‹ Discours parlementairesChapitre 8 sur 57 · S MAI · texte numérisé non relu

S MAI

Je le «lisais (oui à l'heure, c'est surtout aux hommes pratiques que

je ui'adres>c. Si c'etl surtout à ceux-là que je fais un appel; je les

supplie, si je me trompe, de vouloir hien monter à la tribune pour

r, pour me dire quelle est mon erreur, si je ne vois pas

clair dans le danger qui nous menace.

Le pouvoir doit être fort. Dr, je VOUS le demande, commentée pouvoir pourrait-il Cire fort, lorsqu'il serait composé, d'une p;iri, ■BlfmMtffl souveraine, sans droils. investie par délégation delà l>ui<>.incc du peuple, mais ne pouvant cependant pas, aver sr< ueuf cents poitrines, se condensera ce point d'agir iudividuellemeut sur chaque ministre et sur chacun des actes de ce ministre, et, d'autre part, entre huit ou œuf ministre! qui se .sentiraient, periuel lez-moi l'expression, écrasés par l'action «le l'Assemblée, et qui, précisément rn rsèflOn de celle position subordonnée d'une part, n'oseraient rien d'rfficai e quand il faudrait prendre un parti décisif, et dés lors I .tisseraient un libre coursa toutes les diseussiuus intestines rpii ne manqueraient pSS île déchirer le conseil'

J'ai entendu dire, rlans le sein de mon bureau, que la Commission executive qui e-i proposée par le décret que le citoyen Dornès a lu tribune, était une sorte de fantaisie, que c'était un pou-

n Nantit il un t et que c'était par une sorte de regret du trou vide que quelques uns des membres de celte Assemblée avaient ré.solu de le ,. lacer par une Commission executive. (Oniourii.\

J'avoue, messieurs, que cette objection, je ne la comprends pas, et je la comprends d'autant moins que je l'ai trouvée surtout dans la bo. qui, il y a trois mois, prétendaient que 1 1 république

éiaii ii el qu'ils voulaient la conservation de la royauté.

i. ne dis pas ces paroles, et je supplie l'Assemblée de ne point les

regarder comme un ferment de division; à Dieu ne plaise! NCW

-ommes iei tous républicain-, tous nous avons juré fidélité à ce nuu-

poovernement, tous nous avons juré de le servir et de le défendre

;i la mort. Mais quand il s'agit d'idées, il est bien permis de

a qui l'on parle, et la valeur de telle ou telle proposition phi-

-iq.inque s'augmente, si je ne me trompe, par la persévérance d'une i politique, taudis qu'an contraire elle s'affaiblit pur sa date extrêmement récente. (On rit.)

(»n ne peut pas dire, et voilà seulement la conclusion à laquelle je

reux aboutir, on ne peut pas dire que ceux qui proposent la Cora-

lécolive soient suspects de royalisme. Voilà ma seule pensée.

i demandé la commission executive, parce qu'ils l'ool

indispensable. Kllc esl indispensable, et voici pourquoi : c'est que le

pouvoir ministériel laissée lui-même as ce toutes les luttes (pu peinent

Ifl

ilir enlrc les individualités, est un pnuvoir nécessairement fiot- IlOt, dlDS lequel les heurts intérieurs. permellez-uini l'expres-i-m,

doivent Décessairemeni amener l'affaiblissement.

Quelle que soit à cet égard la combinaison que vous proposiei, <jue les ministres soieni des minières se contentant d'administrer sous l'action exclusive de l'Assemblée, ou que les ministres meut a la Poil Pattlorilé administrative el l'autorité executive, vous n'échap- UCfej DU i B8 péril, et tant que von n'aurez pas mis au-dessus du pnuvoir ministériel dus hommes dégagés <lii portefeuille, ayant \r loisir el l'élévaliou de pensée nécessaire* pour eoneeulrer et résumer toutes les hautes discussions el pour inspirer les jjraudes décisions qui doivonJ «"'tre prises cpifleiucnl lorsque les eoojoncUlItl

décisives, Uni que vous D'aurez paa ra* «-es choses, voue n'aurez qu'uu pouvoir exécutif sans force et qui pourra compromettre le

EH-ce que VOUS pentes, par hasard, que les circonstance telles que nous puissions nous endormir dans une trompeuse rite.' Parée que nous voyons Paris calme autour de cette Assemblée,

que la France est pleine d'espérance dans voire patrîotianie el VOtre sagesse, il n'y pas moins dans celte nation, autour de celle Dation» des difficultés énorme sur lesquelles il ne faut pas fermer

iv. ei >|ii il tant, au contraire, prévoir avec fermeté Ces difficultés, j'en citerai deux. Je les cite précisément afin de vous faire comprendre en quoi le pouvoir ministériel, dan- mu BW- Ieiueut, pourrait être dangereux.

la première de ces difficultés, c'esl h j;iierre qni pourrait éclater déniait! ; qne BUS-Jef qui doit éclatée demain ; car il y a bien ries ceeurs qui souffrent encore de voir l'Autriche diriger ses bataillons vers les

. tandis que nos armées sont tranquilles dans leurs cantonnements. (Y.'Vi/ oraiJ Quant a moi, j'ai la conviction que dam l'Kurope les derniers mot- de l'absolutisme et de la liberté ne MMM OJU dits, qu'ils se rencontreront encore sur 1rs champs de bataille. Or je neveu-. | • un téméraire et un Imprudent, je ne veu

que le pouvoir de mon pays toit seulement un pouvoir d'oratei de délibérants. Il nul donc qu'au-dessus ^n pouvoir minisl

un conseil execuli! qui résume chaque décision, qui UOSOll pas t>>rir. pour nue dépêche télégraphique impori inte, pour un ordre à donner dans les bureaux, de venir vous consulter; el cependant c'est ce qui ■ni vomit infailliblement, car houes h-s fois qu'il s'agirait d'une mesure pouvant entraîner une perturbation qui h onqoe dans l'équi- Qbfla européen, ces ministres, soumis devant vous pour

ainsi dire, MU le poicN de votre souveraineté, n'ayant pas COttS

ince souveraine qui, avec le grand pouvoir, a aussi le contre-* poids de !•' n inonsabiUté, ces ministres n'oseraient rien prendre sur

ux, us compromettraient tool i \'<n-rc sïhéaitar, al loiaqn'ik rtenraienJ consulter L'Assemblée, la publicité réptndrtil sur ses ailes

que vous auriez intérêt â tenir secrètes.

j'ai parlé de I.» guerre. Est-ce qu'il n'\ i pas uu autre danger qui

ut incessamment nous menacer? Est-ce que vous croyes qae bous

nderoafl 11 République Hâtions al sans secousses?

Est-ce que vous croyez qu'il n'y a pas certaines résistances à

raindre* Est-ce que vous croyez que nous ne verrons pas éclater

uiour de noua». Tous les pouvoirs qui se sont fondCs ont été sujets

Mrages... est-ce que vous croyez que BSUitte verrons pas éclater

inspirations, des émeutes:' \Xoit! non! — Si! si! — Mouvement

longé.) Il faudra bien en venir à bout! 61 VOUS croyez que vous

onrrez fonder un gouvernement, populaire, trois moi> après la chute

e la monarchie, s-;u>> qu'il y ail dans le pays aucune espèce d'émo-

iou, j«' descends «le la tribune, je son de cette assemblée, je. vous

i\ei cette opinion. [Approbation sur plusieurs bancs.)

Mais -i tons les bommea d'État, <i tous ceux qui ont lu l'histoire, si

Ienz qui ne se payent pas de mots et de \aines illusions croient ins avons devant nous un avenir difficile, il lau t donc qne tous iui ont un cœur et une pensée patriotique constituent m pou* rail ique qui puisse à uu instant donné, sans être obligé» d'en

référer i l' assemblée, prendre un parti et faire disparaître les absta- - qui pourraient être la perte de la patrie. {Marques d'approbation.) Eh bien, encore- une fois, les expériences qui OOl été faites de la

du pouvoir exécutif et du pouvoir administratif prouvent que l'un et l'autre souffrent toujours de celte coufusion. Quand le ■voir administratif est entre les mains d'hommes dont les Idétfl ênérales, c'est alors que ce pouvoir est, ou abandonné, ou en uffrance; et assurément le pays a pour premier besoin d'clrc peinant et exactement administré. Il faut à la létedes unuisli m pas des hommes politiques, maïs des hommes qui soient admiitrateors, qui, sou» l'inspiration du conseil exécutif, se pénètrenJ de ■ • politique, dociles instruments, mais qui, travailleurs labo- , assidus ;i hnrs travaux, rendent au pays des services qui, pour us obscurs, n'en sont pas moins dignes de la reconnaissance [ue. Kh bien, cette combinaison, vous l'aurez avec nu coi

1 aant en lui cette partie de la puissance publique que ou* ne pouvez pas exercer. Étant placé si bien sous votre inspi- CÔlé de vous, sous votre influence, jamais, soyez-en surs, rc conseil exécutif n'aura d'autre pensée que la vôtre, et si jain.

Il ic venait à se manifester, il suffirait d'un mouvement de retle Assemblée pour faire rentrer le conseil exécutif dans la ligne qo il ne doit pas abandonner. {Marqua d'approbation.)

4a hiscorns parlementaires.

J'ai paru* 1001 1 I lutin- 0a guerre, j'ai parié de possibilité «le déefctretnents dans b pays; inato laissez-moi vous dire, en terminant, que quand bien même, ce que Boni bon I uoyen duil désirer, la paix de l'Kurope ne serait pu 00 lustauf troublée, quand bien même l'enseignement républicain pourrait descendre de eetlc tribune sans rencontrer aucun obstacle dans le pays, il n'en serait pas moins de la dernière urgence de constituer un pouvoir énergique et fort; car, enfin, je vous répète toujours qu'il ne faui passe Mit «I illusion. NOOS BVOni roté, nous avons bien Fait , que le gouvernement provisoire avait bien mérité de II pairie: il l'a conduile, au travers clr mille péril*, avec un dévouement WB exemple qui illustrera à jamais les hommes qui v oui participé. {'J'ris-ùicn!) Mais, il faut le «lire, quand le gouvernement provisoire a pris l'autorité suprême, iiiim que je l'ai enlentlu dans cette bouche presque divine, du mniivti affaires étrangères , la puissance de la France était si luimili force vive a\aii été tellement aaerifiéc •' l'égotsme, que cette nation était descendue au reofi de nation teeondajre , et ce danger, il n'existait pas seulement a I extérieur; à l'intérieur lUSSi, ai-je besoin de le dire' toutes les grandes questions avaient été ajournées. lou> Ml intérêts aboutissaient à une impasse, toutes les sources delà production étaient près de se tarir, toutes les richesses étaient gaspillées; SI quand une révolution fient d'éclater, quand la main de la uatiou a déchiré toutes les lois et (pie nous nous trouvons en face du dogme de la liberté, qui doit désormais pn '•valoir, Oft-CC que nous ue serions pas les derniers des insensés de ne pas aborder de Iront toutes les grande- questions BOdslcS ei financières qui se présentent? 1 que nous ne serions pas les derniers des insensés de uous dire : Il », i subsiste, il est debout, donc il n'y a rien à changer? Personne ici n'a usée-, nous sommes arrivés tOOS, au contraire, avec la

résolution de tout faire, de tout créer, et surtout de créer dan* la pays un nouveau système de production de Inincea qui fasse- t pour ainsi dire a I "luslanl. le malaise qui menace de nous dévorer.

Crovez-vous qu'un pouvoir ministériel, plus une assemblée qui sera chargée de le diriger, suffisent? Je dis que non , ]« dis qu'il est essentiel, précisément pour y faire face, de mettre entre cette assemblée et les ministres un conseil exécutif composé des hommes les plus exercés, les plus dévoués, les plus intelligents. Vous les prendrez où vous voudrez, mai- il boit les investir de votre souveraine puissance pour agir au-dessus de vous, pour pénétrer le pouvoir uiiuisiéncl do vos inspirations, pour faire cesser bps dissensions» pour étouffer dans le silence tout ce qui pourrait au dehors être une D8VSC ouun prétexte d'agitation, pour dominer enfin si bien la situation, que toutes les grandes questions soient comprises, étudiées et résolues.

Voilà pourquoi je demande une commission executive.

Je termine en vous disant qu'à mon sens, si vous vous borniez à nommer des ministres par le scrutin secret, même aux yeux de la nation, vous auriez l'air de faire d'une question de principe une question de parti (mouvement), et de vouloir immoler un homme sous le prétexte de faire une constitution... (Rumeurs sur plusieurs battes. Sur d'autres bancs : Oui! oui! c'est cela! Très-bien! très-bien!)

Le citoyen Jules Favre. Eh bien, quant à moi, ce n'est pas au nom de l'amitié, c'est au nom du repos de mon pays, c'est au nom des principes, au nom de la révolution, que je vous conjure de ne pas vous faire illusion sur la gravité de la situation, de constituer un pouvoir énergique et de ne pas semer dans votre scrutin la défiance et la peur, car vous recueilleriez l'anarchie et les tempêtes. (Applaudissements.)

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