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pour s'attacher à des hypothèses invérifiables, La fm de cette phase présente des hypothèses fan)euses, éclatantes de génie, mais destinées à dispiraître, telle que l'iiypolhèse des tourbillons de Descartes.
Enfin l'esprit humain écarte toutes les conceptions surnaturelles et invérifiables pour hmiter son domaine aux faits observables et à leurs lois ; il renonce à rechercher ce que sont en soi l'électricité, l'attraction ne\Ytonienne, l'afïinitéchimique ou bien l'essence des phénomènes intellectuels, l'esprit, l'àme ; il arrache les sociétés liumaines à l'arbitraire des souverains, ou des peuples eux-mêmes, il dégage les lois de leurorganisationet de leurdéveloppementhistorique. C'est l'état définitif de la pensée humaine, c'est l'état scientifique ou positif. Ce qui le caractérise, c'est d'abord qu'on limite enfin le champ des investigations au domaine de l'observation et de l'expérience, renonçant à poursuivre I Absolu et l'Infini. Les faits observables sont rattachés à des propriétés naturelles et le savant ne poursuit plus que l'étude des rapports de ces faits entre eux : les lois naturelles exprimeront les rapports constants qu'ils ont entre eux. Ces lois apparaîtront comme immuables, refoulant définitivement l'intervention des volontés surnaturelles arbitraires.
Le triomphe de l'observation et de l'expérience caractérise la troisième phase de l'évolution de l'astronomie, d'après Houzeau comme d'après Comte, Les fruits qu'elles portent ne viennent qu'après les produits de l'imagination et de l'esprit de système. Dans ce dernier état, l'esprit humain se borne à observer les faits, à relier entre eux ces faits par des relations constantes, par des lois. On ne rattache plus les lois des phénomènes astronomiques à des causes inaccessibles, à des principes impénétrables. Les images fantastiques, les spéculations téméraires deviennent le lot du vulgaire pour s'éteindre peu à peu dans la nuit du passé. Une fois en possession des lois exprimant, comme la loi de gravitation, la constance de certains rapports entre les phénomènes, entre
\es corps, on a atteint l'étal positif on scientifique, on «'arrête, on ne cherche pas à dépasser les limites de l'expérience.
L^ connaissance devient positive quand elle na d'autres matériaux que les données de l'observation et de l'expérience et qu'elle relie ces données entre elles, ces faits entre eux. Sans doute, dans la formation de ces liens entre les phénomènes, les interprétations varient encore à mesure que le cercle des connaissances s'éloigne, que s'étendra la chaîne des rapports, mais ces interprétations seront toujours et de plus en plus subordonnées aux faits et fléchiront devant toutes les enquêtes nouvelles de l'observation et de l'expérience.
Cet état positif de Comte, cette phase expérimentale de l'évolution des connaissances humaines de Houzeau, c'est donc l'âge de la renonciation à l'AbsoFu, c'est l'âge de la résignation à une connaissance purement relative.
Houzeau, en termes aussi saisissants que Comte, a peint cet état. « L'homme de science de notre époque, dit-il, ne rencontre plus nulle part de puissances occultes ni de forces capricieuses qui s'intercalent, pour le troubler, dans un enchaînement prévu. Dans quelques ordres d'état que ce soit, ce qui lui reste, après avoir tout examiné, est que les pliédomènes sont amenés et réglés par des lois. D'oii viennent ces lois, quelles en sont l'essence et la source, nous ne le savons pas encore pour une seule d'entre elles ; qui pourrait dire en quoi consiste l'airiiiité chimique ou l'attraction nev^^tonienne .►* <> . Newton lui-mêmene forgeait pas d'hypothèses. Ce que Houzeau a vérifié pour ra3trononjie,nous le vérifions directement au xix^ et au xx^ siècles pour les plus complexes des sciences, la psycliologie et la science sociale, qui se soustraient à la théologie et à la métaphysique, pour s'élever à l'état posilif,expérimental.
Il est à cette marche progressive de l'esprit humain vers la positivité scientifique une condition fondamentale : ce
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sont les progrès du libre examen lui-même. C'est lui qui donne à la science le mouvement.
Ce principe du libre examen, ce sera donc leflort incessant de l'esprit humain pour ^e soustraire, dans le domaine delà connaissance, à toute autorité extérieure, quelle qu'elle soit : spirituelle ou temporelle, théologique, métaphysique, scientifique même. C'est donc l'insurrection éternelle de l'esprit humain contre toute autorité prétendant entraver la liberté et la recherche, l'évolution des interprétations, prétendant imposer les croyances, soit que cette autorité se fonde sur une révélation surnaturelle, sur des miracles, sur des traditions, sur l'infaillibilité d'un homme, soit qu'elle cocnmande de s'incliner devant les dogmes d'une religion, les principes a priori d'une philosophie, ou d'une doctrine quelconque.
L'œuvre du libre examen est de ramener sans cesse les esprits à la seule autorité qui puisse être acceptée par eux celle des faits, des données de l'expérience, interprétée par la critique incessante et libre de la raison humaine, par une critique toujours renouvelée et élevée à force de conquêtes nouvelles. Ce principe est l'essence mêmede la libre pensée, c'est-à-dire qu'il est pour elle, pour tous ceux qui se développent dans son sens, un droit imprescriptible et que le respect et l'exercice de ce droit deviennent pour tous ceux qui parlent en son nom le plus sacré des devoirs.
Pour en mesurer la portée, il suffit d'interroger les monuments les plus récents de l'institution spirituelle qui restera la plus étonnante expression du principe d'autorité dans le domaine de la pensée : le nouveau syllabus et la nouvelle eneycliquede l'Eglise catholique.
Les luttes que le libre examen doit soutenir contre le principe d'autorité se renouvellent à travers les siècles et les témoignages incessants de l'histoire rappellent toutes les générations successives à une perpétuelle vigilance pour assurer
la conservation de ce bien le plus précieux de tous : la.