‹ Discours parlementaires de M. Thiers; (volume 4)Chapitre 18 sur 53 · MAI 4 873. 2U · texte numérisé non relu

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est de le réglementer, de le moraliser, de l'épurer. Dans l'état actuel, faute de certaines constatations, on nesaitpasquivote;onnesait pas si c'est un malfaiteur ou si c'est un citoyen qui a le droit et riionneur d'exercer ses attributions légales. {Mouvements divers,)

Il y a donc des précautions à prendre ; elles sont dans ces lois; vous les jugerez; vous êtes en mesure de les amender, car vous êtes les souverains législateurs.

La représentation nationale établie sur cette base, ou plutôt la source de la représentation nationale étant, suivant l'expression que je crois la vraie, épurée, comment faut-il constituer cette représentation nationale? Je n'hésite pas à le dire, il faut la diviser en deux assemblées.

Je ne veux pas discuter cette question; mais je dirai qu'il n'y a pas, dans les républiques anciennes, ni dans les républiques du moyen âge, un seul exemple d'un pays qui ait voulu confier son sort à une seule assemblée. Et, si j'avais le temps de m'étendrc sur ce sujet, je dirais ce que j'ai dit devant le Corps législatif de l'Empire : « Il faut organiser un gouvernement comme Dieu a fait l'âme humaine. Dieu lui a donné des instincts vifs qui l'emportent, et il lui a donné la raison pour y résister. »

Il faut dans un gouvernement, en livrant le pays à ses entraînements, il faut constituer quelque part la raison qui arrête les instincts, qui arrête les emportements. Quand les peuples, après des expériences de

tM POLITIQUE INTÉRIEURE.

plusieurs siècles, ont eu tous reconnu la nécessité de deux assemblées, ils ont voulu faire le gouvernement des États comme Dieu a fait l'âme humaine, entrai* nable, mais retenue par le frein de la raison.

Eh bien, voilà un principe : il n*y en a pas de plus conservateur que celui-là. Nous allons voir tout à l'heure qui veut, qui ne veut pas de ce principe, et nous reconnaîtrons, comme je vous l'annonçais, qui n'est pas conservateur.

Ce n'est pas tout : il faut un pouvoir exécutif. Eh bien, nous avons cru qu'après les exemples de notre histoire, après les leçons que nous a données l'Amérique, il ne fallait pas, avec deux assemblées qui discutent, un pouvoir exécutif qui discute en étant divisé; qu'il ne fallait pas un directoire, qu*il fallait un président.

Quant à la forme de la nomination du président, si j'étais en position de me prononcer sur la question pour inoi-niome (mais non, il n'est pas question de moi, il n'en sera pas question), c'est le mode américain que je |)référerais. Dans l'état des esprits, l'opinion du cabinet, à laquelle j'ai accédé, c'est qu'il faut confier l'élection du président à l'Assemblée nationale et ù une adjonction des conseils généraux. Vous jugerez tout cela. Le cabinet vous apporte ces lois, vous les discuterez.

Mais il y u une question souveraine, à la solution de laquelle, à mon avis, est attaché le salut du pays. Les pouvoirs peuvent entrer en conflits; quel doit

être le juge de ces conflits? Qu'est-ce qui les fera cesser? Aujourd'hui, vous voyez rinconvénient de l'état actuel : je suis devant une assemblée unique, que je respecte profondément; mais enfin, plus d'une fois déjà, il a failli s'élever des conflits entre elle et moi. Je pourrais citer toutes les occasions où j'ai humilié ma propre pensée et où j'ai cédé. Non pas qu'il soit dans ma nature de vaciller, de tergiverser; mais j'ai voulu faire cesser le conflit en m'immolant moi-môme. {Mouvements divers.)

Ainsi, la loi des Trente, j'ose à peine le dire, elle a révolté tous mes instincts de bon sens, et cependant je l'ai acceptée. {Rires à gauche. — Mouvement prolongé,) Je l'ai acceptée, parce que, nous disait-on, elle ferait naître l'accord entre nous. Je l'ai espéré ; j'ai soumis, je ne dirai pas mon intérêt (et cepenclant je pourrais le dire, car c'est mon intérêt, c'est le vôtre, que j'aie la faculté de venir apporter à cette tribune ce que je crois être la vérité, alors surtout qu'il n'y a qu'une assemblée), j'ai soumis sinon mon intérêt, au moins mon sentiment personnel, à cette considération que, si je sacrifiais une partie notable de mes moyens de faire le bien et d'empêcher le mal, je pourrais peut-être arriver à un accord plus parfait dans mes relations avec l'Assemblée. Vous pouvez voir que je me suis trompé... Cela m'est arrivé, cela m'arrivera peut-être eocore : l'accord, je ne l'ai pas obtenu.

Il faut donc qu'il y ait quelqu'un qui fasse cesser les conflits. £h bien, le point principal des institu-

su POLITIQUE INTÉRIEURE.

lions que nous vous apportons, c'est d'avoir placé quelque part le pouvoir de dissolution.

Cela est diffîcile à obtenir, je le reconnais. Il est bien possible que nous ne trouvions pas l'appui nécessaire ; je dis nous, le propos est très aventuré, mais enfin nous ou d'autres, ne trouveront peut-être pas Tappui nécessaire pour faire prévaloir ce grand principe.

Quoi qu'il en soit, je n'hésite pas à le dire, là est la véritable politique conservatrice, la politique prévoyante. (Mouvements divers.)

Oh! vous allez juger, avec quelques mots que j'ai encore à vous dire, si c'est la vraie politique conser^ valrice, comme je l'entends, et aussi, je crois, comme vous rcntendcz vous-mômes.

Ces lois ont deux sortes d'adversaires. Les uns disent : « Vous constituez la république; nous ne voulons pas la constituer; laissez-nous en paix avec vos lois ; nous voulons que l'Assemblée conserve son pouvoir constituant; et puis, la Providence aidant, peutèlre pourrons-nous satisfaire nos convictions. > Et ils ne veulent pas de ces lois, parce qu'elles constituent autre chose que la monarchie. Je ne les en blâme pas, je respecte toutes les opinions.

Les autres disent : « Vos lois, non ! non ! nous n*en voulons pas ; nous voulons une Constituante ! > Ils espèrent que cette Constituante sera de leur avis et pas du notre, et ils ne veulent pas constituer, parce qu'ils espèrent faire la république qu'ils préfèrent.

24 MAI 1873. 21d

Hi bien, c'est entre ces extrêmes que nous nous plaçons. Nous disons aux uns : Oui, il faut constituer la république vous-mêmes ! Nous disons aux autres : Nous ne livrons pas à l'avenir le règlement d'intérêts si chers. Non I Non ! Nous qui admettons la souveraineté de cette Assemblée, qui ne contestons ni la durée ni rétendue de ses pouvoirs, nous désirons que ce soit elle qui fasse la république. Mais nous trouvons, c'est vrai, des oppositions à droite et à gauche.

Messieurs, voilà, selon moi, la vraie politique conservatrice; c'est celle qui, passant entre tous les extrêmes, se fixe là où est l'intérêt évident du pays. Nous faisons Tacte le plus conservateur du monde, quand nous vous apportons les lois de cette république conservatrice, disant aux uns : « Faites le sacrifice de voter une forme qui, pratiquement, est la seule possible, donnez-lui le caractère légal; » et quand nous disons aux autres : « Quoi que (pardonnez-moi les termes), quoi que vous puissiez penser de cette Assemblée,, envers laquelle vous êtes sévères, comme on l'est envers nous, en qui vous n'avez pas de confiance, nous, au lieu de vouloir la dissoudre, nous voulons, pour ce qui nous regarde, qu'elle dure assez longtemps pour faire les lois de la république conservatrice. » (Sourires sur quelques bancs à gauche.) A mon avis, voilà la véritable opinion, l'opinion sage, celle qui peut rassurer le pays. (Mouvements divers.)

On nous dit : Mais les élections!

J'en conviens, ces élections, permettez-moi de le

dire (ne vous irritez pas de ces quelques paroles par lesquelles je vais terminer ce trop long discours), ces élections n*ont pas toujours été toutes de la nature qui me rassurerait le plus. (Sourires.) Il serait inconvenant de discuter ici, devant nos collègues'nouvellement arrivés, le mérite ou la qualité de leurs candidatures, le mérite ou le démérite de leurs électeurs et de leur élection; mais je suis loin de trouver les derniers résultats électoraux aussi alarmants qu'on affecte de le dire, ou qu'on le dit très sincèrement. Pour moi, je ne m'aveugle pas sur les dangers de l'avenir; ce que je crois, c'est qu'en général les élections partielles sont presque toujours ce qu'on appelle mauvaises. Nous appelons mauvaises les élections qui froissent nos convictions ; c'est le droit de tout le monde. {On rit) -

Pourquoi en est-il ainsi? C'est que le pays conservateur a le tort d'être porté à l'abstention, et il est d'autant plus porté à l'abstention que les élections dont il s'agit ont moins d'importance.

Je suis persuadé, quant a moi, que, moyennant les lois électorales que nous vous présentons, quand il y aura des élections générales... Je crois connaître le pays, je puis me tromper cependant... Mais je suis persuadé que vous aurez des élections qui n'auront rien d'alarmant. Que vous ayez des difficultés, assurément ; vous en aurez toujours. Vous êtes une Assemblée conservatrice. Est-ce que je n'ai pas eu ici, dans vos rangs, à résister à l'impôt sur le revenu ? Ce sont

là des questions conservatrices. Est-ce que je n*ai pas eu aussi à faire des eflbrts inouïs pour empêcher des impôts fâcheux et empreints d'un caractère de socialisme? Est-ce que je n*ai pas eu à plaider ici pour la plus conservatrice de toutes les solutions, celle qui donnait à Tarmée cinq ans de service et non pas deux ou trois ans? N'ai-je pas eu aussi, un jour, à vous demander une résolution qui vous coûtait, qu'on m'a reprochée, celle de revenir, séance tenante, sur un vote qui donnait l'élection des maires des grandes villes au suffrage universel ? (Mouvements divers,)

Je pourrais indiquer une quantité de questions sur lesquelles j'ai été obligé d'épuiser tous mes efforts pour vous ramener à ce que vous appelez la solution conservatrice.

Que vous ayez, dans l'avenir, des assemblées qui pourront présenter, sur beaucoup de points, des divergences fâcheuses et regrettables, c'est possible. Dans ce siècle-ci, le repos, ce repos des pays qui ne sont pas libres, ne nous est pas destiné. J'ai traversé la Constituante. Ceux qui m'accusent n'y étaient pas, comme moi ; quand on a vu ces neuf cents députés, socialistes, il faut le dire, de bonne foi, par ignorance, quand on les a vus céder à la raison, et, sur les questions les plus importantes, finir par les solutions les plus raisonnables, on ne s'effraye pas autant de l'avenir. (Mouvements.)

J'ai pour maxime qu'il faut tout prendre au sérieux, mais rien au tragique. Je ne désespère pas de Ta-

venir de mon pays, et surtout quand je vois ce qui égare le corps électoral, quand je vois les motifs de la défiance qui nous divise, quand je vois certains candidats repoussés, non pas avec une intention socialiste dont on parle, mais parce qu'on les suspecte de vouloir la monarchie; quand je vois les électeurs... {Bruit à droite,) Je prévois l'objection et je n'en laisserai aucune sans réponse... Quand je vois des candidats qui, en toute autre circonstance, seraient repoussés, mais qu'on préfère parce qu'on les croit décidés sur la question de la république, je dis, quant à moi, que je suis persuadé que, lorsque vous aurez dégage la grande question du jour, lorsque vous l'aurez résolue, lorsque la question ne sera plus posée qu'entre ceux qui veulent l'ordre et ceux qui veulent le désordre, entre ceux qui veulent le bien et ceux qu'on pourrait accuser de vouloir le mal, je suis convaincu qu'une majorité se déclarera.

Puis je reconnais qu'il peut arriver telle assemblée qui ne pense pas comme il faudrait, à mon avis, qu'une assemblée française pensât ; mais alors nous apportons, à mon sens, la seule garantie : cette garantie^ c'est la discussion, c'est une seconde Chambre, c'est le pouvoir de dissolution placé quelque part.

Si l'on ne trouve pas celte garantie suffisante, je demanderai qu'on m'en présente une autre. Dans l'état de nos lois, quand vous aurez fait ce que vous pourrez pour épurer les sources de la représentation nationale ; quand vous aurez pris toutes les

précautions que la situation actuelle vous permet de prendre ; quand vous aurez organisé deux Chambres le mieux que vous pourrez (la question est posée et c'est à vous de la résoudre); quand vous aurez placé le pouvoir de résistance dans Tune de ces deux Chambres ; quand vous aurez créé la faculté de dissolution de Tune des deux Chambres, alors les diffîcultés s'évanouiront.

On peut me dire, il est vrai : Mais si, après avoir prononcé la dissolution, le pays vous renvoyait la même Chambre, que feriez-vous ?

Je crois. Messieurs, qu'avec un gouvernement pru-^ dent et vigoureux, avec un gouvernement conservateur et ferme, en ne prenant pas l'épouvante trop facilement, je crois qu'avec un gouvernement ferme, et aussi avec le temps, on pourra triompher de toutes les difficultés qui se présenteront.

En tout cas je dirai : Apportez-moi un autre remède! Si deux Chambres, le pouvoir de dissolution, et un pouvoir exécutif bien vigoureux étant constitués ne suffisent pas, indiquez-moi le remède, donnez-m'en un qui me rassure. Dans ma bonne foi, je ne dis pas que je l'accueillerai, je n'en ai pas le pouvoir, mais je le discuterai avec vous.

Au delà des moyens légaux, je ne sais qu'un remède, je n'en aperçois qu'un seul, c'est la dictature. Or qu'est-ce qui la veut? Oh î ceux à qui on la donnerait, je le sais bien, l'accepteraient. {Hilarité prolongée) Mais, je le demande, où est la dictature?

Oh ! la dictature, elle s'est levée sur notre pays. Oui, et je n'ai pas assez peu de mémoire pour l'avoir oublié. Vous a-t-elle sauvés?

Vous lui avez, avec une confiance bien grande, aban* donné la solution de toutes les questions qui intéressaient le pays ; qu'en a-t-elle fait ? (Mouvement,) Le pays est tombé en 1815 avec gloire. Gomment est-il tombé en 1870?... (Mouvement).

Je ne veux pas ajouter aux amertumes qui remplissent vos cœurs en face des divisions qui existent parmi nous; mais, laissez-moi vous le dire, ayons recours aux moyens légaux. Il n'y en a pas d'autres. Vous pourrez modifier ceux que nous vous apportons, mais il n'y en a pas d'autres, excepté la dictature. La dictature des grands hommes vous a perdus; celle des petits ne vous perd pas moins, et avec eux il y a de moins la gloire. {Applaudissements au centre gauche. — Mouvement prolongé,) Maintenant j'arrive au terme de ce discours. La politique conservatrice est celle que je viens de décrire : c'est celle qui se place entre les extrêmes qui ne veulent pas constituer : les uns parce qu'en constituant on ne constituerait pas la monarchie; les autres qui veulent une autre assemblée que vous, qui ne veulent pas vous laisser le temps de faire ces lois, parce qu'ils espèrent d'une Constituante la satisfaction de ce qu'ils appellent leurs convictions et de ce qu'ils ont le droit d'appeler ainsi.

C'est entre ces deux extrêmes que chemine notre politique, inexorable pour le désordre, l'ayant com-

primé à ce point qu'on eu a fait un argument. Et que diraiton, si, chez nous, comme dans plusieurs villes d'Allemagne» l'émeute, si elle avait le temps de détruire, détruisait les boutiques, que diriez-vous? Chez la nation victorieuse, ce spectacle a été donné. Chez nous, si un audacieux voulait toucher à la porte d'une boutique, il expirerait avant d'avoir enfoncé la porte. L'ordre est donc établi ; oui. Tordre est établi.

Oh ! je le sais, on dit : C'est l'ordre matériel ! Permettez-moi de répondre : C'est déjà quelque chose que d'en jouir. Cette politique, je le répète, est celle qui est placée entre tous les extrêmes, garantissant Tordre matériel d'une manière infaillible et tâchant de rétablir Tordre moral par la solution des questions difficiles, solution à vous abandonnée, car c'est à vous d'examiner ces lois, de les discuter, d'y consacrer le temps nécessaire.

Je sais bien qu'on nous a dit hier que tous ces moyens ne suffisaient pas ; je n'en sais pas d'autres.

On nous a dit, avec une pitié dont j'ai été très touché... (On sourit) qu'on plaignait notre sort, que nous allions être des protégés. Des protégés de qui? Du radicalisme. On m'a prédit à moi une triste fin. Je Tai bravée plus d'une fois pour faire mou devoir, je ne suis pas sûr que je Taie bravée pour la dernière fois.

Et puis on nous a dit qu'il y avait une chose fâcheuse, outre une fin malheureuse, c'était d'y ajouter le ridicule.

On me permettra de trouver cela bien sévère. Un

homme qui aurait servi son pays toute sa vie, qui aurait, dans les temps les plus difficiles, sacrifié sa popularité pour la vérité, qui aurait rendu des services que je ne prétends pas avoir rendus, pourrait peutêtre traiter avec cette pitié des hommes comme ceux qui sont sur ces bancs. (L'orateur désigne le banc des ministres,)

Je remercie l'orateur de ses sentiments compatissants... {liircs à gauche.) Qu'il me permette de lui rendre la pareille et de lui dire aussi que, moi, je le plains. De majorité, il n'en aura pas plus que nous; mais il sera un ))rotégé aussi, je vais lui dire de qui, d'un protecteur que l'ancien duc de Broglie aurait repoussé avec horreur ; il sera le protégé de TEmpire.

(Triple salve d'applaudissements àgauche et au centre gauche.)

Une longue agitation succède au discours de M. le Président de la République. — Presque tous les députés sont debout à leur placé. — Un certain temps s'écoule avant que M, le président parvienne à obtenir le riior blissement du silence.

En conformité des dispositions de la loi du 13 mars 1873, la séance fut levée aussitôt après ce discours et reprise le môme jour à deux heures. Dans cette seconde séance, après le rejet d'un ordre du jour pur et simple par une majorité de 366 voix contre 3^2, TAssemblée adopta à une majorité

de 360 voix contre 344 un ordre du jour motivé proposé par M. Ernoul et rédigé dans la teneur suivante :

« L'Assemblée nationale, considérant que la forme du c( gouvernement n'est pas en discussion ; que l'Assemblée « est saisie des lois constitutionnelles présentées en vertu (( d'une de ses décisions et qu'elle doit examiner; mais que, « dès aujourd'hui, il importe de rassurer le pays en faisant « prévaloir dans le gouvernement une politique résolument « conservatrice, regrette que les récentes modifications mice nislérielles n'aient pas donné aux intérêts conservateurs u la satisfaction qu'elle avait le droit d'attendre. »

A la suite de Tadoption de cet ordre du jour, M. Baragnon ayant demandé qu'il y eût une séance du soir pour y entendre les communications que le gouvernement aurait sans doute à faire, et le ministre de la justice ayant déclaré qu'il n'avait aucune objection à présenter contre la proposition de M. Baragnon, l'Assemblée décida qu'elle se réunirait de nouveau le soir à huit heures.

A l'ouverture de cette troisième séance, le président de l'Assemblée donna lecture d'une lettre de M. Thiers annonçant qu'il donnait sa démission de Président de la République. Cette démission ayant été immédiatement acceptée par 362 voix contre 331, et l'Assemblée ayant ensuite décidé, sur la proposition du général Changarnier, qu'elle procéderait aussitôt à la nomination d'un nouveau chef de l'État, le maréchal Mac Mahon fut élu par 391 suffrages contre 196.

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