M NOVEMBRE IKI
Itt
deux choses importantes: les nécessites actuelles, cl, (j autre pari, les Irions de l'histoire.
\ entendre l'honorable If, de Montaleinberl. l'autorité temporelle do Pape est essentiellement liée 1 Bon autorité spirituelle II a, à cet rftard. posé très-nettement la question, ci il sera impossible aux membres du gouvernement de ne pas répondre à son interpellation.
Etoifinl lui. les instructions qui ont été djnnées à rhonoi .< i>!«: II. de Corcelles sont lUMil'fisanlo ; elles sont obv uns, elles prêtent à l'équivoque. M. de <. on elles ;i reçu mandai de protéger la personne du Pape; mais s'il arrivait que la personne du l'ape n'eut plus besoin «le protection, m nom arrivions après ffl n '•eoiieili îlinn, l'honorable M. de Monlalemberl a très-bien senti qu'il y avait, dans son opinion, un pas de plus à faire, quelque chose à tenter au (fait i-dire qu'il y avait à rétablir le Pape dans les prérogatives donl la j urnée du 16 novembre la dépouillé, et dans la pensée de l'honorable M. de Montalembert, ces prérogatives se lient d'une manière • l »lue au pouvoir spirituel du Pape-, .supposer uu instant que le Souverain Pontife en soit privé, c'est atténuer, annihiler, pour ainsi dire, son caractère spirituel.
Messieurs, je proteste de toutes mes forces contre une pareille doctrine; je dis qu'elle est contraire aux leçons de l'histoire; et que l'honorable M. de Montalembert me permette de le lui dire, en l'entendant, il m'a semblé qu'il confondait, jusqu'à un certain poiul. Charlcmagne avec Jésus-Christ. C'est de Jésus-Christ , c'est de saint Pierre qu'est sortie la ligne non interrompue des pontifes, dont Pie IX est le glorieux successeur.
Kl quel esl l'intervalle qui s'est écoulé de Jésus-Christ à Charle- •i plus ni moins (pie neuf siècles, qui ont été suffisamment remplis
li i SUtflul membres. Huit siècles.
Le citoven Jules Favre. Huit siècles, si vous le voulez; mais c'était le neuvième, vous me pardonnerez de parler ainsi : c'est une erreur qui d'ailleurs a peu d'importance. (Rumeurs.)
Bl sous voulez que je sois précis sur les Faits, je répondrai que ce rail pas à Charlemaftue qu il faudrait même attribuer le fait dont il esl question, mais à son prédécesseur Pépiu, qui a été l'auteur de la donation en faveur du Saint-Siège. {C'est irai!)
Mais, comme il arrive que la gloire du fils peut éclipser celle du père, c'est à Charlcmagne qu'est revenu le mente d'avoir le premier appuyé sur sa puissante épée la donation qui avait été faite par son père, et je ne crois pas qu'il y ait d'erreur historique à faire de Charlcmagnr le fonda leur de la puissance temporelle du Sainl-Siéjjc.
Mats si vous voulez, messieurs, que je sois exact à une année près.
i>i.m;oi us parlementaires.
je dirai que sept cent cinquante-trois ans se sont écou'és depuis Jésus-Christ, HUIS que le Pape frit autre chose qu'un evêque, le premier évoque «le tous, le chef suprême de l'Église, le chef anpréme «le la foi eatlioliqin'; et que M. de Montalcmbert me permette d'ajouter que ces huit lièclcs, qui se s>n( ;iin«i ËCOlllés, Mil élé BIOS doute les plus illustres pour h papauté (Irèt-bicn!), et si M. de Montalcmbert, qui GODIiall aussi bieu que moi l'Iu^ioirc, veut se reporter aux deux siècles qui ont suivi, e 'cst-a-dire aux deux siècles pendant lesquels la papauté a eu a se faire accepter comme puissance temporelle, an milieu des couronoes qui la jalousaient et se la disputaient comme un misérable lambeau, il verra que ces deux siècles ont été remplis nonseulement de sang et de larmes, mais eucore de crimes et que les criminels ont quelquefois été revêtus de la titre. (Trh-ùi<n.'\
Qtt'Ofl ne vienne d >uc pas dire que le pouvoir temporel est essentiellement lié au pODVOir spirituel. Je n'ai pas miSSÎOO, grâce à Dieu, de m'espliquer sur la question ndontabh qui a été posée à la tribune par rinmorahlc M. Ouinel. Les fuis «pie QOBS avons a examiner ne nous conduisent pas a ces nécessités. Mais pour démêler l'intention véritable du gouvernement, j'étais bien aise de rétablir ici, dans sa netteté, et permettez-mot de le dire, dans sa pureté, la distinction qui ,1 été posée par l'honorable M. Lediui-Rollin, qui n'a pis voulu confon Ire le pouvoir temporel et le pouvoir spirituel.
Ce n'e-l «loue pas une question catholitpie; c'est uue question qui est à la fois italienne et française; il est impossible de la « onsidércr au i renient
I II bien, revenons à la distinction que j'ai posée en commençant
D servations Je me demande, messieurs, en présence «les laits
ijui vous sont connus, s'd était du devoir du gouvernement de
mettre cette précipitation à intervenir dans les affaires d'Italie, et
surtout à y intervenir avec le but qu'il a déterminé.
I.'lion oubli M. Ledru-Rolliu vous l'a dit avec raison: a I se assemblée qui ne respecte pas la constitution «|u'cllc a faite ''ecccod vite dans resttme «lu peuple. ■ F.li bien, messieurs, la constiti s'csl expliquée très-nettement sur le cas «pu I été résolu parle BM> vernement. ■ Le président ne peut pas déclarer la guerre. «
lu voix. H ne l'a pas déclarée.
Le citoyen Jules FaVRI Le prés dent ne peut pas commettre un fait «le guerre, car un lait de guerre, c'est uue déclaration et et en armes ; le président ne peut pas commettre un fait de guerre, sans l'assentiment d«' P Assemblés nationale. Sans doute 11 peut exister (elles circonstances uii le ReJoJ public, qui est la suprême lu, dégage Celui oui a l'honneur d être revêtu de la première m •gisiralure «le !.. république de ces liens de la constitution; et sien il vient immé-
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diatemcnt, mellaut eo jeu sa responsabilité, rendre compte 'le sa conduite à l'Assemblée, Mais ici, messieurs, cet ce que les circonstances étaient telles?
Le chef du gouvernement fol dans la nécessité, sans en avertir inblce.d'ord muer qu'une expédition quitterait immédiatement les eaux «le la F rame pour se transporter à ( lUla-Verchia. Noos n'avuiis pour juger Celte qneStfOO de 'ait (|ue les dominent^ qui ont été nus à notre disp )-Hiou par M le ministre dos Affaires étrangères.
De ces documents, que résulie-i-H? Qu'une émeute a éclaté a Rame
J<' n'.n pas ici, messieurs, a en rechercher le raraelére : cela M
inutile à ma démonstration; mais ce qu'il y a «le positif, c'est que cette émeute a été suivie d'une adhésion du l'ape et de la formation d'un nouveau ministère.
lYrinelii /-moi, messieurs, de remettre sous vos yeux un paSBajUI daa dernières dépêches de M. d iiarrourt, qui écrirait de Romi
'lu iê novembre, el annonçait à M. le ministre des Affaires étrangères que la tranquillité était rétablie à Rome.
Dana cette dépêche, M. oTHarcoiirl annonce quelle est la comioo * 1 11 cabinet; et en vérité, messieurs, ceci pourrait être un point a88r2 unie a étudier: la composition de ce ca inel, pour tontes les personnes qui connaissent l'Italie, serait très-rassurante; à la téta de ci se trouve un ecclésiastique, un prélat qui,
tout le monde le sait, appartenait cl appartient encore au parti
IIIOlli
S i ni ensuite un h mine c MOU de tonte l'Italie, M. Mamiani, d'une
faiiiilc noble de Rome, qui a connu IY\il ni France, mais uni, BU
i'a pas puisé, je le présume, des leçons dfl désordre et
d'anarchie, M Mamiani qui, comme M. de M.vsanarelli, appartient,
4ii \n ii su de tout le monde, à la fraction modérée.
cabinet, messieurs, a été accepté par le Saint-Père, cl raid
dans quels termes M. l'ambassadeur de la République française
ite la fin de la lutte : il dit que la Chambre haute sera dissoute,
que les Suisses seront congédiés (non pas seulement ces quatre-vingts
irdj dont M. de Monlalembert voua Taisait tout à l'heure la
peinture, ces qu alre-vin^ls vieillards, je lésai VUS, et j'affirme à .M. de
Mmitalrmhni que je n'aurais pas voulu attendre leun hallebardes,
surtout quand ns hallebardes tirent des coupa de fusil) ; les Baisses
thés ; ci la ôti h demandé par le peuple italien, personni
ponm le trouver m.. mais assurément.
« Le Pape, ajoute l'ambassadeur, sans faire de protestation officielle contre ce qui vient de se passer, n'a pas laissé ccpciidaul dr témoigner qu'il cédait a la violence. «
nets ce passage sous les yeux de l'Assemblée, parée qu'il peut,
DISCOURS l'.MtLKMENTAIRES
jusqu'à un certain point . mYlrc opposé comme une objection, et toui à l'heure f\ rois revenir.
L'smbessadeur ajoute :
[.v. corps diplomatique est incertain
L'ambassadeur croit convenable de se tenir sur la réserve jusqu a ce que le ministère ait pris couleur. qu il ait moulré la conduite qu'il veut tenir a l'égard du Pape, .l'en al p;irlé en ce MHS, dit-il, a mes collègue-, qui tous ont partagé mou opiuioii -, et l'ambassadeur ajoute qu'il attend (tel instructions.
YoUl le demie* étal de la question; je ne dis pas le dernier à l'heure qu'il e>t, Ctff aujourd'hui n ms savons que le Pape csi oonseulenieut en surde, mais m liix-rte; nous MVOOS qu'il I accepté le iiniiic qui assurément n'a absolument rien de révolutionnaire. il ik: peut nullement fane croire que le Pape est sous le poigu ni des assassins] mais Je me place ici dans la ittuatioo du gouverneun-ni au moment où il a reçu les dépêches de notre ambassadeur, et je demande s'il \ arail là quelque rliose de tellement urgent, de lellrmenl impérieux, de tellement nécessaire, que le gouvernement dm se passer de consulter l'Assemblée.
Quant à moi, j'avoue eu toute humilité de conscience qu'après avoir recherché quelle pouvait être la raison p.iur laquelle le gouver nement n'avait pas consulté P Assemblée, je n'en ai trouvé qu'une bonne, c'est que le gouvernement était sur que l'Assemblée oc lui donnerait ptl son assentiment. Il ue peut pas y en avoir d'autres.
Duc dépêcha et! arrivée samedi ou dimamlie, n'importe : quaud bien même elle sérail arrivée dimanche, c'est-à-dire un jour où fAsseiilbiee n'était pas réunie, je le répèle, les circonstances u étaient pas tellement pressantes qu'on dut prendre un parti aussi exorbitant. c'est-à-dire celui d'une déclaration de guerre pour une expédition contre Home. (Htrlamations nombrnues.) Ou me dit (pie c'est une erreur. Je ne .-ai s pas eoiiiineul une assemblée fraoçaise prendrait l'inverse de la position, c'est-à-dire une annonce, laite dans une Chambre anglaise, par exemple, que des eaux de la Tamise vient de partir une Hotte qui est destinée à pourvoir à la sûreté d'un prime français qui a eu le malheur de ne pas comprendre la volonté di peuple! (Exe la mutions diverses.) Quant a moi, je suis convaincu que la dignité et l'honneur de l'Assemblée française protesteraient, et quille prendrai! nue pareille annonce pour une tic» laraliou de guerre. (Dénégations nombreuses. — Marques d'approbation à gauche.)
Mais, quoi qu'il en soit, et sans vouloir ici, pour le moment, préjuger la portée de la mesure qui a été prise par le gouvernement, je ne saurais trop Insister sur cette considération que rien ne le contraignait, car, après avoir donné ces détails « l'ambassadeur est
:in «OVKMBRF. IKI8.
le I le m c ii i rassuré qu'il ajoute deux choses. Il dit d'abord qu'il est pos-ible que les événements qui vicnocnt de s'accomplir retardent te GOUàstoiffi où diuveut être préconisés uos évéques. Ainsi le sort du Pape n'est plus en question, il u'est plus menacé par des factieux; ou songe seulement <[oc te cérémonial pourra èlre retardé, de quelques jours. Kl puis la dépêche Bfl termine par îles détails de salubrité publique sur le choléra, mais, dans les trois déptVhes de l'ain' assadeur de la llépubliquc, je vous défie de trouver nou pas mie parole précise, mais une insinuation de laquelle vous puissiez conclure : d'uoe part, que l'intervention ait été, je ne dirai pas demandée, mais seulement désirée par le Saint-Père; et d'autre part, que, dans lopuuon de notre ambassadeur, l'état daus lequel se trouvait le Pape pui nécessiter cette intervention.
Y.ui.i «I mu que, malgré ces trois autorités, celle de l'Assemblée rd, vous me permettrez de la placer la première, celle du Saint- Père, qui n'a pas été consulté ou qui pourrait bien être mortellement froissé de votre empressement [murmures), et celle de votre ambassadeur, qui ne vous indique pas que l'intervention CSl aécea- *airr, vous faites immédiatement partir trois ou quatre frégates à vapeur avec trois mi le cinq cents nommas,
UBl à moi, je n'ai pas à rechercher quel a pu être le motif du gouvernement II me suffit, la constitution à la main, les dépêches <ie M. il llarr.ouri à la main, de prouver que les circonstances n'étaient pas telle- que la constitution dot cire iiioniniiauémeut écartée, pour établir ru même temps que le gouvernement a évidemment çsxéd .ii-.ni- Mouvements en sens divers.)
Maintenant j'examine quelle es! la position que le gouverucineni a faite à 1 Lssemblée, a la France, par cette précipitation que je considère comme inopportune et comme dangereuse.
Tout a l'heure, l'honorable M. de Montalcmbert vous disait que les Instructions qui ont été données à M. de Corcclles étaient insuffl-
» feules; quant à moi, je les considère comme n'étant pas suffisamment les, <m je désire que le gouvernement fisse entendre des explications qui rassurent complètement l'opinion, cl qui établissent •nielle sera la mesure des actes de M. de Corcclles, non plus seu.cmeut eu vertu des instructions qui lui ont été données , mais eu verlu «lu vira et «le la volonté de l'Assemblée.
M. d lies, suivant les instructions qui lui ont été remises,
aurait été chargé uniquement de pourvoir à la sûreté du l'ape, et il a
té expliqué à la séame de mardi, par M. le président du conseil,
M. de Corcclles avait reçu pour mission de u'iulerveuir en rien
dans la politique des Étals romains, M. de Montalcmbert a trouvé
que la chose était impossible, et vous allez voir, messieurs, que
1 S PAUL I M E N T A I 1 I s
l'.irnvr eXiCtcmenl i la même opinion cependant, par un autre chemin r je <li«- que II dbtfnctioo qui a été tracée à M. de Coi est tellement délicate, telfemenl difficile I observer, mu née*
renient, et dans une foule d'hypothèses données, M. de Correlb -. malgré son bon vouloir, sera forcé de (ntreher nu Dette ligne politique qui lui a été interdite.
En effet, qu'a-t-on dit I M. de Correlbs ' Rendes-VOBB à Humf. de votre personne-, voyez avec l'ambassadeur françajs OjtteBè est In situation du Pape-, si le Pape, dans un cas extrême, désire se mirer sur la terre française, déclarez-lui que l'hospitalité lui sera accordée (ce que tout le monde eomprend); mais déelarez-lui en même temps que vous avez avec TOUS, derrière vous, dans les eaux de Civita-Veccliia, tout prêls à débarquer, trois m lie cinq eenls Français qui valent de nombreux bataillons Italiens et qui sont prêta I maintenir vos démarches. -
Voila quelle est la mission de M. de Correlles, et, bien entendu, les Instructions diplomatiques sont toujours, permettez-moi ce mot trivial, grottes d'imprévu II est Impossible qu'un afjcnt de la llépubUqnc française, qu'un représentant, qu'un membre de l'Assemblée nationale puisse être arrêté par une petite difficulté qui se |><
dans raccomplisscmeul de sa mission. Si celte difficulté K présente, qu'on s'en rapporte à son Intelligence et â son patriotisme; C'est l'esprit des instructions qui doit le déterminer. Kb bien, cet esprit, c'est celui-ci : que, si à son arrivée à Home, par on motif M par un autre, l'agent de la République française trouve la Sûreté dn Pape compromise, il doit pourvoir à cette sûreté, même par les moyens militaires, nui sera jujjc, messieurs, de la sûreté du Pipe? Probablement, messieurs, le Pape lui-même; car je ne pense pas que, mis ainsi en conférence avec un aussi auguste personnage, M. de Correlles puisse un instant contester le danger dont le Pape pourra IC Croire atteint, lorsque le Pape sera le premier a l'affirmer. \ oila
donc l'agent de la République française, voilà les quatre frégates à
vapeur et trois mille cinq rents hommes mit BUS ordres de qui I Vin ordres d'un prince italien, et ce prince n'a qu'a donner un signal pour que le débarquement s'effectue famrmujvf ft déntyatiomi) ; il n'a qu'à dire, messieurs : Ma sûreté personnelle n'est pas entière. J'ai protesté contre le ministère que j ai accepté, j'ai protesté contre les mesures qui m'ont été imposées ; jr ne suis pas libre, je désire sortir de ma capitale. Que fera alors M. de Corcclles?
Ici, messieurs, se présente une difficulté delà nature la plnsgtute, qui n'a pas été prévue textuellement par les instructions, mats qui, évidemment, est résolue par leur esprit, -le Suppose que M. de Cor- Celles, en arrivant devant Home, trouve les choses dans létal ou elles