‹ Discours parlementaires (volume 4)Chapitre 42 sur 68 · lUILLET fB · texte numérisé non relu

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conduire notre drapeau jusqu'à la capitale, à ce moment l'inlérét français a complétemeal disparu; il a été effacé devant celui de cette consifléralîon que je rappelais, devant la nécessité d'imposer aa Mexique un gouvernement monarchique, et c'est alors que Temprunt est devenu indispensable. Et qui pourrait en douter? Il est certain que si nos troupes, après leur entrée à Mexico, après avoir vengé l'honneur de nos armes, étaient rentrées en France; si on s'était contenté d'occuper, comme le disait M. le ministre des Affaires étrangères, qui n'a cessé de le conseiller en 1861 et en 1862, les principaux purls du Mexique, comme garantie du recouvrement de nos créances; si, dis-je, un semblable |iarli eût été suivi, la France aurait cerlainement recouvré ce qui lui était dû, et nous n'aurions pas été les témoins consternés des calaslroplies que sa fausse politique ou plutôt que la poîitiquc de son gouvernement a provoquées. Voilà ce qui est certain. Donc, à partir de ce moment, permettez-moi de le dire, il y a un point de piirtagc, et s'il est possible de se Faire illusion sur les causes qui avaient déterminé ta guerre, la continuation de la guerre n'en a pas d'autre que rétablissement, que la consolidation, que la glorifîcalton d'un gouvernement avec lequel la France ne peut avoir aucune espèce d'intérêt avouable. C'est sa création, j'en conviens, mais c'est une créaiion artificielle, et nonseulement lie gouvernement français va appeler le prince d'.Vutriche à s'a?scoir sur ce trône qu'il lui avait élevé, mais le sang de nos soldais, nos trésors vont être consacrés à des iiicursious du cAté du Nord; il faudra à son profit soumcllre la totalité du pays. {TrèsbUn! très-bien f à la gauche de l'orateur.)

Eh bien! messieurs, à ce moment, il est incontestable que si un emprunt a été nécessaire, il n'a point été nécessité par les intérêts de la France, que ces intérêts, au contraire, étaient tout opposés. Et quand on vient nous dire que. justju'à un certain point, les obligataires, les souscripteurs de l'emprunt ont fait oosaffaires, je réponds à une semblable proposition par la coniradiclion la plus absolue. Car ce qui eût été heureux, ce qui eût été désirable, c'est que, en 1866 comme en 1865, les cm(truols échouassent complètement, qu'il ne se présentât pas un seul souscripteur; alors le trône de Maiimilien eût été impossible, et la France n'eût pas été engagée dans une telle entreprise. [Très-hifti! frès-bien! n la gauche de l'ùratmr)

Mais on allait chercher un prince, et tl était absolument indispensable de lui préparer l'accession au trùne.

tOn a bien pu répéter des phrases pompeuses sur la richesse dn Mexique, sur les trésors qui sont enfouis dans les entrailles de son sol. Ces phrases, elles étaient bonnes pour les crédules, mais beaucoup ■ de ceux qui les prononçaient en connaissaient ta vanité, et on savait I n

à merveiîlc que le Mexique était pauvre, et que pour l'aborder royalement, il était nécessaire d'avoir dans la main des ressources qn'U ne pouvait pas fournir El c'est alors que la politique du gouvernement français, allant chercher Maximilien à Miramar, a été dans |j nécessité de lui faciliter les moyens d'arriver jusqu'à Meiico, c'cst-4dirc de lui procurer de l'argent.

J'ai entendu l'honorable commissaire du gouvernement répéter qii« chacune decesdcus affaires élait une affaire exclusivement mexicaine, 11 y a entre lui et moi celte différence, qui parait tout d'abord singulièrement contradictoire el illogique, c'est que pour moi qui soutieoi que le gouvernement n'est pas responsable, je suis souvent dans b nécessité de rcconnaitre qu'il a eu la main dans tous ces emprunts, et que lui seul les a ordonnés et dirigés, tandis que l'honorable commissaire du [jouveroemeot qui, dans une certaine mesure au moins, demande la responsabilité du {jouvcrneracnt, soutient que les emprunts ont été exclusivement mexicains, et que le gouvernement français y a éié éirangcr. Est-ce que nous sommes l'un et l'autre ao«ien dehors delà logique que cela paraît au premier abord? Non, messieurs, el Tasscrlion de M. le commissaire du gouvcrucmcnl procède de b nécessilé fatale oîi il se Irouvc de jeter un voile discret sur cette partie de sa discussiou, car il sait à merveille comment les choses se sont passées; il sait qu'il était impossible que le gouvernement français, ayant fait Mîisimilien son lieutenant éventuel, rcxéculeor de <r* volontés, le représentant de sa politique, ne lui ait pas, par son influence au moins, fourni les moyens indispensables pour triompher.

Aussi, messieurs, l'emprunt de 1804 et l'emprunt do 1805 ont été émis par l'influence du gouvernement français, et il était impossible qu'il en fût autrement.

D'abord, je l'ai dit, il était indispensable que Maximilieo rdt de l'argent, et il ne pouvait en demander qu'iï un emprunt. Or, pour le conclure, il ne pouvait s'appuyer que sur le gouvernement qui sollicitait son concours, c'est-à-dire sur le gouvernement français. El h Chambre n'a pas oublié les bésitalion'^, j'en suis convaincu, douloorcuscs, de cet inforluué prince. U pouv.iit parfaitement prc^ïcntir, sinon le son fiital qui l'atiendait, au moins les difficultés considérables, les [jcrils de tous gcurcsau milieu desquels il allait se précipiter. Il a fallu qu'un se servit d';»rgumonts bien considérables pour le déterminer. Mitllieurcuscment l'histoire est là pour e u régis Irer ce triste résultat. Au nombre de ces arguments se sont trouvées des avances d'argent qui étaient faites par des préteurs.

M. le commissaire du gouvernement vous disait que l'emprunt coDclu en 1804 avait été conclu entre un plénipotentiaire mciicain et une maison anglaise.

Je me borne à poser celte question à M. le commissaire du gouveropment, et cerlaiacmeal il ac ine démcutira pas : S'il y a eu ud plénipolcQtlaire mexicaia, D'y a-l-il pas eu un ministre de fîoances français qui a été l'intermédiaire de la négociation , cl qui s'est constitué l'a^jent d'affaires du monarque qui allait s'établir?

Cela est si vrai que la correspondance entre M. Glynn et l'honorable M. Fould est au ministère, que c'est dans le cabinet du ministre qu'à la date du 25 mars 1861 a été signée la conveution, que M. Glynn est venu à Paris pour cet objet, que c'est avec le ministre des finances qu'on est tombé d'accord sur les principales stipulatians. Et, au surplus, l'emprunt u'a pas été exclusivement anglais, même à son origine; il l'a été très-peu dans son exécution, comme M. le commissaire du gouvernement le reconnaissait; il s'est appelé dans le début emprunt anglo-frauçais, et, malbeureuscment pour la France et pour certains de ses intermédiaires , il a été beaucoup plus français qu'anglais.

Ainsi, le gouvernement, engagé par sa politique persistante, politique que, sans passion, je déclare , dans ma conscience, avoir été profondcmciil contraire au\ intérêts de mou pays, et la suite ne l'a que trop prouvé, le gouvernement, engagé par celte politique, proposait à Maximiljcn un emprunt, le lui fatditait; c'était lui qui était ^intermédiaire entre le plénipotentiaire mexicain et ta maison de banque qui allait se charger de l'emprunt, et, comme ou l'a très-bien dit, qui s'en chargeait à commission. Mais à quelles conditions? Nous allons voir, tout à Pheure, quel est l'intérêt des questions qui ont été Irès-lojaleracnll exposées par M. le commissaire du gouvernement, mais incompiélement.

La maison Glynn n'accepta de se faire ainsi l'intermédiaire à commission de l'emprunt, qu'à la condition qu'on prélevât sur les premiers fouds une somme de 2.3 millions qui serait remise aux créanciers anglais Ainsi, c'est M. te ministre d'État qui faisait connaître ce détail parfaitement exact, qu'il y avait une dette antérieure pesant sur le Mexique, qui avait clé de 315 millions et qui avait été réduite, eu 18&G, à 250 millions, dont les titres étaient dépréciés et traînaient dans la Cité. Personne n'en voulait, on n'en trouvait pas le placement à 00 ou 70 pour 100 de perle, et même il y avait sur ces titres, si je ne me trompe pas, cinq années d'arrérages h payer.

Eh bien, M, Glynn, en homme d'affaires expérimenté et patriote, stipule tout d'abord qu'on versera 23 millions pour relever ces titres — qui, de suite, prirent une meilleure figure el furent accueillis des spéculateurs,

Ce n'est pas tout : il demande 20 millions afin de faire face au premier terme d'intérêt; car, dès cette époque, M. Glynn n'avait aucune

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espèce de confiance dans le nouveau {ïauveroenicnt qu'il s'agM&ail d'ini^laller; il me consent à devenir rititerroédiaire de cel eropmni qu'à ce!y conditioQS in^uiment onéreuses, couditious qui hiresi acceptées.

Et la Chambre assurt'mciil ne pensera pas que ce soit uq intérêt français qui soit représentiî par ces -13 raillions, dont il faudra bien, en définitive, faire le complc.

Après la maison anglaise, vient le prince autrichien, aux yeui duquel ou fait luire 50 millions qui lui seraient remis. Cela n'était pas po'-siljle. El cependant il avait des dettes qu'il ue pouvait laisser eo Europe-, et si le nom de Maxlmilien n'avait pas été sacré parle fl malheur, s'il u'iMait aujourd'hui impossilitc de le prononcer sans l'entourer de marques de respect, il y aurait, messieurs, un singulier, UD douloureux et étran^^e rapprochement â étubltr entre les pompeuses grandeurs qu'on promettait à ce prmcc en I arrachant à soa berceau impérial pour le lancer sur cette terre avcuiureuse du Mexique, et celle nécessité qui l'étrciRuait, cette frayeur que loi causaient des créanciers (|ui avaient contre lui des titres exigibles, à tel point, messieurs, qu'il l'itllut, aussiti^t que le traité fut sig^é avec la maison Gleen-Mill, faire partir en toute hâle de Paris, car c'est encore de Paris que îi'est effcilué le dé|)url de 17 barils couteuautca onces d'or une somme de 3 nulliuns qui arrivent ainsi fort à prupus à Miramar. Singfulièrc enlréc eu ramp.if^nc pr)ur ce prince, qui était soutenu par Tépëe de la France, et auquel l'avenir réservait uae si effrayante destinée 1 {Rumeurs diverses.)

Dans (DUS tes cas, les Z millions furent complétés par 5 autres millions, qui furent payés par l'ordonnateur de l'anuée française j Mexico; et celte traite compléta les 8 millions qui furent prélevés par Maximilteii. Ouant à Maxiinilicn, à ce moment, comme on vous l'a très-bien dit, étant ainsi nanti de cet emprunt, il contracte avec la France et conclut le traité de Miramar, (jui met à sa char(je cette somme de 270 millions représentant les frais déjà effectués, et, de plus, l'indemnité de 2& millions pur au, qui représentait la solde ik nos troupes au pied de 1,000 francs par an et par homme. Et quant i la France, il lui fut réservé, par le traité de Miramar, sur les t8 miflioDs de rente qui devaient être réservés par la inaisua Glynu, 6 duIlions de rente, en un capital qui n présentait dans une cerlaioe mesure les intérêts de nos nationaux.

Ainsi, messieurs, voità l'économie de cet emprunt, que j'ai le droit de dire un emprunt étranger, un emprunt exclusivement monarchique, un emprunt conclu pour les nécessités de l'installatioa d'un tr6ne que nous allions fonder au Mexique.

Et je ne veux pas laisser passer sans réponse cet argument que j'

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