‹ Discours parlementaires sur les finances (volume 2)Chapitre 23 sur 26 · AU · texte numérisé non relu

AU

Je suis heureux d'être d'accord avec M. le rapporteur général lorsqu'il dit que la situation depuis quatre ans n'a pas empiré et que ce n'est pas cette Chambre qui est l'auteur de cette situation...

Mais je suis en désaccord avec l'honorable M. Jules Roche sur deux points. Il a oublié, pour les dépenses de 1886, une prévision. Et cet oubli ne m'étonne pas, avec le système de comptabilité actuel.

Il n'a pas prévu les dépenses pour les chemins de fer algériens. Je n'ai pas la prétention de donner un chiffre exact pour ces chemins de fer, et personne, au ministère des finances, actuellement, ne peut avoir cette prétention ; mais je serai extrêmement modéré en l'estimant au moins de 50 à 60 millions; je crois que ce sera au moins 80, mais je ne compte que 50 à 60 millions.

Il y a également un autre chiffre qu'un de nos collègues a justement signalé comme omission, c'est celui des dépenses pour le Tonkin et Madagascar. Je sais bien que nous

découvrons depuis quelques jours des trésors au Tonkin. (On rit.) Eh bien, malgré la découverte qu'on a faite de ces barres d'or et d'argent, je serais heureux si l'expédition du Tonkin ne nous coûtait que 80 millions. (Très bien! très bien! sur divers bancs.)

Sauf ces omissions, je suis absolument d'accord avec l'honorable M. Jules Roche sur ses prévisions.

M. Clemenceau. Et la loi sur les récidivistes.

M. Henri Germain... Du reste, elles sont absolument conformes aux faits tels qu'ils se déroulent depuis quatre ans, et dont la cause est antérieure à l'année 1881.

Nous sommes donc, au fond, tous d'accord sur les chiffres ; mais il y a un point qui nous sépare profondément, le seul dont je veuille parler à cette heure : c'est le système de comptabilité qui est employé.

Il y a deux systèmes en présence, et comme le disait très bien M. le rapporteur général, ils ne sont pas en présence seulement dans les affaires des États, mais dans toutes

les affaires industrielles et commerciales.

Oui, il y a des industriels — j'en connais un assez grand nombre — qui ont le tort, qui commettent la faute d'avoir un compte de premier établissement indéfiniment ouvert. On peut dire avec certitude, quand on voit se produire de grandes faillites, qu'elles ont pour cause le maintien d'un compte de premier établissement, ce qui est, je le répète, une faute impardonnable.

Si nous étions un pays né d'aujourd'hui, s'il s'agissait de la gestion financière d'un pays sans passé, je comprendrais qu'on vînt nous dire : Nous allons ouvrir un compte de premier établissement ; mais après des siècles d'existence, alors que nous ne faisons, en France, que nous mettre au niveau de ce qui se fait dans le monde entier; quand nous créons des écoles, des canaux, des chemins de fer, — je parlerai tout à l'heure des chemins de fer qu'il faut créer et de ceux qu'il faut proscrire, de ceux qui enrichissent et de ceux qui appauvrissent, en vous faisant sai-

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