‹ Discours [microforme]Chapitre 8 sur 27 · CT · texte numérisé non relu

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poussé de profondes racines jusqu'aux entrailles de la société.

L'on nous enseigne que c’est par

l'orgueil et la sensualité que le mal

Adam en mangeant du fruit défendu, voulait

moral est entré dans le monde.

devenir l’'égal de Dieu, et le fruit était bon à manger et agréable à l'œil, ajoute l'Écriture. C’est aussi par l’orgueil et la sensualité que le mal est entré dans le monde politique ou social. Et la tradition du péché originel ne fut-elle qu’un mythe, une allécorie, s'appliquerait parfaitement à la faute commise à l’origine des sociétés. “ Dieu nous a fait intelliences supérieures pour gouverner les autres hommes, se dirent les premiers législateurs ou maitres du monde; notre ütre nous vient de lui directement, il ne l'a pas fait transmissible par le sang, il s'en est réservé la dispensation à chaque

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sénération, mais soyons Dieux comme lui, donnons des maitres aux sociétés, et décrétons que notre sang: aura la domination de la race humaine ; que toutes les générations à venir seront livrées à l'exploitation, au profit et à l’avantagr de notre postérité.”

C’est ainsi que l'intelligence qui n’appartient pas à telle famille, à telle caste, à telle race en particulier, mais qui est le partage de toutes les classes de la société.

s'est trouvée, dès l’origine, déchue de son droit naturel et divin à la souveraineté.

Mais l'intelligence déshéritée n'a cessé de protester contre sa déchéance, et c'est à ses efforts pour rentrer dans la jouissance de ses droits, que nous devons la plupart de ces grandes et terribles commotions sociales, qui ont, à diverses époques.

épouvanté le monde, et l'ont presque toujours tenu dans l'anxiété.

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L'on se trompe fort si l'on croit ramener la paix sur la terre par des mesures simplement économiques, en se bornant à donner du pain aux pauvres, si en même temps on ne satisfait aux besoins et aux droits de l'intelligence. Là est le remède aux grands maux de la société.

L'on sait contenir les masses indisciplinées du paupérisme, et dans Londres seul, au besoin, l'on trouvera deux cent mille constables spéciaux pour réprimer un mouvement chartiste. Mais que pouvez-vous faire contre l'action morale, incessante et habile de l’intelligence, qui souvent sait se servir de ses adversaires mêmes pour parvenir à ses fins ? qui sait que le temps est à elle, que sa cause est la cause de Dieu même, la cause des lois immuables de l’humanité ? Toutes nos folles résistances à des réformes, dont les temps sont venus, ne

feront qu’augmenter les frais du grand

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procès entre le droit humain et le droit naturel, frais qu'il nous faudra solder à la fin avec dommages et intérêts.

Je viens de dire un mot du paupérisme,

cette grande plaie de l’Europe moderne :

ce sujet tient de trop près à celui que je traite pour que je ne m'y arrête pas un instant, ne füt-ce qu'à raison des moyens chimériques, mais spéciaux, que l’on propose pour guérir on prévenir ce mal, et qui détournent l'attention des solutions rationnelles du problème social.

en tête desquelles je ne crains pas de placer celle dont je vous entretiens : le œouvernement du monde par l'intelliœence universelle du senre humain, cela franchement. sans réserve. 1 èrepensées.

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