‹ Discours parlementaires de M. Thiers;Chapitre 31 sur 39 · U AVRIL U · texte numérisé non relu

U AVRIL U

dans l'avenir. Or quel est celui des deux points qui est le plus directement menacé?

Évidemment c'est Constantinople ; car, à côté, il y a Sébastopol, et à Sébastopol des flottes et des moyens d'action dont la disponibilité est si grande, que nous sommes exposés à revoir, comme en 1833, avant qu'on puisse en être averti, Constantinople protégée, comme on disait, par une armée russe. Quoique le danger ne soit pas prochain, quoiqu'il soit loin de nous, il y a cependant un des deux points qui est sensiblement le plus menacé.

Eh bien, ici comme ailleurs, l'Angleterre était notre alliée naturelle ; nous persistions donc dans cette alliance à propos de cette question grave et difficile. Aussi aucun des cabinets n'a songé, pour la question d'Orient, à se séparer de l'Angleterre ; car le danger de Constantinople commandait plus qu'aucune autre question l'alliance de l'Angleterre.

Quant à l'Egypte, je suis bien loin de croire^l'ambition de l'Angleterre aussi indiquée que cette autre ambition dont nous venons de parler. Bien que je reconnaisse l'intérêt que l'Angleterre a en Egypte, je persiste à penser qu'on l'a exagéré, et qu'on a exagéré surtout le sentiment qu'elle en a.

Je crois qu'il est très vrai qu'à l'origine de la question ce qui a préoccupé l'Angleterre, c'est moins le désir chimérique de s'emparer de l'Egypte que le ressentiment qu'elle a éprouvé contre le pacha en le voyant battre le sultan.

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