‹ Discours parlementaires (volume 4)Chapitre 63 sur 68 · PAROLES · texte numérisé non relu

PAROLES

PRONONCÉES AU CORPS LÉGISLATir DANS LA SEANCE ÛD 9 AOUT 167 0.

Deux proposUioQB : la premltrci d'brmer tou« le» Fraoçmis valides; U i de nommer un comité exécutif de gouTemement.

Nous nous préoccupoDS tous du satut cl de la défense de 1; , et c'est précisémcDt pourquoi, saos discours, j'ai l'hormeur de proposer à la Chambre deux ré«;ulutioa(; :

La première relative à l'arnicraeat de Paris et à l'orgaaisatioo de la garde natiouale ;

La seconde relative à la défense même du sol de la France.

« Considérant que l'enoemi a envahi le sol de la France ;

« Que si notre armée debout et toujours dévouée est prtie repousser, il est du devoir de chaque ciioyeu de s'unir à ses effbrtj;

t. Qu'il est CD droit de réclamer uue arme pour l'accompli^sserneatj de ce devoir;

« Considérant que, de l'aveu même du ministre de la Gaer l'étranger marche sur Paris ;

« Qu'en présence d'un tel péril, ce serait un crime de rcftiser chaque habitant de la capitale le fusil qui lui est nécessaire pour la' défense de sou foyer [interruption}-,

X Que la population tout entière demande à être armée et orgamsée en garde nationale, élisant ses chefs ,

. La Chambre arrtHe :

« Il sera immédiate ment distribué aux mairies de chaque arronifisseracntdc la ville de Paris des Fusils à tous les citoyens valides inscrit» sur les listes électorales ;

« La garde nationale sera réorg^anlsée en France dans les ternes de ta loi de 1851, » [Cette proposition était tiytiée par 35 membres.)

J'ai dit que je ne voulais pas discuter; c'est une proposition qai touche au salut de celte grande capitale, et quand tout à l'heure on parlait de patriotisme, ou savait bien que tous jusqu'au dernier étaient

9 AOtlT 1870.

prêts à mourir pour repousser la honte de l'iavaston étraDg^ère. ( Très-bien! trèt-hien .')

M. GuiLLAUMAiN. Et Ics départements?

M. Jules Favhe. Je demande aussi rarmemcnt de Ja garde nationale des départemeuts.

On nous a dit que rheurj> des discours était passée; l'heure est pjissée aussi des ménagements qui perdent les Assemblées et les Empires. {Très-bien! àgauche,)

Nous devons éviter toute récrimina tion, mais nous devons virilement envisager ta vérité. La vérité est que le salut de la patrie est compromis, qu'elle ne peut être sauvée que par un effort héroïque, cl que cette compromission est te résultat des fautes de ceux qui dirigeaient les opérations militaires.

Je suis d'autant plus en droit de le dire que j'aperçois des collègues qui peuvent se rappeler qu'après avoir ici eiprimé une opinion que je n*ai pas à rappeler, parlant dans l'intérieur du bureau avec plus de liberté, je n'ai pas caché quelles étaient mes craintes sur l'issue d'une pareille opération, et j'ai dit que ces craintes étaient justifiées par l'insuffisance absolue du commandement en chef. {Très-bfen! à gauche, • — Humeurs sur Vautres bancs.}

Voilà ce que j'ai dit.

Malticureusement, messieurs^ nous sommes en face d'événements qui exigent de notre part, non-seuîement cet effort dont je parlais, mais encore la sagesse qui doit Tinspircr et le rendre salutaire. Or, pour cela, il est indispensable que les forces militaires soient concentrées entre les mains d'un seul homme qui ne soit pas l'empereur (Très-bien! très-bien! à gauche. )

Il faut que renipereur abandonne le quartier général. L'empereur aedoit pas commander en chef, il a été malheureux, il doit revenir. (Très-bien! à yauc/ie. — Nouvelles rumeurs à droite et au. centre.)

Ce n'est pas tout, messieurs, il faul, si la Chambre veut sauver le pays, qu'elle prenne en main le pouvoir. (Assenlimenl à gauche. — l'ives exclamations en face et à droite.)

Quand t'iinpériiie de ceux qui te gouvernent l'a conduit à cet état qu'il ne peut envisager qu'avec rage et colère, et que rien oe pouvait

lui faire présager, il faut qu'il se confie à ses représentants

[Interruptions sjir plusieurs bancs. — Approbation à gauche}, et c*est pour cela que je dépose sur le bureau la résolution suivante :

•^ Considérant que, malgré l'héroi.sme de notre armée, le sol de la patrie est envahi; que le salut de la France, le devoir de la défendre jusqu'à la dernière extrémité, commandent au Corps législatif de

prendre la direction des affaires " (Nombreuses interruptions en

sens tlii»ert.)

DlSCOUnS PARLEMENTAIRES.

Oui, messieurs, il n'y a que nous qui puissions nous sauver. Si i laissoas dix minutes de plus le pouvoir euire les mains ineptes «joi le possèdent, alors nous sommes perdus. [Exclamations et bruit.)

Faites ce que vous voudrez, (^uant à moi, je dég^age ma respoB»bilKé; j'ai dit ce que ma conscience me dictait.

Il ne s'agit pas de récriminations, d'attaques contre tes personnes.elles nous sont étrangères; je vois l'avenir, et pour moi l'avenir est celui-ci : si vouscunlinuez une minute de plus le déplorable système qui a perdu la France, nous sommes exposés aux. plus grands malheurs, {Violente inlerruption,}

C'est pourquoi je dépose en mou nom et au nom de MM. Turin, Ordinaire, Gambetta, Crémicux, Ga mi er- Pages, Larriea, Ango, Ferry, Sleenakers, de Kératry, Malézieux, Rarthélemy-Saint-Hilaire, Wilson, Glais-Bizoin, Pellelan, Bcthmont, Dorian, Esquiros, Le Cesoe, Uampont, Jules Simon, Marion, ;Tacliard, Picard, de Marmier, Magoin, Girault, Desseaus, de Chotseul, Guyot-Moatpayroux, Grévy. d'Ilésecques, la proposition suivante : m

" La Chambre arrête qu'un comité exécutif [de quinze membres,^ choisi dans son sein, sera investi des pleins pouvoirs de gouveroemeat pour repousser l'invasiou étranfjére. "

Elle ne le ."^erait pas convenablemeot par les hommes qui soQl sur ces bancs {l'orateur désigne les baïus des tniniitres)^ qui ont perdd déjà deux provinces, et qui, par leur ineptie, perdront le reste! (Iw^ approbation et applaudissements à (jauche,) H

L'urgence fui dt'ctaréc sur la première des propositions de M. Julo Favre, et repoussée pour la secoodepar lïtO voix contre 58.

M. Gambetta [après le scrutin). Vous y viendrez !

M, Jules Favre. Et quand vous y viendrez, ce sera trop

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PRONONCÉES AU CORPS I.(^:(;i S I. \ T 1 1'

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