AOUT
M. le président Schneider. Si M. Jules Favre présente sa proposition comme amendement...
M. Jules Favre. Non, c'est une proposition de loi spéciale.
M. le président Schneider. Si c'est une proposition de loi distincte , il faut que l'urgence soit déclarée, avant que le renvoi à la commission déjà nommée puisse être prononcé.
M. Jules Favre. Alors je demande l'urgence.
La Chambre, consultée, déclare l'urgence.
AUOLES
PRONONCEES AU CORPS LEGISLATIF
Aprèslescommunications de M. le ministre de la Guerre, relativement aux événements de la guerre. Nouvelles -values sur les préliminaires de la bataille de Sedan.
La déclaration de M. le ministre de la Guerre est de celles qui ne doivent provoquer, de la part des membres de cette Chambre, d'autre réflexion que la résolution d'une étroite union dans îe sentiment d'une défense jusqu'à la mort. (De toutes parts : Oui! oui! — Très-bien! très-bien!)
Sur ce point nous sommes tous unanimes. Tous aussi nous avons à cœur, pour notre pays, pour nous-mêmes, pour notre responsabilité, de prendre les moyens les plus efficaces d'arriver au succès auquel nous nous dévouons. Or, jusqu'ici, avons-nous suffisamment fait ce que les événements nous imposaient comme une obligation sacrée?
Vous le savez, messieurs, il y a eu à cet égard des dissidences que je ne veux pas rappeler. Mais la situation est suprême, et nous serions coupables aux yeux de la nation, non-seulement de ne pas lui dire la vérité tout entière, mais encore de ne pas lui faire apercevoir la cause de nos désastres... (rumeurs au centre et adroite) et ses conséquences.
Soyez tranquilles, messieurs, je ne viens pas ici, vous pouvez eu être sûrs, animé d'un esprit de récrimination quelconque; mais je veux que le temps des complaisances cesse, et que les uns et les autres nous envisagions froidement, mais nettement, la vérité qui nous accable.
Or, cette vérité, la voici : l'armée française a été héroïque dans toutes les circonstances où elle s'est rencontrée en face de l'ennemi. Tout à l'heure encore, on vous parlait de ces prodiges de valeur qui ont été accomplis par le maréchal Bazaine, essayant de percer le cercle de forces quadruples des siennes, qui s'est formé autour de lui. Il n'a pas calculé le nombre ; il a vu que la France avait besoin de son