toute son! de ce

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1ent esth joaires : | evétant n'allons pas fouler aux pieds la seconde, pouv e/À

f\ppre S : contraire : euple à fusion M'PPrenons au contraire au peuple :

remonter à 14 source de toute autorité. à

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» d’une ntre les

mains du travailleur, pour y trouver une croyance religieuse, un livre, sur les textes duquel les plus savants docteurs se disputent depuis dix-huit cents ans.

{Croyez-vous done qu'il soit beaucoup

moins étrange de soumettre au jugement

ha à D a à *. € : ») LPRTe) à 1 1 sutésonl de ce même travailleur cette machine si

Jeompliquée qu'on appelle la société politique ? Ah! respectons l'œuvre de la

nature : ne faisons pas grand &e qu’elle a fait petit, ni ne faisons petit ce qu’elle a fait grand. On a, dans le passé, foulé aux pieds la première de ces maxime :

nous hommes du présent et de l'avenir.

Dieu même, à la suprême intelligence.

+ qui ne peut être représentée sur notre ligicustk

terre que par les intelligences humaines supérieures. Qu'on laisse au peuple le

droit de désigner, parmi les hautes

— HE mme

intelligences, celles qui seront plus l'hom spécialement chargées du gouvernement 44€ de la société, ce n'est certes pas moil est m qui m'y opposerai. Et si c'est là ce faut qu'on appelle la souveraineté du peuple 10 1 j'objeeterai au mot, et j'accepterai JB toutes chose. Mais, alors, l'éléphant qui choisi PUISS( son cornac sera donc aussi une espèce de ctle r souveraineté ? { de na

: langa,

I est bien vrai que, pari les adeptes® quelq de la doctrine, il en est bien peu qui n'aura crolent à Ja souveraineté d&irecte el un pri absolue du peuple. et que tous entendent} inexor bien escamater, à leur profit, tout ce quil elles : sera gagné par leur propagande d'unik quenc doctrine outrée. l’eut-être craignent-ilff même: de s’exposer à l'imputation d'être mu Prenor par des motifs d'intérêt personnel. S'il fait sa disaient tout franchement aux peuples $ c’est c Le gouvernement du monde appartien® bole, f à l'intelligence, non à la naissance # <ens ]

1t plus nement pas mo

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l'homme du peuple ÿ a autant de droit que le patricien ou le bourgeois, s'il est marqué du sceau de l'intelligence: il faut donc réformer nos lois, arranger nos institutions sociales de façon que toutes les intellisgences, sans distinction.

puissent prendre dans la société la place et le rang qui lui appartiennent par droit

ide nature. Ni, dis je, l’on eût tenu ce

langase, on se serait peut-être exposé à quelques malignes imputations, mais on n'aurait pas lancé au milieu des masses un principe faux, dont avec leur logique inexorable,parce qu'elle n’est pas éclairée, elles tirent dans l’occasion les consé-

quences les plus pernicieuses pour elles-

IN mêmes et pour la société toute entière.

N Prenons-y garde : le peuple, qui n’a pas

partien!

ssance :

lait sa rhétorique, qui ignore ce que cest qu'une métaphore ou une hyperbole, prendra toujours les mots dans leur sens propre : et un faux principe. une

re — J}Ù)

idée exagérée, entrée dans la croyance

d'un peuple, c’est l'inoculation d'unel

lèpre morale à toute une société. En citer tous les exemples serait, hélas !

faire l'histoire de tous les malheurs du

wenre humain.

La loi de subordination des étres infé-h rieurs aux êtres supérieurs est une loi universelle de la création : la naturel

inorganique est soumise à la nature organique, et, dans cette dernière, les êtres moins parfaits sont subordonnés aux êtres plus parfaits. Il en est de

mème dans le règne animal, partout vous E

voyez nue hiérarchie non interrompue, À

jusqu'à cc que vous arriviez à l’homme, à qui tout est subordonné sur le globe qu'il habite, et qui lui-même est subor-E

donné à l'intelligence suprême qui gouverne l'univers.

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Si tous les hommes naissaient égaux en intelligence, on pourrait dire que, dans la création, à l’homme s'arrête cette loi universelle de subordination ; mais il n’en est pas ainsi. Quelle immense distance, quelle abime entre les intellisences d'élite, et les masses d'hommes que l’on rencontre dans nos sociétés, même les plus avancées ! Oui, quoi qu'en ait dit Helvétius au contraire, il est des hommes tellement organisés, que leurs facultés intellectuelles ne sont susceptibles d'aucun développement considérable. Et Dieu, dans sa sagesse, a voulu que ce füt le plus grand nombre.

Quelle confusion, en effet, n'offrirait pas notre globe, si tout le monde naissait avec les aptitudes propres au gouvernement ! il arriverait que tout le monde voudrait gouverner. Ou bien encore, si tous les hommes étaient propres à l'étude

des hautes sciences, chacun voudrait 4)

philosopher, et le monde, devenu philo- E sophe, ne manquerait pars d'‘prouver bientôt le sort de Thalès, tombé dans un !

lossé en contemplant les astres. Dieu, en distribuant l'intelligence en portions

inég'ales, dans la grande famille humaine,

a voulu évidemment donner des sujets À

pour les différentes occupations auxquelles il destine les hommes, et dont les unes demandent un degré supérieur, et les autres un degré moindre d'intelliœence. À nous de ne pas troubler cet

ordre naturel et divin.

Cetce loi universelle, d'ailleurs, préside à la formation de tous les empires, qui s'agrandissent et se maintiennent, sans œraves commotions intérieures, Jusqu'au temps où l'intelligence qui les avait formés cesse, par la dégénérescence des races où classes gouvernantes, de tenir le sceptre, et se trouve, en grande porpor-

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\ qui sont ou se croient déplacés.

! agitateurs de son temps :

tion, reléguée dans les classes gouvernées.

travail souvent sinistre, mais toujours providentiel, qu'on

Il s'opère alors un

appelle révolutionnaire, et qui n’est que l'effort de l'intelligence pour reprendre sa place et son niveau dans la société.

| Observez de près tous les mouvements révolutionnaires, et vous verrez claire.

ment que les masses populaires y sont | les instruments d'hommes intelligents,

Les

À masses dont on couvre la tête du bonnet » phrygien en guise de couronne, ne sont } pas souveraines de fait, bien loin de . l'être de droit. Dans leurs époques de à plus haute puissance, époques tragiques )le plus souvent, elles reçoivent la loi d'intelligences supérieures, qui, si elles sont dépravées, préparent aux peuples À bien des repentirs et des expiations.

| Napoléon, qui s’y connaissait, disait des

‘ Ce sont des

ms À

“ œens qui ont l'imagination ardente, un

“peu plus d'instruction que le peuplek

“et qui exercent de l'influence sur lui.

Je trouverai bien le moyen, ajoutait-il E

restés

bientot

“de faire juger les scélérats par une

‘ commission militaire.” Le mot était un peu dur, et le remède était mauvais. Il

en employa un bien meilleur en mettant.k

comme on l’a dit, dans la giberne de chacun de ses soldats le bâton de

maréchal de France. Dans les rangs des agitateurs, il y a bien des scélérats quil

méritent le châtiment que leur réservait

l'homme du 18 brumaire ; comme il y a}

aussi une foule d’ineptes brouillons, dont le titre à la considération est une pré.

somption, une impudence extrême, ver:

mine incommode et impure, qui trouble et pollue tout ce qu'elle touche ; mais assurez le sort de la vraie intelligence.

et ces reptiles croassants et venimeux.

de ces |

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