RÉCIT
fiais
C'était pu une belle nuit d'été. Couché sur l'herbe, je m'étais endormi au chant monotone des gfiiloflB, quand une nain divine me saisit, <i la terre disparut snus moi.
Je traversai la région dis nuées, je dépassai les étoiles, je vis lu voûte de notre bM courbée i mes pieds comme la fragile enveloppe d'une bulle de savon.
Mille mondes tourbillonnaient autour, noyant dans les Hois de Lenn lumières ce pauvre petit globe que j 'avais laissé. Je montais toujours. Plus je m'élevais, plus 1,1 clarté devenait magnifique et pore. Les astres me paraissaient éblouissants de contenu Inrnnanru.
je n'avais plus qu'a VOir Hicu.
Quand tout à coup je mesenlis précipité vers la terre, et je roulai
daus l'espace comme in printemps l'avain n<-!ir sur le Banc déchiré
i Ipes.
F.t quand je revis la terre, que je tttrtlngnti de nouveau ses laCS, SCS haUCej montagnes et 1" intime diversité des animaux qui la peuplent, en vain je cherchai des hommes, je n'eu trouvai nulle part. Les basses reliées riaient inondées par leurs neuve*, les pi hérissés de forêts et de glace, Mon Dieu, m'écriaj^e, pourquoi cette solitude? Ma Wtee-Toosrol des déserts, et fellait-fl qne je HFvécus i ton- mes HA
I ne VOil répondit : Les temps vont commencer, et je fus attentif. Ton! d'un coup le globe fourmilla: voici les peuples qui viennent
conquête. Les fleuves n reculercett, les forêts s'4clah*eireni pour
leur l'aire place. Les campagnes se cultivèrent, les habitations s'éle-
rnt. Mais déjà ,\ «In faillie avait roule ; sa vapeur monta
jusqu'à moi Kl jVulrufliv la voix qui rriail : Qu'elle retoinhe en
discordes et en esclave! Puisque cette nos a voulu le mai, qu'il fjrandtssa et se fortifie avec « Qui
II y eut alur Lbles combats . les h-iinmes se déchiraient pour
s'entre-dévorer; ce n'était que perfidies et abominations.
Mai- U brouillard d'eau enveloppa la terre, cl je ne V& plui
d'uu Instant Puis quand il se fol retiré, j«" reperças qui secouait son
limnn, comme l-ii^au sfJ ailW après un orage. Luc famille était demeurer <pii se p ! univers.
l'efiie fol .1 ique tribu. Celles de l'Orient multiplièrent
rapidement, elles devinrent de grandes nations ; et parmi ces nations quelques hommes seulement savaient qu'ils étaient hommes. Les
antres se croyaient des hrulr-. . Kl quand on leur demandait leur fie, iN m- l.i laissaient prendre; c'était horrible a voir.
Et 1p nom de Dieu était au-dessus de <<> peuples comme la dernière pu ht .01 sommet d'une pyramide , elle scelle toutes |gs antres dans leur immobilité".
Les hommes qui se savaient hommes (étalent aux homu dent brutes des animaux Immonde! et de vus bornages pour s'en h inrrfr el tes adorer, ils les secablajeni de divans, et les ffclsi périr pour creuser des canaux, édifier des palais et des sépulcres.
Mais ces maîtres impies oui avaient usurpé le nom rie Dieu se battirent entre eux; ils tirent battre leurs esclaves, et leurs royaumes
furent inondé» de sanj^.
Ce fut le premier âge du monde.
Je vis ensuite les blases terres de l'Occident entrer en fermenta tioQ; on aurait dit que la mer jetait sur leurs rivages des populations affranchies qui venaient v disputer le soi aux Indigènes. Et tous guerroyaient encore à outrance. Les batailles, o mon Dieu, sont doue !•• cri lequel vous semés les nations!
El j'entendis ces esclaves, devenus Soldats parler de liberté dans leurs cabanes militaires, entourés de leurs {«aimes esclaves, de buis
enf.in .s. de leurs vaincus esclaves. Ligués entre eux, famille
lille, tribu à tribu, ils formèrent de petits États. I h i« un d'eux se ■nna pour la vallée où se cultivaient ses é >\ nines, où s'entendraient ses fils. L'idée de patrie descendu dans le monde.
le levai un instant les \(u\ vers les astres qui cheminaient sur ma tète : quaud je les abaissai sur la terre, je ne l;i reconnaissais plus. lient des villes de marbre, des portiques et des théâtres; des philosophes en habits blancs discutaient sons des colonnes de porta Foule environnai! la tribune aux harangues, les candidats an charges publiques s'\ présentaient avec leurs clients , quelquefois on en \enail aux mains ; mais la parole el.ul la di\ unie fie ces peuples. Ils adoraient des idoles humaines; seulement derrière leurs palais, leurs bains, leurs arènes, on voyait des étables où des esclaves humains liaient portés a l'inventaire avec les hèles de somme.
s commençaient à lancer quelques esquifs, frêles et timides écl.ureurs, qui regardaient la terre tout le long de leur course, comme l'enfant les bras de sa nourrice la première fois qu'il se hasarde a les quitter.
pie les nations allaient s'unir par «les liens pacifiques. Mai» que feront-elles, ô mon Dieu, de tous ces esclaves7
me répondit : Ces nations se haïssent, le ferles mêlera-, le
8 ANATIIF.ME.
fer ne frappera pas les esclaves , les esclaves sont le dépôt des races à venir.
Aussitôt tous les hommes qui m disaient libres coururent aux armes, et ce fut une épouvantable clameur de chants sauvages, de hennissements, de hriiii uY lames et de boucliers. Lus BSCJ demeurèrent dans leur» .1 !
Haffl voilà qu'au milieu de Cette confusion, H lève une vierge que Dieu baptise reine «lu monde, quand vingt peuplades robustes la iienneol à la gorge. Je l'entendis a\cc anxiété accepter le diadème. Elle ne devait le rendre qu'après en avoir lait un joug à coiffer l'univers.
Dieu lui donna huil m<< l<> pour cette œuvre. Il la couvrit d'uue cuiras-c ou || main a\ait écrit : Ténacité
le- huit siècles «•coulés, elle rapporta le monde lié en un faisceau. Les nations s'étaient changée* •"» empire-, elle le déposa aux pieds d'un petit enfant qui venait de naître dans une élablc, parmi les esclaves ei les pauvres-, el Dieu lui donna quatre «iècles pour mourir Saturée de gloire cl de richesses, elle choisit la prostitution pour fo&SOyear; le despotisme se chargea de l'énerver par ses embr.is- DtS.
Tel fut le second Age.
oue deviendra la terre ious la tutelle d'uu nourrisson? C'était
bien la peine de l'imbiber tant de foi- de -au;; I
Et je suivais ;\\f<- inquiétude la jeunesse de ee monarque au maillot; quaud je le vi- monter sur une colline, une grande foule l'accompagnait. Kl il leur du Notre l'ère commun e*t iliib le ciel; je >- 1» i —
sou tils, et vousétea mes frères, Le foule s" écoula, mais la parole 1
Je compris alors qu'après avoir appelé les nations par la vierge
guerrière qui les avaii nivelées de 100 j7i.11 vt-, Mau ap|
iionmies par 1.1 parole de son fils.
Il donna la fin des temps à cette parole pour accomplir sou œuvre.
Or, ce Blfl parcourut les villes el les i gades, -ans autres armes
que sa prédit Btion, el quand -es compatriotes relevèrent sur la croix comme un assassin, il invoqua la charité au lieu de vengeance, I t
jour-la le trépas du Juste régénéra la terre. Elle eul BOB 1 li
sa loi,
Le despotisme qui faisait danser lîome dans le cirque avec des
boutions ci des eourtisanes, eul peur de cette mort; il alla chercher
au tond dCS catacombes les deuv ou trois cents sectaires qui portaient dans leurs cœurs l'affranchissement de l'univers; il baptisa, de leur de- milliers de prosélytes qui se tournèrent contre lui. Mais quel nuage de poussière des bords de l'EmdB bus mes rie
rOder? V a-t-il donc BU monde derrière ce monde.'' ce -oui les races du Nord qui n'uni pas eu leur pari el qui la \ieunenl réclamer
AJS'A THÈME. »
Les voilà, les sauvages! Oubliées pendant quatre mille ans en thon fies peuple*, lis voilà montées sur «le maigres II int'ati^ahUs irvaux, traînées il;ms Irnrs rhanol-* de guerre, i iiiriiol.in I leurs eap-
•iiv adorant i«mit épée, et bissphémsBl Dieul Les voila par compa-
ues • i«- cinq cent mille demandant 'les terres, les prenant I qui tel
■ur refuse, el M faisant fi.tn -. l'empire un Sentier de dévasta
Pourquoi tant de raines et do larmes? vave^-vnus. o non Dieu, et admirable colosse que pour donner sea Bsembrea à dépeçai
.i ces barbare
Kl la VOiX répondit: Les nations .s'étaient ait. i. lie . BUCB avaient
b d'une chair plus virile; qu'elles la presneni dans la conquête. quand le eurs auront six Foia piétiné L'empire, ils devien-
dront aea portiers el ses gardiens. Ainsi fut comme l'eau descendue des montagnes entraîne le sabla
et trouble les Lus, puis reposée dans leuTS hassms reprend si Irans-
n'uie limpidité, les Bots dis entants dn Nord sa nivelèrent al l'JttJUtrèrenl peu à peu dans le sol. Et je vis leurs \< se
courber sous la bénédiction du prêtre : je \is le prêtre tes conduire par la main, à la table où s'asseyaient leur! esclaves; il i.dlait que Dieu > Ml pour que cette union toi possible 6c jmir-là Nachraege périt : l'hostie l'avaii
!'ui le rèpme «lu prêtre. Les peuples guerroyaient, le saeerdoce
aussi En fouillant les ruines, d trouva la cuirassa de la vierge ci -i logea. L'inscription n'était pas effacée, il l'y aurait au besoin gravés, il appela autour de lui les puissances terrestres? les empereurs découverts lui servirent (Téchansoss, les ;irts se récbaofftrent panade sou manteau; et quand il le secoua sur le monde, Isa merveilles de l'architecture, de la peinture el de la mtuique s'en échappèrent.
Or, le prêtre étaii peuple. : ei le peuple, régénéré boue sep en
■lait sa VOIX a telle de ses princes pou ehanler les |mia:q;ev de
il mêlait son sang à leur sang dan- les bataille! os l'évéqua abeolvail tous les guerriers grands el petits.
Hais les grands de la terre. Trappes de (erreur à la vue de rette admirable harmonie.se dirent entre eux : Que deviendront nos trônOS
Éeuplcs s'affranchissent? nos trônes sont Tondes sur la guerre. i le, doctrines de charité prévalent, il> eroulerout. Unlasona-nona trompons le sacerdoce. Le peuple laissé I lui-même aéra isdlemenl réduit.
Et es disant) ils environnèrent le sacerdoce, ils lui donnèrent un royaume, des soldats el des trou-. Le sacerdoce se vendit; elle i]de M sut rien de ce marché honteux : pendant longtemps encore. il ne voulut pas d'autres maîtres que cens qui l'avaient tw
10 ANATIIÈMK
la moisson fui grande ; Il sacerdoce et le pouvoir la partagèrent.
Cependant, absorbe, par la contemplation de ce spectacle, j'a\ai-
oublic l'Orient, .le détournai la tète, et je le vis endormi au milieu
des ruines Immobiles de si magnificence détruite. Les reptiles multipliaient son le marbre de ses temples, les hétes fauves faisaient leurs , hiiruicrs dtS III» Cil M! W abandonnés, les gtaéiattom énervées ne produisaient plus que des brigands, Le berceau dn monde -i-il donc devenu le sépuh
F.t la voix répondit : C'est de H». .ident «pie doit jaillir la lumière.
J'y regardai «le nouveau : comme tout avait chanj'c! la foule était sortie des eathédrilefl dentelées, elle avait quitté *.es orffnet muettes, pour les clameurs de la place publii|uc: je fil SOS Ilot- sommu, «i paner, la Cbalnc au cou, le sacerdoce et la royauté qu'on menai» au supplice. Le peuple les couvrait de Fange; leur léte tombée, il approcha ses lèvres de leur Sang* fall.iif-il donc que sa vengeance fut une DTgie, BOU que le- oulraj;esel les perfidie- «le tant de siècle*.
fenseni expiée en un jour? et quand les crimes eeeeeront-ft oTenfcnter
des CISlDfl ;;e apaisé, le taeerdoce et la royauté revinrent.
l'un en haisani la boue d'un soldat, l'autre en payant des mercenaires ayee le nng de la nation qu'elle* revendiquait.
Dés lors, le sicerdocr, la rovauté et le peuple s 'armèrent de défiances uiuliicllcs. Ce fut a qui triompherait.
I ou; | COtipj' ill.n le peuplai occupai' A balayer un I rôtie,
d mfi la poussière du palais déeerté des , ■onriisans ta trouvèrent un autre. El le peuple, coufiant dans ses amis, consentit à y faire mouler un homme qui lui promettail l,i pal] et la liberté,
Ce fut un Irônc aujourd'hui l'expérience r«l faiie.
■ 0 ISSE.
Je Bptei les heureux de la 1er».
.l'ai prèle l'oreille, et je n'ai entende que des plaintes. Je suis udu au fond des amc-, je n'ai irouvé que tristesse ei oHcoaraf Sjement L hum Butté est aatlmaa bord du chemin Ofl Dieu l'a ptiussée; j'ai vu ses larmes ,-t j*;ii pleuré avec elle
une le noisiOQnear, i rapproche d'un nuage noir qui écrase ratmoapbèra, réunit précipitamment ses épis éparpillés, les hommes riches, palet de frayeur, interrogent l'horizon, el mettent leurs trésors IMS leurs mains, pour fuir plus vite et plus loin
ANATIlftME.
Les philosophes troublés n'ont plus que des paroles values et
creuses. Us balbutient l'espoir, et prophétisent un avenir dont ils
n'ont pas la première idée.
Les chefs politique* s'agitent en tous mon ils abondent eu <h>-
, en lois Cl en arrêtés. Ils nourrissent îles bande» nombreuses
-, de percepteurs et de geôliers; ils répètent disque jour
i]ue lotit CSt bien, et la Sécurité ne revient pas.
I.o peuple des Campagnes Iravaille cl 5C dessèche. Il «mi est a per-
i Qttand il l'aura perdue, sou hoyaii lui sera plus lourd, h
jrate, le soleil plus dévorant. L'homme des champs a
réfléchi et s'est méfié; le prêtre est demeuré dominateur et exclusif.
La discorde y est. La démocratie municipale ne la chassera pas.
Le peuple des cités pivote sur un abîme; On exalte si puissance i mesure que son travail devient moins fructueux; quand il voit ta crainte fanatique des riches, ne puiirrait-il pas s'imaginer que la violence et le pillage sont un remède a ICI Souffrances '
Pressa donc cette société et Faites-en sortir du bonheur!
Ri Si je fouillais au tond de RM entrailles!
li mis la 111:1111 . voyez un peu quelles impuretés j'iii ame a la surface !
Savez-vous ce que le toit domestique recèle de crimes impunis, de Itouffés, de turpitudes légitimes? croyez pas aux rires is, ils sont plus menteurs qu'un diplomate. Savez-vous par quelles bassesses est achetée la considération de certaines mmOles? Quand vous rencontrez des hommes riches et
honorés, demande/ avant tout sont-ils vertueux?
ex-VOUade quelles ordures se composent les rouarjes des pou- Ave?-vous jamais pensé aux scandaleuses opulences que les rapines de cour et les escroqueries de coulisses ont dorées, et devant lesquelles le respect s'incline? Avez-voos pénétré dans les Senttnes de la police, ou chaque infamie est tarifée pour une raletaflle Impure dont les puissants essuienl la fange, et gagent la famélique abjec-
I /.-vous combien vaut l'existence dune femme ' Nous dntitczque pour vingt Francs et cinq minutes de brutalité un dandy à
la mode peut eu assassiner Une, devenir ensuite député et pair de il vanter sa bonne fortune à ses amis un jour d'abandon et
de punch'!'
WATHÈME.
HU- était gracieuse c! belle, la fille du village, la fille aux li blondes, aux yeux noirs! K 1 1 » • | -i.iii I ..r;. uni de UC vieux grand-père, quand parée deses haluisde fête, elle* allait à l'église eut. adre l'orgue,
respirer L'tncejH, et i rier Dira pour sa famille.
Kl lorsque revenue des champs .llo svail préparé le repas du clic donnait le bras à sou tleal : et les mlmis jouaient â Bel pi elle était leur mère et Ira? MEUT. Le vieillard racontait tel eam- -, et les mains de Catherine laissaient tomber son fuseau pour essayer des termes.
Qui eill usé tuinln r a cet ange?
On soir, a quarante lieues de son hameau, un fat blasé s'irritait des mer.-enaires caresses qui ni' réveillaient plus lei sens. Il leur fallait pour aiguillon une vie à Hétnr. Ce tut entre un monstre et lui quelques paroles infâmes échangées.
In moi- après, Catherine iftil quitté sa chaumière. Elle avait pleuré Mir les cheveux blam -s de son grand-père; trois fois ses gcuoux avaient (léclu eu |j I. toujours elle rclouruaii pouf
embrasser s;» mère mi quelqu'un de ses jeanos frères qui lui tendaient les bras.
On lui ayaU promis une fortune brillante, une place dans une maison honorable. Son cœur gonflé de chagrin se sacrifiait pour loi vieux parents.
Arrivée a la ville, elle y trouva de gracieux sourires et de riches habits : on la fit reposer sur «les sièges de soie, on lui donna des tapis a fouler aux pifidl, des lapis [tins moelleux que l'hc. be fiue de ses m lui dil-on, volée bonheur |
Bile, IgDOHLDte et naive. aduiirail If* vues couleurs de ses nouvelles parures elle croyait rêver en voyant son Image mclnmor-
e, vingt raii réfiéehiedaoi 1m glaçai de son boudoir; «•! u* ne
savait pas que (oui ce luxe élan un manteau d intaime.
in homme viol sa figure itail doucereuse, sa pnole harmonitwei ion odl ardent teul la o) inté de la
i< -une tille qui tremblait, confuse sous ce regard <|U elle ne COI naît pas,
il te mti à gênons, cberenanl ion effroi par d'hypo
le Iremblaii plu- fort, il la subit, avec un cri
taovage: Oh! fit-il, tnesi moi, je t'ai pi
El quaud In jeune Rllfl embr Utttl eu sanglot lut les