DISCOURS P A R L K M R N 1 MUES
« Considérant que ces agitations, symptômes de manœuvres coupables, pourraient créer une difficulté dangereuse à rétablissement
que delà République, si elles étaient autorisées par la r geuce ou par la faiblesse, du gouvernement.
Ici, messieurs nous sommes parfaitement d'accord avec la com- BdMfOO executive, et nous lui donnons tous sincèrement, loyalement , notre adhésion Oui, ce que nous voulons tous, sans exception, c'est la fondation d'une république populaire qui soit tellement forte, tellement puissante, que tous les projets des prétendants pasfuturs ne semblent à la nation qu'une dérision impossible. [Trrx-bun ' irf<-0icn .')
La commission executive, dans celte voie, nous trouvera toujours dévoués à ses inspirations cl prêts à la sers n\
Mais qu'est-ce qu'elle. \ous demande aujourd'hui, et dans quels termes vous 1<- drmandc-l-elle !
Elle vous demanda, pmicz-y garde, que vous votiez un amendement d'exclusion contre le citoyen Louis Bonaparte dont la position n'esl plus entière; car, par notre faute, s'il faut le dire, par la faute de la rommission executive, et je me sers à dessein de cette expression, dont vous comprenez la nuance, le citoyen Louis Bonaparte n . ni pin DO -impie citoyen, ce n'est plus un prétendant, ce
élu du peuple. (Très-bien.1 très-bim ' \
Dès lors celle consécration souveraine change sa situation , si elle lui impose de grands et solennels devoirs, elle lui crée aussi des droits qui, je peuse, trouveront ici autant de défenseurs que de rep] Unis. (Semation.)
oue demandez-vous contre lui? Je le répèle, vous demandez une mesure exceptionnelle, et au nom de quel lait / Le citoyen Louis Bonaparte s'est-il montré mêlé à ces agitations ? Avez-vous lu sa correspondance? Avez-vous surpris m main semant l'or d. ins ces ;; coupes organisés qui menacent la tranquillité publique? Oh! alors, l'Assemblée tout entière se joindra à vous. Si vous êtes rigoureux, elle le fera avec vous; elle ne déclinera aucune responsabilité, elle ne laissera aucune arme de côté, elle sera avec vous pour défeudre l'ordre quand il sera menacé, et pour taire triompher la liberté contre l'étendard dérisoire d'un empire impossible, iï'rrs-hitn!)
Mais si rien de ces choses n'existe, et je l'ignore, car le langage de la commission executive n'a pas été clair... (MÊurmum.) Je lui en demande pardon, je ne veux pas faire ici sa critique, je cherche a m'iustruire. (Hire général.)
Je dis. messieurs, que la position du eifoven Louis Bonapari celle d'un simple citoyen qui a été élu par le peuple. S'il >t commis un crime, qu'on le poursuive-, mais si l'on ne prend pas sa main dans
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le complot, on n'a pas le droit de porter atteinte a son inviolabilité. Voilà ma pensée clairement résumée.
Maintenant, vous venez au nom de la raison d Ktat, par des considérations politiques, prétendre que le fail seul df la présence du
citoyen Louis Bonaparte, mine innocent, même étranger! ces mani-
t<-i;nious coupables qui ont amené hier un déplorable atlcutal, que sa présence, dis-je, peut être une cause de troubles inquiétante pour la paix publique. Eh bien, messieurs , je dis que quand bien même celte éventualité serait certaine, comme c'est nous qui l'avons faite, comme C'efifl nous qui avons pour ainsi dire provoqué, toléré, encouragé la rcraiuctc naiiouale. nous devons la subir et nous ne devons pas laisser écrire dans une déclaration que la République que nous avons (cllcmcut chancelante, que ta présence d'un seul homme peut la mettre eu danger. (Trèt-bitn! très-bien!)
Ouant a moi, j'ai la conviction profonde du contraire; j'ai la conurûon profonde que, dans un zèle excessif et mal entendu, la commission executive a mal à propos grandi la personnalité du citoyen Bonaparte, et qu'elle a laissé croire que IF lai populaire frann- pouvait être renversé par le souffle d un pygmée. {Mouvement.) l'our mon compte, je le répète, je n'en crois rien; et j'ai trop de confiance dans las institutions de mon pays, dans le patriotisme et le courage de mes concitoyens, pour ne pas être sûr que le citoyen Lonii Bonaparte eût pu trouver sa place au milieu de nous, qu'il doit y venir pane qu'il est le représentant du peuple; le lieu de son combat, ce sera la tribuuc; et permettez-moi de vous dire que ce qu'il y avait de plus politique et de plus sage, c'était de l'y convier {c'est vrai!); car enfin vous êtes tous des hommes de bon sens, des hommes politiques. Or, je vous le demande, je comprends très-bien qu'en 1840. et a une époque antérieure, le prince Louis Bonaparte. exilé qu'il était, sachant qu'en France pesait un gouvernement impopulaire, qui blessait à chaque instant le sentiment national, ail rêvé illeJ entreprises. Ces entreprises, à cette époque, je ne crains U- dire, elles étaient criminelles, car elles tendaient à faire, au uom d'une personnalité, éclater dans un pays le fléau de la guerre Mais enfin csl-cc que vous ne comprenez pas que le relour de celle situation est complètement impossible, et que si le citoyen Louis Bonaparte était assez fou, assez insensé pour rêver à l'heure qu'il est une sorle de parade de ce qu'il a fait en 1810, il serait couvert par le mépris de ses concitoyens et celui «le la postérité? (Agitation en uns divert.)
Cependant cet homme» qui a l'honneur d'être nommé représentant d'une nation aussi grande que la France, d'appartenir a ce qu il y a déplus éclatant el de plus fort, à la souveraineté populaire repré-
Lorsque UQfll dtO membres de la famille Bonaparte ont été admis au milieu de vous, la loi de 1832 a été formellement abrogée (non! non.'); car, encore un coup, si la loi de 1832 eiït subsisté, elle subsi.sierait encore, et, en vertu de celle loi, ce ne serait pas seulement le moyen Louis Bonaparte, ce seraient aussi nos collègues qu'il faudrait atteindre. {Vue voix : Ils sont admis.)
Vous les avez admis, dites-vous; mais c'est là que je vais saisir ce (pu, >uivaui moi, est Terreur de votre argumentation. Vous les avez admis, dites-vous, ces trois représentants, parce qu'ils étaient purs de tout antécédent publique, parce que, sincères dans leurs couvictions, ils sont veuus à celle tribune protester de leur dévouement profond a la République. Ce n'est donc pas dans la loi que vous avez pui-é vos motifs d'inspiration, et vous avez reconnu par là que vous aviez la puissance d'en écarter les rigueurs-, vous les avez écartées, en cl
Fli bien, pourquoi le motif d'exclusion contre le citoyen Louis
pott est-il invoqué par vous? Il l'est parce que, suivant vous,
le atoveu Louis Bonaparte a, par deux lois, troublé la trauquilliié
publique de ce pays en y apportant, au nom de je ne sais quelles
prétentions condamnées par tous, le fléau de la guerre civile.
A cela, et sous ce point de vue, on vous a répondu que ces faits existaient lors de la discussion de la prise en considération de la proposition du citoyen riétri... Ils étaient acquis à l'histoire, et ils entraient pour quelque chose dans les considérations politiques qui vous ont déterminés; Us auraient alors ému et alarmé votre conscience.
Cependant, avec la connaissant «■ que TOUS aviez de ces faits, de ces antécédents, vous n'avez pas élevé la moindre objection contre l'abrogation de la loi de 1832, en ce qui touche le citoyen Louis Bonaparte.
Il y a mieui : je vous parlais tout à l'heure d'affiches qui avaient été apposées dans Paris, annonçant la candidature du citoyen Louis Bonaparte. Il en | cl.- également apposé pour annoncer la candidature du prince de Joinville-, celles-là ont été saisies, et leurs auteurs ont été déférés à la vindicte des lois. Ouant à celles du citoyen Louis Bonaparte, vous les avez respectées, ouest-ce à dire? et c'est toujours mon argument; et prenez bien garde que cet argument, je le puise dans l'honnêteté, dans le bon sens populaire des citoyens qui ont nommé le citoyen Louis Bonaparte et qui l'ouï placé sous la sauvegarde de vos abstentions!
Vous avez «lit, le jour où vous avez fait cette différence, que le prince de Joinville était proscrit et que le citoyen Louis Bonaparte ne I était pas. Happrochez maintenant ce lait qui est tellement cou-
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sidérablc, tellement significatif à mes yeux, de cet autre que je signalais tout à l'heure, c'est-à-dire celte loi de 1899 qui n'a pas été exéculéc pour 1rs uns et que vous voudriez faire exécuter pour les autn >, si ?ooa verrez que ce que vous demandez à l'Assemblée nationale n'est ni plus ni moins que l'arbitraire dans l'exécution de la loi. {C'est vrai!) Eh bien, un gouvernement républicain ne peut pus faire cela-, c'est à lui de prévoir ce qui peut troubler la paix publique quand une grande décision est A prendre; c'est à lui de ne pas ge laisser illusionner par de fausses considéra lions; mais quand la résolution a
Iété BTètée, quand le parti a été pris, quand ce qui était la vérilé politique a été montré à la nation, quand la nation a répondu | votre appel, il ne vous est pas permis de lui dire : Niais nous sommes trompés, car l'erreur de la nation, ce serait la votre. Kt vous devez vous tenir dans les limites de l'exécutiou de la loi, du respect, de l'ordre-, vous ne devez pas vous désavouer. Ainsi L'admission des trois membres de la famille Bonaparte a effacé la loi de 1832; ainsi les antécédents du citoyen Louis Bonaparte n'ont pas été, contre lui, uu motif d'exclusion.
'tue rcste-t-il donc dans ce débat? Il n'y a vraiment qu'un sent fait : c'est celui qui s'est produit hier et dont ouest venu vous entretenir dans les termes que vous savez.
L'honorable M. l.edru-Bollin vous a dit qu'on avait saisi, dans Paris, des hommes criminels, qui embauchaient une sorte de garde impériale, profanant ainsi un grand souvenir au profit d'obscan agitateurs; qu'on aurait vu d'autres hommes qui versaient au nom de l'Empereur du vin sur la place publique-, qu'on savait que de l'argent avait été distribué.
ou est-ce a dire .'avez-vous ajouté; poutre /.-vous dire, pouvez-vous insinuer que, de près OU de loin, le eiloyeu Louis Bonaparte soil i ■uu-
»palde de pareilles menées ? ( UauvemeiU en sens divers.) Si vous ne pouvez pas te due, prenez-y [tarde, c'est une déelaraliou de suspect que vous demandez; et, dans le gouvernement républicain, ou ne connaît pas
Ide HMpecU i on ne connaît que des innocents ou des coupables, .s'il Oflocent, n'ayez pas peur des fantômes qu'on promène en son •OH coupable, poursuivez-le. (Ai/itutions et rumeurs.)
Voilà le dilemme dans lequel vous êtes enfermés, et vous n'en pouvez sortir sans taire manquer cette Assemblée à la dignité dont elle doit être jalouse, et à laquelle il ne lui est pas permis de manquer. Vuus DOUS avez dit encore que des public liions étaient faites, que dm publications ou appelai! ouvertement les factions à la ruine
de la République. Eh bien, je vous le demande, lea journaux sont-ils poursui is n'avez pas même de procureur général, vous n'avez
pal de procureur de la République. (Mouvement prolongé.) si
DISCOURS l'Ail! KMEKTAIRES.
ces journaux ne sont pas poursuivis, el je le regrette poor
iiiuiisircs qui son! assis sur ces bancs, j'ai bien peur qu'ils ne soieut encore un moyen de vous .surprendre un vote comme un coup de fusil dont on vou< a parlé [Vivu récUmaUoaii)
Il est évident que l'Assemblée don voter libre de toutes ces préoccupations, qaTeUfi ne doit voir dans lout ceci qu'une question de droit public cl une quesliou de justice.
L'honorable M. I.eilru-I5«)lliu VOUS disait que le citoyen Louis ltonaparle. n'avait pus encore fait entendre des paroles qui ■ nécessaires pour fixer l'attention publique sur BCS véritables intentions Il l'on vient fOUS dire que le riloyen Louis llouaparlc ne doit être admis dans celte enceinte qu'à la condition d'une adhésion ferme, résolue, sans arrière pensée, a la République!...
Je vous répondrai qu'un pareil tempérament, auquel, pour ma pari, je oe m'opposerai pas, me parait cependant peu digne de celle Assemblée, «t que, dès l'instant que le citoyen Louis B miparlc a élé élu représentant du peuple, il ue pourrait, sans être taxé d'infamie, conserver les souvenirs eu vertu desquels il Ici. u' reu.n droils qui, grâce à Dieu, sont éteints.
Je crois donc la précaution inutile, je la crois eu même \incompatible avec la majesté de cette Assemblée.
.le leruiiue eu von- disant qu'une des considérations qui m'ont le plus touché dans les paroles de I honorable Citoyen Lcdru-llollin, ci qui est allée droit à mon neur, « est celle-ci : que nous ne devons pas, que nous ne pouvons pas, même au nom d'un principe, engager l'éventualité d'une guerre civile dans laquelle le sang français coulerai».
Mi -sieurs, au bout des décisions des hommes politiques, il y a toujours ce que Dieu seul counall et ce qui échappe à la faiblesse humaiuc, je veux dire l'imprévu.
La véritable sagaie, c'est de le regarder avec fermeté sans sortir des véritables principes, <• 11 ne prenant conseil qim de la décision de son cœur-, et toujours, quand ou agit ainsi, l'imprévu esl résolu en votre faveur.
\ ous dites que la |;ucriv eivjlc est possible avec le vote qui admet le citoyen Louis ltonaparle ; mais vous n'avez pas rcm.ir- • p;é qu'elle le serait également avec un vole contraire. {Dénégations ft mmtnrt cNi ue s'il arrivait que les électeurs persisiassen]
dans leur choix iprèl l'annulation de l'élceliou du citoyen Usais •parte, et qu'une nouvelle élection voulut le renvoyer à l'Aow bk'\ et qu'alors des fâcheux, cas ce seraient certainement des fâcheux, s'emparaBl non plu- seulement de son nom, mus de i., volonté îles électeurs, vinssent i\ spesu enlacer une lutte
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dans laquelle la dignité de l'Assi itioaaie te trouverait com-
protnise, alors vous regretteriez no ¥Ote qui aurait établi un si déplor.ililc malentendu '• Des deux cotés, encore une Pois, il peut j avoir des perd»; mais la se des hommes d'Étal eal de les prévoir] el s'il vousesl démontra que roux donl a parle la GommtoaloD executive sent exagérée, nom He i.ouis Bonaparte a été exploité, lans une cependant on puisse saisir on Indice qui l'accuse, comment, en présence de tort ce dont nous avons été les témoins, déelareriez-vous que le m Louis Bonaparte est pour cela seul présumé conpabli d ne s'agit pas de cela!) Est-ce que nous n'avons pal vu les noms des hommes les pins lionoralde», lea noms des memln es même» de l.i Commission executive écrits par les Racheta sur une liste?... 'J' malions diverses.) Eh ! oui, nous l'avons vu ; et je le comprend», pan <■ que c'est la le procédé le plus habituel des fâcheux, de profaner el de souiller les plus beaui nom», el de »enlourer de» popularité» ]<•> mieux acceptées. Kt je vous dis qu'il est Impossible, sur une simple fiction, sur une insinuation, lorsque rien n'est prouvé, de décréter, par une mesure de suspicion, qu'un représentant du peuple ne sera pas admis. [Mouvement en sens divers.)
Le citoyen Louis Bonaparte est admis | r Assemblée national'
PRONONCÉ A L'ASSEMBLÉE NATIONALE