A NA THÉ MF
genoux de sou vil acheteur : — Tant mieux, pensai t-il, on ne m'a pis trompé!
Oh! pleure, misérable enfant , roule-loi furieuse e( désolée léna la flétrissure de ses baisers . trie, crie, les murs sont épais, cl la présentée par son agent de police qu'on héberge dans l'aniicliambre ne t'entend que pour l'enregistrer. -m (un |f plna taible y n'es-tu pas vendue? Le lendemain, l'homme recueillait dans le monde des témoignages > induration et de respect ; cl le commissaire du quartier ajoutait une inscription sur sou grand-livre visé par un magistral
L'année suivante, l'homme, entouré de l'e-lime publique, éponsaii une riche liérilière; lorsqu'au lonniant d'une rue la voilure nuptiale
reuver-.i daus la Fange mie léimiie ivre.
Mais l'homme mettant la tète à là portière rassura tout le monde en disant gaiement : Ce n'est qu'une Mlle
infants daus la crainte de Dieu : et tout petits en Duillcz-le.s devant lui ; car il aime les prières naïves, et les jeunes qui se doonenl à lai se fortifient pour les jours de tribulatiou.
»IU deviennent capables de résister aui entreprises des méchants. Ouand une mère pauvre a donné à sa ri Ile des leçons de vertu et quelle meurt la laissant orpheline :
— Souviens-toi, lui dit-elle, que Dieu est bon, et qu'il tient compte
{sacrifices d une Ame pure.
La pauvre orpheline est d'abord recueillie par ses parents; quand rin commence à lasser, on la ramène à sa misérable chambre, où sa mère n'est plus. Sou souvenir y est. — Je prendrai courage et travailler!
Bl toute noire de deuil, elle va trouver les anciens amis de son pèr<, qui la faisaient jouer dans son enfance, et l'asseyaicui à leur-. tables. Les \alets ne la connaissent pas.
Klle revient épuisée de fatigue et de douleur. Faut-il dune que je
mendie? — Non, lui dit-on, vos mains sont trop mignonnes pour
travailler; votre visage rose doit être ombragé par des plumes, vos
hlanebei épaules seront miens sous la fourrure et la soie. Venez et
■1 ma mai tresse.
Mais la pauvre orpheline se souvient de sa mère. Je puis roua Faire travailler : j'ai des étoFfes toutes prêtes. — Je
ANATIIÈMK.
vivrai donc! — Oui, mai- le service que je vous rend* en demande mi autre.
Vous marchandez l'honneur par la Faim! l't chaque soir l'impitoyable naître revient voir si la victime est réduite.
Quand clic a vendu son chétiF mobilier, découragée des ri. he<.
externes par le besoin, elle n Frapper doBcemeDl ft la méchante
porte dune vieille voisine
— Mon enFani, BOfes bénie. J'irai elien lier île l'ouvrage pour vous, v «mis demeurerez avec moi. et vos persécuteurs dépisté! en seront pour la honte. En attendant, prenez le peu de pin qui me reste, et partageons.
I.a pauvre fille pleure de joie. Et la vieille voisine lui tient lieu île mère. Il lorsqu'on \nit son visage ridé et ses mains iu lUa
— Où preuez-vous doue la Force de tant de travail? elle répond :
— Dit-u est avec moi, et \r.iisnent il y est, il n'abandonne pas les âmes compatissantes.
Mil
Quand la bise d'automne commence a secouer le- rcuille-. et que • "leil paresseux Fait les nuits longues et Froides, les m«ectes s'endorment avec la végétation. Dieu leur envoie le souuneil pour nourriture.
Il ne dépouille ,ki- le- butoom de leurs Iriitls, aftuque les or-caux du ciel trouvent Facilement une pâture. Et chaque jour il les ra de sa main.
Il étend sur leur corps un duvet sovenv et chaud qui les protège contre les injures de l'air. L'homme demeure nu. Serait-il i aimé que le passereau7
Il a eu la meilleure part, l'intelligence et la sociabilité. Ouc Ferionsnous, si tout d'un coup Ml liens venaient i se rompre? Non- périrtoOl 'il hiver rie Fmid cl de faim. t:ro\ez que c'est une mort afli
81 mois avon- «les logements commode- et pains, des vélmnrnis pour nous couvrir, de- aliments pnur soutenir nos Forces, nous le
devousà l'association.
Mais taiB no- livre- n'ont-ils pas droit | ce bienfait f nu'il y ail inégalité de jouissances, encore: mais de choses qui touchent à la vie!
.1 ai vu «l.tns un écrit qui prêchait la philanthropie cette épon table annonce : ■< lu liommc ce matin s'est précipité sur le pavé où il est mort; le Froid qu'il endurait depuis plusieurs jours l'avait privé de sa raison SI pas un commentaire! Il s est lait au Fond de mniicirur.
ANATIIÊME.
(Ju'iM donc, o mon Dieu, cette société où vos enfants peuveut lOOrir plus misérablement el moins protégés mu: le vit de terre el
uiulol ' i'.i qui DO en voudra de crier BIOS relâche aux puissants : "oos ne pouvez tolérer do pareilles choses : menez -vous d«] o?uvre ci faites un peu pour vos frères.
L'esclavage abolissait l'homme. On n'avait qu'a poser le calcul de m utilité; quand on ne savait pas le nourrir, on le laissait périr de
«nations.
ma désavouez L'esclavage, si vous comprenez la valeur de vos •mblables, pounjuoi raisonnez-vous comme Ici maîtres les plusdurs lu paganisi
fous dites qo'on n'y peut rien. Et moi je vous réponds que les dépositaires de l'autorité offensent Dieu, en refusant d'écouter CCS plaintes, el qu'ils ne les traitent de séditieuses qu'afin de profiter • I une misère qu'ils exploitent.
El chaque fois qu'ils méprisent les souffrances des petits, Us retranche ut quelques jours à la durée de leur pouvoir. Ceci esl pour leur me.
nrore : Les pauvres sont accoutumés a souffrir. Hvpo- ! Dites plutôt : Nous sommes accoutumes ,i durcir nos neurs. Unis le Cri du malheur y pénétre malgré vous, sinon par la pilié, au moins par la peur Ne vandrail-il pus mieux soulager par de faciles Ices, que de trembler chaque jour pour les biens que, vous amassez?
J'ai vu von l.i •> brillantes, j'ai respiré l'enivrante atmosphère de les joies, et la clarté de vos bougies m'a laissé lire sur vos l'inquiétude et la méfiance. Si vous aimiez vos frère I calmes, et vos plaisirs tranquilles.
.Mais VOUS avez raison de trembler puisque vous répétez : Le peuple M force aveugle et formidable qu'il faut enchaîner, c'est un torrent qui nous entraînerait dans l'ablmc si nous n'avions une digue de baïonnettes a lui opposer. Écoutez.
Deux chasseurs avaient pris deux lionceaux. Le premier se dit : Je le nourrirai abondamment, cl quand il aura î^andi, il aura perdu sa nature sauvage; il sera mon défenseur et le ' ma maison.
Et le conduisant dans sa demeure, il le traita comme un animal
A! S A TU Kl ML
dWJI cl iféaéreui; et le lion grandit admiré de tous, tant il était beau; n'effrayant personne, tanl -on instinct féroce était eff. sccotuliaii iiiv ptêdl de MU DO ■.litre, fa eompafjuait dans les champ- Kl quand ses ennemis I attaquaient, se jetant sur eus, il les mi eu pièces.
L'autre chasseur avait chargé son lion de chaiues. Il lui dOBB peine de la nourriture, el chaque jour tel Kl PI ilenrs le uialtrailaieiit.
Ouand il sera exlénné, pensait-il, j'en serai le mailre, je n'aurai pas à craindre sa redoutable colère.
Et le Bon secouait rudement ■ chaîne,*] bien qu'il la brisa-, et ses gardiens forent dévorés.
Dites-moi quelle- ri dus possédiez en quittant le sein de
votre mère. Vous «liez faible et ml Vous serez porté nu dans la tombe.
I -iifruilirr- de la terre, pourquoi vous en baptisez-vous le- maîtres? Pourquoi certains hommes fui aaisaanl et meurent comme VOUS, sont-ils fatalement VOUét & la misère/ Serait-il doue impossible ■ l'.iinilir celte hideuse hérédité?
Quand l'esclave enfantait, l'intendant ajoutait un chiffre sur son
registre; le mum-au-né n'awiil pas de père, cl sa mère pleurail en
lui donnant -on premier kii-cr. Quelle Km la fie, pauvre créature''
i— tu sous le bâton du mailre r • unnaiiras-iu jamais la douceur
d'un regard ami'
L'esclavage n'est plus. Combien de femme- ai-je vue- pleurer sur leur fruit! Combien s'épuiser de travail pour acheter un lail mercenaire, qui se rend SI Bots, et se tarif quaud le pape est en retard!
J'entends dire : Pourquoi tel indigents se marient-ilsY Pourquoi mettent-ils îles fils au monde/ Dites plutôt : Pourquoi Dieu a-l-i. bat ti e un cœur sous leur poitrine? Et que resterait-il aux malheureux s'ils ne s'aimaient et ne se soutenaient entre eux? Faites des lois qui leur permettent de vivre en travaillant.
savez-vous de quels périls leur ignorante jeunesse est environnée Les séductions les dévorent, et la moindre faute les mène à l'infamie.
Ou a bien écrit dans les codes -. La loi est égale pour tous. Les codes ont menti, ceux qui les ont faits le Savent; et, charlatans débottés* ils cachent leurs injustices derrière ce Fantôme d'équité.
Demande/, au recruteur combien de riches il enrôle. I.e pauvre donne -m quittent leurs familles (puis nourrissent; le
AN \T I1K.UK
dandy jette un ftoglMme de son revenu au remplaçant qui servira pour lui, tandis qu'il Crèven dfiS chevaux et régira ses domaines, nue devient le mince héritage que les enfants veulent se part., Deux mOOftrei \ieuueni i v asseoir, Puo s'appelle Fisc, l'autre .luslice, et l'héritage est di-sipé.
Lorsqu'uu procès est engagé, et que les deux adversaires sont égaux eu fortune, -nuveut la victoire demeure au plus intrigant. M l'un est pauvre, rentre opulent, priez Dieu qu'il fasse BU miracle s'il est des toges pures, il en est de corruptibles-, le crédit et la camaraderie font autant d'arrêts que la loi.
Une pauvre jeune fille avait dérobé à sa maitres.se un méchant vêlement; la vanité avait égaré son cirur, et tout en lanius elle lit sa faute. Par pitié, on l'envoya faire dans une prison un teprentiange de crime de treize mois. Dn homme avait, une année durant, pillé sa caisse pour se gaudir avec des fdles de joie : on l'acquitta, parce qu'il avait uni" famille. Ne parlez donc pas de votre ^ic- Ven parlez pas surtout maintenant que les passions politiques en veulent taire une prostituée qu'on retrouve toujours dans la couche do plus puissant ! Donnez-moi la victoire ; si je suis las du champ de le, les jupes ne me manqueront pas pour suppléer mou glaive. a qui ont-ils manqué? 11 faut qu'un pouvoir soit bien niais pour se mettre eu peine il une condamnation !
Robespierre eut ses valets de guillotine, le Directoire ses mitrail- !fl instrument- <l • déportation, Napoléon an geôliers et ses muets. Unis XVIII ses compères de conspiration et se- bourreaux anl sur les fleurs de lys. Que dirai-je de l'autorité qui troue '
Bat-elle plus heureuse el le peuple mieux traité? Noyez comment elle rit.
Ne vous étonne/ pas si les nations regimbent -, l'éperon déchire
■i le cavalier qui les veul monter est décrépit. Ses mains
mm chancelantes; grâces à Dieu! car elles ne craindraient point
'l'affaiblir le coursier en lui brisant une veine. Mais tout pouvoir qui
se uourrit de sang périra par le sang.
Ne vous étonnez pas si le peuple est impatient et mobile; quand
tuer pour vous préparer la place, vous Ini promettiez
le bonheur, le lendemain, vous pressiez ses mains robustes sans y
HÈME.
irdef la poussière: te sauveur est maintenant à L'attache, il doit payer et se i d il se plaint trop fort, vous déblaj es
lui If champ CfOS OU VOUS l'attirez pour lui faire la guerre. Kl cjuelle
guerre!
m ;n plus de larmes I verser; la colère al la honte les oui rougeur m'est montée au iront de me irouver Frau< quand U ■ aient leurs irércs.
O mon pauvre payai non beau lyo i, «pi a— lu donc fait i Dieu ,,iiiir que, dl jeun entiers, il ait placé des cœurs de tigre sous des uniformes aationaus ?
Des baaajuèa avaient « l ■ i au peuple : Le glaive Branche tout étie/ dei héros pou l'avoir tiré en jiiillii • voire rnng n'est paamoim . heis mnlna conafda. H* n'ont d'espoir que dans leurs baïonnettes. Levez-vous- avec la justice, elles s'inclincroul devant vous. — Mais la jUftiee D > était pas. La force ne s'excuse que par la fone; malheur a celui «|ui l'invoque le premier!
Ft taudis <pie le peuple hésitait, des hommes t'observaient J et
chaque jour des émiasBires gages leur vendaient les menaces de iinitatiou ouvrière. Et loin de la calmar, ees hommes se rejouissaienl en
disant : Nitns happerons un grauil eouj)! et quand l'heure eut sonné. ce fut un ordre Impitoyable de tout maaaacrar. Cet ordre eut été
stérile et l'im plus forte, BÎ h' vin n •ni ;.idé. Ceux qui le fai-
saient distribuer demandaient du sang en échange; ils l'ont eu.
Ne due. ; ,is nom étions en guerre; la guerre est meurtre pour meurtre. Nous avez donné meurtre pour prières. Vinsi font les bourreaux, mais <lu moiOS lea bourreaux soûl infâmes! (In ne les
flagorna pas
\.hin ives His PaseaSSinal MU vos ordres da jour. Ouand vos soldats tir. nue femme, sur un enfant, sur un chien, c'était tout uu. Ht quand les prisonniers désarmé! embrassaient vos genoux, VOUS ii.e/ de leur agimie. Dites que vous étiez ivres, ou aura peut-être pitié de voire fureur.
Oh! CCI iris de gang Onl frappé mou cour, j'y ai couvé deux mois l'indigiialinu et la douleur I elles débordent. Leur VOIS Serait plu haute <jue celle dd valets d eveuses ou de eundainuations I Ou'uu homme OSe DOC flétrir quand je dénouée des orgies, je lui renverrai au visage la botie de sa conscience, et le soulévemeut des àmcs DOS-'
n.ie- para.
Sciiez donc, 0 vous tons qui avez glané dans ers ruines, et qui de
uni de larmes el de funéraillt ivi recueilli des honneurs impenses; venez regarder en face celui qui vous dit : Votre càuo i souillée !
El que faites-vous de m. Ire épouvantable victoire ' i il> de Ltnsur»
rection populaire, triomphateurs eunuques auxquels les palmes n'ont coûté que des révérences et des baisemains, avez-vous pitié des hommes que les souffrances, des passions ardentes, souvent généreuses, ont jetés dans l'insurrection? Comprendrez-vous que la fermentation d'un peuple irrité est contagieuse et gagne des âmes droites et pures plus élevées que les vôtres? Tiendrez-vous leur défaite et le passe-debout d'égorgement que vous aviez signé contre eux pour une punition satisfaisante?
Nous avons à servir nos maîtres. Courage donc. Quand le front est durci, une honte de plus n'y' marque pas.
Et voilà que les prisons se remplissent. Voilà qu'on y entasse pêleméle les innocents et les malfaiteurs. Voilà la délation hébergée, caressée, vêtue de neuf ; c'est sa fête à elle. On lui donne le pas, et les honnêtes gens font antichambre chez elle. On aime mieux ruiner vingt familles que de laisser un coupable ; et quand sur la paille infecte du cachot le prévenu a dévoré son avoir, on le jette sur le pavé, eu le menaçant de nouvelles poursuites, s'il s'avise de gémir.
Et la terreur plane sur chaque foyer domestique. Les pères abandonnent leurs enfants; quand ceux-ci n'ont plus de pain et qu'ils mendient, on les met en prison.
J'ai recueilli les larmes des veuves ; j'ai vu des joues séchées par le chagrin et les privations; j'ai entendu les cris des orphelins; j'ai trouvé des dévouements sublimes écartant du chevet des blessés les griffonnages impurs de la police-, et quand j'ai mendié pour rafraîchir leurs lèvres altérées par la fièvre, pour couvrir leurs membres du linceul de mort et les ensevelir, des chrétiens et des Français m'ont répondu que c'était justice.
Cherchez maintenant l'affection du peuple !
Si les crimes ou la démence rendaient jamais une nation heureuse, il faudrait nier Dieu. Les règles de l'équité peuvent s'obscurcir pour elle quelque temps. Elles ne s'effacent point tout à fait.
Ainsi l'homme entraîné par la fougue de ses passions s'insurge fièrement contre les lois sociales, et met la morale sous ses pieds. Il s'enivre de sophismes hardis, et tant que l'exaltation enfièvre son cerveau, sa vie lui parait dignement remplie. Mais l'exaltation tombée, voyant avec terreur la fausse voie qu'il a suivie, il redemande la paix à la vertu.
ANATIlfcNK.
Il est aussi pour les nations des tempêtes réactionnaires. M.illieur aux noms qui s\ trouvent mCMfll Phll OD 1rs glorifie, pins il- MVBl bafoués. Les renommées de ces jours d'orage ressemblant ans values de la mer qui 86 dressent m instant jusqu'au ciel, et retombent p ment dans l«' gouffre qu'ellrs-mcuic- oui creusé,
Quand i<* vent de la peur aura censé de s nfRer sur la Pranct vêtu aujourd'hui crarMa reprendront liai Béat, et jetant la yeux autour deux, iN m demanderont : Est-ce donc là le bonheur/
EfOflS nous sommes constitués en société, et nous reeonnai des pouvoirs, pour vivre dans la sr< mil «'• 81 le travail. NOtd ne voulons pi- que nos Frétai souffrent le RroM et la faim, et qu'une poignée d'inti Npillent nos m ln'ssr< fi vraiment nous ne vivons pas,
quani i« ba e de l'édifice, écrasée t\ vivace nstenl
pour respirer.
NOOS limons mieux des canaux, des mules et des manufactures, que des forteresses et des palissades. Nous sommes peu jaloux de voir encore abattre rameute et nos maisons, égorger des rebelles et nos femmes paisiblement car lues dans leOTI demeures.
Nous ne BâchOOS pas (pie lefl condamnations les empn-onueiiicnts
el h- amendas aient enrichi L'Étal al favorise notre prospérité, nue aebotfl se ferment bot les malfaiteurs, qu'ils s'ouvrent pour les opinions : la vérité ne pourra qu \ gagner.
ba finances publiques M sont cpui ■.<■<■- à soutenir un système que nous avons longtemps en admirable. Lefl gros traitements, les frais
de représentation, L'agiotage et les emprunts nous riaient vante-
comme «les remèdes infaillibles. Us ont craosé sous nos pas un déficit effrayant.
lis classes Inférieures délaissées dans i«»ur misère se n ci
menacent; comme le Bank brûlé par le soleil du désert tourbillonne au moindre caprice de la tourmente et s'étend sur les caravan atmosphère de mort, le peuple exalté par les soûl fiances s'abandonne BU premier agitateur, et H colère exploitée BC traduit en émeutes qui le déciment et le minent.
Oui de nous peut en sûreté former uu établissement ou bâtir un édifice? L'avenir est semé de fantômes, et nul n'a le pouvoir de I. s écarter. Notre société tout entière BSl haletante de colère ou de peur, rjuand la fjucrre civile se repose, les partis tracent leurs camps el préparent leurs innés.
Chaque jour les passions rongent ce qui leur reste de frein. La
religion n'est plus qu'un mot. Les révolutions ont tué la foi politique,
comme le scepticisme celle du Ciel. L'honneur est bafoué par d'habiles
ils. L'égOTsme a tout remplacé-, et l'égoïsmc dissout, il ne lie pas.
Non, ce n'est pas là vivre; ce n'est pas la le bouheur.
ANATIIÈME.
Et si la France était seule à souffrir! .l'ai appelé les uations de la , chacune par son nom, aucune n'a manqué pour gémir ri ga plaindre.
L'Italie a crié : M«" VOÎCi; moi, votre KJUTj moi, qui pour vous ai nus carrières de rochers afin que VOOB puissiez
..h- asseoir 1003 m m ciel hlcu. e( respirer le parfum de mes côtes embaumé. ■>.
Pour nous je baigne mes plaines dans l'azur d'une double mer: porta s'ouvrenl à nos navires, mes capitales de marbre aux merveilles de rolre Industrie; mes filles onl dansé in son de vos instru- K-nls, mes fils «ml combattu dans vos rangs; ils ont eusemeucé le des lauriers donl l'histoire tressera vos couronnes; moi-même '.il pOfé le diadème au front de vos soldats, j'ai (haute sou< les
• basiliques la louange de votre demi-dieu | i|..-u\ fois due dn monde, je me mus assise la première sur les manlies du
m'oie que la philosophie et l'épée vous avaient élevé.
Maintenant jetée a la queue des peuples, que Ferai-jc de mes riches
csunp le mes palais chargés de peintures? Oh trouverai je une
• rue pour cacher ma misère?
Les enfants du Nord sont venus boire le vin de Florence, ils ont
tarai ePombrede mes oliviers; ils ont campé au Capitule, el mouillé
in1- le golfe de Naples. El lorsque j'ai voulu comme autrefois sauver
la liberté sur mes lagunes, j'ai VU les lombes de me aieux ehan
m corps de garde pour mes oppresseurs.
ItUetnagne! Allemagne! tes pâtres blonds seraient-ils les héritiers d'Arminius qui fit à mes légions un lit de neiges et de ' Veulent-ils effacer les hontes de Barberoussc ,-t laver de mes lar. - blanchis de ses armées?
Ils ont bu mes sueurs et souillé ma bannière; mes souverains font la police pour eux; pour eux mes bois de citronniers, la mosaïque de parvis, le dédale de mes colonnes sculptées; pour eux la brise
• et la poussière dorée de mes brouillards du malin! Je n'ai plus d'air à respirer qu'ils ne le partagent, plus de pleurs a
r qu'ils ne les dénoncent; mes filles ne dansent plus, nies fils sont désarmés; on bâillonne leur voix, ou brise leur plume: leurs l littéraires et nationales sont dans les cabanons du Spiclberg tas les plombs de Venise!
Mes peuples divisés s'énervent cl désapprennent l'honneur, ils ont
cuir louer Dieu qu'ils
éblouissantes pour louer Dieu qu'ils ne comprennent poiDl L'Orgueil de leurs pères goufle encore leurs eeeurs vides de
VtTlll.
i .un doue brisera nies fers? Qui ne tirera de l'abîme où le Seigneur m'a précipitée?
L'Allemagne a répondu : La destinée du maître est pire que celle de l'esclave. J'ai I couronnes Modales, et j'en ai
fait un jour pour mes sujets-, je croyaii que leur tête indocile s'y courberait de reste, .-i qu'il me serait facile de les gouvemi
que do toutes paru le joug Be brise; bientôt les baïonnettes ne suffiront plus à défendre mes principautés chancelantes.
voulu que les pana de mon manteau impérial fassent portés par deux reines du Sud, l'Italie et la Hongrie; toutes deui me haîi Courtisane capricieuse, l'une cherche on maître qui me ch l'autre affile son glaivi me la poussière de ses antiques dra-
pcaui pour appeler la liberté a leur ombre.
.l'ai bâti de vastes prisons, Fortifié les palais de mes tyrans; j'ai i leurs portes le soupçon et l'espionnage, j'ai arme des mi
rien n'y lait, la liberté nie déborde, et eomme l'Océan nui;; rivages, eHe dissout mon vieil empire.
Mais d ne touillera que dans le Sang, et la bataille sera rude!
Et la Pologne! Elle n'a pins de voix, non-» l'avons laissé assommer sous le bâton du Cosaque!
La sauvage Russie en est encore à la dépecer, comme un vampire écorebe un cadavre! Quand le sol demeurera nu et que ses habitant!
seront couches en urre, ou tués en détail dans les mines de la Sibérie, qn v ;iura-t-cllc gag
Les steppe^ derrière lesquels elle dévore sa proie ne sont pas si écarté- du eheuiiii des résolutions que le désordre n'y pénétre jamais. Les tombes Impériales s'y ouvrent prématurément sous les poignards de famille. Le tour des dynasties viendra. Quand le servage aura rompu sa chaîne, celte société vermoulue s'écroulera d'elle-même.
Alors seroui \<H;;ées ses iniquités séculaires, ses abominations les qui déciment les population- abruties par la famine et le knout.
IMus rapide sera sa ehule si jamais elle plante sa bannière sur le Bosphore. Les races amollies qui sommeillent dans cette Asie européenne attendent un conquérant; elles ont beau manœuvrer à la française, le courage et la vigueur ne s'apprennent pas à la parade ; mais leur vainqueur embourbera son eliar dans leur', grasses p la nationalité s'insurgera sur ses derrières, Bt sa retraite coup mourra de honte sur la terre occupée par son triomphe!
Ainsi l'Angleterre succombera sous la prospérité Factice d<
ANATIIÈME.
i> indiennes. La voici, celte orgueilleuse reine; que necu dira-t-ci
arsenaux sont pleins, mes vaisseau équipés, mes matelots prêts â courir fOeéan. l'ai dans la main une royauté dérisoire dont le trône ma puissante erbtoeratle; quand je veux de L'or, je griffonne «la papier, ri mou crédit fait le reste; sur mon petit territoire, les habitants sout pressés comme lis épis de mes champs, mes villes s mi iaMMmas et près semées EHea Bout riehea «le manufactures et d'unichaqne année je rais le commerce «lu monde el If banque du
meurs, la lèpre de la misère s'étend sur moi cl va
me r-' a prostitution el la mendicité me percent jjnsqa'ani M?
ipte gronde, et les mugissements de la mer <|iii forme ma cciu-
ont nen auprès de les menaçantes clameurs.
Les riches accmnolenl et se moquai de la détresse des panures.
luvernemenl creuse toojonrs de plus eu plus l'anime de la bau-
uite; j'ai dépensé cent milliards pour assassiner la liberté sur le
COOtinenl s la liberté n'est pas morte, el la voila qui pose le pied
sur le détroit pour compter avec moi et secouer mes populations
inquiétante*.
Je ne crois plus en Dieu et j'engraisse des éveques : je n'ai plus d'autre foi que celle de mes richesses. Que deviendrai-je si ma prospérité s'écroule '.' Serai-je donc livrée à la risée de l'Europe et vendue a l'encan par les nations que j'ai tant de fois marchandées? si la faillite, Albion, hurle a tes portes, rjue sera-ce de la Hollande, cette tétc séparée du tronc dont elle n;i conservé que Pesinmac pour dévorer des trésors qu'elle ne produit pas'
canaux et ses fossés n'onl pas arrêté Lootfl \iv et Pirhcgru.
inqoeronte ne traîne après elle ni magasine ni équipages i elle
vient à la suite tic?, gouvernements tyranniques et corrompus, elle
les pins fortes nations. Les ministres de l'Europe ont le ver-
esscmblentau prodigue qui, son patrimoine épuisé, escompte
aux juifs son honneur et s;( \j<-. Mais le prodigue peut se tuer, les
peuples ne meurent pas, ni la mémoire des hommes qui les trahissent
El rEspagnea tressailli, en disanl : J'en ai inscrit dans mcsannales,
' Le sang puniqne a coulé dans les veines de mes rois; ils
m'ont couronnée de lingots et de parjures, el je me suis dressée au
inili liions comme la plus opulente et la plus perfide.
liicu m'a punie; il a mis en poudre le trône d'or que je mêlais fait, il m'a rendue plus pauvre qu'un moine mendiant , mes fécondes vallées se sont hérissées (le broussailles; mes enfanta paresseux et ber> n'ont pas voulu 5 mettre la main-, mes cités sont désertes, le une civile achèveront de les dépeupler.
îl ANATIIUME.
J'entends autour de moi comme no mormnre effrayant et sourd : serait-ce une tempête d'hommes? Dols-je encore ouvrir mon sein à svageors d'un monde inconnu'?' Les flèche! de mis églises s'agitenuit-elles encore au tremblement qui saisit la terre quand tel se touchent les unes les autres, et se disputent des habitations et des tombes?
Ri si jamais I Amérique Irritée voulait venger ses pi t<> sur les annota de Gortea ei de Pisarroï Elle a grandi depuis les lâchetés de Monlé/.ume. l'artic lard, elle a marché plus vite, et la voici qui ; ne l'Europe.
MaiBl quel prix? Oh! quel horrible mystère cache donc, ù mon Dieu, rbliliali09 des peuples, pour que vous ne la permettiez jamais progressive el pactflqneT
Comme dans les pâturages brûlés du II exique, le Coursier fougueux
sur 1ns Hoirs duquel est cramponné !«-• gandin bondil el bit voler sous la corne de les pieds les herbes hachées par ses piaffements.
pui-> l'élancfl follement, le cou tendu, les naseaux ouverts, l.i en soulevée, al soudain ft*arféte el se dresse, rouvert de sueur, el sanglant ions l'éperon el la rude lanière de son inexorable cavalier, ainsi l'Amérique du Sud court et regimbe dans la carrière, et plus elle s'irrite cl cherche a secouer les réfouationa, plus l'anarchie et la guerre s'incarnent à sa vie. Elle tombera de fatigue sous le bâton d'un tyran, et sa destinée sera pire encore.
Pins henreose el moins déchirée, sa smnr du Nord, grave et sentencieuse, a pris la seconde place au romploir du monde; elle -.'>. croit bien, et s \ entoure d 'égoi'sme mercantile. Cette barrière ne la garantira pas de la contagion qui dévore l'Europe. Elle lui vient
001 navires. Les questions sociales qui nous divisent diviseront
aussi ses Mis-, quand Us auront cultivé toutes leurs terres, ils se transformeront, ou les discordes civiles se glisseront parmi eux.
Mais où donc est la paix? Où le bonheur?
i ,nii -il envier un rneei d*t Idem leur immobilité/ Le monde égaré dans sa route devrait-il revenir aux traditions primitives dont 1rs es vivent encore parmi Us ruines ensablées de la Judée et de la haute Egypte? En jetant les \etix sur l'Asie fai \n ses peuples rouelles dans un moule weiix de six mille années. g| ce moule Ici qu'il a clé lait ne pourrait contenir notre humanité sur son s, je l'ai vu scellé d'un triple sceau de despotisme, d'esclavage el d idolâtrie. Chacun de CM see.uiv était lâché de sang.
Et voulant découvrir les terres situées au delà des eûtes d'Afrique el leurs habilanls, je n'ai aperçu qu'une vapeur dévorante de el de feu, à IrauTS laquelle ions le- objets se mouvaient ineerlaïus
al défigurés. Et néanmoins j'ai ciiircvu des apparition* lu.
ANÀTIIÈME. 25
villages rongés par la vermine, des monarqueaen gntniltefl man^caut iir de leurs ennemis dans des cahutes de boue, des marchés
BS à plus bas prix que les hesliaux de nos champs, tout cela
était pitoyable.
Dieu du dcl, qoand vous créâtes l'homme, c'était uu jour d'atroce raillerie.
I.a cendre du chaos valait mieux que l'ouvrage de vos mains , quand
irotre souffle l'agitait, clic retombajl insensible et muette; elle ue -Yl.uicait pas vers votre face pour vous insulter!
m 1 citriicll le votre essence ne vous suffisait pas, vous
pouviax jeter dans l'espace ta voûte, du tirraament comme le marchepied de votre gloire ; les astres dociles auraient suivi la route par votre doigt, suis VOUS dire : Oui nous mène'' El de quel droit?
\ OUI pouviez petnr le jdobe, lui donner des mers, des plantes, des animaux; tOOteS CCS merveilles auraient eh. mie vos louantes. g[
\otre toute-puissance, perdue au centre da cette vie universelle, ii":mr.ii t entendu qu'un concert harmonique dfl bénédictiona.
Mais mire l'homme! embraser son âme de votre esprit et l'rninr dam II corruption et la faiblesse, livrer son eetoi an déaic qui le tenaille, ses membres à l'imbécillité et à la mort. Dieu du ciel! vous vouliez donc la souffrance, vous vouliez le blasphème ?
Je me suis levé au milieu de mes Hiea pour vous glorifier, .l'avais
Bfanril voire amour avec les chausons de ma nourrice, et votre nom
i an sur mes lèvres après celui de mère.
On n'avait «lit que vous étiez bon, el je L'avais cru. On n'avait pas
i de me parler de votre grandeur, l'univers s'ouvrait devant moi.
Confient dans votre providence, Je granossais plein de paix,
romme l'herbe des champs qui compte sur votre soleil pour épanouir
les fleurs. Des larmes de reconnaissance mouiliaie-m mes veux et se
•enl a la rosée, lorsque, le soir veau, j'admirais en rilenea cette
nature endormie sous un pli de votre robe, comme un petit eut. m:
sous les baisers de sa mère.
le rayais l'eau de la plaine rafraîchir la terre, les vents la balayer,
U ni la féconder : Dieu, me disais-je, est le père du monde! Kl
laii comme un fils qui est sur d'être exaucé.
ht voila que 1rs naiious saignantes «rient vers vous et se tordent
i ! Êtes-vous sourd, o mon Dieu, ou le désordre serait-il
votre gloire?