‹ Discours [microforme]Chapitre 6 sur 27 · SOCIAUX · texte numérisé non relu

SOCIAUX

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Le régime héréditaire... Mais

avant d'aller plus loin, je dois expliquer clairement ce que j'entends par régime héréditaire, afin qu'on ne donne pas à ces mots une porite autre que celle qu'ils ont dans ina pensée, J'entends donc par régime héréditaire l'ensemble

.Bde ces lois, coutumes et usages qui font 1gs desk .

que, dans nos sociétés, tous les avantages

qui y naissent, non à raison de leur intelligence ou valeur personnelle, mais par le hasard de leur descendance. Le régime héréditaire, disais-je, a été impuissant à maintenir l'intelligence à la tête de la société, à moins de tenir les peuples dans l’abaissement, comme on

l'a fait en Asie et ailleurs : système

affreux, heureusement impossible main-

tenant en Europe et en Amérique. En

Asie, cependant, la Chine peut fair$ exception sous ce rapport ; mais aussi}

remarquez que tous les fonctionnaire de l’état doivent être pris dans la classe

des lettrés, qui sont par là intéressés 4

maintenir l'ordre établi. Aussi, l'empir:

chinois est-il le plus ancien qui existe

Ainsi le principe du gouvernement pal

l'intelligence serait dù à la Chine ? Eh

pourquoi pas ? La Chine n'a-t-elle pa inventé et mis en usave, longtemps avan l'Europe, les canaux. de navigation, li poudre à canon, la boussole, les puit artésiens, l'éclairage et le chauffage a oaz, et pardessus tout l'imprimerie ? À

aurait-il de quoi s'étonner qu'elle eu

découvert aussi le vrai principe du gouf vernement politique ? Mais la Chinck qui a presque tout découvert, n'a presque} rien perfectionné, ce que l’on peut

attribuer à l'absence de la concurrence

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étrangère, due elle-même à l'isolement systématique où cette nation s’est de

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des autres nations. N'ayons donc pas honte d'emprunter à l'aîné de tous les empires existants un principe du gouvernement fort et stable, que nous pourrons, en l’améliorant, facilement coordonner avec les idées et les institutions du monde occidental.

Pour attendre du régime héréditaire la permanence .de l’ordre social, il faudrait que l'intelligence fût aussi héréditaire. Or, l'expérience présente un résultat à peu près tout contraire, En effet, on a remarqué que les grands hommes avaient rarement des enfants qui les valaient, Les hommes donc, en établissant des droits et avantages héréditaires, d'une manière aussi générale qu'ils l'ont fait, ont tout simplement

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voulu détrôner la nature, et porté unk défi à Dieu ; même ils ont érigé leur tour de Babel, renouvelé la guerre desk

Titans. Ils devaient être confondus et écrasés, et soyons sûrs que la confusion des langues, le Babélisme, qu'un écrivain contemporain dit être la grande maladie de notre temps, et surtout de la

jrance, ne cessera jamais parmi nous.

tant que nous serons sourds aux ensel- À

onements de la nature et rebelles à ses lois.

Au moyen du gouverment réprésentatif, on a bien fait un pas vers la nature :

mails je ne vois pas encore une seule constitution qui ne soit autre chose qu'un acheminement vers le but, un compromis avec les anciennes idées ; et

cela ne peut constituer qu'un état transi- |

toire, une étape plus ou moins avancée

dans la voie du progrès humanitaire. On

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ne sera véritablement arrivé. au port que lorsque les institutions sociales et politiques seront telles, que l'intelligence, reconnue puissance directrice, arrivera sans lutte, sans obstacle, au g'ouvernement des sociétés humaines, soit directement par l'administration des affaires

| publiques, soit indirectement par une

position sociale influente.

Qu'on ne vienne pas me dire que, sou:

le régime constitutionnel, tel que l'ont

M les peuples modernes, la voie est ouverte

à l’intelligence sans distinction : ce serait

M une dérision. La voie est ouverte, dites-

suivez avec moi la

| marche d’un être humain que Dieu a marqué du sceau de l'intelligence. I] | nait dans la condition des trois quarts et

plus des hommes qui composent nos sociétés, d'un père qui vit honnètement

de son travail journalier. Dans notre

en 0

pays, il sera le fils d'un cultivateur ou d'un artisan, qui ne manquera pas de l'envoyer à la meilleure école du canton, si école il y a. Là, il apprendra, outre la lecture et l'écriture, un peu d'’arithmétique, et bien rarement un peu de séographie et d'histoire. Son père a d’autres enfants, il ne peut faire guère plus pour lui. Voilà donc notre jeune prétendant qui part avec ce mince bagage scientifique, renforcé peut-être d'une pécune non moins modeste, "pour la conquête de son royal patrimoine.

Sur cent pèlerins de cette espèce, combien arrivent au terme du voyage ? un ou deux; et c'est ce qu’on appellera ouvrir à l'intelligence la voie du pouvoir et de l'avancement, sans distinction !

Voilà pour la généralité des intelligences supérieures ; voyons maintenant ce qui advient au petit nombre d’entre

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