‹ Discours parlementaires de M. Thiers;Chapitre 27 sur 39 · FORMATION DU NOUVEAU MINISTÈRE · texte numérisé non relu

FORMATION DU NOUVEAU MINISTÈRE

harmonie entre les pouvoirs, le gouvernement représentatif est impossible. Nous ne nous sommes pas dissimulé que là était la partie la plus difficile de notre tâche.

Réunir les esprits vers un but commim, telle est aujourd'hui la mission imposée au gouvernement. Nous avons cru de notre devoir de l'essayer, non pas parce que nous avions la prétention d'être plus capables que d'autres, mais parce que notre situation politique à l'égard des partis nous semblait plus favorable pour les réunir et leur parler le langage de la modération et de la concorde. Nous ne chercherons pas. Messieurs, pour rapprocher les esprits, à éluder les difficultés : nous les aborderons franchement et nettement. L'administration que nous composons, d'accord sur tous les points qui peuvent aujourd'hui diviser les opinions, se dirigeant avec ensemble et unité, proposera aux Chambres son sentiment sur toutes choses ; elle cherchera à concilier les esprits par la modération de son langage, et à les fixer par la fermeté de ses avis. Elle aura soin de laisser dans le passé les discussions politiques qui n'ont plus d'objet ; elle acceptera complètement celles qui ont un but sérieux et actuel.

En fait d'administration, elle s'appliquera à chercher toutes les améliorations morales et matérielles dont notre organisation sociale et administrative est susceptible, en choisissant avec soin celles qui sont praticables, celles qui ne peuvent ni compromettre des intérêts acquis ni affaiblir le nerf de notre gou-

vernement. Dans le choix des personnes, elle s'efforcera d'être scrupuleuse, sévère et impartiale.

Voilà, Messieurs, comment nous entendons nos devoirs au dedans. Au dehors, notre tâche n'est pas moins difficile. Une grave question s'agite; nous avons la ferme confiance qu'elle ne troublera point la paix du monde. Nous continuerons les efforts du gouvernement pour maintenir cette paix précieuse, mais sans sacrifier, à aucun degré, ni la dignité de la France ni ses intérêts permanents.

Dans ce court exposé, nos expressions doivent rester générales; cependant nous souhaitons des expHcations complètes et prochaines. Nous en ferons naître Toccasion le plus tôt possible, en venant vous demander, sous quelques jours, les moyens de gouvernement que l'administration est obligée de réclamer tous les ans. Alors tout sera dit en présence des deux Chambres. Nous avons voulu aujourd'hui rendre hommage aux pouvoirs de l'État, en renouvelant devant eux la profession de notre attachement inviolable aux grands principes sur lesquels repose le gouvernement de 1830. {Marques d'approbation,)

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