M A US
csL le vifc<iue je reprochais à radministralion de la ville de l'aris? La prodifïalilé, la prodi[;alité sans excuse. Ce vice, il se répaDd sur la sm-f'arc du territoire, rKtat en donne l'exemple, les particuliers le suivcnl. El, eu effet, messieurs, depuis l'Empire, la progressioa croissante des dations de conseils judiciaires s'est augmentée de 700 p 100. En l«â2, il y en avait 275; eu lHf»7. il y en a 1525 El quant a moi, je m'étotine que devant les tribunaux oii ils sont traduits, les prodifjues auxquels on veut duiuicr des cunseils judiciaires ne citent pas l'esemple du préfet de la Seine et du vote par lequel la majorité de cette Cliaiubre a ratifié «es actes. {fUres à tjaucbe.} Voilà oii nous imt cnl rainés les dépenses faites par la ville de Paris, cl voilà les cnipnmls sous le i^a^dcau desquels elle succombe.
Ces emprunts, comment sont-ils combles? C'est encore là uue prétcQtioa de M. le préfet de la Seine, à laquelle je réponds <ruQ mol.
M. le préfet de la Seine affirme qu'il n'a pas créé un seul impôt, (ju'd n'en a pas au{jmenté un seul, que, dès lors^ c'est grûce aux accroissements de receltes cfu'il a pu réaliser touies ses grandes entreprises. Mais que nous répondeul les chiffres à cet épard?
Sur ce point, comme ^ur tous les autres, M le préfet oublie les faits au\<|uels il a participé et qui sont son ouvrai^e,
En effet, en 1852, l'impôt municipal montait à 18 millions eu chiffres ronds, qui étaient payés par 960,000 Parisiens. En ISGT, il s'élève à 135 millions, qui soûl payés par (,825,000 Parisiens. De telle sorte qu'en 1852 les Parisiens payaienl 48 francs par télc, et qu'aujourd'hui ils payent 80 francs.
Il n'est pas contesié qu'une progression â peu près semblable aéié subie paries droits d'octroi. En 1852, chaque habitant de l'inlérieur de Paris payait 37 francs, et chaque habitant de la banlieue 0 fr. 42. Aujourd'hui, ils payent lous, en moyenne, 5;i francs par té te, ce qui doune, pour les 500,000 habitants de l'ancienne banlieue, 4(> (t. 60 d'auiîuienialion par télé, et pour les l,300,oou de l'intérieur, lii pour 100 d'aufjmcnlation.
On a dit que les octrois *]ui avaient enf;lobé la banlieue avateot auti^mcnté les recettes de 20 millions, mais ce n'est pas seulement de celle au{];rocntation qu'il faut tenir compte, c'est des 44 roîllioos qui pèsent sur la populalum de Paris, du chef des cmbellisscmeats de Al. le préfet et de la commis.sion municipale.
Et ces aug^mcnlatioos de l'oclroi, elles ont porté sur les matières de première nécessité; on a assis ces impùts sur la vie même des habitants de la ville de Paris, allant ainsi en complète contradiction avec le vœu exprimé par l'empereur lors de Touvcrlure du boulevard Malcsherbes. Et quant à moi, si je m'êlonnc d'une chose, c'est qne
le préfet de la Seine ii'ail pas craiol diî rappeler ce vœu dès le débat des cxpHcitions qu'il a présentées danssoû rapport.
Oue disait rcmpereur?
u V>our travailler suivant le raérae ordre d'idées, je yoqs rccaminaude surtout, dans rcxaraeii de votre budi;ct, de réduire, auiiai <iuc les fitiuDces le permettront, les droits qui pèsent sur les maitêres de première uécc*sitti. >•
Il est vrai que M. le ministre a cmpl:iyé la majuscule pour faire apercevoir rolijectiou derrière laquelle il se retranchait.
Eh bien, je m'empare de rcxcusc, cl c'est avec l'excuse que je roos condamne, vous et votre système.
Oui, l'iiilériit de premier ordre, celui qui domine tous les aoircs. celui qui participe à l'ordre moral hicn plus encore qu'à l'ordre matêncl, c'est le dtigrèvemeiil des choses de première nécessité. d« matières alimcnlaires, et des malièrcs qui servent à la cou^trarlioa: car les premières, c'est la nourriture de l'homme; les secondes, c'est >.a pi'oloclion par le lo[i[:cmeiil «pii lui est indispensable.
Et quand l'empereur a dit : " Autant que les finances le permettront ", il vous a fait apercevoir que c'était le plus délectable des systèmes que d'établir ses finances de manière à empêcher h réalisation d'un vu'u si naturel.
C'est là ce que vous avez fait constamment ; vous vous élcs (prrollé, lié les main'* par l'augminlalion d'impôts que vous dMarci vous-mêmes iniques, et vous voulez qu'on les respecle, vous voulez qu'on croie à la sagesse de votre ad'nimstratiou alors que foute tolre sagesse, luule votre prudence n'ont ali;>ut! qu'à auçra\cr dcsiiopôis que vou'^ êtes d.ms la nécessité de coudjranej" vous-mêmes?
Je disais que l'octrui avait été remanié, aj;[;ravé par M. lepréfft; et quelles sont les matières sur Icàquelles cette ap(;ravalion a p3r(é? Sur les fers qu'on a au{jmcntés de 30 francs par tonne-, surU funic, sur la houille, sur le vin qui a sul>i une surtaxe (dt'itétjatiotu), sur la viaudc, sur le beurre. Toutes les matières ont été remaniées et augroenlées [Xonf non!) J'en ai la justification.
Et quant à la glace à rafraiclnr les boissons («A,' ahf), est-ce q« vous cuntcslcz l'agîgravalion? Savcz-vous ce qu'elle vaut? E1!cv«dI 2 francs les lOQ kilos. Ouclie est la taxe qu'on lui a imposée? On lui a imposé une taxe de ti francs.
El vous \ciiez ap;)oricr trjomphalementà cette tribune vosélatsde douanes? et vous vous dites des économistes! Non . vous n'éie»qw des hommes d'expédients, et d'expédients les plus condamnables cl les plus détestables du monde; car par vos tarifs, vos remanicrnealf. savez-vous ce que vous faites? Vous rendez ccriaines industrirscoaplélcmcnl impossibles. J'ai dans les mains une réclamation qui a élé
adressée à la Chambre, cl que chat^ua de vous a reçue, une réclanoation signée par les fabricanls de bière de Paris.
Ils d*:cl.ireal que le droit est si éi'rasant qu'il est devenu |}rul)ibitif de leur industrie et que. lor» de la lutte iiiduslricllc qui a eu lieu <i Paris dans le palais de rExpjsitioa universelle, les Français out été obligés de Fuir dcvaut les Aulrichicos. Je parle des labricatil^ de biî're, il ne faut pas qu'au se méprcauc sur mes paroles. (Onrit.) Voilà le résultat qu'ils proclament, et iU racontent ce fait piquant que je vous recommande. Après avoir subi cet échec, ils sont allés , cuinme le disait notre honorable collègue M. Caliey Sainf-PauJ, pensant que l'empereur oc le sivait pas, porter leurs djléancesau pied du trùne.
Or, voici ce que je trouve d.ius leur écrit : « I/cmpercur s'est montré sympathicjue et favorable à leur récLimatian, et, par ses ordres, la demande ainsi formulée fut renvoyée à l'examea de M. le préfet de la Seine ! «
En vérité, messieurs, je respecte toutes les juridicllous administratives et {jouvcrncmentalcs , surtout quand elles touchent à ces hauteurs; mais comment supposer que M. le préfet de la Seine, qui était dénoncé comme coupable, consentit à se condamaer lui-même'
Au^^si, messieurs, le droit a été in;iialenu et les fabricants d^ bière se sont vus dans l'impossibiliti de si; servir de la glace à rafraîchir.
Voilâ, messieurs, le véritable état des choses : il ne vous touche pas, mais permettez-moi de le dire, il est intolérable; jamais des hommes de valeur n'en pouvaient accepter la respousabiliCé, pas plus la commission que les orateurs qui ont pris la parole dans celte enceinte, et qui, à divers litres, ont dénoncé à votre justice de pareilles aggravatiocs sur les objets de |.romière nécessité et de consommation usuelle.
.le lis, en effet, dans le rapport, ce qui suit : « Pour la presque unanimité des membres de votre commission, il est incontestable que si ce droit cxcesif qui augracnlc le prix û^s vins consommés à Pans de plus de 20 c. 1/2 pjr litre, et de ûO pour 100 en moyenne, frai> de Iransport compris, était réduit de moitié, ta cousommatiou de cette boisson de première utilité prendrait infailliblement en peu d'années une extension non moins considérable. »
C'est l'honorable M. du Mirai qui répond ici à l'honorable M. de Laveuay ; ils sont dans le même camp, mais ils sont d'upinion différente. Nous en jjrcnons acte; ainsi, vous l'entendez, M. du Mirai déclare que l'impOt à l'entrée sur les vins qui eolrcnt dans Paris est un impôt excessif qui nuit â la fois au producteur et au consommateur.
Voilà votre politique, voilà voire système de finance. El vous entendez maintenir un pareil état de choses"' Non, il faut qu'il ccssr, in. 40
02 ti
DISCOURS PIIILEMENTAIRES.
il faut qu'il cesse à tou( prix; et ici je le dis bicu luut, si, aa heik d'une commissioQ irresponsable, vou* aviez à i'hôlel de ville un conseil inuQicipal élu, il ue se cuolenterait pas de ces déclaratîoas, de cet contradiclions dans lesquelles lombcnl les membres du (jouvcrDe* iQcnl, venant ainsi déférer à la Chambre, à son atlention, à ses jiutei solliciludcs, desinipùts que ccpcndanl ils conservent.
Les élus de la cité, ayant le droit de prendre en main ses intérêts les plus précieux, arriveraient ccrlauiemeiit à déraciner ces abus, j les faire disparaître de nos finances, aux applaudissements de li>as les hommes de cœur; et ici, Je me plais à le déclarer, je lu'a^sode romplétemcDt à tuut ce qui nous a été dit dans une de nos précédentes séances par un de nos liutiorablcs colléfjucs. M, Pcj russe. Oui. en effet, il est proFondément regrettable que les fînaoces de U ville <le Paris exig;eaut une aufpnicntatlon de dépense, on n'ait pas cherché les voies et moyens djns rau^ineulalion des impôts directs.
Là, messieurs, était la véritiibJe suurce, et en altei^^nant ainsi ao (jrand jour la véritable richesse, on aurait évité, je n'en doute po», des réclamations qui s'éleiguenl dans l'ombre, car l'irapùt est dis.simuié sous le caractère indirect, et c'est pour ainsi dire (raltretbemeat par des augmentations d'octroi que vous allez accroître la dépense du niaUieuroux, la dépense de celui qui n'a qu un faible salairtpour vivre. Ce salaire, dit-on, il a augmenté! Oui; mais si les sataireioal été augmentés, ou vous l'a dit avec raison, ils sont atteints par d« augmentations de dépenses. El puisque j'ai parlé des octrois, j'ai biefl .lussi le droit de parler des loyers et d'insister un instant sur celle matière qui est si délicate, et en même temps entourée d'une si iiunineuse évidence.
Celte aug;mcnla[ion de salaires qu'on a lant fait valoir. savez-foii.<> quelle conséquence on eu a tirée? C'est que le système admiaistnti/ de la ville de l'aris devait être continué, qu'il était encore le meilleur, et que les embellissements étaient utiles pour amener Faccroà»senicnt des recettes.
Mais raugmcutaliun des salaires, elle est jugée par les faits adoinistratifs que vous connaissez mieux que moi. Vous savez à merveille que l'augmentation des salaires, atteints par l'augmeulaliud des dépenses, se résume eu définitive, par un accroissement nouble de la misère. {Xon! non!}
Voilà ce que nous disent tous les documents administratifs de U ville de Paris.
Permettez-moi de vous en citer seulement quelques-ans, el vous verrez quelle est leur éloquence, éloquence tout arithmétique, mais qui, par cela même, n'en est que plus probante.
Uans une circulaire du bureau de bienfaisauce du treizième arroo-
h MARS 1869.
disscmeoi, celui des Gobeltas, je lis ceci : « 15,000 indigents sont inscrits au bureau de bienfaisance, représentant 5,000 ménaf^es. "
Et savez-vous ce que dit dans sa circulaire le bureau de bicnf^îsauce?
"■ Chaque maison déinutie et restaurée, sur d'autres points, est l>i>ur Duus la certitude d'inscriptiuns nouvelles. ■>
Et il ajoute qu'après ces i5,00i) qui sont inscrits, il y en a 16,000 autres qui attendent h la porte du bureau et qui représentent pltis de 30,000 indifjcnts.
Et dans le dix-huitièrae arrondissement, celui de Montmartre, je
■ reucuntrc la même proportion, Eu 1860, le nombre des indigents
■ était de 2,830, repré>entant 1,200 Familles. Au 1'' janvier 1868, il s'élève à 9,258, rcprésculaiil 3,290 familles, cl le bureau de bienfaisance dit : " Le nombre des indigents a donc plus que (riplé en bien peu de temps, et la statistique de cette année démontre que cette déplorable progression poursuit malheureusement son cours. !>
Voulez -vous voir mjtntenant le vînglinne arrondissement, celui (le Méailnioutanti'
« Le viugliiïrae arrondissement, dit le bureau de bienfaisance, se trouve être aujourd'iiui, par l'augneutation toujours croissante de sa population iudigeute et son manque absolu de ressources, un des plus pauvres de Paris. En quatre ans, le nombre des indigents est monté de 2.000 a ti.tioo. n
Voilà la statistique déplorable cjoe j'oppose à {vos éloges emphaliqucsde vous-mcMncs, a toutes ces glorifications, à ces préicnlions d'avoir augmenté les salaires, d'avoir amélioré les conditions de la vie. Voilà les malheurs qu'a causés le système que vous avez suivi. (Très-bien! lrès~bien! à gauche, — Rt'clainations sur un grand nombre de bancs.)
C'est ce que je vais vous démontrer, et d'un mut, car. pour moi, la
(vérité pratique, c'est celle que je rencontre dans la circuLiirc du bureau de bii.'nl'aisance du dix-huitième arrondissement : ■ Chaque maison démolie et restaurée sur d'autres points est pour nous la certitude d'inscriptions nouvelles au bureau de bienfaisance. » Et pourquoi, messieurs? Par la raison très-simple que l'augmentation des loyers, sans cesse croissants, qu'on remarque dans l'intérieur de Paris, chasse progressivement aux extrémités toute une partie de la population, laquelle ne peut plus trouver de refuge que d.uis le iogemonls nouveaux qui remplacent les anciens.
Savcz-vous quelle a été, sur ce point, la progression des démolitions? Elle démontre que tout s^cst passé avec une précipitation déplorable que doivent condamner tous les hommes sensés, et que
a'aura il certes pas iiermis un conseil inaaicipaL él|i, car il se sccait éievd contre une semblable frénésie.
En l^GOj on a démoli l.t7i maisoasijc pas^e tous le^ctuitfts intermédiaires. ,
EnUm 2.^06
En I8C7 , . >., 2,325 . ,
.••De 18Ô2 à 1809, lli.oiH) maisons sont tombacs-. sous le marleps de la démolition, c'ost-à-dire, messieurs, uq ppnabre de roaiMW! plus considérable que celui dns maisons qui coDaposcat plus dt seize vUlcs de Frame, comme bour^;, l^aun, Cr^nobJe, et bcaqcuop d'aulrcs villes moins importantes. Tout c«€i rasé, jeté par terre de fond on comblç. Jjit vous vous étonnç^i^mc. ^s loyers ciritf augmcnié! ■ .i > :ii 1 1. i»-!.,,-, ,
On répund que des maisons ont cié reconstruites.^ ,^,
■Rcconâlruitcs, oui, mais dans d'autres condilio:^. ^t, Cf^,soot jir^ ciséntcni ces autres conditions que je prends^ la lil;»<;rlê j^t ,^igo>Ut à la sollicitude de la Chambro, parce qu'en aulorisaot de noavMji) tf^vaux elle amènerait les mêmes résultats, -^ -..^ . ^
Ce ne sont pas seulement des moellons déplacés, ce soBteaeore des existences déclassées, des habitudes cbangécs^ c'est une violcucf faite aux biens qui existaient entre les dilféfeats membres de U population parisienne. .> ; , ^i
Ainsi [es maisons aDciennes possédaient relalîvemeut pins d< logements que les nouvelles. Ou eu a fait le calcul : pour JOO (^av^dU anciennes, il y avait (ibH lo};emcnts; pn»ur IQU ma^f^ nufiTiUo. il n'y en a que 625; différence par 100 mabons, 33 loçemeniï. . Or. fi vous u]4)lique2 ce calcul à 18,000 maisaELs qui ont iii, abattues, voici 69,400 logements su|^>primés, et si vous fuppmx, — ^cç qui n'est pas cxafiéré, — dans chaque Ipgemcni quatw^ sonnes, voici 237,000 habitants chassés par rcxppopriation ti<pk; dans le renouvellement artificiel de ce damier, — car. Ran&c»i réduit â l'élal de djimicr, ~r sont poussés comme des pions " -'" de la fan|aisie d'une raaia puissante. {Approbation à nui. Rumeurs data k$ autres pari iei (le l'tiisembUù.) , j,
Cc.quc je reproche à ce système, ce n'est pas Sieuleio«atj le cernent matériel, — ce qui est déjà un mal, —c'est ^encore led cernent moral qui eu est la suite et qui change toutes les li^bitoât d'autrefois.
M- le ministre de l'ktériour nous l'a dit avec raotoritiî supêricuft qui app:iriient à sa haute fjuctiou : Vous êtes des poliliàucssuraaacS^ des bourgeois de Paris, des notaires retirés {rires, à ^ u^f^ckt)-, va» n§ cojinaisstz rien à la graude politique, e(,avec4,V(ts peiiiçs efc v<^ygnccs, avec, vos prudences suhukcrucs, vou* aoiiK cmi
.rt9UTVMiWf8(^r^'^'
ailes, à noti« iqùi planons dnns les deux, & nous qui toudioos-â VOiym^e. [A'ouveaux rires sur ies tnêmtrlNttKfs. y ' '
Qu'avcz-vom fait.Tbtts; aVéc loutes vos ambitions?' Vous avez séparé la puf^ulalioo de P;iris en (Jéuxxlasscs. ' '
C'esl là votre faute, — je n'en veux pas dire davanfdpc, — elle est le résuilat de votre seule iraprérayaticc-, sôtt; mais etle n'en est pas moins p^tur nous un sujet d'inquiéludc, en mé^me temps qae de sourdes menaces pour lé pays.
Autrefois dans ce vieux Pans qtie vous n'avez pas craint de railler à cette tribune, après l'avoir détruit, les existences éttiicnt poar ainsi dire confondues. Là, les classes (*(arcnt papprochée'i; i», dans des appartements qftî valaient bien ceux qu'on nous fait ^aujourd'hui, qui iViaicut, pour la plupart, plus S[)îicicux, plus commodes, et dans lesquels les habitudes do la vie îuiime étaient beaucoup mienx res» pectiies, dans lesquels on ne Voyait pas de cuisines infectes dans les appartements de 3,000 ou 4,000 francs, on songeait à la santé des domestiques qui nous font vivfe... (fiiimeurs'sur un grand nombrtée banc u) Cas mêmes djraesllques. aujourd'hui, sont reléçtiés sous les toits, dans des mansardes où ils souffrent de la chaleur pendant l'été et du fruid pendant l'Iiivcr. {Murmures et réclamations- tur tes mimes banes.) -; ; - r
Dans CCS vieilles maisons dont je parle, dans ces vieilles maisons de l'aocien Paris, les élafjes inférieurs étaient habités par des familles riches; les étapes supérieurs étaient divisés en petits lo{>;emcnt5 occupés par des familles de médiocre fortune, souvent paavres; celles-ci prenaient, au contact des classes qui leur étaient supérieures par la fortune et par le rauj;. des habitudes de bienséante décence; elles trouvaient aussi chez leurs riches voisins aide et protection, quand te malheur venait frapper à leur porte. Alors, je ne dis pas la thji-ilé, mais le secours était facile : on couiiaissait les misères avec lesquelles on cohabitait. Vous n'avez plus voulu de cet heureux état de chose<, vous n'avez plus voulu voir la misère, vous l'avez condamnée à l'cxi!; vous la coutraifjnez à se loger hors des barrières... [Marf/uet d'approbation à gituch*. — Protestations ailteurt) Et vous nous avez fait un Paris de luxe, an Paris élégant et frivole.
Oui, vous Tavez dit vous-mêmes!' Vous appelez dans l'cnieintc de la capitale tout ce qui est riche, tout ce qui est dissipé*, tout ce qui est prodigue ; je n'ose pas dire font ce qui vous ressemble, m.iis tout ce qui peut être entraîné par vos habitudes, {litrs réct/tmntions.) Vous avez construit des maisons dans lesquelles il est impossible de se loger même au cinquième étage, si Ton n'est pas, à l'avance, pourvu d'une dizaine de mille francs de rente.
Est-ce que vous croyez que toutes ces choses peuvent durer? Est-ce
•80 "DTirifèuns parlementaires.
<|u'clks u'onl pas eu pour conséquences ce que je signalais tout t l'heure à l'altcntion de Fa Chambre, c'esl-â-dire celle expulsion violente sans aucune espèce de sulticitude, ni pour les coavenaace<i iad>viducilcs, ni jiour les intérêts des fumillcs, de tant de citoyens qui ODt élë dans la Déccssiié de fuir l'expropriation et de se relé^^rr d'abord aux barrières de Paris, puis après l'annexion, au delà des forliRcalioQS?
Et savcz-vous, messieurs, ce qui se passe dans certaines localité' autour de Paris ? Des malheureux y sont réduits à coucher sur la terre. {Dcnrgaliom twmhreuscs.) Messieurs, c'est la vérité. Dans Iw terrains de Charonnc, de Méuilmoalant, de la Glacière, vous rencontrerez la preuve des faits que j'ai Tboancur de vous si^kt: vous verrez là de pauvres gens qui uni élé aulorisés à élever siw aucune espèce de régularité, des conslruclious léjjères parmi lesqueltes celles qui sont en briques paraisf>enl de véritables palais; li plupart sont en planches, quelques-unes en carton bitumé; danscci misérables itbris, des familles sont entassées; il y a des espaces <|ii servent de rues; mais nul éclaira£[e, nulle police, rien qui pwâst çarautir la sécurité des personnes, p:is plus que la salubrité des balitaiions.
Yoilà, me.<^sieurs, la barbarie qui est à côté de la civilisatioo. {Exclamations.) Et celte barbarie, elle est le résultat de votre sysièmf, de vos déleslabics conceptions, de cette manie de vouloir Imijoop' parler de la splendeur. La splendeur, elle se paye par rhurailiaiion. il n'est pas possible qu'uuc cité puisse arriver à improviser, aioâ quf l'a fait la ville de Farts, tous ces quais, tous ces palais, tous ces Immlevards, sans qu'elle aboutisse à cette conséquence funeste, de v séparer violemment de ta partie la plus inlércssante de la population, de celle qui est pour nous tous la plus digne de sollicitude cl 4c sympathie. Je ne Fats ici aucune exception; je sais que vos scbI>ments sont les miens {inCempUons dioerses); qu'il est impossible qK. les uns et les autres, nous n'ayons pas à cet égard les mêmes opinions; seulement, messieurs, ou vous trompe, soyez-en sûrs, on' trompe, on ne vous dit pas la vérité.
Eh hien, permeltez-nmi, sur ce point, de faire appel à tm meut qui a presque un caractère olfidel ; car il est écrit par un bonoe qui s'occupe des choses municipales. Voici ce que je lis dan.s dd livre qu'il a pul>lié sur ces matières : « Il s'af^it de roctire un ternie àU progression déplorable des cités, cours ou passages particuliers qm se construisent dans Paris el dans la nouvelle banlieue, au méfài des principes de l'hygiène et de la salubrité.
" Tandis que nos édiles font pénétrer l'air el la lumière dao»k vieux Paris, en ouvrant de larges boulevards, en créant de préciesx
veQ(ilateurs,on voit se former, aux extrémitt^s de fa ville, des f^roupcs de maisons étroites ei malsaincîî, dans lesquelles une déplorable spéculatiaa cotasse nos ouvriers. Ces {groupes de masures, appelées villas, cillas, cours (ïu passagies, selon la fantaisie des pri>priélaires, sont déjà au nombre de cinq cents dans le Paris actuel. Si nos édiles ont cousacré en quinze années pn>s de 'MiO raillions pour assainir le vieux Paris, combien de millions ne f;nidraU-il pas dépenser dans un quarl de sièdc pour purifier les extrémités de la capitale !
tt Ne laissez pas plus lonjylemps nos ouvriers parisiens .s'élioler, sr Hétrir dans ces boufjes étroits et malsains qui font la honle de Paris et de la civilisation. "
Messieurs, vous pouvez vérifier ces faits et vous convaincre que. loin d'élrc exagérés, ils sont affaiblis.
Pi.L'siEuns VOIX. Le nom de l'auteur?
M. .Iules F.vvRE. Cest M. I^azare, un homme qui a étudié tontes les questions municipales, un économiste qui s'est beaucoup occupé de statistique.
Au surplus, le nom n'y fait rien. Contestez-vous les choses? Voulezvous que la Chambre ordonne une enquête? Il en sortira, non pa-^ seulement la justification, mais l'ag^j^ravatlondcs maux que je sijrnale. El si je voulais insister davantage — ce que je ne veux pas — je pourrais vous dire que, dan<î les parties mêmes du Paris régénéré qui peuvent ne pas provoquer des reproches de ce {ycnre, on rencontre. pour ainsi dire, partout la preuve de l'imprévoyance, du caprice, du dédjîo de l'intérêt i)rivé qui caractérisent l'administration actuelle.
Je me conienlerai de vous rappeler ce que vous savez comme rao», vous qui avez quelquefois parcouru Paris, c'est que, s'il a été embelli par de nombreux boulevards, par des squares, p.irdes plantations, il y a certains quartiers, même des plus brillauts, qui out élé complètement mutilés, uniquement afin d'arriver .'i satisfaire ce besoin de régularité malérielîc f]ue je voudrais bien voir M. le préfet introduire <lans l'ordre aclministratif et moral.
Eh bien, pour ce besoin de régularité matérielle, que fait-on? Là où Ton rencontre une colline, on la tranche; et alors, on voit de malheureux propriétaires, qui avaient le privdége de sortir de chez eux de plan-pied, se trouver en présence d'un abîme de plusieurs mètres. Ils adrcsseutdes plaintes à la Ville-, la Ville y est sourde; elle ne se soucie pas de ces choses; peu lui importent les réclamations de quelques particuliers:
Le Dieu poursixlfant sa rarrl^TH \tna des larrcnlH de lumière Sur ces obu'urs Islasphâmalcura,
tout est dit.
11 est vrai qu'il y a des gens qui s'y casseot le cou et qui trouvcul la chose mauvaise. Ainsi, voilà un malticureux propriétaire du boale- Viirdd'Êylau ; — c'est une de vos ircaliuDs.vous eatnomphfz,el voos la mettez à raclifde toutes vossalisf^ctions personnelles; cesluncde ces grandes voies où vous avez fait de si (jrandcs choses, et, en mtmt temps, de si détestables; — voilà, dis-je, un malheureux propriétaire du boulevardd'tîylau qui, dans une réclamation à l'appui de laquelle je pourrais enjoindre beaucoup d'aulrcsdum^mcj^cnre.s'cxpriroeainsi:
« M. le préfet a eu rétran(];e f.mtalsie de couper la belle aveoQe d'Eyiau en deux et de la transformer en rue haute et en rue bisse; ces deux moitiés de rues sont séparées par un mur de soutènement qui a près de sept mètres de haut dans certaines de ses parties, ri, pour arriver à la rue haute, il se trouve encore d'énormes es-aliersi monter, excepté à son cxtrémilé, prés de la place de THippodronK, où les deux voies dcvicnuent de niveau. Ainsi, monsieur, f.itaises d'un côté, mur de l'autre, vous pouvez ju(ycr quelle dépréciation le* propriétés ainsi cncluscs oui cprouvce et quelles difficultés ont les habitants pour arriver chez eux et y faire parvenir ce dont ils ont besoin,voilà pour l'cquité. Mais la sécurité des citoyens, quelle est-elle? Je puis vous assurer que depuis cet état de cho':es, outre plusieurs graves accidents de voiture, il y a eu des chutes de citoyens suivies de morV. Oo parie de dix à douze personnes tuées; une enquête ferait connaître facilement la vérité à ce sujet. »
Mais qu'est-ce que dix ou dciuze personnes de tuées, en prè>co« de Tapulogie de M. le [iréfet de la Seine, de rapothéosc de la cob* mission municipale, préseutées par M. le ministre d'Étal? En vénlé, OQ se soucie bien de celai Les Parisiens peuvent bien trébucher dans ces rues mafj^niJîques où il y a des rampes inaccessibles, ils peuveai bien être tués, leurs fiirailles peuvent bien être en deuil, cela ne regarde pas la commission municipale, elle a bien autre chose a fairt que de se préjccuperde ces misères !
Et si je voulais voir ce qui a été fait au point de vue des splendeurs ! si je voulais examiner ces squares, ces places qui oui tii construits; .m je voulais parler surtout des places qui ont été modifiées et même détruites, contrairement à toute espèce de convcmAcr et de légalité, que n'aurais-je pas à dircl...
La place de la Bastd!e,parcsemptc» est-ce que vous lui porlciuoc haine particulière?... Vous la trouviez trop large, trop éclatante pour vous; il vous faisait mal de voir le inonumcul qui est au milieu. [Ok! oh!) Alors vous l'avez rélrécic, mutilée, vous en avez pris une portion pour la vendre.
Voilà ce qu'a fait une ville qtii est si fiera de raugmentation de sel recettes - elle a vendu ses rues et ses places.