DANS LA S£ANCE DU 31 AOUT
PropoBiUon de comilâ de lecoorg à dlfrlribaer aux tUtimeE de la guerrr.
J'ai riiooncurdc déposer uqc propo^ilioa de loi dont je demande le renvoi à l:i coinniissionqui estdi^jà saisie de la proposition de noire honorable cottèfïue M. Sieenackers.
Celle proposition, qui esl signt'c de plusieurs de nos collègues, est en cffcl destinée à faire appel, je ne dirai pas â l'assistance, mais à la solidarité de tous les citoyens pour les secours à distribuer aux victimes de la guerre.
Si la Chambre le permet, je mettrai sous ses yeux l'exposé des motifs en quelques lifjacs; cela me dispensera de toute autre explication. {Marques d'hésitation.)
La France tout entière, debout pour combalire l'étranger, est préparée aux derniers sacrifices. L'héroïsme de son armée, son bonncur, suu s;ilul, lui commandent uu effort suprême ; elle saura l'accomplir;
îs, en prodiguant toutes ses ressources à I.t défense, elle ne doit oublier ceux qui, sans y participer, seront brisés par la guerre. Les maux qu'entraioe après clic cette lutte formidable commencent à se faire sentir; ils s'accroîtront nécessairement. C'est par des moyens extraordinaires qu'il faut les conjurer : le plus puissant est la mise en pratique du principe de solidarité qui unit les citoyens d'une même nation, Oue le malheur nous ouvre les yeux et nous montre rcfficacité de l'association. Par elle , d'un bout de la France a l'autre, chacun de noussera misa même de connaître et de soulager fie nobles infortunes. Nous déchargerons l'Étal de tout le fardeau que nous pouvons accepter, et nous serons mieux placés que lui pour soulager, autant qu'il sera possible, les souffrances de nos concitoyens.
Fn un mot, ayons l'intelligence et ie patriotisme de faire pour les m. 53
834 ntSCOURS PARLEMENTAIRES.
victimes des malheurs public^s ce que fait, avec uu si admirable dCvouemcot, le comité pour le secours des blessés. Pour cela, à raisoa de la grandeur de la tAclie, une loi esl nécessaire; nous avous ea conséquence riionueur de proposer au Corps lég:islatif le projet de loi suivant : ■
4 Art. I". Il pourra être formé, dans chaque commune de Fraoce, f des comités de secours mutuels destines à recueillir et à examiner 1rs plaintes de tous les citoyens atteints p;ir les maux de la guerre.
« Ces comités recevront les secours qui leur seront fournis, $oit par les particuliers, soit par l'État, les départements ou les communes, et en feront la distribution aux ayants droit.
•t AttT. 2. Ils pourront se secourir les uns les autres par des envois d'argent ou de vivres, suivant les nécessités dont ils seront juges. '
« Art. 3. Les conseils de famille de la garde nationale sédentaire renaplironl les fonctions de comités de secours mutuels.
« Ces consiMls de famille seront institués dans chaque compapnic de garde nnliimalc sédentaire, suivant le mode et dans les condilinD'^ déjà adoptés dans quelques villes de France. Ils pourront désigner les citoyens qui leur p:irat(roul les plus capables de les seconder et en même temps de les remplacer.
« Art. f. Les comités pourront employer les moyens qoi leur paraîtront les meilleurs pour obtenir des secours, sans être tenus de t'éclamcr aucune aulurilé» notamment des associations et des cotisitions établies pour ce but déterminé.
" Awt. r». Le résumé mensuel de leurs opérations sera déposé à la mairie, où chaque citoyen pourra eu prendre connaissance.
" Signé :
• Jules Favre, Jules Simon, Gambetta, Emesi Picard, Jules Ferry, Emmanuel Aii&tu).
Glais-Bizoin, Marion, Tacuard, GARînnK PAfJKS, Larrieu, Macmn, Wit^ox et