LE SOUVENIR FRANÇAIS
DISCOURS PRONONCÉ DANS l'ÉGLISE NOTRE-DAME DE PARIS, LE JEUDI 2 JUIN 1898
Messieurs,
C'est une noble et grande pensée qui vous rassemble dans cette antique métropole et au pied de ces autels. Vous venez guidés par la douleur, l'admiration et l'espérance, honorer les soldats morts au service de notre pays, en unissant, sous ces voûtes qui ont entendu les prières de tant de générations et qui ont vu passer toutes nos gloires. Dieu et la France, la religion et la patrie, la croix et le drapeau national.
Je ne me suis pas dérobé à l'honneur de porter devant vous la parole et d'interpréter les sentiments qui montent à celte heure de tous vos cœurs. Evéque de nos frontières mutilées et du pays de Jeanne d'Arc, j'ai loué le Souvenir français sur les champs de bataille de 1870, dans des cérémonies qui ont ému la Lorraine et la France. Je le louerai aujourd'hui encore avec plus d'émotion, dans une cérémonie d'une portée plus haute et d'un incomparable éclat.
Au nom du Souvenir français, je remercie Monsieur le Président de la République d'avoir bien voulu se faire représenter dans cette manifestation religieuse et patriotique. Je remercie Son Excellence le Nonce qui représente Notre Saint Père le Pape, Son Eminence le Cardinal Archevêque de Paris, les membres du Gouvernement et du corps diplomatique, les chefs de notre vaillante armée de terre et de mer et les chefs de nos grandes administrations. Je remercie les sociétés militaires qui ne pouvaient manquer à un pareil rendez-vous, les vétérans, glorieux débris de vingt batailles, dont les cœurs sont toujours ardents et enthousiastes quand il s'agit de leurs compagnons d'armes, de l'armée et de la France.
Votre Société est une œuvre magnifique de reconnaissance nationale.
Je ne connais pas de sentiment plus élevé, plus noble, plus puissant que celui de la reconnaissance. L'homme y met son intelligence qui saisit la grandeur et le prix des bienfaits ; il y met sa mémoire qui garde de ces bienfaits un impérissable souvenir ; il y met son cœur, et dans ce cœur ce qu'il a de plus parfait, l'amour poussé jusqu'au dévouement.
La reconnaissance est aussi la justice, grande et nécessaire vertu qui rend à chacun ce qui lui est
dû. La France avec vous et par vous paye sa dette à ceux qui sont morts pour sa défense : elle rend le tribut de ses hommages, elle ofïretoutce qu'elle peut offrir aux vaillants qui ont donné pour elle leurs forces, leurs affections, leurs espérances, leur sang et leur vie. Quand ce devoir est accompli, on dirait que la conscience nationale est soulagée. Sous l'influence d'une émotion qui a quelque cliose de sacré, tout un peuple monte dans la lumière, dans les élans delà générosité et vérifie cette parole de l'Esprit de Dieu : la justice élève les peuples : justitia élevât gentem (1).
Cette reconnaissance est aussi l'admiration. 11 est bon, il est doux, il est salutaire de pouvoir admirer. L'admiration pour les vaillants et les héros fait passer sur une nation un souffle d'en haut, elle est un principe puissant de transformations fécondes et de tout vrai progrès.
Votre souvenir est le Souvenir français ; votre reconnaissance est celle de la France.
Non, non, ce n'est pas d'une seule àme, quelque belle qu'elle soit, ce n'est pas d'un seul cœur, quelque grand qu'il puisse être, c'est du cœur de tous les Français, c'est de l'àme de la France que se manifeste et rayonne ce souvenir.
Ce peuple qui se souvient et qui remercie, c'est le peuple aux initiatives généreuses et aux ardeurs
(1) Prov., XIV, 34.
magnanimes. Il a pu être égaré par ses illusions, trahi par l'ingratitude, délaissé par la fortune, mais il n'a jamais mis son pouvoir et son épée au service de l'égoïsme. Malgré ses erreurs, ses défaillances et ses fautes, il est resté le peuple chevalier, l'apôtre de la civilisation et le soldat de Dieu.
C'est le souvenir perpétuel. Vingt-sept ans ont passé depuis nos revers et nos désastres, et à votre appel la Lorraine et la France tressaillent encore de douleur, de confiance et d'espoir. Les manifestations qu'organise votre Société, quelque magnifiques qu'elles soient, ne sauraient suffire. Vous avez recueilli les ossements dispersés, élevé des monuments, gravé sur la pierre, le marbre et le bronze, le nom des héros et la date de leur immolation. Vous avez mille fois raison : il faut qu'à toutes les générations qui viendront la France montre les soldats qui sont tombés pour elle, debout sur les sommets resplendissants de la gloire et de l'immortalité.
Souvenir, reconnaissance qui vont à tous les défenseurs de la France. Sur nos frontières, vous avez honoré les combattants de 1870 ; et vous avez élevé des monuments, naguère sur les bords de la Méditerranée, au colonel Bornier et à ses compagnons tombés au centre de l'Afrique, et hier aux soldats et aux marins qui ont succombé dans la conquête de Madagascar. Il n'y a pas plus d'exception dans le cœur de la patrie que dans le cœur d'une mère. Et cependant elle s'incline avec plus
d'émotion et de pitié vers les victimes obscures de la bravoure et du patriotisme.
Ah ! certes, je ne l'ignore pas, les chefs sont guidés et soutenus par le sentiment du devoir et ils font passer dans l'âme de leurs soldats la flamme de leur dévouement, mais ils ont encore pour les entraîner au milieu de tous les périls et en face de la mort l'espérance des grades supérieurs et l'ambition de la gloire. J'ajoute que la responsabilité les transforme; elle trempe la volonté, elle porte en haut quiconque est capable de généreuses ascensions. Mais le pauvre enfant qui a quitté hier son village et qui demain tombera épuisé de fatigue sur le bord du chemin ou broyé par la mitraille dans la mêlée sanglante, quelle espérance humaine peut-il avoir? Avec les ombres de la mort elles ombres du soir qui enveloppent peu à peu le champ de bataille où il expire, ne voit il pas descendre sur lui les ombres et le linceul de l'obscurité complète et de l'éternel oubli ? Du moins, qu'il puisse se dire que la France honorera son abnégation, qu'elle l'associera à ses manifestations solennelles, qu'elle unira ses ossements à ceux des défenseurs de la patrie auprès des monuments élevés par la reconnaissance nationale !
Un souvenir me revient. C'était à l'heure la plus sombre de nos désastres. Les fils de la Savoie, les fils de cette terre qui a toujours été française par ses aspirations, ses mœurs, ses traditions et par la
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langue de saint François de Sales el de Joseph de Maistre, consacraient leur union avec leur nouvelle patrie par les liens du sang versé sur les champs de bataille.
Le premier bataillon des mobiles savoisiens arrivait à marches forcées des plaines de la Beauce aux frontières de l'Est. Un d'entre eux, fait prisonnier par les Allemands, leur avait échappé et, en haillons, manquant de tout, au prix de mille épreuves, il accourait vers ses compagnons d'armes.
Le bataillon a reçu l'ordre d'enlever, après avoir parcouru à découvert une plaine de huit cents mètres et sans être soutenu par l'artillerie, un village dont les maisons sont crénelées et que protège une rivière débordée. Le clairon sonne; le jeune soldat n'a pas le temps d'obtenir un fusil ni une arme quelconque; il se met à son rang les deux mains dans ses poches. Le bataillon s'élance ; mais il est pris en écharpe par un feu terrible, et toutes les maisons du village se couvrent de feu. On dit que le général fit sonner la retraite, mais aucun de ces braves ne l'entendit. Bientôt, selon les expressions du vaillant commandant atteint luimême à la tète de ses troupes, « les morts jonchaient le sol comme les brindilles de bois après la grêle». Le petit soldat tomba mortellement frappé. Quelques heures plus tard, transporté dans le village, il demandait en vain un prêtre, et sans
regret et sans peur il mourait pour la France en récitant VA re Maria (1\
Ah ! je m'émeus devant la simplicité sublime de cette obéissance, de ce dévouement et de cet héroïsme.
Ce sont ces grands cœurs, ce sont ces soldats obscurs que vous honorez ; au nom de la France, soyez-en remerciés et bénis !
Votre Société, Messieurs, est une grande œuvre de patriotisme.
Donner ce que l'homme a de plus précieux et de plus cher, ses biens, ses joies, ses affections, ses espérances, puis sa vie elle-même, c'est l'acte suprême du dévouement, et le dévouement est l'acte suprême du cœur de l'homme. L'hommage de tous les siècles, l'admiration de tous les peuples répondent à cette parole du Fils de Dieu : « 11 n'y a pas de plus grand témoignage d'amour que de donner sa vie pour ceux que l'on aime (2). »
Et pourtant ce dévouement s'élève et grandit avec la cause qui l'inspire. Cette cause jette sur le
(1) Voir la notice intitulc'e : i.e comte Joseph de Cordon. — Souvenirs réunis pour ses e)ifants, par le marquis Costa de Beaurcgard, de l'Académie française, qui était le commandant du 1" bataillon des mobiles de la Savoie.
(2) Joann., xv, 13.
sacrifice, même le plus héroïque, les reflets de sa beauté et de sa grandeur. Or, nulle cause ici-bas, après celle de Dieu, n'est plus belle et plus grande que celle du patriotisme.
Le patriotisme est l'amour de la famille élargie et transfigurée, l'amour du foyer et du toit domestiques, du berceau des enfants et des tombes des ancêtres; il est le souvenir des tendresses de la mère et de l'épouse, le trésor des traditions vénérables et des espoirs les plus doux.
Il recueille, conserve et défend l'héritage des travaux et des conquêtes de la science, de l'industrie et des arts, l'héritage des luttes, des succès et des victoires, de l'indépendance et de l'honneur national, en un mot, tout ce qui est le patrimoine d'un peuple.
La cause du patriotisme est sainte, car Dieu a mis dans le cœur de l'homme les sentiments dont le patriotisme est le sublime faisceau ; il a pleuré sur sa patrie ingrate et aveugle ; il a fait les patries chrétiennes dans une gloire que le paganisme n'avait pas connue, et ajouté pour elles, au prestige des autels et des croyances augustes, la splendeur des vertus naturelles et des bienfaits divins. Il a ainsi donné au patriotisme un caractère sacré, et au sacrifice qui lui est lait dans les inspirations les plus élevées quelque chose du prix et de la puissance du martyre. Et que sera-ce quand celte patrie est la France?
Vous servez admirablement la cause du patrio-
tisme français. Tandis que des égarés nient les droits de la patrie et prétendent supprimer toutes les frontières dans une fraternité qui ne serait qu'une utopie folle et une trahison sacrilège, vous célébrez la mémoire de ceux qui sont morts pour la défense de leur pays. Par vos manifestations populaires, par vos monuments funèbres, par vos paroles ardentes, par l'élan imprimé aux comités que vous multipliez partout, vous dites à la France : Nous voici, et comme ceux dont nous honorons la mémoire, nous sommes prêts à souffrir, à combattre et à mourir pour toi.
C'est sous l'impression de nos malheurs que vous avez entrepris cette croisade pour la France meurtrie et vaincue. Vous avez compris que c'était la seule voie de la résurrection et du salut, qu'il fallait aimer davantage la patrie malheureuse, comme on aime avec plus de tendresse une mère désolée. Vous avez voulu rendre à ce pays la confiance et l'espoir, et faire passer du cœur des héros dans les cœurs de tous les fils de la France la flamme qui ranime, transforme et transfigure les peuples.
Ainsi l'Espagne, réfugiée dans les montagnes des Asturies, reprenait pied à pied, dans une lutte séculaire, le sol de la patrie à la barbarie musulmane et devenait le magnifique empire sur lequel le soleil ne se couchait pas.
Ainsi la France, conquise par les Anglais, ^e levait à l'appel de Jeanne d'Arc et suivait l'angé-
licjue guerrière (|ui devait la délivrer, la racheter et la sauver.
Allez donc, enseignez le patriotisme, enseignez-le à tous, sous toutes les formes, par tous les moyens qui peuvent atteindre l'intelligence et le cœur de ce peuple. Dites-lui ses erreurs et ses fautes, ses devoirs et ses droits, ses hauts faits et sa gloire. Plus haut que le sol qui le porte, près du ciel qui l'abrite, faites-lui aimer le trésor de toutes les grandeurs du passé et de toutes les espérances de l'avenir, le foyer de tous les sentiments qui constituent un peuple, le centre premier de la vie nationale, cette force intime, essentielle, qui est l'àme de la patrie.
Faites-lui aimer la grande àme de la France !
Je me hâte. Votre œuvre est une œuvre d'espérance.
En elïet, s'il n'y a rien au delà delà vie présente, le sacrifice du soldat, l'immolation de ces multitudes immenses qui ont donné leur vie pour leur pays est sans récompense possible. Si la mort est le dernier terme de nos destinées, si tout finit sous ces quelques pelletées de terre que vous jetez sur lescadavres froids et défigurés, l'héroïsme n'aboutit qu'à la destruction et à l'anéantissement. Mais s'il en est ainsi. Dieu n'existe pas, car il n'aurait ni la bonté, ni la sagesse, ni la justice. S'il en est ainsi,
vous ne parlez qu'à des morts, vous célébrez la mémoire inutile et vaine de ceux qui ne peuvent vous entendre. Vos monuments ne sont élevés qu'à des ossements arides et à une poussière « qui n'a plus de nom dans aucune langue ». Les hommages des peuples, hommages sans intelligence et sans but, n'atteignent que le vide et le néant, et le culte des morts, qui fut toujours un signe de grandeur morale, n'est, en réalité, qu'une contradiction stupide et une ironie sacrilège.
Je le sais, et je vous en rendsgràces, en consacrant vos monuments, devant les foules émues, le plus grand nombre d'entre vous, et, au premier rang, votre éloquent secrétaire fondateur, le noble fils de l'Alsace captive, ont affirmé les espérances immortelles.
C'est pourquoi votre œuvre a dit bien souvent, elle dira demain et toujours aux vaillants qui se préparent à mourir pour leur pays, aux petits enfants orphelins, aux épouses et aux mères désolées : Regardez en haut ; ceux que vous pleurez sont vivants. Dieu récompense le sacrifice, il couronne, dans la félicité et dans la gloire, les martj-rs du de voir et du patriotisme. En haut les cœurs ! Sursum corda !
Ce Sursum corda, je voudrais le faire entendre à la France.
Au milieu de nos ténèbres parfois si profondes, sous les menaces qui s'adressent à tout ce qui fait l'honneur et la sécurité d'un pays, en présence de
divisions que rien ne peut apaiser, nous avons besoin d'espérance.
Nous espérons dans le sentiment du patriotisme encore si vivant et si puissant parmi nous. Mais il faut que le patriotisme ne réserve pas ses efforts seulement pour l'heure des suprêmes périls; il doit les réaliser tous les jours dans la paix aussi bien que dans 'la guerre et en tout ce qui touche aux grands intérêts du pays.
Nous espérons dans les ressources merveilleuses de ce peuple qui nr.guère, après d'efïroyables désastres, payait sa terrible rançon, construisait ses remparts, reformait sa vaillante armée et se montrait plein de force, d'activité et de vie.
Nous espérons dans la mission providentielle de la France. C'est ma pensée, c'est, Messieurs, la pensée de Léon XIII que si la France venait à périr, elle manquerait aux grandes œuvres qui honorent l'humanité, et à Dieu lui-même pour l'accomplissement des desseins de sa miséricorde. Il faudrait qu'il se choisît un autre peuple, et c'est en vain que je regarde et que je scrutele passé et le présent des autres nations. Je ne vois pas quel serait, pour l'avenir, ce nouveau peuple choisi.
Mais, ne l'oublions pas, il n'y a pas de patriotisme efficace, puissant, il n'y a pas de véritable pa triotisme sans l'union de tous les fils de la patrie. L'union, hélas ! c'est ce qui nous a le plus manqué, c'est ce qui nous manque le plus.
C'est sur ce terrain du patriotismequenous pou-
vons, que nous devons nous rapprocher et nous tendre la main ; c'est sur ce terrain que nous appelle le Souvenir français.
Croyez-en un évêque qui n'a jamais appartenu, qui n'appartiendra jamais qu'au parti de la France et de Dieu et qui est Français jusque dans les dernières fibres de son cœur, ce peuple a soif de paix religieuse et sociale. Il veut la sécurité et l'union dans la justice et la liberté ; il a l'ambition des vrais progrès ; il redoute les utopies folles et les transformations imprudentes. Demandez-lui de placer au-dessus de toutes les causes et de tous les intérêts la cause et les intérêts de la patrie, il vous entendra ; et ainsi vous aurez fait mille fois plus pour le bonheur et la gloire de votre pays que si vous aviez remporté les plus splendides victoires.
11 y a quelques années, à Mars-la-Tour, le jour anniversaire de la bataille de Gravelotte, sur ce sol consacré par le sang français, devant la statue de la France tenant dans ses bras un soldat mourant tandis que des enfants, les soldats d'aujourd'hui et de demain, saisissent l'arme qui tombe de ses mains défaillantes, en présence d'une fouleimmensevenue des deux côtés de la frontière, je m'écriais : // faut aimer la France !
Ah ! ce cri, laissez-moi le faire entendre encore ; il s'échappe de mon cœur et de mes lèvres, il s'échappe de tous vos cœurs, il vient des vieilles murailles de cette basilique consacrée aux gloires de
la patrie, il monte de tous nos champs de bataille, des tombes des héros dont vous réveillez le souve nir : // faut aimer la France !
Il faut l'aimer au-dessus de tout et être prêta tout lui donner sans regret et sans compter ; que dis-je? il faut tout lui donner dans la joie et l'enthousiasme de l'amour.
Il faut l'aimer dans l'honneur de son armée et dans la gloire de son drapeau, dans cette armée qui est plus que jamais la nation elle-même, dans ce drapeau autour duquel bientôt, peut être, tous devront serrer leurs rangs et redire avec Jeanne d'Arc cet appel de l'offensive^ cet appel des vraies et grandes traditions de la bravoure française : « En avant! en avant! tout est vôtre! >)
Il faut aimer la France dans sa grandeur passée, dans ses œuvres admirables, dans ses héros et ses saints; il faut l'aimer dans les hautes aspirations et les épreuves du présent ; il faut l'aimer dans l'avenir et saluer avec confiance une France plus grande, plus belle, rayonnante, immortelle.
Ah ! si Dieu m'avait donné l'éloquence qui soulève et entraîne les foules, j'irais à travers mon pays, des montagnes de la Savoie aux rives de la Bretagne, des Pyrénées aux frontières de la Lorraine, et tant qu'il me resterait un souffle dans la poitrine et un battement au cœur, je dirais à tous : // faut aimer la France ! Il faut aimer la France !
PRONONCÉ A l'occasion DE L'INAUGURATION
DU
niONUmENT COMMÉIÏIORATIF DE FONTENOY-SUR-MOSELLE
LE 22 janvier 1899