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CRÉDITS SUPPLÉMENTAIRES POUR LES* POSSESSIONS D'AFRIQUE

M. Berryer. La chambre ayant clos la discussion générale, je ne viens pas proposer de la rouvrir; mais au moment où vous est soumis l'article 1er, qui est la réduction proposée par la commission sur le crédit demandé par le ministère, je viens m'opposer à cette réduction.

Je vais présenter à la chambre une seule réflexion, mais une réflexion qui embrasse toute notre position en Afrique.

Jusqu'à présent vous savez que la déplorable situation de nos affaires en Afrique tient à l'absence absolue de tout système de la part du gouvernement, à cette succession d'opérations, d'entreprises, sans qu'elles eussent aucun lien entre elles, à cette succession continuelle en sept années, de modes de gouvernement, d'expéditions jamais concertées, jamais suivies; vous savez, enfin, qu'en sept années nous avons eu huit gouvernements auxquels a été confie le sort de la colonie.

Aujourd'hui, la communication qui vient de nous être faite annonce suffisamment que le gouvernement veut entrer dans un système de conservation par la voie pacifique.

Pour développer ce système, le gouvernement nous a fait connaître les besoins, et l'article en discussion a précisément pour objet de mettre le gouvernement à même de récompenser les services rendus, et de suivre des négociations utiles. Dans tous les malheurs qui ont signalé les trois dernières années en Afrique, on a exposé aux chambres que l'insuffisance des crédits était la cause de l'insuffisance des moyens, et par conséquent aussi de l'insuffisance des mesures qui avaient été prises.

Aujourd'hui tout le monde a senti le besoin d'adop-

ter un système quelconque pour Alger; on a fait comprendre à la chambre qu'on pou\ait compromettre les négociations du gouvernement en engageant témérairement la discussion sur ce qui pourrait être utile et nécessaire, et nous nous condamnons au silence; mais je crois que c'est le cas de livrer au gouvernement tous les moyens qu il demande, pour qu'il soit à même de suivre le système qu'il aura adopté en Afrique, et de nous rendre compte, l'année prochaine, des événements qui se seront accomplis, en en acceptant pleinement la responsabilité, sans la rejeter sur la chambre.

Pour la réduction qu'on vous demande, elle porte sur une dépense très-considérable; depuis sept ans, sans amener aucun résultat, nous avons dépensé plus de 200 millions en Afrique. Eh bien! la réduction que propose la commission sur les moyens effectifs que vous demande le gouvernement en plusieurs articles, se borne à un million et quelques mille francs. Je crois qu'il est de la prudence de la chambre, de sa sagesse, de la confiance qu'elle peut avoir dans le système que le gouvernement veut embrasser aujourd'hui, d'accorder les crédits demandés, afin qu'on ne vienne pas dire l'année prochaine que si les tentatives faites n;ont pas réussi, c'est par l'insuffisance mesquine des moyens, et parce que les crédits demandés n'ont pas été accordés par la chambre. (Très-bien.)

Le chiffre proposé par le gouvernement fut adopté.

L'article 3 fut l'occasion d'un autre dissentiment entre la commission et le ministre de la guerre. Les 10,000 hommes envoyés en Afrique devaient-ils être pris sur l'effectif de l'armée, ou bien devaient-ils au contraire augmenter d'autant cet eflectii? La commission soutenait la première opinion, qui était combattue par le gouvernement. Elle de-

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