‹ Discours parlementairesChapitre 25 sur 57 · IT · texte numérisé non relu

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maintiens ici dans toute la rigueur de l'expression, elle a été le défenseur de Ja société et de la première cité, de Paris, les ctuhisics se sont retirés atterrés, sans donner cours à leurs projets. (.l/o«rr-

ment.)

ouant au 10 a>ril, je n'ai pas besoin d'entrer dans des détail- et ÉB nous dire que c'est précisément par les clubs que nous utt informes, jour par jour, cl dans toute la semaine qui a précédé le Mi avril , car daus les clubs on met plus de temps a K décider que dans les Bûdétés secrètes, et outre qu'on se décide au grand jour, après des] déclamations passionnées, qui quelquefois font évanouir en fumer les projets des conspirateurs, mi se décide lentement : nous étions donc informes.

Le 16 avril que s'esl-il doue passé7 qu'a Fait le Gouvernement pi-.ivisoirc? Je demande pardon de ces souvenus au\ inemlu'i 1 du fiouvernement provisoire: ils savent que je m« Hltfl associé a tous leurs efforts, à toutes leurs pensées, par mon travail, par mes efforts, par mes pensées. Le 10 avril, nous étions informés-, la garde nationale i été umvoquée. Et devant tette paix armée de cent cinquante mille hommes qui étaient là pour défendre l'ordre, que sont devenus les ilu!n>tes' Les elnbistes, messieurs, se sont changés eu manifestations iques venant apporter au Gouvernement provisoire L'offrande

-le du travail, et cette journée, qui -'annonçait si menaçante, n'a pas vu éclater un seul désordre. Dites donc , messieurs, qu'il est impossible de gouverner avec les clubs quand nous vous citons de panda exemples •' et à ceux-ci , qui peuvent paraître décisifs, il faut joindre l'exemple du 15 mai. [Ah! ah!)

Vous me direz qu'il est trés-mal choisi, je ne veux pas le discuter, et iota pourquoi : c'est que les hommes qui ont pris part à cet Ittfll i.ii -ont actuellement en jugement. L'Assemblée comprendra la réserve de mes paroles ; seulement l'Assemblée n'a pas oublié ce qui

i appelé tvec tant de justesse par M. le rapporteur, que le lendemain, c'est-à-dire le 16 mai, quand l'Assemblée était tout entière frémissante d'indignation pour les outrages dont elle avait éle victime ■die, un liouorable membre de «clic Assemblée monta à la tribune . c'était le précurseur de M. le ministre de l'Intérieur actuel, actuel, rar le ministre d'Intérieur d'alors n'était pas M. I.éon Faucher, le ministre d'alors ne ressemblait pas à M. le ministre de l'Intérieur ai iml, comme je vais vous le prouver, l'honorable M. Isambcrt

i à cette tribune, et il demanda précisément ce que demande M. le ministre de l'Intérieur, c'est-à-dire l'interdiction des clubs.

e passa-l-il? L'honorable M. Isambcrt sollicita, par ses paroles, par ses gestes, par uu regard, quelque appui dans cette Assemblée ; l'honorable M. Bûchez fit voter : personne ne se leva, pas même

DISCOURS PARLEMENTAMES

M. le ministre de l'Intérieur actuel, M. Léon Faucher qui était à la séance. (lUtea) II raui 'loue reconnaître que, le 16 mai, et la date est pr< rieuse, l'honorable M Léon Faucher reconnaissait qu'il était possible de gouverner avec les clubs

Le citoyen Léon Faucher, minisire de l'Intérieur Pas do tout.

I.c citoyen Jules Favre. Si l'honorable M. Léon Faucher ne le reionuaissait pas, je lui demande, d'une part, comment il n'a pas trouvé, dans sou initiative parlementaire, le courage de faire nne proposition inirrntpiion), et, de l'autre, comment il a abandonné dm son isolement l'honorable M. Isamberl, qui n'a même pas eu un vote charitable en sa faveur.

Le citoyen Sjaviii». Il ne fallait que cinq voix pour la prise en considération.

Le citoyen Jules Iamo Ainsi, au l<> mai, on ne pensait pas que les clubs dussent être interdits, puisque le gouvernement uc le prol>i>s<i! pis, et que la proposition de l'honorable M. Isamberl n'était appuyée par aucun des membres de l'Assemblée.

Ir ne veux pas, messieurs, taire allusion a d'autres événements do < elle histoire de quelques mois; cependant il y a un point sur lequel il est impossible que je ne m'arrête pas un instant, car ce point, c'est rooft-méme*, c'est votre conscience, votre dignité, votre honneur, votre ifteftrioo.

Après les déplorables événements de juin, le minisire de l 'Intérieur. I honorable M. Senard, Bfl taisant l'organe de son cabinet, voit ner i relie tribune un projet de loi qui réglementait les clubs .le ne veux pas mettre ce projet sous vos yeux ; mai- eoBstdéru bien Ici termes de l'exposé des motifs, les termes du rapport qui fut fait par l'honorable M. Coqucrel : dans cet exposé des motifs, comme dans le rapport, on protestait contre toute pensée d'une atteinte qui b onque portée au droit de réunion, au droit de club; le droit de club est si bien maintenu, que le mot club est écrit dans le titre et il ois les dispositions de la loi.

Il a donc été entendu partout, au moment où l'on présentait le rapport, où l'on dlft niait que les clubs devaient recevoir une consrcration et, en quelque sorte, une existence léjjale.

nu a f;iii relie loi? Klle | établi la responsabilité de tous ceux qui fondaient des clubs, la publicité des séances, l'assistance forcée d'un fonctionnaire publie, qui était là, non pas pour rendre compte au\ ministres de ce qui «\ passait \ nooi savons tous qu'il- n'ont pas besoin d'un CUHlilaaaJH de police pour cela; mais comme une sorte de représentant de la société, devant glacer d'effroi les méchants cl arrêter sur les lèvres des deelamateurs les discours incendiaires.

Il M 1RS 1849. 175

\ oilâ le rùle du commi^.nn! de police.

La loi, qui, sur ce point, était une loi parfaitement sape, définit cl classe les délits et les crimes qui peuvent être commis dans les clubs ; il> v.nt frappés de pcoalités sévères, et même, 0e qui est plus imporlanl, il ce qui, à un certain moment, peut être une moure «le police excellente pour le salut de la société, on peut provisoirement, dans I. » viugt-quatrc heures , fermer un club, sur la simple décision sans appel de la chambre du con-nl

\ oilâ ce qui, ai 28 juillet 1818, était réclamé par les exigences : voila ce que vous avez déclaré, voilà ce que vous avez jugé su frisant.

Je demande si cela a suffi. Non-seulement vous l'avez déclare par la loi du 28 juillet ; mais, ainsi que je vous le disais tout à l'heure, et il est nécessaire de le rappeler, la constitution a été volée sous l'empire de la loi du 28 juillet, et celte loi n'a reçu ni de la discussion ni du vote de la constitution aucun amoindrissement.

Il y a mieux. Cette loi a été consacrée par la constitution, d'abord parce qu'on n'y a pas louche, il en second lieu parce que l'article 8 de la MtlSlltUtioD écrit, sous l'empire de la loi du 28 juillet, que le droit de réunion devait être respecté. Il est donc certain que vous avez décidé en dernier ressort, et que la loi du 28 juillet, jusqu'au 20 janvier 1840, a suffi à tous les besoin! de la société. Je me trompe. Dans cette période, vous le savez, s'est accompli un grand événement. La nation française a été appelée, à la face de l'Europe, qui avait méprisé jusqu'il I h Forme républicaine, à montrer par sa sagesse, par le calme de son altitude, qu'elle élait digne de l'émancipation qu'ont décrétée dateurs On avait prédit que des tempêtes se déchaineraieul malheureux pays, et vous n'avez pis oublie" les discours éloquents dont cette tribune a relent i lorsque l'Assemblée, une fraction de l'Assemblée, dans une intention patriotique, je n'en doute voulait garder en ses mains le privilège de la nomination du président de la République.

Eli bien, la sagesse du peuple, la force île nos institutions, et Dieu auvsi qui nous protège, ont permis que toutes ces prédictions fussent vaines, et la nomination du président, faite par 8 millions il électeurs, qui ont concouru à ce grand acte civique, n'a été accompagnée

nom désordre sensible; et cependant cette nomination, vous le z, elle a été faite avec la liberté Illimitée des clubs.

Je disais qu'a cette époque un fait s'était passé qui doit être rappelé; le voici : c'est que M. Inifaure, alOH ministre de l'Intérieur, répondant à une interpellation qui lui était faite sur l'état de Paris, un dont.: sur la suffisance de la loi du 28 juillet, et vous avertit que si dans sa prudence il jugeait nécessaire, au moins pour ce

droit, il n'hésiterai!

moment de fièvre de l'élection, de re |i;is I apporter un projcl de loi en forme

A ce fait, j'ai deux réponses : la première, que M. Dnfaurc en est resté à l'état de doute, et que l'élection s'est accomplie à l'ombre de ce doute; et l'honorable M. Oufaurc eomprend trop bien sesdev<»trpour être demeuré dans «et état passif, si la société eut exigé un mnède plus héroïque.

La seconde réponse... (j'ai besoin de votre indulgence pour la faire avec toute franchise î nuis c Cl encore Eca de l'histoire eonlemporaine, de l'histoire d'hier, c'OSl «jurri vérité, a l'époque à laquelle je fais allusion, le patriotisme, les passions civiques, tout ce qui se passe de myslèrienx dans le cœur de l'homme, au moment où il c.»i l'empire d'un grand sentiment, avait plus ou moins, je ne dirai pas troublé la raison publique, mais l'avait au moins animée, et qu'on était à cette époque capable de discours ■!< pensées, peut-être même d'actes qu'on ne se serait pas permis dans un moment d'imparti. dite et de réflexion.

Eh bien, si tous Dom KVDfifl été MHU L'empire de cette loi, camnicnl vous étonnerez-vous (jue les classes qui n'ont pas rcc,u l'éducatiou de ceux qui siègent dans celle enceinte aient été pénétrées des mènes sentiments, il que re- sentiments se soient traduits par manifestations dont quelques puisâmes ont pu n'alarmer! C'est là une \énlé élémentaire. Il cependant l'honorable M. iHifaure a voulu respecter jusqu'au bout le droit de réunion ; cette loi dont il nous M m menacés n'a pas été portée à la Iribuue. L'élection s'est laite, et la liberté des clubs n'a pas été restreiute. Est-ce que celle expérience i pal complète cl décisive? Est-ce qu'après avoir ainsi navigue lu uiviiMincnt à travers tous ces écucils, la France pourrait élr< itmnée, aujourd'hui qu'elle csl arri\ée ,111 calme, qu'il lui est permit d'cspér* r îles jouis meilleurs, qu'elle voit l'horizon s'éclaircir, « que la Fram e -er.iii condamnée, précisément parce qu'elle est plus forte, à voir diminuer ses libertés?

Permettez-moi de le dire -. il y a dans notre pays une malheureux inconséquence, un penchant à l'exagération en toute chose. Lorsque la société Sll dans l'état d'anarchie le plus complet, ou lâche toutes les écluses, il n'y a ni mesure ni restriction pour la liberté; cl aussitôt, au contraire, que la société revient à l'ordre, aussitôt que le travail renaît, que les ambitieux son! MM action, alors on restreint la liberté, semblable au marin qui mettrait tontes voiles dehors dans la tempête et les carguerait quand il fait calme. (Tns-t,irn' irct-bien!)

Cela n'est pas gouverner. C'est rentrer dans les vieilles voies du plSSé, Nom allons voir où ces voies conduisent, à quels dangers.

Je crois, messieurs, que la démonstration à laquelle je viens de me

livrer sera prise en sérieuse considération par l'Assemblée-, car si, après avoir prouvé qu'interdire les clubs, c'est nier la révolution, c'est violer la constitution, j'ai également établi que l'expérience qui a été faite de la liberté illimitée des clubs jusqu'au mois de juillet 1848, de la liberté restreinte depuis cette époque, esl une expérience suffisante pour la société, et qui lui permet de ne pas craindre l'exercice de celte liberté, j'ai beaucoup fait contre la loi soumise à votre sagesse

Cependant je n'ai point fait aaseg s'il peut rester dans quelques esprits un doute sur l'excellence du moyen qui est proposé par M. le ministre rie l'Intérieur, et si vous pensez que, depuis le mois de juillet 1N1H, se soni développés des éléments de désordre tels que la lélé ne puisse plus vivre avec la législation de cette époque, et qu'elle soit dans la nécessité d'en aggraver la rigueur: c'est là l'examen auquel je doil me livrer, et je demande à l'Assemblée quelques instants d attention encore. (Parlez! parlez!)

Je dis, messieurs, qu'il est indispensable que If. le ministre de l 'Intérieur vienne établir que la société est lourmeuléc par des désordres qui n'ont point été aperçus jusqu'ici encore, qui n'existaient pas au 28 juillet 1818, et contre lesquels la législation du 28 juillet 1848 est Inefficace.

Kli bien, jusqu'ici, M. le ministre de l'Intérieur ne nous a pas donné le- renseignements qui avaient été promis.

I of-quil a communiqué avec la commission qui avait été chargée d'examiner la question d'urgence, qu'est-il résulté de cette communication? nue les clubs avaient sensiblement diminué, et cela se comprend, car plus la société est calme, plus la tempête s'éloigne, plus les besoins d'agitation soni rares, plus ceux qui la propagent risquât de prêcher dans le désert | Tris-bien!)

Et je puis dire, non pas peut-être comme un axiome, que la multiplicité des clubs esl en raison directe, non pas de la faiblesse du gouvernement mais au moins de l'agitation de la société. Eh bien, la société arrivant à ce degré où nous voulons ions la conduire, les clubs ont du nécessairement diminuer ; c'est ce qui a été constaté par le travail des commissaires. Il a été constaté de plus que les délits qui ont été commis dans les clubs (il devait en être commis nécessairement) ont été sévèrement réprimés, que la justice n'a pas manqué à sa mission, qu'on a prononcé jusqu'à cinq années d'emprisonnement contre un orateur qui avait prêché des doctrines subversif La loi est donc exécutée, la loi a sa sanction ; la société se calme; le nombre des clubs diminue, et c'est ce moment que M. le ministre de l'Intérieur choisit pour faire la guerre â ces clubs qui vout mourir. qui diminuent leur nombre, dont les tribunes sont de moins eu moins

violentes ; on ne peut se défendre d'un soupçon qui approche de ma pensée: nous sommes à la veille des élections-, la société est calme ; ou a besoin d'a;;itation. {A gauche: Oui! oui! — Très-bien!)

lis que c'est un sou prou, et je ne veux pas le développer, je DC contente de l'indiquer; et, dans ma conscience, je suis couvaiucu que telle n'est pas l'intention de M. le ministre de l'Intérieur rira à gtiuf/it); mais il est impossible que cet acte ne soîl pas jugé ainsi m

dehors, et un homme d'Étal ne doit pas seulement se soucier de ses intentions, Dtalfl se préoccuper de la manière donl il sera jugé, car sa est l'opinion ; s'il offense l'opinion, il conspire contre lui-même

Eh bien. ssienrs, il est impossible de ne pas avoir cette idée en

voyant la société troublée par ceux-là mêmes qui devraient la défendre : car vous vous rappelez l'histoire du 25 janvier. Le 25 janvier ou l que je sache, Taris jouissait de la plus profonde tranquillité uns lit signalé aucun nuage à l'horizon, rien qui pot faire présager un orage le 20 janvier. La loi est apportée dans celte Chambre ; le tB janvier vous savez comment nous avons délibéré derrière une triple ceinture de fer et de feu. nui avait donc mis tontes CCI passions CU uiouveineul F La loi SUT les dBbs! Inlrmrplhm.)

Depuis, ainsi que je le disais tout a l'heure, M. le ministre de l'Intérieur ne nous a pas iudujué les désordres nouveaux qui se sont manifestés dans la société, et qui exigent que vous fassiez le sa< : du droit de réunion.

Je sais bien que, très-différent de son collègue, M. le ininistrt Finances, qui est venu prononcer à cette tribune, avant-hier, un discours qui était, je me suis permis de le lui dire, et je demande l.i permission de le répéter, c'est l'expression de ma pensée, qui était le meilleur coup de canon tiré contre les ennemis de la République, je sais, dis-je, que, différent de M. le ministre des Finances, qui prononçait à cette tribune des paroles de conciliation, d'espérance et de i, M. le ministre de l'Intérieur ne fait, entendre que des menaces et des cris d'épouvante. (A gauche : C'est irai!)

Je ne sais comment M. le ministre de l'Intérieur voit la société; mais probablement il la voit peuplée de brigands qui la menacent iucessamment ; car, dans le journal officiel ce sont sans cesse des annonces de troubles qui ont éclaté sur différents points du territoire. Il est vrai, messieurs, que ces troubles ne valent que par leur accumulation, et qu.\ prit BD détail, ils sont assez méprisables ; c'est, d'un côté, un bonnet rouge ont a été enlevé du haut d'un bateau, ce sont des hommes ivres qui ont crié: Vive la République démocratique et SOdale 1 //''■,- ,N/>,'ion.)

le ne sais pas, messieurs, si M. le ministre de l'Intérieur veut faire peur à la France, mais il est très-possible qu'en jouant ce jeu, il se

Mil siocèremcot fait peur a liiî-niriiie -. quanl à moi , j'en suis COO- \;iincu. (/lires à gauche.) Kl le Moniteur, que je respecte, dans sa partie officielle, qui s'arme en guerre tous les deux jours, me parait ressembler très-tort | un chevalier errant qui se couvre de fer et prend une épée de trois pieds, et tout cela pour tuer uue mouche. (Xouveaux rires.)

«.niant à moi, je proteste contre ce lystèBC d'intimidation et de dénigrement de mon pays. La France est avant tout le pa\> de l'ordre, du travail et de la paix, et ce ne sont pas les articles du Moniteur qui pourront la mettre eu désordre, j'en suis convaincu IUML

BnflO quel est donc le danger? .le le cherche, et je ne le trouve pas. M. le miuistre de l'Intérieur, dans un des dJBCOBM qu'il a prononcés i cette tribune et qui était précisément relatif à l'épisonY fin 19 janvier, est venu apporter des procès-verbaux, desquels il résilierait «pie, dans l'intérieur de certains clubs, et probablement les orateurs ont été poursuivis cl puuis. ou aurait fait entendre des préions déplorables, on aurait attaqué la propriété et la famille, signalé certaines classes de citoyens à la haine et au poignard des autres. C'est donc, messieurs, le sncialMiic en face duquel nous nous trouvons : c'est là Vin/amie, c'est ce qu'il faut écraser. [Interruption.)

Messieurs, je ne veux pas abuser ries moments de l'Assemblée. (Parlez! parlez!) Cependant j'aurais besoin de lui dire ce que j( pal trouvé jusqu'ici l'occasion de faire, ce que je pense du socialisme. [AAi ah!,

J'avoue, messieurs, qu'après tous les livres qui ont été écrits, après tous las discours qui ont été prononcés, j'en suis encore à comprendre ce que c'est que le socialisme, et je crains que le socialisme ne soil une immense et flasque hyperbole qui a servi aux uns à cacher leur faiblesse et leurs vieilleries philosophiques, et aux autres leur conspiration contre la liberté et la République. Le BQCJalhma a été une espèce de monstre qu'on a armé de griffes et de dents pxin ht>. afin de se donucr le plaisir de les arracher au vu et au su de toute la nation (/lires à gauche.)

Le citoyen Bokjean. Mais lisez donc le Peuple!

Le citoyen Jules Favre. L'honorable M. Bonji-an rnc fait l'honneur de ra'interromprc. Je n'ai pas entendu sou interruption; mais je déclare que je vais lui prouver qu'il est aussi socialiste que moi, que nous Boni.

Je disais que le socialisme était un mol complexe, se prêtant a toutes les exagérations, à tontes les formes, à toutes les réputation! dont on l'était servi dans différent s desseins, et j'ai essayé d'eu sigualcr les deux principaux.

\ ou- savez, messieurs, que, lorsque la révolution de Février a éclate,

certains hommes et tous, je le déclare, nous n'a\ uns qu'un sentiment . qu'une iiiioiition, quelles que soient a cet égard DM opinions politiques, «'«si «le faire que notre patrie soit grande, forte et prospère, tout le monde sur ce point ttl du même avis; niais enfin, le len<l ••main de la Kévolulion, certain- hommes ont dit que cette résolution était exclusivement politique; il y en cul d'autres qui ont dit et imprimé dans leur profession de foi que la révolution était à la fois politique et sociale.

Sur quoi les premiers se sont effrayés, et ils ont pensé qu'une pareille formule était dangereuse pour le repos public.

Je demande la permission de vous dire que les uns et les autres Étalent dan- l'erreur; je dis que c'est là uue vainc distinction-, que la politique est essentiellement sociale, et que le socialisme est essentiellement politique; eiiez-nous une résolution qui n'ait pas été politique depuis lu féodalité, depuis l'érection des communes jusqu'eu I7N<>, tout cela, toute- t€8 formes qui gouvernent les hommes iuflurnt directement sur le sort des individus dans la société, de sorte que vouloir restreindre la politique dans le domaine de la politique pure, c'est folie. La politique, elle est essentiellement sociale; seulement il faut rechercher à quelle condition.

Eh bien, le socialisme, ainsi que j'avais l'honneur de le dire tout à l'heure, est un mot complexe et qui par lui-même ne dit rien. Parmi les socialistes, j'aperçois un péle-inéle de philosophes, de rhéteur- et de penseurs qui ne demandent qu'une chose, si on les laissait faire en liberté : r'esi de sYutre-dévorer. et cela, permettez-moi de le croire, au profit de la société, (/lires. — Mouvements divers .)

ainsi, messieurs, vous le savez, ont été enrôlés sous la bannière les communistes, qui détestent les phalanstérlens, et les phalanstériens, qui injurient les communistes, et les philosophes qui voudraient que l'Étal absorbât l'individu, taudis que, pour tous les hommes sensés, ions les hommes qui ont pratiqué, le gouvernement n'est pr ment que la conciliation de l'intérêt public et de l'intérêt individuel, l'art de résoudre ce que ces deux intérêts opposés peuvent avoir de contradictoire, de laisser la liberté à chacuu pour la faire concourir avec la puissance de tous. Absorber l'État daim l'indivi u. eN despotisme d'un seul; absorber l'individu dans PÉtat, c'est le flnipn

de '.ou-, mille fois plus terrible et que personne ne peut vouloir.

Voilà tout ce qu'il y a il.ms le socialisme. Cependant il y a des hommes qui veulent la destruction de la propriété, de II famille, et l'on s'en effraye.

Ouant à moi. je vous demande la permission de n'en pas concevoir un iustaut de crainte. La propriété, c'est-à-dire la récompense (la travail, le prix de la vertu ; la famille, e*68l à-dire le bonheur, c'est-à-

dire le rafraichi*srment de l'âme, les joies intérieures dont aucun homnir n'e-t ami déftM -rite du ejd pour pouvoir se passer, ce sont la des faits indestructibles, et ceux qui doutent un instant de la propriété, de la famille, ceux qui pensent que ces deux bases de la société peuvent être renversées, il faut les croire bien malheureux ou le? croire tout à fait athées!

Il n'y a donc rien à craindre, rien! rien! La famille, la propriété) sont de* faits qui ne sauraient périr. Mais *asc/-vou* m qui pourrait mprometlrc? Savcz-vous ce qui pourrait faire courir à la société des danger- réels? Ce serait de f.iire croire à la société que ces idée* fondamentales peuvent perdre à la discussion ; qu'on a peur de les voir au grand jour, livrées a l'examen, à la dissertation et même | la divagaliog des hommes. Il faut, au contraire, que ce* hommes d'État, bien convaincu* que ce sont des beses impensables, qui 8001 nées directement de la nature humaine, de ses relations avec le Créateur, persuadés de ces grandes vérités, ouvrent la porte à la discussion, bien sûrs en même temps que ces base* en sortiront fortifiées et consolidées.

Voilà le véritable principe de gouvernement, voilà relui *ous lequel, alors que vous avez accordé le suffrage universel que vous ne voulez pas assurément retirer, alors que vous vivez sous l'empire de la liberté de la presse que vous ne voulez plus censurer, voilà le principe de gouvernement qu'il faut adopter, pour en faire l'application à ce qui effraye si fort la société, parce qu'on l'a grossi couiplaisammeat dans des intérêts si opposés.

\ oulez-vous que je vous dise en quelques mots comment, à mon Mu*, il sera possible de venir i boni de ces difficultés qui, je le reconnu*, embarrassent la marche du {gouvernement, comment on en viendrait à bout' Ce serait en les envisageant face à face, en les étudiant au lieu de s'en effrayer, en les discutant au lieu de I sécuter, en leur montrant leur impuissance par les faits, par la raison, par la \érilé; et ainsi, je le reconnais, il y a entre M. le ministre de T lu teneur et moi, nous tendons au même but, je l'ai proclamé et je le crois consciencieusement, mais quant à la manière de procéder, il y a une distance immense, nous différons lolu cùro, comme ou disait â l'école. Et je vais dire à quelle école M. le ministre de l'Intérieur a pris ses leçons, je vais dire de quelle école il a procédé. M. le minisire de L'Intérieur trouvera ses maîtres en plein moyen âge, à une époque où, pour détruire l'hérésie, on brûlait les hérétiques. Aujourd'hui, messieurs, pour détruire le socialisme, on ne brûle plus les socialistes, il y a progrès, mais on les emprisonne. En les emprisonnant, vous leur donnez une force nouvelle. Ouand une erreur a été proclamée dans le monde, elle prend l'apparence de la vérité en passant à travers uu cachot. {Rumeurs à droiU.)

«jij.mi i moi, lorsque l'erreur n'aurait pas revêtu le caractère de provocation qui allume les passions, savez-vous comment je chercherais à en triompher' K.ncorc une fois, par la raison et par II refilé* M. ta ministre de llulérieur veut emprisonner; je veux convaincre, non pas ta sectaire, non pu le philosophe [quant à lui, cela m - -. bien égal), mais la galerie devaui laquelle le philosophe et moi, gouvernement, nous parlons, cl ennuie j'aurais la vérité pour moi. ritl a moi que resterait la victoire.

tassi, prenons un exemple : Un homme se rend populaire; il est remarqué | arsou talent, il s'est fait l'apôtre d'une doctrine insen->-,\ mais enfin «elle doctrine, présentée avec art, lui conquiert des aileples, il devient pinss;uil dans la >ociélé l.e tort des gouvernements, c'est île mrconnailre la puissance, c'est de vouloir la fouler aux pieds , il faut, au contraire, compter aver elle, maispar île bonnes armes, bien entendu, rbereber à la vaincre quand on est le plus fort, mais par des moyens radicaux qui ne laissent debout aucune mauvaise passion.

Kh bien, si cet homme avait été audacieux, je le suppose, pour former un projet qui put se réaliser, au lieu de l'injurier, au lieu de le persécuter, au lieu de le mettre en prison, que devrait faire un -nnvemement intelligent? In! vous voulez faire une banque; vous avez proclamé que le capital est infâme, et vous l'appelez; le voilà, il vient à vous. You- avez demandé 100,000 francs; je vais vous les donner (Chuchotements.) Seulement, prenez-y garde, je vais vous les donner à la face de la K ranci: ; il sera bien entendu que von* tas recevrez pour votre expérimentation, [Mouvements en sens divers.)

De deux choies l'une : ou l'expériineniaiiini « .induirai! I de lions résultats, el alors II société obtiendrai! une conquête-, ou l'expérimentation conduirait à un insuccès, et dites-moi si le sacrifice lot pal li -m .iétê ne serait pas racheté mille fois par la compensation de la dépopularisation complète et de la confusion de celui qui, tant qu'il reste sur le seuil de son œuvre inachevée, y appelle les intelligences faibles et crédules, et la leur fait apercevoir comme un Eldorado dans lequel ou obtiendra la plus grande somme de bonheur possible. {Bruits divers.)

Autre exemple :

Il y a un journal que je ne veux pas nommer à cette tribune, mais dont les exagérations el la violence sont déplorables, et qui est trèsrépandu. M. le ministre de l'Intérieur le sali bien probablement : il ne ferme pas les yeux-, je ne veux pas qu'il les ferme; mais je lui conseille un autre remède que celui qu'il implore. Ce journal déplorable par ses exagérations et ses violences est répandu à profusion dans le peuple. Que faites-vous? Vous poursuivez; vons faites con-

damner scs écrivains à un an, à deux ans de prison. Après quoi courez-vous? Vous coure! après le silence. Savez-vous ce qui arrivera quand le silence se fera autour de vous! Vous marcherez à votre perte lus] que se sont perdus les gouvernements qui vous ont

prèYt

Saves-vous ce que je vous conseillerai*! l'A' sérail de oe pas abandonnez' la société; ce sérail devoir aussi voira voli dans la p

de L'avoir puissante (InAetrupttont 'Inertes. — A gitatinn prolongée.)

Elsavez-vous, messieurs, que] sérail le résultat que vous obtiendriez? Ce journal, qui est empreint de t. ml < l'amertume et de passion .... Cl permettez-moi de le dire, je ne prétends pas qu'A soit excusable; car toutes les fois qu'on développe (es passions, i condamnable;

enfin on comprend Ires-bico qu'uu écrivain qui érrit au fond d'iiu cachot, derrière une grille el des verrous, n'ait pastoujoui sang-froid : les lettres «le Mirabeau sont là pour PaltCStet Eh

ce journal, au lieu d'emprisonner son rédacteur, forcez-le à uneknue chose de plus difficile; fm-ccz-lcà raisonner avec vous-, faites justice de ses violences; amenez-le au fait devant le peuple, d< le peuple que vous ne croyez accessible qu'a la passion, mais qui, je VOUS eu réponds, sera accessible à la raison, quand von-; la lui offri-

, m pas sous la Forme éternelle do gendarme et du sabre, niais sous la forme du raisonnement el d • la libre discussion, ! approbation à gauche.)

* uns êtes en face, et c'est ainsi que je termine cette observation, vous êtes en face d'un taureau furieux; vous voudriez le calmer, et vous J'aiguillunne/.. Moi, je vous propose de l'atteler, et je vous assure que, quand il aura à tracer sou sillon, quand il sera vaincu par vus raisonnements, il dépendra eahne; le journal n'aura plus ni cette violence ni ces dangers qu'il offre à l'beure qu'il est.

Kli bien, pour les clubs, je proposerais exactement le même et quant à moi je considère ce remède connue le seul efficace dans l'étal où se trouve la société; car M. le ministre de l'Intérieur, tous ceux qui me font l'honneur de m'entendre, sont bien ird avec moi sur ce point que ce ne sont pas les passions, que ce ne sont pas les ambitions, les exagérations qui sont dangereuses, bien l'ignorance : si l'orateur de club ne trouvait pas des esprits qui ne savent pas, des news facilement entraînés, vous n'auriez pas besoin de vous occuper de lui. Que faut-il donc faire? Il faut enseigner.

'•ni. il y a des clubs dans lesquels ou prêche les doctrines subver-

dites-vous. Vous voulez fermer ces clubs. Je serais de votre

avis si, en fermant les clubs, vous pouviez supprimer les mauvaises

passion*, Mais, sachez-le bien, vous les rendrez plus vives. Ne vous

inex p.'»s que cei prédications cessent ; elles voiii continuer dan* l'atelier, dans le m\ stère rie la maison , dans la solitude des sociétés secrètes, et là, au lieu d'être accompagnées de la boursouflure oratoire et de tous ces plaisir* que se «loiineiil ceux qui manient la parole souvent aux dépens de la vérité et du bon godt (on rit), elles auront les caractères nets, précis, sombres qui non -seulement échauffent les ames, niais encore conduisent aux conspira nous v miaurez donné le repus matériel a la société, et vous aurez concentré l'incendie dlOI ses entrailles Démet, et le jour ou vous vous croirez le plus calmes, l'explosion vous dévorera.

Ce que je vous propose, s'il y a des dubs qui sont incendiaires., c'est d'en ouvrir d'autres. (Exclamations.)

Messieurs, je sais que ceci peut paraître extraordinaire à beaucoup de membres de cette Assemblée . je s;us bien <jue ce n'est pas la doctrine de M. le ministre de l'Intérieur-, mais je supplie 1 \i bléc de réfléchir que M. le ministre de l'Intérieur n'est pas novateur, qu'il fait exactement ce qu'ont fait ses prédécesseurs, c'esl-à-dire les ministres de la Convention, les ministres «lu Directoire, les mini de l'Empire, les ministres de la Restauration, les ministres de la révolution de Juillet, et je lui prédis qu'il ira les rejoindre en suivaoi cette voie. {Rires et bruit.)

Tout au moins doit-on me rendre cette justice que, la société ayant déjà essayé de tous les procédés qui sont employés par M. le ministre de l'Intérieur, et la société ayant jusqu'ici fait naufrage au moins tous les quinze ans, nve< îles malbeurs déplorables dont nous avons été atteiuts, mais dont ont été atteints surtout ceux qui demandent leur pain et celui de leur famille au travail de chaque jour, c'est bien le moins que les hommes consciencieux et intelli; cherchent leurs pion des autre- part.

Eli bien, moi, je le déclare dans ma pensée, ce qui doit être immédiatement commencé, c'est l'éducation des populations. (Muuvc/iuntt en sens divers.)

J'ai pris toutes mes précautions pour être compris, et j'ai dit que le mal que nous cherchions à combattre et sans lequel les dubs n'étaient p.is dangereux, c'est l' ignorance; il faut donc la dissiper. Comment voulez-vous y parvenir? Avec les réquisitoires des procureurs de la République? Ils peuvent être excellents, mais je vous avertis de deux choses: la première, c'est que peu de persoum lisent, et la seconde, c'est que la plupart de ceux qui les lisent . les lisent avec la pensée de ne pas être convaincus

Vous croyez qu'il y a quelque chose de plus efficace : c'est de fermer les clubs et de rendre ainsi les passions souterraines, c'esl-ii de les rendre plus dangereuses qu'elles ne le sont au grand jour.

Je vous dis, moi, que, dans les douze arrondissements de Paris, vous devriez faire appel à douze jeunes hommes (et vous en avez qui sont pleins de zèle et de talent] qui ouvriraient dans les douze arrondissements des chaires d'économie politique (rires ironiques à droite), non pas seulement pour enseigner, mais pour discuter, pour converser avec les ouvriers, pour combattre au grand jour les fausses doctrines économiques qui seraient produites par les clubs. (Bruit.) Savez-vous ce qui se passerait alors?

Un orateur vient à une tribune de club, et au milieu de divagations, car il n'y a rien de plus dangereux qu'un esprit qui sait à moitié les choses, au milieu de divagations économiques, il va proscrire le capital, il va dire que la bourgeoisie est oppressive, qu'il faut en finir avec ces deux ennemis. Eh bien, votre commissaire de police fait un procès-verbal (Marques d'impatience dans une partie de la salle.)

Voix nombreuses. Parlez! parlez!

Le citoyen Jules Favre. L'inculpé est traduit à la barre de la cour d'assises; il est condamné, et le club peut être fermé.

Mais croyez-vous que l'effet de ces prédications est détruit? Non sans doute, et ces prédications acquièrent une nouvelle force de la persécution; car l'histoire est là pour le proclamer, les erreurs les plus considérables ont pu pervertir l'esprit humain quand ceux qui les ont émises ont été changés en martyrs.

Eh bien, je vous propose un moyen plus efficace de punir cet orateur, c'est de le forcer de s'expliquer à cette chaire, c'est de le forcer à dire pourquoi le capital est infâme et pourquoi la bourgeoisie est oppressive. Savez-vous ce qu'on lui répondra? Laissez-moi vous le dire : ce ne sera qu'un mot, et je l'ai déjà dit à beaucoup d'ouvriers qui ont reconnu leur erreur et que M. le procureur de la République n'avait pas convaincus. Je leur ai dit ceci qui est bien simple :

« Vous appelez le capital infâme. Eh bien, écoutez! Voici deux ouvriers qui gagnent chacun 6 francs par jour : l'un a de l'inconduite et mange ses 6 francs ; l'autre n'en dépense que 3, et au bout de dix ans il a un capital, fruit de ses économies. Avec ce capital, il peut devenir maître à son tour, élever ses enfants, les établir, et vous trouvez que le capital est infâme ! » A quoi les ouvriers me répondaient qu'ils avaient été trompés. Eh bien, croyez-vous que cette" réponse, faite en public à ceux qui seraient les auteurs de ces divagations, ne valût pas un procès?

Et quant à la bourgeoisie, permettez-moi d'ajouter ceci, car ce sont des divagations qui courent les clubs : on dit que la bourgeoisie est oppressive. Pourquoi ces allégations trouvent- elles créance parmi les ouvriers? Parce qu'au sein de la bourgeoisie il y a des hommes qui usent mal de leur éducation et de leur puissance, il faut

Il reconnaître. Mais faites venir les ouvriers autour de VOS chaires où Ul trouveraient non un maître, mais un ami, qui converserait avec eux. qui engagerait la polémique d'homme à homme, qui leur dirait ■ Prenez ;; irde, la bourj;ci»isii'. ( est le peuple, elle sort du peuple, elle est mpralemenl oc ave le capital est matériellement; ce capital infime, ce sont les écoo «nies de ii société; ees économies, cesl le fruit du travail el île la vertu; et la bourgeoisie, qu'est-ce fgUC c'est? c'esl le produit de ce inouveniciit ascensionnel qui s'opère du ceutre et qui t'ait montera ta surface les hommes les pins intelligents, les

plus forts, le- plus moraux. Onon dise à l'ouvrier : Voulez-vous qu'un atelier puisse marcher sain chef d'atelier? Non, répondra-!- il. Kh bien, Ja bourgeoisie, c'est le chef de l'atelier social, et la bourgeoisie et le peuple sonl réconciliés. ( ipprofation sur plusieurs bancs.) Croyez-vous que celte démonstration ne \aillc pas tons les procès du monde, qu'elle ne soit pas mille fois plus efficace pour guérir la société que les pré. -.unions qu'on vous conseille et qui ue feront q u' a pi; r a ver le mal? Quant à moi, c'est consciencieusement que j'ai porté ces idées a la tribune, el je demeure convaincu que nous devons

ions travailler pour détruire le mal dont souffre la société franc, n->-, c'est-à-dire l'ignorance, que nons devons y travailler dans te gouvernement libre que nous nous sommes donné, non pas par la compression, l'intimidation et la menace, mais au contraire par l'enseignement et l'extension de la liberté.

Kl quand je vois le Gouvernement s'eugager dans des rose* si diamétralement opposées; quaml je vois le Gouvernement attacher

100 s dut à une loi qui doit détruire les conquêtes ii>' la l»> volulion, qui doit faire croire, nou-seulemen! à la Société* française, mais à la société européenne tout entière, que ce pays est atteint de je ne sais quelle folie maniaque qui fait qu'après avoir proclamé une idole il la renverse le lendemain et la traîne aux gémonies, non-seulement je suis saisi d'un sentiment de tristesse pour l'honneur de la patrie, mu- je m'inquiète; et, ainsi que je le disais tout à l'heure, I expérience a prouvé lequel des deux sentiments, de celui de M. le ministre ou du mien, est le meilleur.

En voulez-vous un exemple historique? (Oh! à yauchc. Parlez1. parUtl)

l.e t ii-.ven .Iules Favre J'ai averti f Assemblée, mais je ne l'ai pas menacée. Je mil I KS ordres, et je finis. {Parlez! parlez!)

L'exemple que je voulais choisir est celui-ci .- c'est une citation «l'un moi seulement.

Le système de la compression et le système de l'enseignement ont été toujours en face dans le monde, ils se soûl constamment li\ré bataille, cl vous avez vu, messieurs, la plus grande des institutions

de lous les temps historiques, je veux parler de la religion catholique, grandir au milieu «les persécutions, devenir plus forte cl plus glorieuse à mesure qu'elle était attaquée par les puissants et tenaillée par les bourreau.

Ourdie est la date de suri apogée? quelle est l'époque de sa décroissance? Cette décroissance I commencé le jour où, faisant alliance , elle a cru que la compression était nécessaire au perfectionnement humain, et oit elle a voulu étouffer la liberté sous la rigueur du dogme.

Je demande, messieurs, si les sociétés politiques veulent suivre de p m il- exemple."-; je demande si, alors qu'elles ont été émancipées | la face du monde entier, quaud elles se sont donné un Gouvernement semblable i celai sous l'empire duquel nous nous trouvons aujnur- 'l'Inn, quand on a tout concédé i la société, si 11- suprême satul 01*661 pa> dans la suprême liberté.

Je disais tout à P heure à M. le ministre de l'Intérieur que ses procédés dc sont pas nouveaux; et, en effet, j'avais raison de dire que m le ministre ne faisait que copier ses devanciers. Savcz-vous qui vous êtes? Savcz-vous la date à laquelle nous nous trouvons aujourd'hui.' fou êtes M. Casimir Périer, et nous sommes en 1831; et Louis-l'hilippe. qui est dans l'exil, Louis-Philippe qui, malgré l'appui qu'il avait trouvé dans une partie dc la populatiou, a vu cependant sa puissance se briser comme verre, il serait, à l'heur*- qu'il est, chef de la monarchie constitutionnelle si, a l'aurore dc sou régue, il ne S'était pas tourné contre la liberté qui lui avait donné la main pour mouler sur le trône. Il s'en est épouvanté il i i ni à la puissance i fila compression des baïonnettes el des gendarmes. Il l'a invoquée à son tour : il a eu ses cachots, ses geôliers. Kst-ce que cette compression, ee> lois de rigueur l'ont sauvé? Il a ainsi opéré dans la société un certain calme, et, au jour le moins prévu, ce calme a été suivi d'une catastrophe.

Eh bien, c'est pane que celte catastrophe coûte trop cher à la pairie, c'est parce qu'elle afflige trop profondément la société, c'est parce qu'elle l'épuisé dans SM forces vives, que je supplie, que je conjure l'Assemblée de ne pas entrer dans cette voie détestable, de ne passe donner à elle-même un démenti, de ne pas nier la Révolution, dc ne pas déchirer la constitution, d'avoir confiance dans le peuple par qui et pour qui vous êtes ici, et de lui livrer la liberté sans entrave. (Tris-bien! très-bien!)

L'orateur, en descendant de la tribune, est entouré d'un grand uombre de ses collègues qui lui adressent des félicitations. La séance est suspendue.

IMKIUM-LLATION

DE H. Jll.ES fàVRE sur in affaire» d"llalle. dan» Il »émre do rA»«embl^r RgliOMlt (lu 7 mal I»»».

Dans colle séance, l'Assemblée nomma une commission chargée i •on rapport mii lis communications du gouvernement. Cette commission adopta une résolution ainsi formulée :

i vsscinblée nationale invite lo gouvernement A prendre sans délai les mesures nécessaires pour que l'expédition d'Italie ne soit pas plu* longtemps détournée du but qui lui était assigné. >

Messixi rs,

J'avais cru que le {jouvcrniMnent. viendrait, au début de celte séance, s'expliquer sur les événements f]in tiennent l'Assemblée dans une légitime anxiété; j'ai eu l'honneur de demander i M. le ministre des Affaires étrangères quelle était son intention à cet éj;ard. M le ministre m'ayanl répondu que les nouvelles qui lui étaient parvenues n'étaient point assez précises pour qu'il les fit connaître à cette tribune, j'ai cru qu'un devoir impérieux m'y appelait. Je ne puis en effet oublier, messieurs, que j'ai été membre cl rapporteur de la commission chargée par vous d'examiner la question d'urijeui <• sur le décret voté dans la nuit du 17 au 18 avril, que peut-être ma parole, le rapport que j'ai eu l'honneur de présenter à l'Assemblée, n'a pas été sans influence sur quelques voles dans cette déplorable affaire. vrai! c'etl vrai!)

J'ai donc le droit, messieurs, j'ai le devoir de décharger, autant qu'il sera possible, ma responsabilité, de dire la vérité tout entière. et dédire aussi à l'Assemblée quel est le parti qui, dans ma pensée, doit être immédiatement, sur l'heure, pris par elle.

Vous le savez, messieurs, lorsque le décret du 17 avril vous a été proposé, la haute Italie venait d'être le théâtre d'un échec coosi.lê-

ble subi par le Piémont. Nous avions, dans une circonstance antérieure, et de peu de jours antérieure, proposé à l'Assemblée un ordre du jour par lequel, c'était du moins la pensée de la sous-commission du comité des affaires étrangères, et je dirai sur quoi cette pensée reposait, un ordre du jour, dis-je, par lequel l'Assemblée invitait le ministère a prendre vis-à-vis des puissances étrangères une attitude pklfl décisive, plus résolue, plus couforme à nos principes républirains que celle qu'il avait montrée jusque-là. I.e ministère, vous le savez, st: contenta de négocier, puis il viut, le 17 avril, vous proiiii projet dfl décret qui avait pour but d'obtenir de vous le crédit nécessaire à l'expédition d'une armée a C.ivUa-Yccrhia, «.Miellés funnt à cette époque les explications données par le ministère? Le ministère vous dit .pi il ri. ut indispensable de sauvegarder en Italie la liberté qui se trouvait compromise; que cette liberté y était menace les armes de l'Autriche et de Fxaples combinées; qu'il était impossible que la France laissât s'accomplir, sans montrer son drapeau et son épée, les événements qui pouvaient être irrémédiables pour son influence dans la Péninsule, lui: commission fut nommée. Elle eut pour mission d'examiner la question d'urgence. Mus, bien entendu, dans une affaire aussi importante, il fallait que votre commission examinai la question au fond; c'est ce qu'elle fit. Deux de MM. les ministres furent appelés par elle, et, en préseuce île Imi-les membres de la commission, je fais ici un appel solennel à leurs souvenirs, il fut dit que l'expédition française ne pouvait avoir pour objet de protéger une forme de gouvernement qui serait réponse par la population romaine. Il fut parfaitement convenu, comme principe, entre ces deux ministres et nous, qu'une pareille prétention et sa mise à exécution seraient un attentat contre l'humanité tout autant que contre la liberté. (Très-bien! lrh-bir.n!)

Telle fut en substance la parole d'honneur qui vous fut donnée ; c'est en conséquence de cette, parole d'honneur que le rapport, dont j'ai été le rédacteur, qui a été approuvé par la commission, fut apporté a cette tribune. Quelle fut, en présence de ce rapport significatif, voua le savez, et dans lequel je prenais le soin de dire que la PlMOCfl M couvrirait de déshonneur si elle allait accomplir en Italie le féh qu'elle veut réserver a l'Autriche, quelle fut l'attitude du ministère? M. le président du conseil ne voulait pas prendre la parole, ■à-dire qu'il s'associait complètement au langage tenu dans le rapport. Une interpellation l'appela ici, et, à cette interpellation, il répondit qu'il était heureux des sentiments qui s'étaient manifestés au sein de la commission, et que ces sentiments étaient l'expression de sa pensée, et, pour que mes souwmirs ne puissent être lavés d'infidélité, j'ai ici le Moniteur, sur lequel je reviendrai tout à l'heure,

DISCOURS PARLEMENTAMES

car j'ai hâte d'en venir au fait «lOri-sif et douloureux de celte ri siou. Le crédit fut volé, l'expédition partit, avec quelles instructions? Nous rii;uoroos encore; votre commission n'exigea pas que ces tn<liui:ti(nis loi Risscui soumises. Klle eut confiance dans la parole qui lui fut donnée par M. le ministre des Affaires étrangères et par M. le ministre rie la Justice; l'expédition partit. Y ous savez, messieurs , par les arlcs officiels, par les récits privés, ce qui s'est déjà pas Italie. Nos troupes n'onl rencontré .iiinine Résistance à Civil! chia. Comment y soul-clles entrées-' Avec une proclamation dans laquelle il était dit que nous étions des frères, que nous venions proie;;»- r lu liberté italienne; la liberté, certes, et l'indépendance aussi.

Cependant, messieurs, après cette proclamation se sont accomplis du faits qui malheureusement sont certains aujourd'hui, et je ne crois pas que le ministère ait entre les mains des documents qui les démentent, c'est-à-dire que nos troupes accueillies si ce n'est avec enthousiasme (il BSl difficile de dire iei précisément (les choses qu'où iggore), du moins accueillies avec bienveillance par la population romaine, n'ont pas lardé à faire sentir sur elle, non pas la main de la protection, mais la main du plus fort, et qu'au mépris rie la parole qui avait été donnée par le (lui rie l'expédition qu'il ne s'immiscerait en rien dans le jjouvernemeut Intérieur du pays qu'il venait ainsi Occuper militairement, une partie de la force armée a été désunie, le préfet dfl i ivita Ynehia a été suspendu, on a occupé des forte- Itlf I. et l'on a tenu, le lendemain de l'occupation, un langage dans lequel ou disait à des populations qui étaient accourues yen nous. je le répète, au nmiih avec bienveillance , que si Ci\ila-\'ccchia avait réside, ou s eu serait emparé de vive force.

Ce u'est pas tout, messieurs, rie Civila-Vecehia on a commencé à négocier.

Vous savez, messieurs, quelles étaient les paroles de M. le président du conseil alors qu'il sollicitait l'adoption du décret. Il vous disait : Vous parlez de la République romaine; mais c'est de votre part un anachronisme: vous comptez sans la victoire des Autrichiens sur la Sésia, vous comptez sans le renversement du gouvernement démocratique de Florence; la République romaine, lorsque nos rottes scroui en vue rie Civita-Verchia, son heure aura sonné, et dès lors, intervenant au nom des principes et de rinimauité et de la liberté, nous vieillirons empêcher les horreurs rie la tyrannie réactionnaire.

m M. le président du conseil était dans cette opinion, son lieutenant n'a pas pu y demeurer longtemps; il a rencontré sur le territoire romain un gouvernement organisé, décidé à défendre la liberté italienne; cl quant aux ennemis de cette liberté, ils n'étaient pas à l'intérieur. On pouvait les deviner, ou sur les Marches romaines au

midi, du côté de la frontière napolitaine; ou, au contraire, du coté du nord, OU DOUVail les deviner vers Ancouc et lu frontière toscane. Ces ennemi* de ta liberté romaine, aux termes de la déclaration solennelle dont vous n'avez pas voulu faire, je pense, vis-à-vis do l'Assemblée, un piége et un guel-apeus, c'étaient les ennemis de la France. [A ijaurhe : Trh-bicn!)

\ h bien , vous êtes-VOUS refOQTnéé du Côté de ces ennemis? Voir;? cpée a-t-elle été tendue pour empêcher qu'une seule goutte de laUR italien ne coulât sous la mitraille des Autrichiens ou des Napolitains? Je le rli- , messieurs, avec la douleur dans lame, avec la rougeur lu front [approbation à gauche), le sang italien, le sang français, il a coulé! Que la responsabilité en retombe sur les imprudents qui nous ont joués, car nous avons été joués. (Aerlumalions et applaudissement* prolongés à (jauche.)

Voix diverses. Cette responsabilité doit retomber sur le ministère. [Agitation.)

le citoyen DUVIGKIER. Monsieur le président, rappelez donc a Tordre M. Berger, qui rit dans un moment comme celui-ci.

Le citoyen Ber»;er. Cela n'est pas vrai.

Le citoy. n Etienne Arago. Et c'est le préfet de Paris!

Un membre a r.AUciiE. (Test indécent !

Le Citoyen Jules FAVRE. Je vous demande pardon, messieurs, mon intention n'est point d'émouvoir les nobles passions dont je viens de trouver ni Isa germes, et auxquelles je demanderai I voir porter un fruit immédiat. Mon intention est de vous conseiller des mesures sérieuses et efficaces, car, après avoir été trompé, je ne le serai plus , et je serai du côté de ceux qui veulent une action émanée du sein de cette Assemblée.

Je reprends les faits. Je disais que, loin de nous tourner du ftûté des ennemis de la France, auxquels on avait positivement déclaré,

tpar les discoon ministériels, que nous allions pour protéger l'Italie contre leur action, le général français, les soldats français ont marché contre Rome. Nous avons, messieurs , demandé des explications aimables à M. le ministre des Affaires étrangères; il nous a répondu qu'une dépêche télégraphique lui était arrivée, annonçant que le géuéral français avait été appelé par les vœux de la population romaine, qu'il s'était porté avec un corps de troupes pour juger lui- >m: qui Ile devait être l'efficacité des promesses qui lui avaient été Eûtes; qu'a uue distance que la dépêche ne mentionne pas, dans lieu quelle n'indique pas davantage, il avait rencontré, au lieu sympathies, uue résistance sérieuse devant laquelle il avait dû arrêter, prendre position et attendre des renforts. Voilà la dépêche télégraphique. M. le ministre ne sait pas autre.

chose. Cependant ces événements se m raient accomplit le 30 avril; nous siminirs au 7 mai, et les dépêche* particulières sont arrivées; elles ont, malheureusement, un caractère certain ; et de ces dépêche* il résulte qu'arrivés an porles de Home, nos soldais, nos malheureux soldats, des républicains, les frères des Italiens, ont rencontré des barricades, et ces barricades, on a essayé de les emporter par la force ; le sang a coulé des deux parts ; nous avons été forcés de reculer. Voila, messieurs, la vérité.

In membre a cauciie. La trahison!

Le citoyen Jules Favre. La voilà consignée, je le répète , dans des documents qui, malheureusement, ne peuvent pas laisser de doute. Kl ces documents, messieurs, n'existeraient pas, que la dépêche télégraphique seule nous dirait ces choses; car, rencontrer une résistance sérieuse au lieu de sympathie* jvr lesquelles on comptait ; prendre pusjiion, attendre des renfort-., c*esl une déclaration de guerre au«-si nette, aussi positive, tranchons le mol et disons toute la vérité une déclaration d'insuccès, qui ne doit tromper personne. (Sensation.)

Voilà donc où nous en sommes, cl hier sou-, le ministère a fait er dans la Patrie, c'est là le théâtre de ses communicatt (Itires ù gauche.)

Le citoyen Etienne Vraco. Ils ne connaissent que cette pairie-lâ.

Le citoyen Jules Favre. On a fait insérer également dans le Moniteur de ce matin la note que voici, et que je recommande à la dignité de cette Assemblée française :

• D'après une dépêche télégraphique qui est parvenue au gouvernement, le général Oudinot se serait mis en marche sur Home. où. suivant tous les renseignements, il était appelé par les vieux de la

population; mais ayant rencontré « (Écoutez ceci, messirur*')

Sommcs-nou* en isi I ? Sonl-ce les Autrichiens qui ont écrit ce bulletin ?

Voix a gauche. Oui ! oui !

Le citoyen Jules Favre. « Mais ayant rencontré, de la part des étrangers qui occupent Home, une résistance plus sérieuse qu'il ne s'attendait à la trouver, il a pris position à quelque distance de la ville, où il attend le reste du corps d'expédition. ■

Ainsi tout v est, vous le voyez bien, et vous comprenez tous, avec votre cœur, la position qu'on nous s faite et dont nous devons sortir immédiatement, route que conte; non» ne devons pas y rester une heure sans être déshonores. [Vin» approbation a nauc/ie.)

Vos soldais sont arrivés aux portes de Home; ces portes leur ont été fermées : Us y ont rencontré une résistance sérieuse; et voilà, meastaw, que les Romains, qui refusent de recevoir des étrangers, qui ne veulent pas que nous leur ramenions ce gouvernement sacrr-

7 MAI mu ;»3

ital que vous traînez après vous, quoi que vous eu disiez, les ioiuaius qui résistent, les Romains qui sont prêts à mourir, les iomaïus «jui meurent, ee soûl des étrangers, une troupe d'aventuriers, et demain probablement, dans vos bulletins, ce srront des brilud- qui n'auront pal voulu que le 50l de la patrie fut souille par ;s année» cirai I '»'« approbation à gauche.)

On membkk. Non- jouons le rôle de Cosaques. Le citoyen Juta I'wue. Je prends les faits tels qu'ils existent, telfila sont consignés dans cette note insérée au Moniteur; et ces Ùts, messieurs, en voici la moralité et la portée politique . c'est i'ati où, à cette tribune, ou nous auuoucait qu'on allait en

Italie pour protéger la liberté, pour rétablie l'ordre qui y avait été jublé, pour empêcher les excès de l'anari bie, de deux choses l'une : m l'on ne disait pas la vérité, ou l'on avaii une arrière-pensée, ce que répugne a croire, même aujourd'hui ou l'on a donné, je ne sais NU I loHuencc de qui, des instructions tellement élastiques qu'il a permis de tout taire, et que c'était uuc sorte de blanc seing sur ici les cardinaux pouvaient écrire leurs proscriptions tout aussi jieu que leurs exécutions militaires.

Lorsqu'on est venu à cette tribune, il a été dit positivement, le Moniteur en fait foi, les paroles de M. le ministre de la Justice ne peuvent laisser aucun doute, celles de .M. le général 'le Lamorieière le léseraient au besoin, qu'on ne ferait rien contre les populations romaines; qu'on irait là pour s'opposer à l'influence «le l'Autriche el du royaume de Naples.

Vous vous rappelez les termes du rapport ; maintenant il est temps, pour qu'aucun nuage ne demeure dans cette discussion, pour que BMttiona MM. les ministres à même de bien établir la liaison qui existe entre leurs paroles du 7 avril et leurs actes d'aujourd'hui, temps il importe de remetttre sous les yeux de l'Assemblée quelques-uns des pa-saj'es du discours de M. le ministre de la Justice.

Je ne pense pas que l'Assemblée exige que je lui lise les termes du rapport; ils sont présents a vos pensées, et je ne crains pas de dire, eu l'acceptant douloureusement, puisque telle a été l'issue d'une nsolutiou sur laquelle je me suis trompé, j'en demande pardon à Dieu et à mou pays, je ne crains pas de dire que, si le.s termes de la politique de ce rapport eussent été suivis, jamais les malheurs que nous déplorons n'eussent été à craindre.

Le rapport ayant été lu, l'interpellation dont je parlais tout à ! heure ayant eu lieu de la part de nos honorables collègues, M. le ministre de la Justice s'exprime en ces termes : LJu'il me soil permis d'abord de saluer comme un sentiment heureux, et de me félit is

citer comme d'une force pour mon pays, de celte unanimité qui s'est manifestée dans le sein de votre commission.

Sur quelques réclamations des membres dissidents de la commissiou, te ministre de la Justice reprend :

l.li bien, je rectifierai ma phrase. Non, il n'y a pas eu unauimitrdans le sein «le la commission; c'est déjà beaucoup qu'il y ait accord

(écoute/ bien ceci) ; c'est déjà beaucoup qu'il y ait accord entre

cette commfsfiOB et le gouvernement, et que, sur cette question de dignité, d'intérêt de la France, toutes les dissidences de partis aient été oubliées pour venir se fondre dans le scniimeul du patri« et du drvuiirmrnl au p;i\ s. C'est une lune, je le répète, etc.

Maintenant , on demande des explications au gouvernement, ou plutôt on demande qu'il reproduise à la tribune les explication- .pi ii a déjà données au sem de cette commission. On nous demande particulièrement que nous déclarions si, oui on non, nous allô; Italie pour unir notre drapeau à celui d'une autre puissance, de l' Autriche, pour la nommer; nous n'éprouvons aucun embarras à répondre : le gouvernement français, dans l'expédition pour laquelle il vous demande un crédit, n'a pris conseil que de lui-même, de seiutérèts, de sa dignité. ■

Suivent les explications snr lesquelles je vais tuut à l'heure revenir. Mais, VOUS le voyez, le rapport ayant été lu, M. le ministre y adhère . M. le ministre dit qu'il est inutile qu'il répète à la tribune les explications données dans le sein de la commission. Eh bien, comme tout à l'heure, je fais un appel solennel à tous ceux qui faisaient partie de cette commission. Ya-t-il pas été entendu expressément, non pas d'une manière indirecte, mais par tout ce que la langue française peut offrir de plus clair, qu'on ne ferait pas couler h des Italiens, qu'on u 'allait pas pour rétablir une forme de gouvernement quelconque, mais pour donner une protection et prendre le rôlc d'une grande puissance qui ne veut pas qu'une petite soit étouffée sous les pas d'une armée triomphante venant du nord ou du midi?

Voilà ce que la commission a en l ru. lu , voila ce que l'Assemblée a compris, et, encore une fois, s'il y avait une arrière-pensée, derrière

rôles deM. le ministre, qu'ellesoit maudite, cette arrièr car elle a fait couler le sang français ! (A gauche .- Trct-bien ! tres-bitn!)

M. le ministre continue : ■ C'est cette politique dont nom nonsommes inspirés, que nous nous attacherons à suivre, nous ne mettrons pas les forces de la France au service de telle, ou telle forme de gouvernement. Nous n'eu avons ni la volonté ni le droit. Mais nous maintieudrons cette force pour sauvegarder les intérêts et la légitime influence de notre pays, a

M. le ministre termine par celle plira-e significative : « Prenons

au sérieux les choses que nous taisons : vous demandez au

gouvernement, en face d'une responsabilité qu'il prend tout entière,

< a vertu d'une autorisation que vous lui avez donnée, vous loi

de/, de sortir de la réserve dans laquelle il doit .se renfermer,

c fut-ce même que pour ne pas engager votre responsabilité dans

la sienne Kl puis, quand il dit qu'il ne veut pas mettre les forces

de la France au profit d'une intervention qui n'aurait d'autre but

que telle ou telle forme de j^nvcriiemeul (écoutez cette déclaration,

elle contient toute l'apparence de la pensée qui vous a trompés), son

ut, quant à lui, parfaitement légitime, est d'être présent a un grand

événement qu'il n'a pis appelé, qu'il ne peut pas empêcher, d'être

présent û ans une prévoyance légitime et nécessaire, pour veiller aux

rou.Mquenccs de cet événement. DtQfl le double intérêt de son

Bnence, qui disparaîtrai! s'il était absent, et des intérêts de la

liberté, qui serait peut-être compromise s'il était absent, et, dan*

tous les cas, à supposer même qu'en son absence ou fil le bien, il

n'est pas bon que le bieu se fas.se la sans l'intervention traînait

. Je le répète, je ne retire rien des paroles que j'ai prononcées i\m\-- le sein de la commission, qui ont été reproduites à cette tribune. Le drapeau de la France ne sera, croyez-moi, engagé que dans l'intcrèi Rinçais, dans l'intérêt de son iuHuence légitime, dans toute votre indépendance d'action, et dans l'intérêt de cette vieille cause qui | toujours dos sympathies.

miellé est donc celle cause que vous avez servie'/ l'nurqui a coule

le sang de nos officiers et de nos généreux soldais? Pour qui i coule

mg italien, le sang de cette noble natiou aussi pour .laquelle vous

affectiez les plus généreuses sympathies/ Il a coulé pour le Pape; il

^ a coulé pour l'absolutisme.

Voilà aujourd'hui que le voile est déchiré, ce qu'il est impossible Je ne pas savoir. [Dénégation» au banc des minisires.)

Vous dites non! Vous justifierez votre conduite, je pense, et

l impiinlée appréciera. L'Assemblée, j'espère, prendra en main cette

ablc affaire, et elle ne vous continuera pas sa confiance, car elle

: que vous avez fait par impéri lie ou par trahison, je ne «ai*.

Sous avez aventuré les troupes françaises ; vous les avez eompro-

tlans une guerre impie, vous avei abaissé, vous ave/ souillé

■Otre drapeau; vous non- avez place- dans la iicco-ilé ou de nous

retirer de cette Italie en étendant la main, pour bénir reux que nous

massacrés, pour verser des larmes de Btng sur ces tombes que

ivous creusées, on bieu de continuer votre œuvre, d'envoyer de

u'uiv elles troupes, comme vous le dites, de faire la guerre, d'entrer

dans l'iome de vive force, de faire sauter les monuments publics, de

canonncr la population, et pour qui t. nuant a moi, je le déclare, je me refuse de continuer au ministère la conduite d'une affaire si déplorablement entripii-t , et, je le répèle, il faut que la Chambre avise.

Que doit-elle faire? Ce qu'elle doit faire de plus gage, de moius douloureusement affectés que moi pourraient fOCH le dire; les avis KHrf ouverts; mais, quant à moi, il me parait impossible que I \-semhUc m* nomme pas, séance tenante, une commission qn| toit chargée de prendre connaissance des instructions qui ont été envov aux agents français et de vous faire un rapport sur l'hem

Prenez bien garde, messieurs, que les minute- -ont ni îles llèliM, que || position nV no> iroupo Bel OU ne peut plus aveulin

Je viens de lire une correspondance particulière, et j ai entre 1. mains un dominent imprimé qui paraîtra demain dans 1rs journaux, et dans lequel on annonce que cette résistance sérieuse, dont il est question dans la dépêche télégraphique, c'étaient des barricades qui empêchaient nos troupes d'aller plus avant. Quel était notre devir alors, 4 vraiment le général Oudinot n'a pas jeté une proclamation qui n'était pas la vérité? C'était de nous arrêter; notre devoir, R était de ne pas franchir la distance qui permettait à ces barricades de faire feu sur DOS troupes; c'était, à quelque prix que ce fiit, de ne pas engager ce détestable, cet inhumain comhat.

Cependant le comhat a été engagé, et. encore une fois, cinq assauts auraient été livrés dans lesquels nos troupes auraient été repoussées; nous aurions perdu cent cinquante hommes; nous aurions six cents blessés. Voilà le bulletin du ministère ! (I £m agitation « gauche.) Plusieurs membres. Il faut mettre le ministère en accusation. Le citoyen Odilou Barrot, président du conseil. Sans avoir entendu les explication*»?

Le citoyen Jules Favkk. Le ministère ajoute que nos troupes se sont retirées (c'est le langage de la dépêche), que nos troupes ont pris position, qu'elles ai tendent des renforts.

Kh bien, messieurs, nous ne pouvons pas laisser partir ces renforts sans connaître les instructions qui leur seront données, autrement que par des paroli -

II uous faut quelque chose de plus net, de plus positif, nue des renforts soient envoyés, cela est indispensable, car, prenez-y garde, ne vous faites illusion sur aucune des difficultés de cette grave et douloureuse situation. Nos troupes sont dans la campagne de Rome qui, vous le savez, est ouverte de toutes parts ; et si malheureusement, comme cela résulte de la dépêche même, elles ont subi un échec, soyez sûrs que l'indignation de la population romaine augmentera de toute l'énergie de ce commencement de victoire; que de toutes

es campagnes voisines arriveront des hommes qui naguère bénissaient, qui aujourd'hui. p;ir suite de votre imprudence, pour ne rien dire de plus, maudissent le nom et le drapeau français. Il est donc iadtepansable, noire honneur, la sécurité de nos troupes le commandent, il est indispensable qu'on envoie des renforts -, mais que ces renforts aient la mission rie continuer ci; qu'un a lait, que l'artillerie soit dirigée sur te Vatican et sur Saint-Pierre, voila ce que le droit des gens, ce que l'honneur français, ce que l'humanité nous défendent. Nous avons malheureusement beaucoup trop fait, ou plutôt beaucoup trop laissé faire.

Il importe donc que la commission que vous aurez nommée, si ma est agréée par vous, prenne une connaissance exacte des instructions qui ont été données.

Il importe que, par les réclamations de cette commission, Pigent ]iii a si malheureusement conduit cette expédition soit immédiatement rappelé, i:t qu'une personne soit envoyée, un représentant ou lusieurs représentants ne seraient pas déplacés dans cette mission, our aller porter à l'Italie autre rhose que des proclamations ou des •ation- de fraternité, suiviesde fusillades et d'exécutions à mort. I importe que la pensée de la France soit clairement séparée de celle des i ommes qui ont si désastreusement conduit cette expédition. Et, dam le cas où l'agent qui a été choisi par le ministère aurait comment dépassé ses instructions; dans le cas où il n'aurait rien compris, où il se serait témérairement aventuré, où il aurait ainsi engagé ses troupes dans une lutte qui lui était formellement défendue, ■ more une fois, il faut (pie l'Assemblée intervienne pour imposer son autorité et sa volonté. Ht, puisque cette volonté a été si malheureusement exécutée par le ministère, l'Assemblée ne doit plus avoir confiance qu'en elle-même pour sauvegarder l'honneur du nom français et la sécurité de notre pays. {A gauche: Très-bien! très-bien!)

Ne l'oubliez pas, le moment dans lequel nous nous trouvons est suprême : cette Assemblée va finir; c'est de son sein que, sur la voix de celui qui avait si glorieusement tenu le drapeau des affaires étrangères dans le Gouvernement provisoire, l'Assemblée tout entière s'est levée pour dire au peuple : Jt suis votre soutien et votre égide, et que •non nom soit effacé de la carte des nations indépendantes si jamais je tire l'épée en faveur de la tyrannie.

F I pendant cette année qui a suivi cette déclaration, deux fois le lOrl de l'Italie a été entre vos mains. Je le dis avec un douloureux regret, deux fois cette main s'est ouverte pour laisser échapper l'oci libératrice.

La liberté italienne, écrasée aux champs de Novare, semblait mena-

e des dernières rigueurs sur les rives du Tibre. Vous vous êtes émus.

IfS DISf.01 RS PARLEMENTAIRES.

vous avez senti que cette vieille solidarité «pu rots WlflHnH au peuple ne vous permellait pas de rester au repos, et alors, prodiguant vos hommes et vos trésors, vous avez ouvert vos ports pour laisser partir des voiles qui devaient aller protéger la liberté.

Voilà te que nous avez voulu, et maintenant il est arrivé que ces vaisseaux ont fait descendre sur ht plage des soldats tjui ont fait l'œuvre dp l'Autriche, qui ont lait couler le 8111g italien. Oue voulezvous que dise l'Italie, trahie d'abord par délaissement , traîne aujourd'hui par perfidie militaire, par la violation de tout ce qu'il y a de sacré dans le droit humain et lïw'iw QtK voulez-vous qu'elle <)i File n'a plus qu'à se jeter une dernière fois, de désespoir, dans les bnfe des lytlfO qui sont à ses porte*", pour faire cause commune avec eu\. et pour grossir cette coalition, (jue peut-être certains mauvais citoyens appellent en France pour y rétablir ce qu'on appelle l'ordre, et que j'appelle, moi, la monarchie. (Acclamations et bravos à tjaucht.) Quant a moi, je déclare, dans ma conviction profonde. si à l'instant même, en race du pays, en face de Dieu que nous avons outragé par l'effusion impie de ce sang... (Réclamations à droite.) A gauche. Oui! oui '

Le citoyen Jules Favrk... Oui, que nous avons outragé!... fjÊÊm dubitatifs sur quelques bancs.)

J'aperçois des membres de cette Assemblée qui ont le khi rage de laisser effleurer leurs lèvres par le sourire... (Exclamations à nanti Une voix. Ce sont les Autrichiens de l'Assemblée. Le citoyen Jules Favre. Cette attitude, le sentiment qui l'inspire, je les dénonce au pays! Comment! quand je viens ici raconter cette lamentable histoire d'une armée française envoyée sous le drapeau de la liberté et mettant à mort des populations amies, qui oui bien le droit de vivre probablement sous le soleil italien, vous ne trouvez pas d'autre protestai ion dans votre neur ! Vous riez! cli bien, encore une fois, soyez jugée, je n'en demande pas davantage. (A yavrhe Très-bien! trts-bitn!)

Ouant à moi, messieurs, je termine en vous disant que, dans BU conviction profonde, si rette Assemblée ne proteste pas solennellement, si elle ne prend pas immédiatement un parti de vigueur, c'en est (ail «le notre influence en Furope. Notre nom sera bafoué, traîné dans la boue et dans le sang; nous serons plus bas que l'Autriche vis-à-vis de l'Italie; car l'Autriche, en Italie, est guidée par son intérêt personnel. Elle exproprie, elle vole, elle enrichit ses propres populations ; elle dépouille ces malheureux nobles lombards, mais « est >on intérêt personnel.

«juant à nous, messieurs, sous la monarchie française, sous une monarchie qui n'était pas la nôtre, car c'était une monarchie d'imn-

Iff

ucur ci dcdiguité pour le nom français, nui la monarchie, Il France

envoyait ses soldats en Grèce pour y protéger la liberté ; la France, à une époque plus reculée, envoyait ses hommes sur la terre d'Amérique pour s'opposer à la persécution et à la tyrannie anglaises ; la France, elle a toujours été, de tout temps, quand elle a été dirigée par des chers dignes d'elle, le chevalier de la liberté et des idées généreuses et libérales! (Applaudissements à gauche.)

Kl qu'en faites-vous, vous, de la France? Vous en faites le gendarme de l'absolutisme.

Um voix. I>c la Sainte-Alliance !

Le citoyen Jules Favre. Avec des perfidies et des phrases équivoques, vous déterminez un vote, et, de ce vote, vous usez pour faire que le nom de la France soit mamla. Encore une fois, si vous voulez, messieurs, empêcher que le mal n'aille au delà, et il est énorme, -i fWH voulez empêcher qu'il ne devienne incurable, si vous \oulcz rmpérherqiu: bientôt toutes les nations ne se soulèvent contre nous, les unes par intérêt, les autres par indignation, et les autres par mépfis, avisez, messieurs, prenez un parti, prenez un parti vigoureux, patriotique, mais, de grâce, prenez-en uu-, que ce parti émane de vous, et ne le laissez pas accomplir par d'autres. (Vives cl nombreuses ap/robëtiôus.)

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