XV
loyauté, intention de bien faire ; nous avons été mus par le désir et Tespoir de contribuer quelque peu à la grandeur du pays.
Lorsqu'on verra, sous très peu de jours, ce maguirKjue arc de triomphe, qui rappelle tant de gloire, riiistoirc peut-être commencera pour nous; on nous saura quelque gré d'avoir achevé, dans des tem])s comme le notre, des monuments qui honoreront notre pays et le roi que nous servons, ce qui, je le sais, n'est pas une manière de les recommandera certaines gens. Peut-être trouverai-je alors le dédommagement des peines et des soucis que j'ai éprouvés.
Si Ton veut que je demande un bill d'indemnité, eh bien, franchement, je le demanderai ; mais je déclare, dan^ ma profonde conviction, que je n'ai pas été dans rirré,:j::ulariLé. Je ne veux pas ici faire des persoiinahtés ni citer d'autorités; mais je dirai que j'ai consulté des honnnes très savants en comptabilité, des membres de la cour des comptes. Je leur ai dit : Nous ne sommes pas devant les Chambres, oiiil est convenu qu'il faut toujours faire la guerre aux ministres, leur trouver des torts; nous connaissons la comptabilité, nous sommes d'honnùtes gens. Eh bien, ces hommes éclairés et honnêtes m'ont dit qu'il n'y avait pas d'irrégularité.
En eiVct, il y avait spécialité de monument à monument ; je l'ai respectée, je n'ai pas transporté de crédits d'un monument à un autre. Gomme adminis- Irateur, j'avais la liberté de décider sur le système
de décoration, de bâtisse, ou sur tel autre point d'exécution ; je l'ai fait. Ai-je dépassé les fonds alloués? Non. Je n'ai pas dépensé un centime au delà du crédit.
Mais, dit-on, la Chambre est engagée. Non, Messieurs, elle n'est pas engagée.
M. LE MARQUIS DE Dreux-Brézé. — Elle Tcst moralement.
M. le président du conseil. — Oui, je le sais; car vous seriez honteux de venir dire à la face du pays : Nous ne voulons pas achever les monuments. Eh bien, parce que vous seriez honteux de faire une telle déclaration, et parce que j'ai obéi à ce môme sentiment honorable que vous éprouvez, vous en faites un tort pour moi, ministre. Vous auriez voulu que moi je résistasse, je ne cédasse pas à ce sentiment de bien faire! C'était impossible. Adressez-vous à tous les honnêtes gens, à tous les hommes de bonne foi ; ils vous diront tous : On fait la guerre au président du conseil, parce que ce projet est une occasion de critique et de blâme «{u'ûn homme de parti ne pouvait laisser écha[)per. Mais, au fond, il n'y a personne qui n'approuve la conduite que le sentiment de la grandeur et de la gloire de mon pays m'a fait adopter pour la meilleure direction des monuments dont l'achèvement m'était confié.
{Mouceinent général et prolongé <V approbation.)
DEPOSITION