DISCOURS PMM.CM K\T.\I RE S
est dans tous les journaux italiens et français, cela est vrai, mais nous ne savons pu si elle esl vraie ou fausse : nous sommes condamnés à être les plus mal informés de la République. F.li bien, je dis qu'on ne peut utilement (gouverner son payi qu'à des conditions différentes, à la condition d'être vigilant, actif, et de pouvoir répondre agents; que si Ton a des agents avec lesquels les communication* sont impossibles, nous n'avons pas à nous en occuper; nous nous adressons au ministère, et nous lui demandons compte de cette négligence, de ce défaut de vigilance , et nous raisonnons avec les pièces en main
Le citoyen Mi.mstrb des Affaires étrangères. J'ai communiqué les proclamations à la commission. Les voici : je les lirai à la tribune.
Le citoyen Jules Favre. M. le ministre me fait l'honneur de M dire qu'il a communiqué lis proclamations à la commission. La commission, je. n'avais pas l'honneur d'en taire partie. Permettes : de deux chose* l'une, ma question est fort simple : ou la proclamation à l'armée, qui a été publiée dans les journaux, r-i apoeryphe, ou elle ue l'est pas. Si cette proclamation est apocryphe, je suis étonné, que le ministre, alors que cette proclamation doit soulever tous les espritdans [( piy-. ne l'ait pas démentie dans le Moniteur. M le minMrr ne l'a pas démentie parce qu'elle est vraie. Nous ne nous en I. rons pas imposer par tous ces démentis, parce qu'ils ne sont pas accompagnés de preuves, et malheureusement il nous faut des preuves. Nous avons été trompés une première fois, nous sommes en droit d'exiger des preuves.
Je dis donc que, dans le premier acte dl votre politique, vous avez été directement contre la volonté de cette Assemblée. Qoe s'e.st-il insuiir v \un> sommes venus vous demander compte du sang versé, uu'avez-vous répondu à cette tribune? Vous avez répondu que ;éral Oudnioi n'avait pu marcher sur Rome qu'auiaut qu'il y aurait été appelé par la population; que vos instructions, à cet égard, étaient parfaitement précises, que le général n'avait pu se permettre cet acte qu'autant qu'il n'aurait pas été un acte d'agresmdu; et vous m'avez cité pour preuve, dans la discussion qui a précédé le vote de l'Assemblée, cette circonstance que le général avait marché contre Rome sans artillerie.
Les faits ont été vérifiés, et il a été prouvé que le général était allé à Rome sans y être appelé par la population; il a été prouvé, en second lieu, que vous lui aviez donné l'instruction de marcher sur Rome pour déterminer le mouvement des gens honnêtes et modérés
probablement le ne veux rien dire ici de personnel (rira à
ijnuche), je ne veux pas achever ma pensée
Plusieurs voix. Pas de réticences! parlez!
Le citoyen Jules Favre. Il a été prouvé encore que le général était
Ma
ifrifé sur Rome cq acceptant (ce sont les termes mêmes de sa dépêche), en acceptant le défi que lui hiinait le gouvernement qui DC voulait pas se retirer; qu'il y est arrivé avec de l'artillerie, car fai là sous les yeux |une lettre du ministre il»; la Gwn de Rome, qui constate que, pendant plusieurs heures, le canon n'a cessé de tonner contre l'église de Saint-Pierre, et que les corniches de Saint-Pierre tout entièrement endommagées, [Interwpiiont dtoerw.)
\iMfi la lettre ; penne! lez-moi «l'en mettre quelques IV;i;,; sons vos yeux.
Nier soir, dit le ministre, à la date du i" mai, hier soir, vers quatre heures un quart, un corps ennemi paraissait menacer l'ontcmolle; à Cinq heures, le combat avait cessé, et, dans la soirée, on n'entendait plus que quelques coups de canon el de fusil, Les Français ont été repoussés suc ions les points. Non* ivons chiquant! tre morts ou blessés, dont quatre officiers. Le corps de l'émigrs lombarde, commandé par Archioni, s'est laissé entraîner trop avant par BOB ardeur, et il a perdu une vingtaine de prisonniers. Les Français ont perdu au moins six cents hommes, outre deux cent cinquante prisonniers. Bien entendu, ces derniers sont traités avec la plus grande humanité, et on laisse à leurs compatriotes la liberté de les visiter, t général, tes officiers et le plus grand nombre des soldats sont indignés d'avoir été trompés ■ (JHurmn 't.)
Le citoyen Ernest m. (Chardin. C'est antifrini il
Le citoyen Jules Favrk. - Ils s'étaient embarqués à Marseille avec la promesse qu'ils seraient conduits à délivrer les Italiens des Autrichiens (et telle était la pensée de l'Assemblée). Plusieurs, parmi •e sont offerts de combattre dans nos rangs contre les Autrichiens » (De vives exclamations partent de divers bancs de
l'Assemblée, et diverses interpellations sont adressées à l'orateur.)
Pli sueurs membres. C'est iudigne ! Français contre Français!
Le citoyen DE TiNCUY. Vous devriez rougir de le dire, si c'est vrai!
(Quelques voix. Contre les Autrichiens ! on a mal entendu. [Agitation.)
Le citoyen Jules Favkf. Le mouvement d'indignation qui vient de se manifester dans l'Assemblée n'est que le résultat d'uu malentendu, et je supplie l'Assemblée de croire que, s'il y avait eu dans la lettre d'un ministre de la Guerre étranger, je ne veux pas dire ennemi, quelque chose qui-pul porter atteinte à l'honneur de l'armée française, je l'aurais considéré comme calomnieux, et je n'en aurais pas souillé la tribuuc. (Mouvements en sens divers.)
On n'a pas entendu ce qui est écrit, ce que j'ai cependant dit, mais ce qui a été accueilli par les murmures très-légitimes de l'Assemblée qui était dans l'erreur. Voici ce qui est écrit, et que je déposerai an Moniteur, l'Assemblée ne doute pas de ma loyauté, mais cette phrase
200 UISCOI.'RS PARLEMENTAIRE*.
<era déposée BU Moniteur telle qu'elle est. vni.-i ce qui est écrit: Plusieurs pur mi eux K SODl offerts tic combattre dans nos rangs
contre les \utru:him-. [Exclamations diitrsct.)
Bien entendu, messieurs, ce que je lis, je l'ai dit suffisamment, est
L'ouvre dfl ministre rl<* la tonne romain; ces assertions lui apparnent; mais je ne rrois pas non plus que l'Assemblée, maintenant
iudifjnrr du sentiment qui se sérail empare de soldais, qui, icoieiUU frateroeUemenl par ceux qu'ils n'étaient pu destinés à combattre, suivani, après tient, la politique de l'Assemblée.
.luraienl dit (Xauvellc interruption. )
Le citoyen général Unonoif. L'Assemblée est indignée de cette idée que des soldats tramais auraient pu abandonner leur drapeau contre « rttl Idée que nous avons protesté.
Le Citoyen Iules Fixai. Il est inutile de prolonger le frcet
incident, et mes collègues me feront l'honneur de croire que je n'ai pat voulu prononcer une parole qui put blesser une légitime attsceplilulilé. Je repreuds la lecture, qui, j'espère, sera patiemment écouler de F assemblée , je ne lirai qu'une phrase : La grande corniche de Saiut-I'u ire a été continuellement labourée par des boulets de hait. Le terrain BOnS-jlCOnt esl couvert de débris : OU •'• recueilli et exposé un de ces boulets aujourd'hui au ouiriual, avec cette inscription : MiTiin hibernent de l'Italie; bomtuaj',e des papistes français a Tét,' de Saint-Pierre, i {Humeurs à droite.)
.le comprends à merveille ce qui était dit tout à l'heure par quelque—uns .le mes coUoamse mr les légitimes susceptibilités qna est documents peuvent blesser: mais je crois que, dans une grande \->einblée, les questions dfl vérité SOnl au-dessus des question susceptibilité, et si malheureusement notre armée a subi un échec, il ne faui pas tout de suite, par forfautciie, monter au Capitule. . . {Extiu mot fana namftrcwej à droite.)
Il faut avoir le courage d'examiner nos malheurs, d'en rechercher les causes et d'en prévenir te retour. (Exclamations à droite.)
le citoyen m. Hi ai mum (Somme). On se couvre la tête et l'on se taii / Très-Lien ! très-bien! )
Le citoyen Joies r.unr. Cou? qui se couvrent la léte en se u -oui le- pusillanimes ci les Impuissants. Les hommes Forts se découvrent le visage et marchent au danger. (Approbation à ÇOUt he.)
Je tenais, messieurs, à mettre sous vos veux ces détails, a lin de vous prouver que M. le ministre des Affaires étrangères était dans l'erreur quand il vous disait qu'on avait marché contre Home sans artillerie. On y est allé, au contraire, avec des munitions de guerre, cl bien déterminé a commencer l'alLiquc.
Ou reste, la déclaration de M. le général Oudinot, consignée daus