I S L O L H S PAUL I M K N T A I II E S
qui parais-aii menacée, louiez les gardes natiouales, prèles à mourir pour elle. (Interruption et mouvements divers.)
Bnk voix I tmoru. l'i>ur l'ordre cl la société.
Le citoyen Jules FlVBI. •'«' disque e*esl II un grand ci beau speclacle. [Mouvement.) Si je disais quelque chose qui pal blesser quelques DOS des membres de celte Assemblée, en vente re serait malgré moi. (Xon, non, parlez!) Mais je ne comprends pas la distinction qu'où veut perpétuellement faire entre la République et la société. Qui sommes-nous? Nous sommes des républicains. Ou'avons-uous Fait ^ Nous n'avons pas prêté de serment, la République l'a supprimé. Je
unie pas si ille .1 bien H mal fait; niais en hommes -crin, hommes de conscience, esi-rr que chacun de nos actes politique» n'est pas un serment à la République? Est-ce que nous m: -, pas les plus misérable* des hommes, les plus détestai) - plu-
hypocrites, si, sous l'empire d'un gouvernement républicain, avec une constitution républicaine, nous conservions au dedans de noire cœur une espérance coupable de renversement de ce gouvernement" (Approbation à gauche.)
Est-ce que ce gouvernement n'est pas intimement lié au salut, à la prospérité, à la grandeur de lu société? Cessons donc ces vaines distinction-, et qu'il suit bien entendu que, lorsque je parle de l.i République, je parle du gouvernement pacifique de mou pays, du ;;ouvernciiieiil de tous par tous, du gouvernement qui bannit k privilège et qui l'ail rayonner sur toute la surface de la France, les bienfaits de l'égalité et de la justice. (A gauche. Tris-bien!)
Eh bien, c'est ce gouvernement qu'on a défendu en juin 1848, I est pour ce gouvernement qu'on a vu se manifester une émotion que n'avait jamais fait naître le dauger de la monarchie. (XqupcIU approbation à gauche.)
La monarchie de 1830 est tombée et n'a rencontré que quelques soldats fidèles pour la défendre; c<lle de 1848, elle n'est pas toi elle a ëlé renversée dans le mépris, et ceux-là mêmes qui élatcnl à genoux devant elle, quand elle était encore environnée d'uue sorte d'auréole cl de puissance, oui été les premiers à venir dan- les salon* et dans le- antichambres de la République. (Approbation à gauche.)
Fi quant à la journée du mois de juin 1819, l'Assemblée comprendra que je ne m'en explique pas (Chuchotements à droite.)
Comment! la justice du pays est saisie, une instruction se poursuit, et vous voulez qu'à celte tribune, j'aille vous faire connaître uue pensée politique qui pourrait être prise par vous ou pour une offense, ou pool une lâcheté? Non! non! L'honorable M. de Montalembcrt, Jen mil -nr.u'a pas voulu ici me tendre un piége. Mais j'aj le droit de lui répondre, sans entrer dans l'appréciatiou politique de
SI JUILLET ISfO.
pVfS
oa tel acte, que si une émotion soudaine s'est ainsi manifestée sur le territoire de la République, peut-être cela est-il moins du à un complot qu'à l'indignation, à la douleur, à l'inquiétude, qu'à l'instant même les cœurs de tous les citoyens de la République oui ressenties à la fois.
Je ne veux dire que ces choses, car, encore une fois, cet événement t trop près de nous-, il est -uns l'appréciation de puissauces trop iSfes, et devant lesquelles je m'incline avec trop tle respect, pour qu'il nie soil possible cYtfll dire davantage. .Ne tirez donc aucun parti de celle comparaison pour laquelle les mes ne sont pas égaux. Peut-être que dans quelques mois nous
Il élu: plnfl explicites.
Mali que résulte-t-il de tous ces détails dans lesquels vous \ons h .' Il in résulte, ec qui est incontestable, que dans le sein de la I manifestent des douleurs, des mécontentements, des
germes d'agitation. Voila le véfitabtt mal dont certains excès de la ne sont que le symptôme.
Kh bien, je vous dis A moins de vouloir renier notre glorieuse ine, à moins de vouloir abdiquer la mission dont vous êtes chargés, ou bien de vous en prendre au symptôme, c'est ;ju nul qu'il faut aller, c'est lui qu'il faut envisager en hommes de cœur, en hommes de cœur loyaux, résolus, voulant récllctueul le bien de leur pays et ne reculant devant aucun sacrifice; et c'est pourquoi, permet tcz-moi de le dire, lorsque j'ai vu le cabinet actuel présenter la loi qui est soumise à vos délibérations, je n'ai pas pu me défeudre \ un sentiment de profonde tristesse, .le me suis demandé comment il était posnble que les homme- qui vouscnnwenl a de telles mesureienl oublié si vile leurs antécédents, l'histoire contemporaine et les nécessités pressantes de la situation actuelle. Ici je un: remontre arec l'honorable M. de Monlaleiubert qui, avec un art infini que j'admire plus que personne et dont je suis jaloux, qu'il me permette t marnais sentiment...
■ ;o \ en tu Mo.ntalkmbkrt. Il me flatte beaucoup. Le citoyen .Iules l\\ iik. M. de Munlalcmbcrl, dis-je, a usé de toule u ailre-se pour écarter de la tète mini-lcrielle, incessamment avenirs si fôchettX et si redoutables des lois (le septembre 1836. Four les faire pardonner, l'honorable M. de Montalembcrt a été (c'est par héroïsme, je n'en doute pas) jusqu'à la vertu de la désertion, car. lui qui avait combattu les lois de septembre, lui qui avait été le champion de la liberté de la presse, il a passé avec armes et bagages, et hicu sait lesquels, dans le camp ministériel pour le protéger Cl le soutenir. [Itires et approbation à gauche.) Eh bien, cela est infiniment habile, mais toutes les habiletés du
n i s eu CHS parlementaires.
monde ne peuvent pas prévaloir contre la vérité, et II vérî celle-ci : qu'au mois de septembre 1836, le cabinet tout entier, qui était alors dans l'opposition, m trouvai! à la tribune pour défendre les principes qu'aujourd'hui il lui plaii de contester et do nier.
En effet, est-ce qu'il n'y avait pas entre la situation de 1836 et celle dans laquelle nous sommes une profonde analogie?
F.n 1836, un attentat abominable avait jeté la consternation dans Paris, nue fit le ministère? Il en accusa lapresse.il alla jusqu'à laisser peser sur la tête de Carre I le soupi;on ignominieux de s;i police.
Ce n'était pas un procédé nouveau, et tel est l'oubli des hommes qui dirigent l'État, qu'incessamment ils tombent dans 1rs mates de leurs devanciers jusqu'à ce qu'ils disparaissent dans le menu oubli et les mêmes catastrophes.
Déjà en 1820, vous le savez, on répétait ce que j'ai retrouvé dans la bouche de l'honorable M. de Montalembcrt, sous une autre forme -. <jue c'étaient les Idées libérales qui avaient poignarde le duc de Berry. nue dit l'hoiiorable M. de Monlalembert? nue ce sont les journalistes qui fondent les balles qui déciment iments. Vous voyez que |a forme peut avoir changé, mais que le fond est le même, il \ a autant de vérité, autant de scrupule pour la conscience humaine et pour la vérité
Eh bien, en 1835. on commit la faute de 1820-, on accusa aussi les idées libérales; on convoqua les Chambres, on profita de l'indignation, de l'émotion qu'avait excitée cet attentat, et l'on présenta un projet de loi qui, vous le savez, était un projet de loi draconien contre la liberté de la presse. Kl alors qu'arriva-t-il7 TotU les hommes pposition, L'honorable M. ûdftoa Barrât, je ne dirai pas en tête,
mais sans doute le plus illustre cl le plus considérable de tous; l'honorable M. Duraurr, l'honorable M. Lacrosse, l'honorable H de l'honorable M. Pasty (riret à tjaurhe) , tous prirent la paroi»rlans cette mémorable discussion; et «pie disaient-ils?
lia disaient, messieurs, que C'était une coupable et détestable loinque de chercher rlans les manifestations de la pensée les causes de Itton -on. île et il. -s crimes qui pouvaient épouvanter le monde; que têt ambMeiQ se servaient d'an pareil prétexte, mais que leur> préjugés et leurs fautes les eonduisaicut droit aux abîmes. \,»i|a er qu'ils disaient. Ds le disaient avec beaucoup plus d'éloquen. d'étendue que |fl ue puis le faire. Ils dénonçaient le gouvernement COman se rendant coupable de la violation «le la Constitution* l'honorable \l. liai-rot ne se gênait pas. M. Dufaurc ne se gênait pas davantage; la charte était riotée, et on ne le rappelait pas à l'ordre. Il avait cependant affaira à une majorité qui n'était pa> tolérante, Cl elle souffrait ces obSSt SES rires approbatifi à gauche.)
na ace
II HILLET 180. 235
Le citoyen ni. Montaleubert. ii> n'appelaient pas tin armes!
Le citoyen Jules Fa\ bjb. L'honorable M. I laiton Bid >t .je le répète,
invoquait la violation de la constitution. Il disait notamment .
renies les fois que le gouvernement a été en voie de réaction
M. oddon Barrot qui parle) et de eontre^évnlniton, c'est le
, c'est la pressa qui en nnl subi le eoatre-eenp.
i.i plus loin . Si la puissance du mpbisme pouvait altérer la jus-
i la vérité sur la terre, il y a longtemps qu'elles eu seraient
ciilées. Ne prétendiez-vous pas «pie c'était dans l'intérêt de l'accusé
qu'où enlevait à l'accusé II doubla épreuve de i.i cbambfe dn conseil
et de la chambre des mises eu accusation '. si je faisais le récit de tous
, lûmes, de toutes les susceptibilités dont on a environné le
de loi *
Et maintenant, M. Rnrrol est bien placé pour nous dannef ce . . . [Hilarité générale et jntihn,
Il y aurai l de quoi nous huimlier, nous qui sommes une de franchise et de loyauté! r De quoi se plaignait l'honorable M. Oddou BarrotTDe l'hypocrisie du projet de 1835 qui disait, alors qu'il frappait san> pitié les u>ès, qu'il mutilait leurs garanties, qu'il bouleversait la procédure, que c'était dans leur intérêt.
F. h bien, écoutez ces trois lignes. Ceci est de A 849 : c'est encore un projet ministériel ; mais il est jugé et écrit, celte loU 'lu dedans, au lieu de letre du dehors; enfin on parla du projet actuel.
Il l'occupe de la procédure pour eu abréger les délais et lui imprimer une rigidité plus prompte dans l'intérêt. >oit de la défense des prévenu*, son de la répression dn délit Ah! sons erei raison, vous n'êtes pai des nomma d'État, vous que de tristes et impuissants plagiaires, m.h lu- la \ on-
de M. de Broglie.de M. Tluers. El cette voie, où les a-t-ellc conduits '
i Muuvr ment A
Le projet de loi que je combats n'eut autre eiiose que la répétition de ce qui s\'«.i passé en 1836; cl quand nous royons que les minisir tf i! actuellement au pouvoir étaient les plus ardenl- a le combattre, non pas au nom de telle ou telle nécessité passagère, mais m uni la vérité éternelle du droil.de l'indépendance, de la raison humaine, de la liberté de la créature qui sort des mains de Dieu, lions avons bien le droit de répoudre que de telles mains n'étaient pas faites pour apporter un tel projet, et que nul ne pourra croire dans le pays qu'il soit sérieux, qu'il soit loyal, puisqu'il a élé jugé et condamné a 1 avance par ses propres auteurs, i fopraèafiaw « <jauche.)
Mais cependant, messieurs, à quelle époque, je vous le demande, le pouvoir cul-il plus besoin qu'aujourd'hui de grandeur et de
IJI S Cu MIS iWnLEMENT.WKES.
parce qu'il aigrit les passions, aggrave leurs résultais, et ne les détruit pas ; il les force à se cacher, à user d'armes sourdes et ><:< rètes, qui n'eu sont que plus terribles pour ne pas paraître au grand jour
Je i i l'honorable M. de Mnntalemherl : Snvez-vnus quelle
c»t la différence entre voire sy-ivme et le mien ' la voici : c'est que votre système, quelle que soil voire volonté, est un système matérialiste; vous, vous voulez étouffer l'organe; moi, je demande à le
guérir,
Et eroyez-vous qu'il soit possible, par les moyen', qui vous sont conseillés et qui résultent de cette loi eu quelques lignes, d'arriver à s'opposer à ce que le corps social soir atteint de ce mal profond qu'où a Signalé, dfl trouver ce mal et de le guérir? Quant à non, je oYriarc qu'a mes yeux c'est une entreprise complètement insensée. En effet, à quoi vous conduira eelfe loi? l'Ile vous conduira (car elle ne contient pas autre ebott qu'un* aggravation de pénalité, qu'un •.\stemc plus rigoureux de procédure), elle vous conduira à rendre les écrivains plus circonspects-, mais elle ne les supprimera pas; Ha demeureront avec la liberté de leur plume; seulement cette liberté, effrayée, effarouchée qu'elle sera par les poursuites que la loi nouvelle promet, prendra des détours, et elle arrivera exactement au même but.
Mais est-ce que c'est la une vérité nouvelle? Est-ce que la pensée humaine ne se i rançonne pas par de merveilleuses combinaisons? Est-ce que la langue française ne possède pas mille moyens de faire entendre ce qu'elle ne peut pas dire? Est-ce qu'il n'y a pas desubterfuges, des ruses de langage par lesquels la vérité se fait jour au milieu de loules les fissures que la loi laisserait? l'rencz garde :
ainsi que je vous le disais en commençant, vous êtes nécessairement forcés, ou d'aller droit au despotisme, à la suppression absolue de la presse, comme l'a fait Charles X, qui, après avoir supprimé le jurv eu IN2"2, et aggravé la pénalité contre 1rs écrivains, I été nécessairement amené aux ordonnances, qui étaient le dernier mot de ce lystème; oui, ou bien il faudra que vous aboutissiez au despotisme, ou bien que vous reveniez à la liberté.
Et en effet, messieurs, le symptôme qui se manifeste dans la soc française et dans la société européenne tout entière est la eon.séqnenee forcée des grandes révolutions qui y ont éelale. Joules les lois que les institutions sont déracinées dans un pays, il arrive un moment où les fondements mêmes rie la société sont mis a liai ; alors «les novateurs de tous genres apparaissent, des utopistes, des ambitieux, drs homme*, qui veulent du nouveau. Faut-il s'en effrayer? Non-, il faut envisager leurs systèmes et les réduire au néant par la
ilisi .-u-muii ; mais si vous les persécutez, si vous les emprisonnez, si VOUS les traquez par les procédures, qu'inr. era-t-il? Est-ce que. leurs systèmes périront? Non, encore une fois; mafci lents lystèfflefl se répandront d'oreilles en oreille* ; ils trouveront Mans 1rs langues humaines des formel qui traduiront ce qu'ils veulent dire; et vous u'aurez rien fait, si ce n'est d'exciter, d irriter, de rendre Us haines implacables.
Ah! je conviens que la commission a rencontré un moyen dont ne s'était pas douté le gouvernement, et dont le gouvernement ne pouvait pas se douter, car le gouvernement propos des mesures, et le gouvernement ne dit pas comment ces mesures seront exécutées ; on s'en rapporte à sa sagesse. Mais la commission qui, celle fois non plus, n'a rien inventé, caf je la renvoie à la commission de ts:t;>, qui disait exactement les mêmes choses, la commission a dit .m gouvernement : Ce n'est pas assez que de tenir sur la presse lepee de Damoclës, il faut faire tomber cette épée, il faut de rigou- >a poursuites, il ue Faut épargner aucun délit, il faut envoyer des (irculaircs aux procureurs généraux, enflammer leur zèle... (Rêcta~ mnliom sur plusieurs bancs.) Quelle sera la conséquence? Les procureurs généraux ne demandent pas mieux que de poursuivre : nous verrons des procès très-nombreux.
Est-ce que vous croyez «pie les procès sont le salut de la société? Bst-ea que vous croyez que les grandes questions politiques qui se débattent dans l'intérieur du prétoire, et qui arrivent ainsi ar de tous les développements et envenimées par toute la liberté de la défense au oreilles d'un million d'auditeurs, est-ce que vous 01 que toutes les grandes questions politiques ainsi posées sont i rantes pour la paix publique et favorables à l'affranchissement du Rouvernemcnt?
Mais, messieurs, c'est toujours de l'histoire que je m'empare; souvenez-vous de ce qui S'est passé SOIU la lieslauration. Est-ce que les procès politiques de Béranger, de Caurliois-Lemaire, n'ont pas été entre les mains de l'opposition desinstruments de guerre formidable t
Adressez-vous à l'expérience, au talent, à l'illustration de celui qui a l'honneur de présider cette Assemblée : mieux que personne, il vous dira quel parti puissant on peut tirer des garanties accordées à la défense, quand on les place sous la toge d'un habile jurisconsulte. Ce sont là de détestables moyens. Je ne crois pas que la société, quelle qu'elle soit, et surtout une société malade comme Va faite l'honorable M. de Montalcmbcrt, puisse être sauvée par un système rem de procédure. Non; rentrons dans le vrai, et examinons la situation qui nous est faite, non pas comme des hommes qui en renient à la presse... [iiru.it.)
Ut DISCOURS PARLEMENTAIRES.
Je n'ai plus qu'un mot à dire, je comprends votre impatience et je huis.
.le disais qu'en présence de toutes les grandes expériences que je viens d'invoquer, nous serions aveugles et coupables d nous n'élevions pas notre pensée au-dessus des remèdes inefficaces qui nous sont proposés. Nous sommes tous d'accord sur la grandeur de la mission qui nom est dévolue ; nous sommes tous, j'en suis convaincu, auimés du stoèèn délit «le ramener (Uni notre patrie la paix et la prospérité; seulement il est bien que les questions soient ici clairement posées. .l'entends depuis longtemps répeter qu'avant tout il faut que l'ordre se rétablisse et se Fortifie; penwme n'a pu émettre un sentfmeut contraire : oui, l'ordre est te premier besoin des sociétés, et sans l'ordre, non-seulement toutes les existences sont inqniél mais emore tontes les libertés sont compromises. Mais qu'est-ee que l'ordre, et comment le dchnissiz-\ous? L'ordre, à mou sens, c'est l'exécution StttCèrC el loyale de la loi : l'ordre, c'est le respect de la propriété et de la liberté iud.vidurlle ; l'ordre, c'est la modération dans le gouvernement; l'ordre, e'est l'abstention de toute viol de toute guerre injuste dirigée contre la liberté. Voilà ce que l'entends pu l'ordre. (Trèt-àknl très-bien!)
Plusieurs voix a droite. Nous aussi! — (Test cela! — Nous sommes d'accord !
Le citoyen Jules Favre. Mais si vous vouliez m'en donner une définition contraire, et SI Perdre, à vos yeux, était le silen matique de celui qui souffre, la domination de celui qui possède, et qui, se retranchant derrière sa forteresse et ses pri\iléges, prétend que tout est bien, el répond aux plaintes de ceux qui, dans leurs souffrances, peuvent quelquefois exag. rer leur douleur et faire entendre des paroles malséantes : Non! non! rien! rien! - alors je m'insurgerai- contre un pareil ordre, je considérerais comme n.eugléineiit Rsetieni oeui qui renient ramener la société rers le passé pour la faire brfaer par des orages! Non, l'ordre ne peut pas être entendu ainsi, et nous, qui BOUS trouvons, par l' élection nation la téta d'un jjouvei nemenl libre el d'un grand peuple, qui attend de
Bons de grandes et belles choses, n'osons pas nos forces dans toutes
ees Bflbérables taquineries contre la liberté d'opinion
Lecitoyen Ministre m: l'Inti-riut». Vous ne laites pas autre chose Le citoyen Jules Faviie... Contre la liberté d'opinion qui, en dérinilive .qui Ique puissants cl forts que nous soyons, nous jugera. Non , entrons plus avant et pSOS franebemeut dan- les grandes questions qui BOBfSOOt soumises, et que nous m- pouvons pas éluder. La patrie attend dl nous que nous menions un terme aux révolutions, et pour que les révolutions soient à jamais impossibles, il faut que les légi-
21 JUILLET 18lt»
limes besoins ilu peupla toul entier, de la nation française, dont DOOfl fMloni partie, il faul que tousses légitimes besoins soient satisfaits; il faut qae la démocratie soit fermement organisée, il faut ijiir non- disions un éternel adieu aux institutions monarchiques; il faul que 1rs institutions nouvelles soicnl mises en harmonie avec la force d'expansion du principe évangélique. Éducation, crédit, réforum financière... (très-hien' n applaudissements à tjauche), voil.i. messieurs, notre programme, et, pour l'accomplir, nous avons bejoin avant tout de la confiance du peuple; nous avons besoin que ir rie la nation puisse battre avec le u6tre. et nous ne devons lAUgurer nos travaux par des lois de défiance et de peur, par aes actei hostiles i la liberté de pensée. ( n moi encore en terminant]
J'ai entendu l'honorable M. de Montalemberf, el j'en ai été douloureusement affecté, je l'avoue, vous dire que la compression qui ponrrail Être la conséquence du triomphe de ce qu'il a appelé le parti allés, serai! tout autre que celle qui, à l'heure qu'il esi, a produit cependant, el cela est assez liouuéle, la dictature militaire, , là violation de la propriété, des arrestation- multipfiéessur loutc la surface de la République, la anspenaios de la liberté de la presse, cl ce n'est que la préface, on vous en a avertis. (Humeurs 'honorable M. dé MotU alembert aurait du se rappeler qu'il est arrivé un jour, jour que non- n'avions pas cherché et qui avait été préparé à l'avance par les coupables folies di la monarchie et la ion d'une partie de l'opposition, Jour où le pouvoir social a eu son interrègne, on des hommes saisis par le hasard ont élé portés par le fi >t populaire nu faite de la puissance; ils ont eu la Hi'-iature, mimes. Oui en a souffert? qui a élevé une plaim ' lamalions bruyantes à droit,-.) Le citoyen m MoRNY. Y 'ous avez mis le pa\- dans un joli état ; je
de vous en vanter ! [Rire* à droite ; rumeurs à gaur/ie.)
Le citoyen Jules Pi I e prends la liberté de faire remarquer à
M. de Rlorny que ceux qui ont mis le pays dans ce joli état, ce sont
ceux qui. en face d'actes contre lesquels l'opinion publique tout
entière, la vertu civique de la nation s'est soulevée, se sont déclarés
Faits. {Applaudissements el >> ■ gmuhe.) Ce sont ceux-là
imi oui creusé le gouffre de la révolution, et quand la révolution a
éclaté, j'aurais bien voulu les voir a la tête du gouvernement.
Qu'aurait fait M. de Mornj .' qu'aurait-il fait du para? Quant à moi,
pas quelle eût été sa conduite; mais j'avoue que j'ai plus de
confiance dans les hommes qui, à celle époque, ont tenu le limon
des affaires. (Interruptions diverses.) Accusez tant qu'il vous plaira les
actes du Gouvernement provisoire, cela vous est permis; il ne vous
demande pas de reninn aisance ; mais 60 que l'histoire dira, c'est que sans lui, sans son dévouement, sans 11 mon qu'il a bravée tons les JOOrS, von» ne seriez pas dans cette cnceinle. (Wsa approbation à gauche. — Interruption* diverses à droite.)
le nioven Psésrosrf. Cela ne fait pas reloue de ceux qui 61 derrière lui. [On rit.)
Le citoyen Jules I'.wt.f. .le le répèle, toutes VOS demeura, toutes vos calomnies ne feront DU qu'investis d'un pouvoir souverain, les hommes qui, pendant deux mois el quelques jours, ont été chargés de la difficile mission de contenir le flot populaire dans celte ville de Paris si profondément agitée... [tVontUt interruption.)
le citoyen Esi iucelin. QdJ l'avait déchaîné? {Bruit.)
\ v citoyen .iules Favrb... Rien ne fera, encore une fois, que cet
rnseignemenl de l'histoire ne soit écrit dans dos annales, et que ces hommes doul j\u parlé n'aient exercé ce pouvoir immense sans porter atteinle à aurnne des liherlés que vous voulez immoler. [Bie/amntioiU • i m pi iq ut x a droite el au rentre.)
ons donc, messieurs, je vous en supplie, les vaines et daug»r.-.riuunations; ne cherchons pas à embarrasser l'avenir «le ces fantômes que l'imagination peut grossir, mais qui sont le pins iri-ie, le plu déplorable moyen que les partis puissent inventer. Non! non! l'avenir nous appartient; il sera Ici que nous le t non-mêmes, car ifesl de noire sagesse qu'il dépend. Voulez-vOUS,
messieurs, rentrer dans les rotes dn passé) Voules-vous reprendra
une a une, sou-, h bannière des hommes qui Toril perdue, les fautes qui ont entraîné la monarchie? Soyez BOTS que vous aboutirez aui mêmes désastres, el qu'après un temps de paix plus ou moins Ion;; la France, fair;uée de ce régime, s'en tirera, même par une révolution
Quant à moi, je vous convie à d'autres destinées; je vous supplie, au lieu de reprendre ces lois de défiance et de haine, d essayer des loi! de lécondilé et de progrès. Pour cela, messieurs, soyez-en surs, vous rencontrerez dans cette Assemblée, et de tous les côtés de cette iiblëe, une complète unanimité, ai-jc.bcsoin de le dire? Oui. pour que les destinées de la République puissent s'accomplir, pour qu'elles le puissent, grâce à la sagesse de l'Assemblée qui préside à sou avenir, il faut, cela est indispensable, que l'arme de la guerre civile soit à jamais brisée, qu'on dise anatlième 1 foules violences, a toutes espèces c\'iu>urrccïuu\<.... (Très-bien! trrs-ùicn! — Bruit sur rfnrrc bancs.)
J'ai le droit, mes-icurs, quelle interruptions que
ces parole-, suscitent, de tenir ce langag.
Le Citoyen Piit'siDiNT. On vous approuve sur tous les bancs!
Le Citoyen Iules Pavub... Car cette doctrine a été celle de toute
nia vie. Tonte ma vie j'ai maudit les fureurs fouettes qui poussent 1rs citoyens les uns coin rc les antres, ei qui plongent les EamIQes dans le deuil; je les ai maudites, non-seulement an nom «1rs Minunents .deux qu'a invoques M. fie Mnntalcmlirri, mais BUISl au nom de la iberté. dont la guerre civile marque toujours les funérailles. (7W*- ,.' trèt-bunJ)
Mais si je dis ainsi que la force doit cire proscrite, caria force est brutale, aveugle; eltc brise, elle fait des blessuresqnj ne se guérissent que lentement ; elle désorganise et ne rétablit rien; C'est I la condition que la farce, «m déferlant la rue où elle sera à jamais roudaumée, : in-cenlemenl comme une œuvre détestable, mais, bien plus eaeore, •mine une inivre Stérile, n'ira pas se glisser In -pon dément dans la
h, n'envahira pas les textes présentés k votre souveraineté, et que,
de cette déclaration sincère et loyale, . tout par la discussion,
■iniquement par la discussion, tout par le suffrage universel, qui est
loire maître à tons el qui présidera désormais aux destinées de la
lique -, la liberté continuera à porter son flambeau sans
entraves, et qu'on ne viendra pas, traîtreusement, lui dresser des
erabrirlus el la faire trébucher dans la route où elle doit guider la
lulisitiun.
Voilà Ce que j'ai le droit de demander, et, comme je ne rencontre dans la loi qui vous est présentée, que les passions et les sentiments contraires, que c'est une loi de naine, de faiblesse, d'impuissance et mire-révolution, je vote contre la loi. {livt approbation à unuchc.)
PRONONCÉ A L'ASSEMBLÉE NATIONALE DANS LES SÉANCES DD 6 ET DU 7 AOUT 1849
Ji
M Joies Favre fit une interpellation sur les affaires d'Italie, à laquelle répondit M. de Falloux, et à la suite de laquelle l'opposition présenta des ordres du jour motivés ; mais l'Assemblée vota l'ordre du jour pur et simple.
Messieurs,
Le voile s'est enfin déchiré ; la moralité de l'expédition à Rome peut être désormais jugée par l'aveu du cabinet, et nous pouvons aussi mesurer jusqu'au fond la sanglante impasse où nous a jetés l'impéritie de nos hommes d'État. {Bruyante approbation à gauche.)
M. le ministre des affaires étrangères nous disait que la discussion lui semblait inutile; je lui demande la permission, après avoir entendu son discours, d'être d'un avis complètement opposé.
Si cette discussion avait besoin de lumière, la lumière s'est faite, et désormais il ne reste plus que deux choses à faire : la première, qu'il n'appartiendra pas à la modération de M. le ministre des affaires étrangères d'empêcher, c'est de porter un jugement sur le passé; et la seconde, c'est de savoir quel est le lien nécessaire qui existe entre ce jugement et le parti qui vous reste à prendre.
Or, bien que la responsabilité de M. le ministre des Affaires étrangères soit complètement dégagée de la résolution de l'expédition romaine, et de la manière dont elle a été conduite jusqu'au l,r juin, époque de son entrée aux affaires; bien, dis-je, que cette responsabilité soit complètement dégagée, M. le ministre des affaires étrangères reconnaîtra avec moi, qu'il est absolument indispensable de se rendre un compte exact de la volonté qui a présidé à cette résolution, qui l'a inspirée, qui lui a marqué sa direction; cette volonté, quelle était-elle? Était-ce par hasard
sas
■Il
cette volonté secrète, souterraine, qui a mis le temps avant «le faire sauter la mine que nous avons vue faire explosion aujourd'hui, cette volonté qui M cachait dans le cabinet, derrière des déclarations officielles qu'il faudra bien que je mette sous vos yeux, déclarations qui, malheureusement, ne sont que des déclarations de perfidies et de trahisons? Non, ce n'est pas là la volonté que vous pouvez invoquer. (A gauche : Très-bien! Irh-him ! <c n'agi pat là, encore une fuis, la volonté que vous pouvez invoquer ; celte volonté, i e*t la volonté de la France; et la 1 raine «lu 17 avril, époque à laquelle l'expédition a été résolue, c'était l'Assemblée constituante.
Permis à vous, aujourd'hui qu'elle a vécu ftUt mptio*. /lires et
murmures sur divers bancs .) Messieurs, je De comprends pas le motif I en mu i in-,>. je disais que pour nuis rendre un compte exact delà volonté qui avait présidé à l'expédition romaine, il fallait interroger h aidée constituante, il fallait savoir quel était »le langage tenu dans son scia par les hommes qui représentaient le pouvoir exécutif, et j'ajoutais qu'il était possible à certains hommes de parler avec dédain de cette Assemblée, mais qu'à moins de s'insurger contre le suffrage universel a «.in- tribune, il était nécessaire de y-'incliucr devant les votes souverains <lr l'Assemblée constituante, et que, lorsque M. le ministre des affaires étrangères vous disait qu'il il pan important «le remonter à cas études rélrospertixes, il M • i. muait à l'instant un démenti en vous lisant la dépéehc que luimême adressait à un de ses agents, M. de Ilayneval, dans laquelle il disait :
n tout, prenez bien garde de ne pas perdre de vue les motifs de l'expédition. »
I '■ ' Ifi langage du ministre lui-niéine, et il ne pouvait plus en tenir d'autre; car ce serait, messieurs, vous l'avouerez, supposer une randc nation descendue à de Mao tristes extrémités, que de la roire faisant débarquer sur le rivage d'un peuple ami ses aru t tes dirigeant au hasard, suivant une politique menée au jour le • air. et qui change avec les hommes qui péuvOffl 8é su veder au ouvo
. M. le ministre des Affaires étrangères Ta parfaitement eom-
i en cela il a sagement agi; il a pu répudier l'héritage clés
qui avaient été commises avant lui; mais en prenant le pouvoir
n ce moment difficile, difficile surtout en ce qui concernait l'expé-
ition romaine, il lui a été impossible de ne pas renouer le présent
t l'avenir au passé «pu les dominait.
Vous le voyez donc, messieurs, nous sommes forcément réduits \
poser deux questions.
La première est celle-ci : quel a été le but, le but avoué, le but
nisi m i.s paru nets I \ tKES.
procltnté en face de l'Kuropc, de l'expédition que nous avons dirigée d'almrd BOT < ".ivica- \ errhia, cl ensuite sur Rome? Et comme complément de cette question, loiiiincu t re but a-t-il été atteint? Comment la volonté souveraine qui l'a indiqué a-t-clle été BléCtttéC par le pouvoir exécutif? Telle est la première qurslion que nous devons examiner devant vous.
Kn deuxième lieu, il faudra bien que nous vous en fassions une aulri' (Humeurs à droite.)
Si je parle devaut des impatients qui soient disposés à ne point écouter cette discussion, ils peuvent à l'instant donner au pays la marque de l'intérêt qu'ils portent à sa grandeur. (Approbation a yauehc.)
Ouanl â moi, je crois que la question n';i été jusqu'ici qu'indiquée, et je crois qu'il rst de mon devoir d'essayer de la traiter. {Parlez!)
Des deiiK quêtions que je veux proposi-r a l'examen «le l' Assemblée, la première est dominée par une considération capitale qui, j'en suis sur, a déjà frappé vos esprits c'est que la volonté persévérante, je ne dirai pris seulement de l'Assemblée constituante, Biais de la France entière, a été, dans le] limites du possible, l'indépendance de l'Italie et la résurrection de H nationalité. Je dis, messieurs, que telle a clé la volonté de l'Assemblée constituante, et pour cela je n'ai pas besoin d'invoquer seulement le vote solennel du 24 mai 1848, je n'ai qu'à vous faire remarquer que l'indépendance de l'Italie I été de «ou! temps, sous tous tofi rr;;, mes, dans toutes les politiques, uue des conditions essentielles de la grandeur, de la séeurité, du libre développement des intérêts français.
Kl si je voulais, messieurs, â l'appui de cette proposition que j'établis iei comme \m axiome politique qui est hors de toute contestation; si, dis-je.je voulais rechercher les preuves historiques, les preuves qui sont tirées de la nature môme des choses, elles abonderaient dans ma discussion, et je pourrais vous moutrer que, dans toute notre histoire, les grandes luttes qui se sont engagées entre le -Nord et le Midi, entre L'Occident et l'Orient, ont toujours eu l'Italie pour champ de bataille; que, depuis Charles VIII, depuis Fornoue jusqu'à Marengo, qui a si glorieusement, mais malheureusement pour si peu de jours, terminé ces luttes, toujours l'influence, la grandeur, la prospérité de la France ont pn SB menâtes i l'indépendance italienne. {Très-bien! très-bien!)
Ne croyez donc pas, messieurs, et c'est là ce que je voulais «lire, que l'ordre du jour du 2J mai, par lequel, le lendemain de sa révolution, la France, en face de l'Europe, a déclaré que sa politique était essentiellement liée à l'affranchissement de l'Italie; ne croyez pas, que ce vote a été une témérité chevaleresque, l'élan d'un peuple régénéré voulant faire rayonner autour de lui, dan expansion, la liberté qu'il vient de reconquérir. .Non; ce vote a été
l'expression positive «les véri labiés intérêts, de II véritable politique, delà politique matérielle ei morale qui dctll diriger la France. D'où conclus rigoureusement que tout ce qui I été fait, que tout ce qui •ra fait dans le sans rie lindépcndauce et de Faffranehis>rment rit- Italie tournera à la gloire et au profit de la France, et que, par mire, tout ce qui sera t'ait contre l'indépendance cl l'affram ièjsseicnt de l'Italie aura pour objet d'augmenter la puiiftnce ries coin .Nord, et par conséquent de faire pâlir l'étoile rie la France.
ifftrubtitionà gauche.)
obléc constituante avait donc été intelligente et Sage; elle .ail élé l'organe éclaire ries vieux riu pays, lorsque, le 21 mai. elle suni.nl sa politique parla formule que je viens de vous rappeler; je ne crains pas d'ajouter que l'Assemblée constituante, en tant l'il a dépendu d'elle, a constamment persévéré dans ce vmu, qu'elle toujours exprimé ris-à-vis du pouvoir exécutif cette Volonté «'elle eniendall que l'indépendance italienne fui défendue, fut oOBh intant que le comportait la liberté d'action des ■ . lises.
ci je ne \en. pas rappeler (c'est pour moi une conviction, et ir conviction aroère) que deux fois l'occasion s'est offerte, pour la -, de sauver cette indépendance; je ne veux pas rechercher par faute de qui ces occasions ont été perdues-, il n'est pas dans ma pensée de récriminer, surtout contre des pouvoirs qui ne sont plu- ; uiai- t , ijtte je liens à constater, c'esl que, même après ce vote, l'As Constituante tout entière ne cessait de suivre avec une
>lliciturie Inquiète, pleine d'anxiété, les mouvements qpj .s'opéraient •u Italie, et qu'elle désirait de tout son coeur, de tout son élan patriotique, que l'Italie prit sortir triomphante de la lutte dans laquelle «Ile -tait engagée. Aussi permettez-moi de vous rappeler que, lorsque le •iémofit. dans uu mouvement de désespoir qu'on peut Mimer, mais pie je comprends, quant à moi, eut déchiré de son épée le mensonge protocolea de la médiation anglaise et française, et qu'il eut »mbé a Novarrc, l'Assemblée constituante s'émut, le cumiié «les iffaires étrangères s'assembla . N'appela les ministres dans son sein, et !à il «upplia le cabinet de prendre une mesure énergique, prompte, ivc, non pas seulement, messieurs, pour couvri ries frontières de France, qui. le boulevard de Turin renversé, pouvaient se trouver linsi menacées par l'Autriche, mais encore pour sauvegarder, autant qu'il' sible, l'indépendance italienne.
C'était la plus chère pensée de l'Assemblée. Vous n'avez qu'à vous
reporter à la discussion solennelle qui eut lieu à l'occasion de l'ordre
(é par le comité des affaires étrangères, et vous verrez
que tous les orateurs qui se succédèrent à la tribuuc furent unanimes
dans l'expression de la menu- pensée, même celui qui, d'ordinaire, jetant un souffle de dédain sur les sentiments les plus généreux, venait du haut de KS éminentes faculté-, rrlu-ir aux populations ctrani: lroit d'être libres; celui-là mémo vint dm- à cette tri-
bune qu'il fallait négocier en faveur de l'Italie, car l'indépend m. . italienne devait Être une des plus vives préoccupations de la Kranre.
Et quel lut, nef -murs, l'ordre du jour qui sortit de cette discussion? Cela rst utile a rappeler, car c'est le premier pas fait vers la question romaine, à laquelle je vais toucher.
Dam I»' Min an comité des affaires étrangères an éveil peenjM cabinet d'agir et d'agir immédiatement sur le Piémont, On lui avait dit -. non-seulement il faut sauver vos alliés, empêcher qu'il- u I Uiefll écrasés par les exigences d'un vainqueur implacable, Bats encore il faut permettre à la France de mettre autre chose que sa paroi» vaines formules de diplomatie dans la balance que vous ici Kruxcllc*-, courez donc soit à Cènes, eoll à l.ivourne, mettez un pied dans la haute Italie | que la Fraucr y soit pool s planter son drapeau pacificateur, qu'elle proteste contre l'Autriche, qu'elle oppose poitrine à poitrine, et la contre-révolution reculera. Voilà ce qu'où I
Le pouvoir refusa-t-il son appui? Non.il le promit, el rOB pouvci vous référer aux disrussious qui ont eu lieu le M et le U mars IKIS, vous verrez quelle 'lait l'altitude du cabinet; M. le président du conseil promettait à l'Assemblée, el je Hlifi <ùr que ce vœu était dans son cu'ur, que non-seulement l'intégrité du Piémont était conservée. mais encore que toutes les autres questions qui intéressaient, eu Italie, l'honneur et la dignité de la France, seraient sauvegardées. •■ ulemrnl M. le président du conseil nous avait demandé de ne poiut rédiger notre ordre du jour d'uue manière trop absolue Nous avions d'abord parlé, pour l'occupation que nous demandions avec installer, d'un point du littoral dans la haute Italie. M. le président du conseil el M. le ministre des Affaires étrangères d'alors nous demandèrent une rédactiou plus générale, afin de ne pas gêner les opérations dn gouvernement. Nous y consentîmes, et nous prouva nu-- ainsi, pour le dire en passant, que nous ne sommes point animés de cet d'opposition systématique, de celte hostilité qui nous a été tant de fois si injustement reprochée. Non; toutes les fois que nous avons vu le cabinet engagé dans une voie qui nous a paru salutaire, fontes lei fois qu'il nous • montré dis sentiments patriotiques, nous lui avons donné notre eoueours. et nous le lui avons donné plus tard, que Ilieu nous le pardonne! [Hira ironiqun a <jauche.
K cette époque, cependant . des scrupules s'élevèrent dans ! de plusieurs des membres du comité des affaires étrangères, cl l'on craignit, non pas, messieurs, qu'on ne nous manqu.1l de parole,
*en sommes pus encore à cet choses, nous y reviendrons plm lard-, mais on craignit qu'une influence qui existait déjà dafll te ministère et qui était parfaitement connue, qui y transpirait, qui s'y défaisait mal, ne se servit de la confiance que témoignait l'ordre du pour en dépasser la Formule, et qu'au lieu d'intervenir, au nom de la liberté, dans l'Italie du nord, on n'intervint, an nom du despotisme et du clergé, dans l'Italie du centre.
Ce scrupule, messieurs, fut MÛ aux deux honorables membres
dn cabinet qui étaieut dans le sein du comité, et ils «'élevèrent avec
vertueu<e indignation contre toute espèce de pensée semblable-,
donnèrent l'assurance que ri. n oY pareil n'était, quant alor»,
Cependant l'ordre du jour ayant été voté, quelques jours plus tard. 16 avril, vous le savez, M. le président dn conseil monta à cette et vint apporter au vote de l'Assemblée constituante un ■t de décret dans lequel il était question d'autoriser une dépense : 1 ,200.000 francs -, celle dépende a été autorisée, mais nous en nn peu loin, elle devait être emplou-e à une expédition a Civita-Vecchia , puis s'opposer à l'influence de l' Autriche, pour y défendre la liberté, pour l'y sauver, si cela était possible. Ici, t quelle que soil l'impatience de l'Assemblée, je suis dan* absolue, car toutes ces citations sont indispensables, de nietire «as ses yeux les paroles de 31. le président du conseil; il faudra bits rapprocher ses paroles, ses engagements solennellement pris à la race de l'Europe, de celles qui viennent d'être prononcée» par 31 le aanîstre des Affaires étrangères , libre quant à lui dan» son appréciation et dans son jugement, mais qui à côté de lui nr peut pas dégager par la même liberté M. le président dn conseil, qoi est sons le poids de ses déclarations, et qui devra bien expliquer it anjoard hui elles sont violées, foulées aux pieds, dans le de nos soldats et des Italiens. (A gmieàe : Très-bien! trit-év Voici ce qae dirait SI. le président dn conseil : - Depuis le vote •joe je viens de rappeler , 1 était question dn vote de l'ordre du jour dont Je viens de parler â T Assemblée), depuis le vote que je viens de rappeler, la situation, encore incertaine, s'est fortement caractérisée. LAntnche pont suit les conséquences de sa victoire ; elle pourrait se prévaloir du droit de la guerre, à regard des Étals plus oa engagés dans la lotte qui avait éclaté entre elle et la Sar- Le coatre-coop de ces événements s'est lait sentir dans r Italie centrale. Des informations qui nous arrivent annoncent dans les États romains une crise imminente-, la France ne peat y rester îadtftfreale ; le protectorat de nos nationam. le soin de aanfarir influence en Italie, le désir de contribuera faire obte-
nir aux populations romaines un bon gouvernement, fondé sur des institutions libérale.*, expliquent notre conduite. Ce que nous pouvons affirmer dèl à présent, c'est que du fait de notre intervention sortiront d'efficaces garanties, et pour les Intérêt! de notre pays, et pour la cause «le la vraie liberté. «
Cela est parfaitement clair; el quand bien même je n'aurai» | mettre sous vos yeux'les citations qui von! suivre. (Ha lignifie | ■et hommes d'honneur d'abord, puur des hommes intelligents ensuite, que le gouvernement romain se trouvait dans uu état de complète dissolution, qu'il était menacé de ruine, que celte ruine pOOViil être accompagnée de désastres dont nos nationaux pourrafenl souffrir; que la liberté de l'Italie y pourrait périr, qu'on remplissait une haute mission providentielle, que lu France envoyait MM soldats pour protéger Ml saintes ehoses, qu'elle entendait sauvegarder, même hors «le sou territoire; mais d'agression contre qui que ce soit, mail de guerre engagée, mais de lutte contre une D nalité : non, il n\» a\ail pas un mot de menace dans li •«• paroles que je vieus de meure sous vos yeux. D'ailleurs, si qoelqne ambiguïté avait pu être laissée par elles, ce qui se passa dans le seiu de l.i
commission pommée pour taire nu rapport sur le décret, el ce qui
se passa ensuite au sein de I" \sseiul>lée. la dissiperait complètement,
l'nc commission fut nommée d'urgence; on nous disait : I sont tellement pressantes que, d'un moment à l'autre, la catastrophe peut s'accomplir; c'est l'information de nos agents. Nous verrons tout à l'heure quels agents. Quoi qu'il eu soit, la commission fui nommée ; elle entendit M. le président <lu COnseJl, elle entendit
M. le ministre des Affaire» étrangères, et là les explications les plus
catégoriques furent données, l'ai le bonheur de parler devant des hommes qui misaient avec moi partie de cette commission ; ils peuvent dire si mes souvenirs sont inexacts. Nous demandâmes formellement à M. le ministre des Affaires étrangères et à M, le président du conseil s'il j avait entre les puissances et la France un accord commun dans un but déterminé. M. le président du conseil et M. le ministre des Affaires étrangères nous répondirent formellement que non. Nous leur demandâmes, eu second lieu, si la France oc mettait pal ainsi sa Motte hors de sou pOTl pour aller rétablir la pJHBMIIfe du Pape; il nous fut formellement répondu que non, et cela sur l'honneur. (Mouiwnents divfrs.)
Du reste, si M. le ministre de la Justice a perdu la mémoire, ce qui est nnaiiliUi, cm choses-là se voient, surtout dans des situations si difficiles (murmures), le Moniteur est là pour le lui rappeler, et je vais y revenir. .Non- dem audames ensuite à MM. les ministr l'expédition n'avait pas pour objet d'attaquer la république romaine,
de la détruire, de changer cette forme de gouvernement pour la remplacer par une autre; il nous fut formellement et sur l'honneur répondu que non.
Telles furent, messieurs, les assurances qui nous furent données par MM les ministres, et, en même temps, on nous fit parvenir dans le sein de la commission la copie d'une dépêche télégraphique qui annonçait que le gouvernement populaire que Florence s'était donné, était tombé. On nous annonçait encore que les Autrichiens étaient en marche sur la Roraagne et que les Napolitains allaient franchir la frontière; que le gouvernement républicain, à Home, était si fragile, que M. le ministre des Affaires étrangères avait des lettres des chefs de ce gouvernement qui demandaient à grands cris l'intervenlion franiaix-, que tel était le vieu de la population, qu'on pourrait nous soumettre des pièces.
Noire tort, messieurs, je le confesse, fut de ne pas demander de -.. notre tort fut de. croire à des déclarations que nous avions iniiii' raison de supposer sincères cl loyales, et qui malheureusement ne l'étaient pas. (A (jancht. : Trh-bien! très-bis».')
Ces déclarations, qui étaient absolument nécessaires pour que notre conviction pût se formuler, passèrent, en substance, dans le rapport de la commission qui fut lu à la séance du soir et qu'il mes! impossible de ne pas mettre sous vos yeux. ■ Des explications de M le afadsfre il est résulté que la pensée du gouvernement m ■ -i pas de faire concourir la France au renversement de la République qui nfuiOto actuellement A Home ; qu'il agit dans sa liberté, dégagé de toute solidarité avec d'autres puissances, ne consultant que ses intérêts, son honneur, la part d'influence qui lui appartient néeessaireraent dans tout grand débat européen
,.trc commission :\ pris acte de ces déclarations positives; elle prie de ne point les oublier dans le cours de la délibération qui
ouvrir.
Fille d'une révolution populaire, la République française ne pourrait, uns s'amoindrir, coopérera l'asservissement d'une nationalité Indépendante. L'Assemblée qui, tant de fois, a manifesté ses sympathies pour la cause italienne, ne peut humilier sa politique en se faisant la complice de l'Autriche.
Mais c'est précisément parce que le Piémont a succombé, parce que |i impériales menaçaient la Toscane et la ftomaga
vertu des lois de la guerre et des privilèges de la victoire, c'est parce qu'à leur suite éclateraient nécessairement de cruelles réactions, qu'il importe a la France, sous peine d'abdiquer, de faire flotter son drapeau en Italie, pour qu'à son ombre l'humanité soit respectée et la liberté au moins partiellement sauvée.
i. il
JC2
Voire commission a compri* qu'en autorisait le pouvoir exécutif à occuper un point de l'Italie aujourd'hui menacé, TOUS lui douneriei pour mission de poser une limiie aux prétentions de r Autriche et de terminer, par un arbitrage que la force de vos armes appuierait au besoin, lous les différends qui diviseraient encore la Péninsule, et que DOtre intérêt, comme notre houncur, nous commande de inuéner dans te sens le plus favorable possible, en développant des iu-ti lotions démocratiques. •
Voilà le rapport.
Le rapport suppose évidemment, vous le voyez, que le gouvernement républicain qui subsistait à Rome, qui n'avait pas été reconnu par rAssemblée constituante, je le confiasse; que ce gonreimaeaa,
qui subsistait de Loi comme VOUS subsistiez avant qu'aucune puis
vous eut reconnus que ce gouvernement était menacé d'une ruine prochaine, <\'imt' réaction intérieure et dune invasion extérieure; que c'était afin de protéger ainsi nOS nationaux, afin de sauver l'influence et la dignité de la France, que l'intervention était résolue.
Le rapport fui lu à la séance du soir. In membre de l'opposition monta à la tribune; il concevait des inquiétudes, il ne partageait pas notre confiance, et il avait raison; il demandait que le ministère g/expliquai positivement sur la question de savoir --'il respectent! ht nationalité italienne, s'il n'imposerait pas aux Romains un goovernement de sa Façon, théocratique au fond, avec des apparences libérales, ee qui est toujours OU attentat contre la souveraineté nationale
Voilà quelles étaient les inquiétudes de l'honorable orateur de l'opposition. Il sollicitai! des explications. Les explications, messieurs. ellea furent données longuement par M. le président du conseil; il résulte de la manière la plus positive que nous n'allions pas à Rome pour opprimer la nationalité italienne, pour attaquer la République romaine, pour lui imposer ou pour faire éclater un gouvernement quelconque. .Non-, nous allions en Italie uniquement pour être présents à une grande catastrophe qui, d'après les informations du cabinet, était imminente, et qui ne pouvait s'accomplir sans que l.i France fOt là pour protéger les intérêts de tons.
En effet, M. le président du conseil disait ceci : « Je ne crois pas. sortir de la réserve qui m'est imposée, eu répondant que nous n'irons pas en Italie pour imposer un gouvernement aux Italiens, pas plus le gouvernement de la République qu'un autre gouvernement... {Mouvement.)
Et plus bas :
- Nous ne voulons pas qu'un événement important, qui peut une grande importance pour les destinées de l'Italie, auquel peut s,rattacher la légitime influence qui appartient à la France dans ce
pays, se consomme par une Influence étrangère* Nous ne voulons pas que l'absence de la France, que PeidoBlen 8e toute influence de sa part porte prèjodke à des (pranlieset à des libertés qui ont toutes nos vieilles sympathies
F.t cufiQ :
- Nous ne mettrons pas ...
Ceci es; tormel, et je demande que M. te pFMfiflfdml da Conseil veuille bien s'accorder arec M. le mini- i il \ITiiire> étrangères, qui nous a dit que le but avait toujours eu de rétablir l'autorité du Pape, que là était le véritable intérêt de la France
Ki mitez ceci :
Nous ne mettrons pas les forces de la France au service de tell.' ou telle f>nne de ^ouvernemeot, nous n'eu avons ni la volonté ni lr dr >it -, niais mois maintiendrons Bel Forces pour sauvegarder les intérêts et la légitime influence de notre pays. [Marques d'imjHitience à droite.)
Ki enfin, messieurs, vous avez entendu les termes <lu rapport; ils ne sont pas équivoques, ils posent très-clairement laFranot vis-à-vis «h- r Autriche dans un état d*antagottiflUi avoué.
France va eu Italie pour y protéger la liberté ; elle y rencontrera l'Autriche, et l'Autriche ne Fera pas un pas de plus sur le sol que la France aura couvert de sa protection.
Eh bien. M. le président du conseil, qui nous avait dit formelle- (1 ans le sein de la commission, qu'il n'attaquerait pas la Itcpublique romaine, qu'il ne tirerait pas l'épée contre elle, dit en terminant son discours : le ne renie rien des paroles que j'ai dites dans le sein de la commission.
I e drapeau de la France ne sera, croyez-moi, engajjé que dans rel français, pour son influence légitime, dans toute notre indépendance d'action et dans l'intérêt de cette vieille cause qui a toutes v mpalbies. n Ainsi, M. le président du conseil, publiquement, au sein de l'Assemblée nationale, en face de l'Europe, disait que le but de l'expédition française n'était pas d'imposer A l'Italie telle ou telle forme de gouvernement, non -, nous allions eu Italie parce qu'une catastrophe \ éclater; nous y allions comme protecteurs et comme libérateurs
Cependant, cette opinion, comme vous devez le croire, rencontra des contradictions au sein de l'Assemblée. Il se trouva quelques personnes, et notamment un orateur de l'opposition, qui prétendirent que, sous le voile de ces déclarations, il était facile de reconnaître que le cabinet n'avait d'autre but que de restaurer la puissance temporelle du Pape.
I) 1 S f o U H S P A R L E M E NT A I B E S .
■ £i vous consultiez encore aujourd'hui la majorité de cette Assemblée, «lisait cet orateur, je suis convaincu que tel n'a pas été son sentiment. Non, ec n'est pas le sentiment de la majorité ; cependant c'est la conclusion forcée de l'intervention que vous allez essayer. Oue disent les ministres? lisse lèvent, et ils déclarent a la Face de l'Assemblée constituante : Non ' non ! Voilà leurs paroles, voilà leur engagement. On leur dit: Le but nécessaire, infaillible, de votre expédition, c'est la restauration du Pape-, et le ministère s indique à celte peuM-c, ii il répond que tel u'est pas le but de l'expédition.
Du reste, un homme que M. le président du conseil ne désarmera pas, l'honorable général de Lamoricièrc étant monté à la tribune pour expliquer le sens de l'expédition, pour dire que l'armée française devait aller à Civila-Vecchia et y entrer à tout prix, et là attendre l'attitude de la population romaine, et ne marcher sur Rome qu'autant qu'elle y serait appelée par les vœux de la population, M. le général de l.amorieière disait : Si nous avions cru. >i la commission avait eru que la France dut aller en Italie pour dans le sens autrichien, nous ne vous aurions pas apporté à la tribune le rapport que nous vous avons apporté, b M. le président <\n conseil se lève et dit : • Nous serions coupables si nous l'aviou- proposée. r (•■* ijtmche Trrs-!)i,n! très-hien!)
Ksi-ce que vous n'avez pu agi, par hasard, dans le sciisauirii bien .' (4 dmilc cl au tentn Xon ! non!) Malheureusement, nous vous le prouverons .surabondamment plus lard. Kl dés à présent, je vous le demaude, réponde/, à celte question : Oue voulait l'Autriche? quel
était sou Intérêt? quel était son but ! L'Autriche, pour être mattnm
de ses mouvements dans le.« provinces menacées, voulait que la liberté qui était encore debonl dans Nialie centrale, comme le disait tour i l'heure M. le minisire des Affaires étrangères, fût égorgée. Elle a pris l'épéc de la France, et vous, vous avez trompé la France! (/tu- NMvra et dénégation m rentre.)
• mi. D'est l'Autriche qui a pria par vos mains l'épéc de la Fram c'est l'Autriche qui a égorgé dans Rome les derniers rempart! qui l*Oppoaakn< à la libre action de nos armer- 1
Itépondez à cette question : Quelle est la différence que vous faites entre les expéditions qui ont bombardé Bologne et Ancône et l'expédition qui a cauoniié Home ? M vous voulez tain* la comparaison ad proclamations, des mesures qui ont élé prisd lOTèS II prise de ■ villes, je vous monlrerai une identité Complète. VOUS STei proclamé le Pape, vous avez proclamé son autorité contre le vœu des populations...
Oui, vous avez fait exactement ce qu'a fait [l'Autriche. Mais clic
« ET 7 AOUT ll«t.
US
agissait dans un intérêt patent, clic ne cachait pas son drapeau, ijuant à vous, vous l'avez voilé' d'un faux semblant de patriotisme, afin d'égarer l'Assemble
Messieurs, vous l'entendez, voilà votre jugement, et il faudra bien que plus tard je vous le rappelle. Vous avez déclaré en face du pays que si vous agissiez dam le sens et l'Autriche et comme les Autrichiens, vous seriez coupables. Nous verrous comment vous avez agi.
L'expédition est ordonnée, elle part, elle arrive à Civita-Vccchia. Ici. messieurs, il importe, pour l'honneur de la France, de n'omettre aucun des faits, aucune des pièces qui peuvent éclairer sa religion et la votre.
Lorsque l'expédition touche à Civita-Vecchia, une proclamation est lancée; cette proclamation, messieurs, était si bien la pensée du gouvernement, qu'elle avait été rédigée en conseil. Écoutez quel est le langage qu'on fait tenir au général commandant le corps expéditionnaire. (Marques d' impatience à droite.)
Un von. Nous la connaissons,
V 6*04 iik Lisez ! lisez!
Le citoyen Jules FAYRE. Messieurs, les majorités prouvent tous les
rs qu'elles ont beaucoup de pouvoir-, ce qui leur est plus difficile, de prouver qu'elles eu usent bien.
Huant à moi, je suis décidé à me retirer de cette tribune si le vote «le la majorité m'interdit la parole quand je lis des pièces qui peuvent ci lafrer le pit/S... (murmure* à droite); mais devant les signes d'impatience, jamais ! J'userai de mon droit jusqu'au bout, quelles que soient vos manifestations.
Voici, messieurs, la proclamation de M. le général Oudinot : i Dé- . brattOD «lu corps de iruupes françaises aux présides de Civita- Vccchia.
Le gouvernement de la République française, toujours animé d'un esprit très-libéral, déclare vouloir respecter le vœu de la majorité du peuple romain. »
Vou entendez bien ceci. Pour le respecter, il faut le connaître; pour le connaître, il faut consulter la nation et ne pas lui mettre le sabft ■'•ur la gorge. Approbation àyauc/ic.)
- ...Déclare vouloir respecter le vœu de ta majorité des populations romaines, et vient sur leur territoire amicalement, dans le but de maintenir sa légitime Influence, il est de plus bien décidé à ne vouloir Imposer i ces populations aucune forme de gouvernement qui ne serait pas choisie par elle. - Ainsi, messieurs, ce n'était pas assez déclaration positive, annoncée à la tribune française parle chef du cabinet, lorsque ! expédition française est entrée en Italie, quand elle se permet ce fait énorme, évidemment contraire au droit des
211 DISCOURS FAIILKMtrsTAIRES.
;,iu-.ei i|ni M pouvait simiimi- que par un intérêt de haul prolcctoral qu'une nflifWTîH comme la France pouvait , jusqu'à un certain point, prêter vîs-A-\ is de l'Italie.
Malj;n' ces i es» un coutrat se forme entre l'Italie et la
France; l' Italie OUVM SCS portes, elle admet nus SOldttS. Util la lovauté liiiui ai-e, la los.iuté militaire, nous en devons être les gardiens! Quels moi Le* engagement*, quels sont les termes de ces eandilious qui sont à l'instant proclamées ei que l'Italie ;i C'est
• pie le vu-u de la majorité des populations sera respecté el qu'on n'établira eu Italie d 'autre forme de gomcrucuiciil que celle qui sera
choisie par les populations. Dune, tout ce qui sera l'ait en dehors de ndiiions sera contes le droit, contre les lois dh mes el Umnalnes
Kl H que vous laites, e'esl la guerre. r'esl une guerre impie et fratricide , et lout le sang versé M retombe sur vous. (Approbation
Voix a droite. Il doit retomber sur les citoyens romains.
Le citojen PRÉSIDENT du conseil. Cela a été malheureusement répété deux ou trois fois, et par de plus éloquents que vous, la refile du 13 juin.
Le Citoyen .Iules Favre. M. le ministre de la Justice me fait l'Imnneur de me dire mis «".-la a été répelé trois ou quatre tins, ,-t Jr réponde que malheureusement il a répète plus de trois lois on quatre fuis -i" '' " ' M ahlirail pas à Home un gouvernement par la force, et qu'il n'attaquerait pas la République romaine, el malbenreuSêmenJ il | établi un gouvernement par la force, il a atlaqué la République romaine. Ce n'est donc pas moi qui fausse ma parole ; c'est l à gauche.)
Le lendemain, messieurs, M. le général Oudinot adressait à Rome une seconde proclamation, et dans cette seconde proclamation il répétait textuellement :
llabilauls des États romains, uu corps d'armée française est débarqué sur voire territoire. Son but n'est pas d'y exercer une influence oppressive ni de vous imposer un gouvernement qui serait opposé I vos vu'iix, il vient vous préserver, au contraire, ètt plus gftBdB malheurs...
Nous nous concerterons, disait-il en laissant, avec las autorités existantes, pour que notre occupation momentanée ne vous camsi aucune gène ; BOUS sauvegarderons l'honneur militaire de vos troupes, eu les eSBOflant partout avec nos troupes pour le maintien de l'ordre et de la liberté.
Nous voiei sur la terre d'Italie.
Quelles étaient les instructions qu'avait reçues en partant M. le général Oudinot' GOS instructions ont été lues dans une séance dont
il fainira bien que je parle tout à l'heure. [Marques d'impatience à droite.)
Je dois déclarer à F Assemblée que j'aime mieux me taire immecQatemenl que de oc pas dire lout ce qui me parait devoir être dit, ii.' que ce que j'ai encore à dire est nécessairement long. Ce it pas ma Faute, Et je supplie L'Assemblée...
Le citoyen Président. Écoutez, messieurs, il u'y s pas de milieu-, en Angleterre, DU suivrait uuc discussion comme celle-là jusqu'à minuit, s'il le fallait. J'invite l'orateur à parler el l'Assemblée à écouter, car Interrompre ne peut qu'allonger la discussion.
Le citoyen Jules FAVRE. Je supplie l' Assemblée d'avoir un peu de patient e.
Je disais, messieurs, que pour tous les hommes sérieux el de bonne foi, après la pièce que je viens d'avoir l'Iiouncur de vous lire, il ne p€Ul ' ire douteux que la France avait pris, vis-à-via de I* Italie, i'engsgemenl formel de ne pas attenter à sa nationalité, de respecter le vreu de ta majorité des populations, de ue pas lui imposer telle ou Il Ile forme de gouvernement, ei par conséquent de ne pas attaquer telle ou telle forme de gouvernement.
j'interroge, d'autre pari, les instructions qui avaient été données au général Oudinot par M. le ministre de la Guerre, j'y vois que M. le jjénéral Oudinot n'était autorisé à marcher sur Home que dans le cas où Rome serait menacée par une invasion étrangère; dans le ras où uuc réaction en faveur du Pape y éclalerail : dans le cas enfin ou il y sérail appelé par le vœu des populations*
Eh bien, que se passe-l-il? La proclamation que je viens d'avoir l'honneur de mettre sous vos yeux est du 2ù avril. Le 27, M. le général Oudinot écrit à M. le ministre des Affaires étrangères ; - Les hommes qui sont à la tète du pouvoir ne veulent point le quitter; loin d'obéir a nos sommations, ils prétendent conserver les réues du gouvernent* nt. J'accepte le défi; et, bien que tout le matériel de siège ne soit encore débarqué, je marche sur Rome. ■
Voilà , messieurs, comment le général Oudinot entendait ses instructions. Et ici j'arrête le cabinet et je lui dis : De deux choses l'une, ou bien le général Oudinot, eu quittant Paris, avait des instructions secrètes différentes de ses instructions écrites-, ou bien le géi Oudinot prenait sur lui de transgresser les instructions qu'il avait reçues.
Pouvait-il dire, M. le général Oudinot, qu'A était appelé à Rome parle vu?u de la population? Non; cela était complètement impossible, carie 20 avril, M. le général Oudinot avait été mis en communication avec le consul de Civita-Yccchia, et le consul lui avait fait connaître son opiniou sur l'état des esprits. Cette opinion, clic est dans
lis
une dépêche envoyée à M. le minisire des Affaires étrangères, et on y lu Les nouvelles sont toutes à la résistance. On travaille aux barricades. On assure que le pont Saint-Ange, le Vatican et divers autres édifices sont rainés, n
Donc, loin d'élrc appelé parle vœu des populations, on était sur à l'avance... (l'ivts réclamations à droite.)
Le citoyen Jules Favre. Je ne suis pas exigeant; je demande à M. le président du conseil ce que j'ai eu l'honneur de lui demander dans une autre circonstance... {Bruit.)
Le citoyen Président du conseil. Dans trois autres circonstances-, voilà la quatrième '
Le ciloycu Jules Faviie. C'est la quatrième fois que je le demande ; tout cela prouve que M. le président du conseil n'a pas de réponse à me faire. Je disais donc que je demandais à M. le président du conseil la preuve que le général Oudinol avait clé appelé par la population romaine. Cette preuve, on ne l'a jamais fournie, on ne la fournira pas. Loin d'avoir été appelé, le général Oudinol, par ses proclamations dans lesquelles il disait aux populations italiennes : u Nous sommes des frères, nous venons amicalement vers vous; nous ne voulous pas renverser votre gouvernement *, le général Oudinol envoyait aux triumvirs qui étaient à la tète du gouvernement sorti du suffrage universel... {Oh! oh! non! non!) une sommation d'avoir à le recevoir. Et quand il faisait connaître à son gouvernement cette partie de sa conduite, il disait : ■ Les hommes qui ont plongé dans l'anarchie la population romaine ne peuvent se résigner à quitter le pouvoir; le gouvernement romain nous lame une sorte de défi, que le devoir et le sentiment militaires nu: prescrivent de relever sans délai; le matériel n'est pas entièrement débarqué, etponrtant je n hésite
pasà marcher directement sur Home avec cinq mille six cent Boisante
hommes environ. ■ Je répète ma question : de deux choses l'une, ou bien le pèserai nudinot agissait en vertu d'instructions secrète! il les transgressai I, ces instructions, car il n'avait pas le pouvoir de marcher sur Home, s'il n'y était pas appelé; on lui avait dit d'éviter toute espèce de cas de guerre. Et cependant il l'appelait par des sommations faites au gouvernement romain, et en acceptant ce qu'il appelait le défi qui lui avait été lancé. Aussi qu' est-il arrivé de cette transgression des pouvoirs et de celte correspondance funeste et déplorable, commises par le général Oudinol? Vous le savez, les Français sont arrivés jusque sous les murs de Home, cl là, une action déplorable s'est engagée, je dis déplorable, car évidemment, ou bien le ministère nous trompe encore quand il nous dit qu'il y a eu un malentendu le 30 avril, ou bien c'était, de la part du général I mdmot, de la dernière imprudence que de marcher contre un gouvernement
qu'il devait respecter (ce sout les termes de ses instructions et des déclarations ministérielles}, et d'y marcher avec une escorte de cinq mille six ccnis hommes qui avaient l'ordre de faire feu si une résistance s'était rcnconlrée.
La résistance existe, un combat déplorable est engagé; combat déplorable pour nos soldats, qui y versent leur sang généreux.
Le général Oodtnot se replie, et la, messieurs, l'affaire va commencer sous une autre forme , l'autorité de l'Assemblée constituante va intervenir, et nous allons encore avoir à nous demander si le cabinet a été franc et loyal vis-à-vis de l'Assemblée constituante dans cette deuxième période de l'affaire; si, après avoir accepté 1 ordre du jour dont j'ai à vous parler, l'ordre du jour du 7 mai, il l'a exécuté avec sincérité et franchise.