‹ Discours parlementaires (volume 4)Chapitre 15 sur 68 · PRONONCÉ AU CORPS LÉGISLATIF DANS LA SÉANCE DU 9 JUILLET · texte numérisé non relu

PRONONCÉ AU CORPS LÉGISLATIF DANS LA SÉANCE DU 9 JUILLET

tr ■DUCET (SMilt),

Dt»cu98ion Rur l'expiditlon du Mexique.

Messieurs,

En prenant la parole parce que personne ne la réclame, je ooosulle moins mes forces personnelles que le seniinient de mou devoir; il ne me parait pas possible que, dans une discussion de celte impor^ tance, touics If s opinions ne puissent pas librement se inaniFesIrr.

Vous venez d'enlendrc celle de notre honorable collègue M. (tranier de Cassaguac qui a diifcudu, même lorsque révénement Ta coqdamnéc, rcxpéditiou qui uccupe vos détibérations. Il en a rechercbë les principes et le but; et, suas se préoccuper des événeraenls qui avaient pu en troubler l'exécution, il a pensé que, telle qu'elle avait été conçue, elle devait recevoir, même après son échec, l'absolatioa du pays et de la Chambre.

J'avoue, messieurs, qu'il m'est complètement impossible de par* tager une semblable opinion. Je n'ai pas besoin d'en déduire longuement les raisons devant la Chambre, j'ai eu malheureusement plusieurs fois l'occasion de les lui expliquer; et l'opposition u'a point attendu que le sort eût prononcé pour pronostiquer quel devait être le triste résultat d'uue entreprise qui, suivant elle, devait nécessairement et fatalement échouer. Et c'est précisément parce que jeun! place à un point de vue diamétralement opposé à celui que tout à rhcure M. Granier de Cassa^i^nac vous exposait, que je puis à mon tour persévérer dans ropinioo que j'ai émise depuis 1862, que l'opposition a partagée lorsque, en s'associant aux efforts que le (jouverneraent pouvait faire pour obtenir la réparation des griefs de nos

nationaux, elle lui demandait avec instance, elle le requérait, au nom du droit d'abord, au nom de Tintérét du pays ensuite, de ne pas donner à cette expédition nne extension qui devait nécessairement être funeste.

Or, ce qui aujourd'hui ne peut être contesté par personne, c'est que si la Chambre, à l'époque à laquelle je fais allusion, avait été éclairée, elle n'aurait certes pas donné son adhésion aox projets qui malheureusement ont prévalu.

Tout à l'heure M. Granier de Cassagnac vous disait quelles étaient les nécessités imposées à une grande nation et à ceux qui ont l'honneur de présider à son gouvernement : ce n'est pas seulement de défendre ses frontières, c'est encore de développer son travail intérieur; et pour que ce développement soit utile et fécond, il faut que le commerce, par son admirable activité, s'étende à l'extérieur et porte sur tout le globe la preuve de la prospérité du pays. Pour cela il est indispensable, et c'est ce qu'ajoutait l'honorable M. Granier de Cassagnac, que partout où la France est représentée par un de ses citoyens, elle puisse, grâce à sa puissance, le protéger s'il souffre dans ses intérêts.

Ce n'est pas moi, messieurs, qui contesterai cette généreuse doctrine : je prierai cependant mon honorable collègue d'y admettre ce tempérament, que cette protection qu'il sollicite et qui est dans le droit, qui est dans la nature des choses, dans les nécessités d'un bon gouvernement et de la dignité du pays, ne peut cependant faire oublier les intérêts de ce pays lui-même, et que s'il y a une disproportion évidente, éclatante entre une réparation même légitime et une entreprise qui peut aboutir à d'énormes difficultés, il est cent fois préférable de réparer, par des sacrifices imposés à la nation, les malheurs que les citoyens ont pu souffrir, que de se jeter dans les hasards d'une folle entreprise, (humeurs diverses.)

Mais, messieurs, ce n'est pas sur ce terrain, comme vous le prévoyez k merveille, que la discussion, selon moi, doit se placer. Si je le voulais, combien j'aurais d'avantages à répondre aux réflexions qui tout à l'heure nous étaient soumises par notre honorable collègue ! Je n'en conteste pas la justesse en théorie ; mais si, immédiatement, leur appliquant la réserve raisonnable que je signale , je faisais voir à mon honorable collègue la disproportion qui sépare le bat qu'il s'agissait d'atteindre et le résultat qu'on a obtenu, je lui demanderais si c'est le procédé d'un gouvernement sage, qui a la conscience de sa responsabilité, des grands intérêts qui lui ont été confiés, — quand il s'agit en définitive de préjudices qui se chiffrent par quelques centaines de mille francs, par quelques millions, si roas le voulez, — d'aller follement jeter dans le gouffre d'une expéditioii

iasenséc 700 à 800 millious, de sacrifier 30,000 à 40,000 citoyens innocenis.en les jetant dans les hasards d'une guerre où mallieureuscmenl ils ont succombé; et si, à lous les points de vue, mfmeau point de viic de l'honorable M. Granicr de Cassaguac, l'espc^diliou du Mexique ne doit pas élre solennellement condamnée par tout homme raisonnable et par tout citoyen qui aime son pajs. {Très-àien .' trèi-bien! à /« gauche de l'orateur.)

M. le baron de Beauverger. Je demande la parole.

M, .Iules Favre. Les observations que je prie la Chambre de vouloir bien entendre ont une tout autre portée, et si la fiitipue que jYprouve me met dans l'impossibilité de leur donner le développement qu'elles comportent, j'essayerai cependant, en les restreignant, de vous indiquer leur véritable sens.

Tout à l'heure noire honorable etéminent collèf^ue M. Thiers, en nous faisant de l'expédition du Mexique te récit saisissant que vous avez entendu, cherchait la cause des faule*i qu'il a signalées à votre attention et à votre patriotisme, dans le défaut de contrôle. Suivant lui, la responsabilité que le gouvernement invoque sans cesse peut être théorique, mais elle n'a aucune espèce d'application. Ln Chambre voulant toujours donner au (jouvernemcnt, qui les lui demande, les témoignafjes d'une confiance absolue, le gouvernement venant lui présenter des faits accomplis sur lesquels il n'y a plus â revenir, il y a en réalité défaut de contrôle, le contrôle est illusoire, et alors nous aboutissons à l'un de ces spectacles douloureux et terribles sur lesquels nous sommes forcés de jeter un regard impuissant et attristé.

Mais j'ajoute, — et il me semble que cette observation peut se justifier non-seulement par des considérations, mais encore par des citations faciles à produire, — que ce défaut de contrôle, qui tout i l'heure vous était signalé en termes éloquents, auxquels, pour ma pairt, je m'associe de tout cœur, n'est pas dans la situation le seul, je dirai même le principal reproche, qui doive être adressé aux hommes qui siègent sur les bancs du gouvernement, et surtout à la pensée ■ qui les a inspirés. 1

La Chambre a été consultée, je le reconnais : elle Ta été à une époque où l'expédition était déjà engagée et où il était difficile, sinon impossible de l'arrêter; mais ce que je reproche au gouverne — ment, c'est de ne nous avoir pas dit la vérité, c'est de l'avoir voilée k la Chambre et d'avoir surpris son cousentcment... {Réclamations sur un grand nombre de bancs}^ en lui iodiquanl un but autre que celu^*qui était dans sa pensée, et qui plus tard s'est dévoilé, {Approbation e^ la gauche de l'orateur.)

En effet, nous avons sans cesse assisté à ces contradictions, qi»^ étalent trop frappantes pour n'être pas restées dans vos souvenirs*

paraissait

le ministre des affaires étrang^èrcs que par le niiuislre devant la Chambre.

En effet, messieurs, la négociation qui était nire, est aujourd'hui patente, rhistoire i'a enregistrée, et l'on sait à merveille quelle a été son origine ; c'est de TEspagnc qu'est venue celte fatale conception qui coûte aujourd'hui h la France le meilleur de son saug et de ses trésors. {Humrur^ diverses.) Nous le savons, maintenant, le gouvernement a eu la malheureuse pensée de prêter l'oreille à des intrigues qu'il aurait dû repousser bien loin, à des intrigues soutenues par le cabinet espagnol, et qui venaient des émigrés mexicains, c'est-à-dire, de cette race d'hommes qui sont toujours prêts à appeler l'étranger au profit de leur cause, toujours prêts à calomnier leur pays... {Interruption.)

L'n membre. Pouvaient-ils le calomnier?

M. Jules Favre. Toujours prêts à demander des renforts à ceux qui peuvent servir leur ambition.

Eh bien, il résulte des dépêches qui ont été publiées par le gouvernement espagnol que, dés 1859, entendez bien ceci, et c'est en 1862, dans la séance du 14 mars, <iue l'honorable M. Rillault faisait cette réponse à l'opposition; il résulte, dis-je, des dépêches qui ont été publiées par le gouvcrnemeut espagnol, que, dès 1809, une négociation avait été ouverte entre le cabinet de Madrid et le cabinet impérial; que le cabinet impérial avait sans doute élevé des objections, niais que ces objections n'étaient pas de nature à décourager la persistance du cabinet de Madrid.

Il ne m'appartient pas, — je craindrais singulièrement de développer ces observations que je voudrais au contraire restreindre, — de vous dire à quelles préoccupations, à quelles passions, à quelle détestable inspiration obéissait le cabinet espagnol ; il agissait pour son compte, et il cherchait à tromper le gouvernement français; sa conduite ultérieure m'autorise à tenir un semblable langage, et s'il m'était possible de mettre sous vos yeux le détail de chacune de ces dépèches, aujourd'hui que le temps s'est écoulé, la vérité que j'ai l'honneur de signaler apparaîtrait à vos yeux. Mais ce que je peux seulement vous dire, c'est qu'en 1860, c'est-à-dire deux années avant l'époque oii la Chambre était entretenue de cette expédition, le ministre espagnol, continuant ses négociations avec le cabinet impérial, leur donnait un corps plus précis, et il existe entre le ministre des Affaires étrangères et notre ambassadeur à Madrid une correspondance Irès-aclive sur ce sujet, dans laquelle la matière est tout entière traitée, dans laquelle les candidats sont indiqués, leurs noms pesés et l'archiduc Maximilien discuté dans .sa valeur personnelle et politique; si bien que vous voyez, messieurs, le cas qu'il faut attacher

DISCOURS PARLEMENTAIRtS.

aux déclarations diplomatiques et rainisU^rielles. Oo a nie les aigc ciations devant la Chanibrc.onaiiié la vérité, afin de pouvoir obtenir votre asscnlimcnl, que vous n'auriez pas donné sans cela.

M. Ernest Picard, lYès-bien !

M. Jules Favre. Laissez-moi, messieurs, mettre sous vos yeux un fraiîmcnl de dépêche qui émane de M. le ministre d'État du cabinet de Madrid.

Voici comment il s'exprime, à la date du mois d'avril 1860, précisément sur le sujet qui nous occupe :

« 11 y a quelque temps, j'ai eu avec M, Barrot, ambassadeur de France à cette cour, une conférence sur cette |ifrave affaire. M. Barrot transmit mes indications au ministère des Affaires étrangères de l'erapercur. et, ces jours passés, il m'a lu un e\(rait d'une de ses dépêche* où l'on témoigne que les gouvernemenis de France et d'Angleterre sont aciuellemciil disposés à combiner leurs efforts atin d'obtenir qu'il s'établisse à .Mexico un gouvcrnemeut qui soit reconnu par toute la nation et mette uu terme à la situation douloureuse dans laquelle se trouve depuis tant d'années déjà celte malheureuse Bépublique. •

Plusieurs membres. Eh bien? eh bien?

M. Jules Favre. « M. Thouvenel pense que le meilleur moyen serait de proposer la convocation d'une assemblée constituante qui déterminerait d'une façon définitive et stable la forme du gouvernement et résoudrait toutes les questions pendantes, quelles que fussent leur nature et leur importance.

" La volonté de Sa Majesté est donc que Votre Excellence ait une entrevue avec M. ThouvcncI, dans le but de chercher les moyens pour les trois puissances respectives d'intervenir dans les désordres de la république mexicaine... Le gouvernement de Sa Majesté pense que la simple nouvelle de cette résolution et les premières démarches que l'on fera pour la mener à bien suffiront pour donner courage aux personnes honorables du Mexique et prédisposer les esprits à travailler en faveur de rétablissement d'ua gouvernement qui, sans limiter l'exercice des droits légitimes ni les garanties dont ils jouissent dans les pays civilisés, euchaine pour toujours l'esprit de rébellion qui a causé tant de dommages dans ce malheureux pays. »

Plusieurs membres. Très-bien! irès-bienî

M. Jules Favre. Vous dites ^ très-bien "? Assurément, rien n'est plus louable qu'une pareille pensée si vous la jugez au point de vue moral; mais si vous la jugez au point de vue politique, je ne comprends plus. Si vous voulez que la France consacre ses armées, ses flottes, ses trésors à chercher raison des désordres sur tous les points du globe oîi ils existent, il faut multiplier les expéditions du Mexique,

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et it faut que la France prenne son parti de tous les emprunts qui vont se succéder. Vouloir Faire de la morale à coups de canon dans toutes les parties du monde, c'est une idée in<^eusée, puérile, qui ne peut avoir l'approliHlion de véritables hommes politiques.

M. Glais-Bizoin et quelques autres membres. Très-bien ! — Bravo!

M. LE TRÉsiUENT ScuNEiUER. Je demande qu il n'y ait point une telle vivacité d'approbations... (Exclamai ions à la gauche du présidetit.) On risque de provoquer des désapprob.-itions, et vous venez de voir tout à l'heure comment l'orateur peut ainsi se laisser entraîner à des développe mcnls.

M. Ernest Picard. Alors il faut interdire d'avance toutes les appro- * bâtions.

M. Jules Favrk. Maintenant, écoulez ce qui était écrit par notre ambassadeur à Madrid à M. le ministre des Affaires étrangères, à la date du 1 1 octobre 1861 . La convention de Londres n'était pas signée, mais on était sur le point de la cuncluro ; les bases en étaient arrêtées. Ces bases, messieurs, vous les connaissez; elles n'ont, en effet, pour objet apparent que la répression qu'il s'agit d'obteuir contre ceux qui ont porté atteinte à Ea sécurité de nos nationaux; mais les diplomates avaient une arrière-pensée qu'ils étaient parfaitement convenus de ne pas dire, et c'est lu, messieurs, ce que l'ambassadeur de France explique à merveille dans cette dépêche du li octobre 1801, adressée à M. Thouvenel.

« J'ai répondu à l'ambassadeur d'Angleterre que j'étais compiétemenl d'accord avec son gouvernement sur un point; que je reconnaissais, comme lord Kussel, que la légitimité de notre action coercitivcà l'égard du Mexique ne résultait évidemment que de nos griefs contre le gouvernement de ce pays, et que ces griefs, ainsi que les moyens de les redresser et d'en prévenir le retour, pouvaient seuls, en effet, faire l'objet d'une conveuiion ostensible. »

Ainsi, il y avait une convention ostensible, il y avait une convention réservée. La convention oslcn.siblc, celle qu'on faisait connaître au monde, celle, messieurs, dont on nous a parlé, elle avait pour prétexte le redressement des griefs de nos nationaux. Quant à la convention réservée, elle avait pour but véritable le renversement de la république mexicaine et l'établissement du trône de l'empereur Maximilien. {Assentimenl à la gauche de l'waUur.)

Au surplus, il ne s'est pas écoulé beaucoup de temps sans que M. le ministre d'État ait été placé dans la nécessité, en contradiction manifeste avec ses explications du 14 mars 1862, de faire entrevoir à la Chambre une partie de ces vérités.

En effet, messieurs, l'opposition, et c'était son devoir, n'a négligé aucune occasion de faire entendre sa voix au gouvernement, je ne

DISCOURS PARLEMENTAIRIiS.

dirai pas ses avertissements, biea que cepeadaQt notre opinion n'ait été que trop clairemenl justifiée, mais nous reconnaissons à raerveili que le rôle que nous remplissons dans celle Chambre nous donne li droit d'y être modestes; nous parlons suivant nos convictions, qua nous croyons avoir la vérité pour nous; nous avons Tintrt'pidité (|iii donne la conscience; nous n'avons pas d'autre prétention que defai entendre notre voix; seulement nous la faisons entendre toates li fois que le devoir nous l'ordonne, et l'expédition du Mexique se présentait avec des couleurs telles qu'il était impossible de a'cn pu concevoir une léfiiliine épouvante.

Aussi, lors de la discussion du budget, l'ouverture d'un crédil su ministre de la (Uierre nous permettant d'interpeller le gouverneraenl sur l'expédition du Mexique, nous renouvelons nos questions.

Voici dans quels termes, cette fois très-différents de ceux qnetoal à Thcure j'ai pris la liberté de remettre sous les yeux de la Chambrr, M. le ministre d'État formule sa réponse :

u De nombreux Mexicain^i pensaient et avaient dit depuis lonf^temps que la seule forme de gouvernement qui pût être efficace et renaître l'ordre dans le pays, c'était la nionarclùe. Il y avait eu mi^nie des présidents de la république mexicaine qui avaient pensé à nouer des négociations dans ce but avec l'Europe. Parmi les hommes politique^ s'occupant de cette question, plusieurs étaient convaincus que c'clail la seule forme qui put imposer à l'anarchie de quelques centaine d'hommes se disputant le pouvoir central ou local en écrasant kf populations. Il y en avait aussi qui pensaient qu'un prince élrangff, éveillant moins que tout autre les rivalités que rencontre un Meucajn parmi ses compétiteurs indigènes, pouvait mieux dominer la silwtion et offrir les éléments d'une combinaison plus forte et plus duraUe.

» Ces bypothè.ses durent être cventuellcmenl examinées, ncfôH'e que pour ne pas créera ce sujet entre les puissances alliées desrir»lilés éventuelles. Le langage de rcmpereur fut très-net à ce sujet : il fit déclarer par son ministre des Affaires étrangères qu'il n'avait ni pour son pays ni pour sa famille aucune prétention ambitieuse; qu'il ne visait à aucune conquête au Mexique, qu'il n'entendait s'afpiroprier aucun point du littoral, qu'il ne voulait que la réparation lit nos griefs et la sécurité de nos nationaux. Il demandait donc aux dcm autres gouvernements s'ilsa vaicnt la même pensée; il leur detnandiil s*il ne leur convenait pas de déclarer qu'aucun d'eux ne cherchait 1 tirer de l'action commune des avantages spéciaux et pcrsonneb Puis, ces intentions de désintéressement réciproque étant constatées il indiqua comme ne pouvant donner lieu à aucune rivalité entitlt^ alliés, et dans le cas où le vole national voudrait la forme ^lona^ chique et voudrait un prince étranger, il indiqua, dis-je, sous lesoB-

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venir même d'une guerre récente, im prince que recommandaient à la bienveillance et au respect de tous, ses nobles qualités et la haute famille souveraine à laquelle il appartient. »

Oh! messieurs, prenez garde! ces conversations diplomatiques auxquelles il était fait allusion par le ministre d*État, elles sont antérieures au traité de Londres du 11 octobre 1861; antérieures, par conséquent, aux explications données dans la séance du 14 avril 1B62; si bien que, quand on niait devant la Chambre les négociations qui avaientété entamées avec l'archiduc Maximilien, ellesétaient anciennes et flagrantes. On cachait la vérité an pays; car si Ton avait dit à la Chambre qu'il s'agissait d'aller an Mexique, non-seulement pour réparer les griefis de nos nationaux, mais éventuellement pour renverser la république mexicaine qui avait fait son temps, j'en appelle à votre patriotisme et à votre sagesse, vous auriez, j'en suis sûr, refusé au gouvernement de le suivre dans une pareille entreprise. Le gouvernement, dès le principe, ne vous a donc pas fait con- ^ naître la vérité, il ne vous a pas éclairés sur le but qu'il poursuivait, et alors qu'il indiquait seulement ce qui ne peut être contesté par personne, c'est-à-dire le droit primordial de venger les injures de ses nationaux, il avait conçu le projet que tout à l'heure M. Granier de Cassagnac avait encore, je le reconnais, le très-honorable courage de défendre à cette tribune, même quand il a été condamné, je ne IbAirai pas par les événements seulement, mais encore par tous les ^nommes sensés et compétents qui l'avaient prévu bien longtemps . «Tant qu'il arrivât. Suivant lui, rien n'était plus raisonnable, plus ^ conforme à la politique, rien ne satisfaisait davantage la conscience . et le droit que d'aller sur les ruines du gouvernement mexicain, favoriser Pexplosion d'un sentiment qui n'aurait pas pris naissance sans la présence d'armées étrangères, se mettre à la suite de mécontents 9gai nous ont servi de guides, et là, allumer une véritable guerre civile sous l'égide du drapeau français.

Eh bien ! je ne crains pas de dire qu'une semblable pensée est con- «lamnée, non-seulement au nom de la raison, mais encore au nom ! ^a droit.

' Je n'examine ici, bien entendu, que l'expédition du Mexique ; je ^'examine pas quelle a été, à cet égard, la ligne de conduite du gouvernement; mais quant à la théorie d'où cette conduite est sortie, .^Ue est celle qui, tout à l'heure, était défendue et proclamée par ' IM. Granier de Cassagnac, celle que je rencontre, d'ailleurs, dans les . ^locnments officiels qui ont acquis nne trop grande célébrité pour ! ^tfUs ne soient pas encore présents à vos souvenirs, c'est-à-dire la '^liéorie da triomphe des races latines sur la race anglo-saxonne et le ^^ésir d'établir notre influence sur les limites de la république amé-

ricaiae, en la faisant reculer devaut celte frooliëre qu'elle ambitionae. Eh bico! toutes ces idées soal ni>ii-sculcmeat cotilraircs à la raisou, mais elles soQt essentiellement contraires au droit.

ÏNOQ, il n'est pas permis, et il faut le dire bien haut, qu'une nation puissante, qui a entre les mains des tiiillioos et des armées, cl devant laquelle lEurope tout eiilière s'incline, il ne lui est pas permis, parce qu'elle est Forte, parce qu'elle peut disposer d'une grande influence, d'user de celte iuHuence pour aller au loin, au prix d'un torrent de ]arme<< et de sang, l'aire prévaloir la politique qui lui jiarait la meilleure. Il faut enseigner que chaque peuple, sur chacun des points da gtobe où Dieu a réuni une de ces famille.s qu'on appelle les nations, j le droit primordial de se (gouverner d'après ses propres inspiralions, ses mœurs, ses habitudes, et quand on vient lui en imposer d'aulrei par la force, eût-on les intentions les plus droites eu apparence, et le flambeau du {jênie à la maio^ ou viole un droit primordial, et par conséquent on entraine son pays dans une entreprise qui doit être condamnée. ^h

À LA r.ACCME DE l'orateur. Très-bîen ! trës-bien! ^|

M. Jules Favre. £h bien! messieurs, après cet ciposé, ce qtùœ frappe dans la suite de celte entreprise, sur laquelle je ne veux pli^ dire qu'un mot, c'est que ce qui a été fait dés le principe a été continué avec une déplorable persévérance. Jamais, à aucune époque, k vérité ne vous a été connue, et, il faut le dire, par une ciccptioa ^ assurément bien singulière, dont nous avions raison de nous inquiéter, fl )[n'a pas été, sur la guerre du Mexique, publié un seul document officiel, pas un seul bulletin qui ail été revêtu de la signature duo offlcier général. £l, lorsque nous nous en sommes plaints dans cette Assemblée, il nous a été répondu, — en vérité, messieurs, je me demande si une pareille explication était sérieuse, et si M. le minisire d'Etat n'exagérait pas le dédain avec lequel il croit quelquefois pouvoir traiter nos observations (ntmeurs), — il nous a été répondu, di.s-je, que te ministre d'Étal n'avait pas lui-même d'autres documents, qu'il ne connaissait pas les pièces officielles; qu'il y avait au ministère des Affaires étrangères un employé quelconque qui était chargé d'extraire des pièces officielles ce qu'on livrait au public, et i M. le ministre d'État, qui faisait ainsi partie du public.

Nous répondîmes à cette époque, messieurs, que si les affaires du pays étaient ainsi gouvernées, il fallait singulièrement le plaindre; mais que nous ne croyions pas que la parole de M. le ministre d'Éui, sur ce point, fût plus exacte que sur les autres. {Réclamations nombreuses.)

M. L£ PRÉSIDENT ScuNEiDER. Mousicur Jules Favre, je ne puis laisser ainsi exprimer à cette tribune des doutes &ur la véracité de qui que

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